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Eloge de la lenteur

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ob_2bc097_eloge-de-la-lenteur.jpgDes aurores boréales aux "horreurs coronales," je suis restée clouée au sol. Mes vols prévus pour le Canada ont fondu comme beurre au soleil et ont été annulés les uns derrière les autres et aujourd'hui, comme la plupart d’entre vous,  le confinement est devenu mon pain quotidien;  un pain noir et dur que je mange non sans quelque gourmandise.
Là où certains n’y voient que malheur, j'entrevois cette période aussi comme un retour à une "normalité"qui nous a échappée. Le temps s’égrène lentement, on le sent s’écouler comme ce long fleuve tranquille tant promis et rarement vu. Le temps s’effiloche en bandes généreuses sur fond d’épidémie. Les oiseaux sous ma fenêtre piaillent joyeusement tout affairés à leur nid; les brindilles éparpillées sur mon balcon prouