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Regards croisés - Page 5

  • La nage solidaire

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    IMG-20190710-WA0015.jpgDeux nageurs, Sergio Bianchini (photo à gauche) et Victor Merellin se lancent le défi fou de parcourir à la nage la distance de 75 km dans le lac Léman du  château de Chillon (à côté de Montreux dans le canton de Vaud)  aux Bains des Pâquis (à Genève).

     

     

     

     

    IMG-20190710-WA0014.jpgVictor Merellin (photo à gauche) est un nageur et triathlète français de 29 ans, habitué des longues distances. Il a à son actif les traversées du Lac Léman,  du lac de Morat et du  Détroit de Gibraltar.

    Sergio Bianchini, nageur genevois de 54 ans, n'en est pas non plus à son premier défi de taille, puisque au cours de ces dernières années, il a effectué plusieurs nages solidaires  longues distances en eau libre en faveur d'associations actives dans la santé dont les plus emblématiques sont les suivantes :   50 km en 2018 dans le Rio Uruguay, 35km en 2017 pour réaliser la double traversée du Léman, (Genève Thonon Nyon),  16 km en 2016 pour traversée du Détroit de Gibraltar, 16km en 2016 pour relier, en Guyane française, les Iles du Salut à Kouru (premier Suisse à le réaliser), 35 km  en 2014 pour traverser la Manche par relais.

     Cette fois-ci, Victor et Sergio, n'hésitent pas à se jeter à l'eau en faveur de la Fondation  "Movember" (voir  leur page Facebook " deux moustachus traversent le Léman")  qui œuvre contre le suicide des jeunes et en faveur de la recherche contre les cancers touchant les hommes (le cancer des testicules et de la prostate en particulier : s'agissant de ce dernier,  6100 nouveaux cas sont recensés chaque années en Suisse).

    A l'occasion de cet évènement,   sportifs de haut niveau, ils souhaitent faire de la prévention et sensibiliser les hommes, ainsi que les milieux concernés.

    Le départ en maillot de bain plutôt qu'en combinaison  est prévu entre le 29 juillet et le 2 août 2019 (en fonction des conditions météo)  au château de Chillon; la traversée durera non-stop environ 24 heures et se terminera aux Bains des Pâquis à Genève.

    Pour les soutenir et les suivre en temps réel :

    ch.movember.com/fr/donate/details?memberld=13318777

    Http://share.garmin.com/aquaman

    GPS en temps réel) (activé le jour du départ)

    http://www.facebook.com/pg/Deux-moustachus-traversent-le-Léman-660241617752842/posts/

                

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  • Quand la synchronicité fait un pied de nez au hasard

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    images.jpgUn événement semble nous attendre au coin de la rue depuis des années ou des gens que l'on rencontre dans des situations improbables et qui donne un sens à ce qui nous arrive.

    A travers plusieurs récits vrais de mon essai sur les  Histoires de synchronicité, je vous invite à partager ce moment ensemble et écouter aussi les récits des autres participants. 

    Selon Carl Gustav Young la synchronicité présuppose un a priori par rapport à la conscience humaine, un sens  qui en apparence se trouve à l'extérieur  de  l'être  humain, tandis que  Teilhard de  Chardin  cite notre capacité  à  nous resserrer tous ensemble dans une  étreinte qui tend  à  nous  parfaire chacun en nous liant organiquement à tous les autres à  la fois, évoluons-nous dans cette  noosphère qu'il décrit ,dans cette collectivité harmonisée des consciences?

     

    Rendez-vous

    DIMANCHE 7 juillet 2019 de 11h à 16h

    Food for peace/LO'13'TO

    Rue des Gare 17-19 (TPG Cornavin)

    1201 Genève

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  • TGV – « Accident de personne »

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    Unknown-2.jpegComme l'écrivait, l’auteur chilien Roberto Bolaño , en littérature il nous faut plonger dans le réalisme viscéral et ne pas craindre de traiter des sujets qui dérangent.

    Mardi, lors d’un aller Genève-Paris en fin de journée, le train s’arrête au milieu de nulle part et annonce, « accident de personne », un « groupe de gens sur les voies », 45 minutes de retard, ½ après la voix d’un steward qui se veut la plus neutre possible corrige le tir et lâche 1H30, une clameur s’élève du wagon, tous sont exaspérés et peu après comme pour clore en beauté, le steward sans frémir annonce un « retard indéterminé » et à ce point-là, ce sont des cris qui s’élèvent, des gens furieux qui bondissent de leur siège pour courir au bar en se disant que mieux vaut au moins manger et boire  quelque chose avant qu'il n'y ait plus rien , certains vont jusqu’à dire « il ne reste plus qu’à se saouler ». Puis la voix du  steward continue et  nous invite à remplir le formulaire G30 en ligne dans les 60 jours pour un remboursement en raison du retard.

    Dans la queue pour le bar, j’aperçois une philippine que j’avais renseignée sur le quai à Genève et qui avec son mari, trimballaient à eux deux,  six énormes valises. A-t-elle acheté des chaussures, lui demandai-je un brin narquois? Sans penser à Imelda Marcos et ses 400 paires de chaussures, elle me répond « a lot », un tas de chaussures. J’en étais sûre ! Puis une syndicaliste congolaise de Brazzaville venue à la célébration des  100 ans de l'OIT, à Genève,  me fait remarquer que la Suisse a le taux de chômage le plus bas du monde grâce à l'argent planqué par tous les mafieux et certains présidents véreux  du monde y compris africains souligne-t-elle, elle inspire profondément en me disant cela, satisfaite de sa sortie. Plusieurs autour de nous hochent la tête en signe d'acquiescement ou de réprobation.

    Puis chacun s’enquiert de la signification précise de : «accident de personne », on traduit en anglais par "suicide on the tracks" ça a le mérite d'être plus clair. C’est simple c’est un suicide comme d’hab ! répondent plusieurs personnes. Le TGV n’arrive jamais à l’heure à cause des gens qui se couchent sur la voie, soupire un autre. Une femme suggère que sans doute ce sont des Manouches qui volent du cuivre, un ingénieur rétorque : « il n’y a pas de cuivre sur les rails ! » - alors sur les fils électriques dit-elle plus timidement ! Et tenter d'imaginer comment ils volent ce cuivre sans se faire électrocuter.

    Quand le contrôleur passe, il rassure plusieurs personnes en précisant que ce n’est pas nous qui avons tué le suicidé ! C’est le train précédent et du coup on s’arrête ! lâche-t-il. Puis, je m’étonne que malgré tout, le mort ne pose problème à personne, le plus important c’est d’arriver à l’heure ! Et si le train allait moins vite, il est certain qu’on resterait encore dans une forme à dimension humaine, le train roulerait plus lentement, il aurait le temps de freiner, mais la haute technologie semble avoir totalement effacé la possibilité même de sauver une vie et de prendre le temps de s'en préoccuper. Le trajet Paris-Genève est parcouru à 320 km/heures pour une durée totale de 3h08 et voilà pas qu’un malheureux freine cette performance par son geste désespéré. Le trajet a été réalisé en 5heures. Les SNCF ont mis en place la procédure en cas d’accident de personne, le tout chronométré à 2h30.

    • la circulation est interrompue dans les 2 sens
    • les pompiers, la police ou la gendarmerie sont appelés
    • un Officier de Police Judiciaire (OPJ) est avisé, et se rend sur place
    • Si la personne est blessée, elle est évacuée par les pompiers. L’OPJ mène une enquête, effectue les premières constatations et auditionne les témoins.
    • Si la victime est décédée, les pompes funèbres sont sollicitées. Par mesure de sécurité, le trafic reste interrompu pendant la présence des différents intervenants. Sur les lignes à grande vitesse, 3 heures en moyenne sont nécessaires ; sur les autres lignes, le délai moyen est de 2 heures.
    • Le conducteur du train impliqué est relevé de son service et un accompagnement psychologique lui est proposé.

    Et une fois qu’on a lu tout ça, la seule question qui demeure est non pas de se demander pourquoi on arrive souvent en retard avec un TGV ou d'autres trains mais pourquoi autant de personnes se suicident ? Cette forme de suicide atteint un 10% en Suisse, soit 115 désespérés par an, un article dans l’Illustré parle de stabilité avec 143suicides par rail et 14 blessés graves en 2018, avec une moyenne de 115 cas chaque année depuis 2013.

    Et de me souvenir de ce ministre du transport zimbabwéen qui haranguait ses auditeurs à la télévision : »Mais arrêtez de vous suicider sur mes voies : Faites donc ça chez vous ! » et qui a choqué une partie de l’opinion publique.

     

    Comment prévenir ces actes désespérés ? Sans doute plus de liens sociaux, plus d’écoute, plus d’anticipation, plus de solidarité et moins de solitude.

    Paix de l'âme à tous ceux et toutes celles qui se sont couchés sur une voie de rail pour en finir.On garde une pensée émue en pensant à eux.

     

    CFF la mort en face

    https://www.illustre.ch/magazine/cff-mort-face

     

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  • Jamais sans ma mère 

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    Unknown-3.jpegCe qui devait arriver est finalement arrivé ! Le fils adopté en devenant père à son tour s’interroge, quel arbre généalogique transmettre à sa descendance, que dire ? Quelque chose le trouble, il ne s’est jamais senti aussi peu en phase avec lui-même, une crise d’identité le frappe. Il a sans doute vu le film inspiré d’une histoire vraie « Lion » qui raconte le périple de cet enfant adopté par une famille australienne et qui retrouve sa mère biologique en Inde. Un film bouleversant et qui a dû l’émouvoir avec tout le flot de questions sur son propre parcours.

    Il décide alors de se rendre au centre d’adoption et demande son dossier. Tout y est, sa date de naissance, le nom de sa mère, l’acte d’adoption. Elle vient d’un pays de l’Est et s’excuse longuement dans une lettre maladroite de l’avoir abandonné, issue d’une famille religieuse, elle ne pouvait montrer à tous  qu'elle  était enceinte sans être mariée - ou portait le  fruit d'un viol ?  Pour son bien à lui, elle prit cette décision de le confier à une famille après son accouchement.

    Son nom, son prénom, tout y est. Il suffit de remonter la piste. Grâce aux réseaux sociaux et aux amis qui connaissent son pays d’origine, en moins de 24h, il la retrouve. Elle a émigré et vit aux Etats-Unis avec son mari et peut-être ses enfants ? Le fils se tourmente, s’interroge, comment procéder. Il tient fermement, entre ses doigts,  son numéro de téléphone sur un bout de papier plié et déplié mille fois . La première fois, il compose le numéro puis abandonne, la deuxième fois, il entend la voix de sa mère et raccroche en retenant sa respiration.

    Deux semaines passent, il a perdu du poids, il ne mange plus, dort à peine. Comment s’y prendre. Puis, il décide de lui envoyer un texto, en Anglais.

    Et nous d’imaginer cette femme qui a refait sa vie, qui n’a jamais rien dit ni à son mari, ni à ses enfants et voir débarquer 30 ans plus tard un magnifique gaillard,  beau comme Apollon, à l’esprit vif. Il arrive comme un orage dans sa vie tranquille, sa présence risque de tout chambouler, de réveiller de vieux démons, des souvenirs qu'on croyait endormis à tout jamais. Son mari rentrant à la fin de la journée  lui demande si tout s'est bien passé, qu'elle a l'air préoccupé! et elle de répondre:  "Non, Non, honey, tout va bien ! Juste un peu fatiguée." .... Ou d'imaginer qu'elle attend avec impatience ce fils qu'elle n'a  jamais revu et le serrer longuement dans ses bras.......Ou en  le voyant, le supplier à genoux de pardonner son abandon ! Mille scenarii défilent dans l'imaginaire de cette  rencontre mère-fils et on espère un happy end, parce qu'on aime les contes de fées. 

    La réponse tombe tranchante comme la lame d'un couteau, un coup douloureux, profond et qui fait mal.  Dès  la réception  du  sms, elle lui répond immédiatement.  Elle admet être sa mère biologique, mais l’invite à en rester là. Inutile d’essayer d’aller plus loin et de prendre contact avec elle. La déception, puis la colère, le fils abandonné se sent rejeté une deuxième fois.

    Toutes mes envolées romanesques tombent comme un soufflé raté. Je reste perplexe. On a envie de lui dire : « Mais acceptez Madame, de rencontrer au moins une fois votre fils, une seule fois, votre enfant, donnez-lui une chance de lui donner le contexte de sa naissance, d’expliquer pourquoi il a fallu renoncer à lui, qui était son père biologique ? » - Il a le droit de savoir et de comprendre qui il est. 

    A mon avis, elle ne résistera pas, c’est elle qui demandera à le rencontrer. Si elle a laissé une lettre, c’est qu’elle savait qu’il remonterait le courant et arriverait jusqu’à elle. On imagine le choc qu’elle a dû recevoir à la lecture du texto : »C’est moi, c’est ton fils ! I am your son !»

    Des battements de cœur à profusion, un affolement sur le qu’en-dira-ton. Comment expliquer ce secret révélé au grand jour, ce coup de tonnerre dans son petit quotidien réglé comme une horloge. Puis, elle va peu à peu s’habituer à l'idée , se souvenir du bébé, de la tendresse de sa peau, de ses grands yeux noirs, de l’esquisse d’un sourire.

    Elle n’y tiendra pas ! On parie ? On n’oublie jamais son enfant, même celui qu’on n’a pas voulu. Et se souvenir aussi que les parents d’adoption ont tout donné, ils se sont entièrement investis dans leur rôle, ils ont aimé ce garçon, l’ont élevé, c’est le leur. Ils doivent craindre le déroulement de l’histoire de cette rencontre pour autant qu’ils le sachent et pour autant qu'il y ait une suite.

    La suite………….un jour………..peut-être, bientôt ou jamais………….

     

     

     

     

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  • La grève des femmes - Un défilé du 14 juin 2019 inoubliable

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    J'y étais ! Un défilé sans précédent, des slogans pleins d'humour et pleins de sens. Les femmes et les hommes  solidaires se sont mobilisés en masse. 20'000 personnes à Genève.

    Et maintenant on fait quoi, qu'est ce qui restera de la grève des femmes? Le combat, voilà ce qui reste. Ni gauche, ni droite, en avant toutes. Ce sont les fondements du système qu'il faut revoir et qui reposent sur une conception patriarcale de la société, un système éculé. On continue à se battre, au quotidien, jour après jour, chacune à son niveau puis toutes ensemble. Pour ma part, fonctionnaire à l'Etat de Genève, j'ai fait grève et demande depuis plus d'un an,  une égalité de salaire par rapport à mes homologues masculins et que l'on me refuse systématiquement sous mille prétextes plus fallacieux les uns que les autres et naturellement je résisterai pour obtenir gain de cause et rester exemplaire pour les générations à venir.

    Mon slogan :"-20%, pourtant c'est pas les soldes. Egalité salariale!" - Ce ne sont pas les soldes saisonnières, mais on brade le travail des femmes tout au long de l'année.

    La Suisse est le dernier bastion à la traîne sur l'égalité hommes- femmes et le dernier pays en Europe à avoir accordé le droit de vote aux femmes. Il y a du travail sur la planche et il faut s'y mettre pour le plus grand bien et des femmes et des hommes. 

    Après le 14 juin, le travail sur l'égalité continue au quotidien et partout !

     

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    Et le policier goguenard de lui répondre :"Je n'ai pas assez bu pour comprendre ce que vous me dites", elle avait un peu forcé sur la bière semble-t-il.

     

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  • « Faux réfugiés syriens » pour un vrai Ramadan

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    Unknown-2.jpegAnnemasse ploie sous les familles de mendiants « syriens » placés dans les carrefours, aux feux rouges, à la sortie des épiceries orientales et qui en réalité sont des rroms déguisés en réfugiés syriens portant des pancartes en carton avec la mention« SOS Syriens » ou « famille syrienne –Faim- Aidez-nous «  et chaque année c’est la même histoire. Ils viennent du Nord de la France, de Roubaix en particulier, selon le témoignage d’un policier.

    Dès le premier jour du Ramadan, les rroms mendiants se préparent au « carnaval », ils sortent tout le déguisement oriental ; je vois une jeune fille à la sortie d’un magasin oriental qui mendie avec son enfant, les yeux exagérément noirs cerclés de Khôl, on la croirait sortie d’une revue de mode. Plus loin ailleurs, une famille entière se tient devant un autre magasin, l’homme a hésité entre la casquette et le keffieh, finalement il porte les deux et on ne sait pas d’où il sort ça, il porte un pagne autour de son jeans, il a dû voir une photo sur internet d’un homme sorti du hammam avec un linge autour des hanches. Ils ont reçu assez de victuailles pour ripailler pendant quelques mois.

    Chaque client qui sort du magasin oriental leur donne à manger et de l’argent, certains leur ont apporté des habits. Leurs cabas sont pleins à craquer ! Zakhat oblige, l'aumône est le troisième pilier de la religion, chaque musulman donne selon son cœur mais la recommandation est entre 5 et 7 euros pour des mendiants. Ceux que je vois en face de moi, doivent déjà atteindre les 500 euros pour la journée et ceci depuis le début du Ramadan, soit le 6 mai. Le 4 juin, on verra des centaines de « réfugiés syriens » car c’est le dernier jour du jeûne et la distribution de cadeaux; Noël avant l’heure pour les Rroms évangélistes.

    Je fais remarquer au vendeur la scène, il hausse les épaules en disant ce sont de « faux réfugiés » mais de « vrais pauvres » alors c’est kif-kif, tu donnes,  dit-il en  esquissant un sourire un peu las,  marqué par le jeûne.

    Certains sont embarqués au poste avec tout ce qu’ils ont récupéré mais plus encore. A Paris et ailleurs,  de vrais Syriens les pourchassent, les maudissant de rajouter à leur malheur en se faisant passer pour eux et profiter de leur misère de réfugiés et du même coup attenter à leur dignité car mendier dans la culture syrienne est considéré comme honteux et tabou.

    Alors qu’en penser ? Faut-il différencier les misères entre des vrais réfugiés syriens et  de vrais rroms qui mendient sous le couvert de « faux syriens » et qui trichent et qui en ont besoin et se dire qu’on n’attend ni Ramadan ni Noël pour être généreux ? Qu’on a encore tous les autres jours de l’année pour lutter contre la faim dans le monde et éradiquer la pauvreté et son corollaire, la mendicité ?

    « Fais l'aumône ne serait-ce qu'avec la moitié d'une datte car il y a aucune différence pour toi que tu la gardes ou que tu la donnes. En effet si tu es affamé cette moitié de datte ne va pas apaiser ta faim et si tu es rassasié tu n'en a pas besoin. »

    رمضان مبارك

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Un looping loupé

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    images.jpegHier , c'était la fête des voisins, un moment sympathique et détendu durant lequel je réalise avec un brin d'étonnement  que mes  voisins sont de plus en plus jeunes. Ma tortilla avait naturellement cramé, j'ai eu la mauvaise idée de la mettre en route sur la plaque en vitrocéramique et d'aller piquer un petit somme; l'odeur de brûlé m'a extirpée d'un rêve joyeux. Trop tard, les pommes de terre avaient viré au noir intense, mais un voisin à l'empathie incommensurable en piochant dans la noirceur volcanique de mon plat conclut en souriant :  votre tortilla a un bon goût de sieste !

    Puis, tout en sifflant des verres depuis notre jardin commun proche du Salève, nous voilà, au moment le plus improbable, devenus  témoins d'un accident. Tandis qu'on observait un parapentiste faire un looping insensé, sa voile part en torche, il tombe dans le vide, nous poussons des cris durant une fraction de seconde, puis le parachute de secours s'ouvre, les pompiers qui nous accompagnent déclarent que le parachute servira juste à amortir le choc mais il n'est pas directionnel. En effet, 20 minutes  après une ambulance toute sirène déployée grimpe la route  à vive allure, puis un hélicoptère suivra et emmènera sans doute le blessé  au centre de traumatologie de l'hôpital d' Annecy. A-t-il survécu ?

    On s'étonne et on débat sur le nombre d'accidents au Salève où des hélicoptère interviennent au moins une fois par semaine en été;  chutes, accidents de parapente, marcheurs imprudents.  Le pompier confirme qu'on récupère des gens blessés partis faire le sommet du Salève en tong. Il y a quelques jours, je voyais des sauveteurs faire un exercice de sauvetage qui consistait à savoir comment accrocher un brancard à une corde et faire coulisser le blessé le long de la falaise.  Et de leur dire: il faudrait avant tout ne pas oublier d'apprendre aux gens à respecter la montagne, puis un homme très sûr de lui me répond d'un ton arrogant:  la montagne est faite pour être gravie !  et de lui rétorquer : Oui mais pas n'importe comment! 

    Et de rappeler ce que disait l'alpiniste Edward Whymper qui réussit la première ascension du Cervin:

    "Grimpez si vous le voulez, mais n'oubliez jamais que le courage et la force ne sont rien sans prudence, et qu'un seul moment de négligence peut détruire une vie entière de bonheur. N'agissez jamais à la hâte, prenez garde au moindre pas. Et dès le début, pensez que ce pourrait être la fin"

     

     

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  • Syrie : la guerre d'après

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    Mon témoin d'origine syrienne est assise à une petite table de bistrot devant moi, les yeux écarquillés encore par l'horreur entr'aperçue,   elle baisse la voix pour me raconter ce qu’elle a vu après deux mois passés en Syrie. Ses yeux s'emplissent de larmes tandis qu'elle décrit la situation.

    - Si tu savais le courage que ces femmes ont. Ce sont des villages entiers où il n'y a plus un seul homme. Ils ont tous été tués; pères, frères, fils, oncles, grands-pères, tous du plus vieux au plus jeune, embarqués, liquidés. Les rebelles les ont emportés et tués, les uns après les autres, certains après avoir été  soumis à la torture.

    Aujourd'hui, les femmes se retrouvent à réparer leur maison, travailler aux champs ou se rendre en marchant des heures durant vers les villes les plus proches pour y vendre leurs babioles, des produits artisanaux ou des fruits et légumes. Puis, il faut s'occuper des seuls hommes qui restent, des handicapés, des lambeaux de chair qui ont réussi à s'enfuir des geôles des fous.

    Une mère m'a raconté une histoire incroyable continue-t-elle ! Ses cinq fils ont été emmenés et tués par les rebelles, elle a supplié le cadet de résister quoiqu'il arrive, de tenir au-delà de tout ce qu'il pourrait supporter. Emprisonné, il réussit pourtant à s'échapper. Un soir, une ombre traînante se profila dans le jardin, un corps se hissait péniblement sur les coudes.

    - Maman, j'ai tenu ma promesse, me voilà de retour ! Le fils est  revenu de l’Enfer  comme il l'avait promis, et,  qui deviendra tétraplégique après des semaines de torture.

    Mon témoin ne peut plus parler, elle ravale ses larmes.

    - Quel courage, si vous pouviez imaginer l'état de ce pays et cette force de vie !

     Puis elle me parle longuement de créer des centres sanitaires avec des bus qui circuleraient de village en village pour soulager ces femmes et leur apprendre à s'occuper de leurs enfants dorénavant handicapés.

    - Tout reste à faire, il faut commencer à quelque part, alors commençons déjà par le plus urgent, la santé  dans ce pays qui compte, aujourd'hui, presque trois millions d'invalides victimes de guerre,conclut-elle en soupirant. C'est une nouvelle guerre qui démarre, celle contre la pauvreté et la maladie.

     

     

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  • « Béatrice un siècle »

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    Hejer et Béatrice lors de la projection du film précédent de Hejer Charf 2016.jpgPar un matin de pluie, le ciel baigné d’anthracite, je roule en voiture, tandis que les gouttes tambourinent contre les vitres, j’écoute sur les ondes de Radio Orient, une voix qui raconte son documentaire, celle de Hejer Charf parlant de la vie de Béatrice Slama. Aussitôt, le soleil s’est mis à briller, ce récit solaire au milieu de la grisaille m’a réjouie, je contacte alors la réalisatrice tuniso-canadienne via son site internet pour en savoir plus sur cette femme engagée, née aussi en Tunisie et qui décédera quatre jours après la diffusion du film projeté, à Paris, le 15 septembre 2018. On l’a pleurée en France et en Tunisie.

    Lorsqu’elles les deux femmes se rencontrent, elles se reconnaissent comme des sœurs malgré les quatre décennies qui les séparent ;   la cause des femmes, la littérature, l’engagement, autant de points communs qui devaient les lier. Une vit en France, l’autre au Canada, toutes deux nées en Tunisie.

    Le père de Béatrice Slama née Saada, était  un franc-maçon originaire de Gabès et la mère originaire de Livourne dont la famille était installée en Tunisie depuis le XIXème siècle. A la maison on parle italien et français, l’arabe viendra ensuite pour Béatrice. La famille échappera aux camps de concentration car la politique de Vichy ne prendra que difficilement en Tunisie, les Allemands ne parviennent pas appliquer leur plan d’extermination des Juifs de Tunisie qui fait déjà rage en Europe, la population les protège et les cache. Le mari de Béatrice, Ivan Slama sera toutefois incarcéré, elle lutta pour sa libération.

    Communiste puis résistante, Béatrice fondera l’Union des Jeunes filles de Tunisie, organisme proche du parti communiste tunisien qu’elle dirigera de 1944 à 1948. Première femme agrégée de Tunisie en littérature française, elle enseignera durant 15 ans à Tunis. Celle qui a soutenu une thèse sur l’insurrection anticoloniale du XIXème siècle se plaisait à souligner la schizophrénie des sociétés coloniales. Le président Bourguiba lui demandera d’écrire sa biographie, déçue par lui et sa politique d’éradiction du communisme, elle refusera. Sans lui en tenir rigueur, il fera publier son livre « L’insurrection de 1864 en Tunisie. »

    Après l’indépendance, elle devient touriste chez elle et doit quitter le pays avec son mari Ivan. Mai 68, à Paris, lui redonnera des ailes et la sortira de sa dépression qui la ronge depuis qu’elle a dû quitter son pays, prête à revivre une nouvelle utopie. Elle enseigne à l’université de Nanterre, sur ses bancs, le jeune Cohn Bendit. Elle a une réelle volontaire d’inscrire le deuxième sexe dans l’histoire, grève des femmes, presse féminine, ses séminaires deviennent sa tribune. Spécialiste de Duras, femme de Lettres citant Simone de Beauvoir, elle n’aura de cesse tout au long de sa vie de mettre les femmes sous les projecteurs et cela sous un regard neuf.

    La réalisatrice, Hejer Charf ne pouvait pas rester indifférente à cette figure marquante , « elle a choisi Béatrice parce qu’elle est tunisienne, qu’elle est savante, qu’elle est féministe, et que son histoire croise la sienne. » et d'insister, il faut donner la parole aux femmes qui ont aussi des rides.

    Projeté en première mondiale à la cinémathèque tunisienne en décembre 2018, les spectateurs ont pu découvrir cette figure lumineuse qui raconte sur le grand écran l’amour pour son pays natal et citant Colette rappeler qu’elle appartient à un pays qu’elle a quitté.

    J’aime ces rencontres entre les Tunisiens que nous sommes, accrochés au radeau de nos souvenirs, exilés juifs et musulmans, nous traversons la mer de nos vies, le visage tourné par dessus l’épaule à regarder derrière nous ce qui est devenu une île lointaine et observer avec un sentiment pétri de nostalgie cette terre qui nous accueillait, autrefois, il y a si longtemps !

     

    AU CINEMA  SAINT-ANDRE DES ARTS JUSQU'AU 21 MAI 2019

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    BEATRICE SLAMA

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    LA BANDE-ANNONCE 


     

    1ère photo Hejer  Charf et Béatrice Slama

    Pour en savoir plus sur la réalisatrice

    http://www.hejercharf.com/Nadja_productions/FRANCAIS.html

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  • Un village africain au coeur de la Colombie

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    DSC01437.jpgSur les traces de mon personnage Benkos Biohó, l’esclave cimarron, me voici à Palenque San Basilio, situé dans les contreforts des Montes de Maria , au sud-ouest de Cartagène des Indes, à 1h30 de distance en bus.

    Arraché à sa terre natale par les Portugais en Guinée Bissau, sur l’archipel des Bijagos, à environ l’âge de 15 ans, puis vendu à Cartagène des Indes à un maître espagnol sous le prénom de Domingo, Benkos Biohó , quelques années plus tard deviendra le premier esclave avec lequel la couronne espagnole devra négocier pour obtenir la paix de ses sujets espagnols, attaqués sans cesse, contre sa liberté et celle des 650 esclaves fugitifs qui l’ont suivis. Nommé Roi de la Matuna, il aura su s’imposer et donner naissance à ce Palenque en 1603,- les palenques étaient le refuge d’esclaves - , premier palenque libéré du continent américain et le seul qui subsiste, à ce jour, en Colombie. Pendu et écartelé sur la place publique par les Espagnols, le 16 mars 1621, il laissera derrière lui, un peuple libre. 4500 personnes vivent encore dans ce palenque et on a rarement vu un peuple plus fier que cela ; fier de ses ancêtres, de sa culture, de sa force de résistance. Du plus petit au plus grand ce village porte haut en couleur, celui devenu sa légende, le héros Benkos Biohó qui leur ouvre les portes du monde avec une arrivée toujours plus importante de touristes et d'argent.

    Imprégné de la culture africaine, les traditions subsistent, la langue palenque trouve ses racines dans les langues bantoues, les rituels funéraires du lumbalú accompagnés de tambours sont restés ceux de l’Afrique et on souhaite au mort un retour vers la terre de ses ancêtres. Le conseil des anciens est toujours d’actualité ainsi que la cour de justice traditionnelle. L’herboristerie médicinale et l’animisme laissent l’église et le centre sanitaire du petit village quasi vides. La police n’est pas autorisée à y circuler, le gouvernement colombien leur envoie toutefois des soldats qui sur leur moto pétaradante tournent en boucle, l’arme en l’air.

    Partie de Carthagène des Indes en bus pour la destination de San Basilio Palenque, la seule voyageuse non afro-descendante, j’étais attendue de pied ferme dans ce village par un guide. J’ai également rencontré le linguiste et poète Bernardino Perez Miranda qui continue à assurer que l’enseignement du palenque se réalise auprès des jeunes. Entre deux vers qu’il me récite, il s’interrompt et se lève pour servir quelques mesures de riz du fond de la pièce ouverte sur la ruelle et qui fait office de petite épicerie de village. Chacun me parle de son rêve, la création d’un musée Benkos Biohó. A la fin de la journée, après une chaleur torride et une ondée bienfaitrice, je reste assise devant une échoppe, à regarder les vieux jouer aux dominos, tandis que les jeunes s’arrachent le ballon dans une partie effrénée de foot. Les jeunes filles déambulent bras dessus bras dessous en riant. On reste, là, assis pendant deux heures, à regarder le temps s’égrener lentement.

    Pendant ce temps, je m’imagine mon personnage, lui dessine des traits et songe combien il est nécessaire et urgent d’arracher cette fausse croyance de l’esclave africain passif et indolent face à son destin. Les gens qui défilent sous mes yeux sont la preuve vivante que leurs descendants ont su résister, se battre, faire preuve d’imagination et de créativité, ils ont su inventer des stratégies de défense hors du commun, ils ont fait preuve d’un courage immense dans un système de terreur constante, ils ont été visionnaires. Ces gens qui défilent sous mes yeux sont la preuve vivante que leurs ancêtres étaient nés libres contrairement à ce qu’on a tendance à vouloir nous faire croire, que  les esclaves arrivés en Amérique étaient déjà esclaves en Afrique et qui est le plus odieux et le plus insupportable des mensonges.

    Benkos Biohó, un homme né libre en Afrique et qui est mort libre.

     

    La suite du voyage dans le courant de l’année, direction Guinée Bissau sur les traces de l’enfant Biohó. Les habitants de San Basilio Palenque attendent avec impatience les récits du voyage. Très peu de choses ont été écrites à ce sujet, je n’ai recensé en espagnol que cinq ouvrages, à la bibliothèque de Bogota tandis qu’une bande dessinée circule auprès des jeunes.  

     

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    Le linguiste et poète Bernardino Perez Miranda 

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    MAESTRO RAFAEL CASSIANI  

    https://www.youtube.com/watch?v=3MgryNTWCrk

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    EN SOUTIEN AUX FRERES AMERICAINS AFRO-DESCENDANTS

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    STATUE DE "KID PAMBELE" ORIGINAIRE DU PALENQUE SAN BASILIO. PREMIER CHAMPION DU MONDE DE BOXE COLOMBIEN. SOUS LES FEUX DES PROJECTEURS, IL SERA CELUI QUI PARVIENDRA A AMENER L'ELECTRICITE ET L'EAU DANS SON PALENQUE NATAL. 

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    MUCHAS GRACIAS JHON SALGADO Y TAMBIEN A TU HERMANA SAMBA

    MON GUIDE ET SES DEUX NIECES

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     Crédit photo D.Chraïti

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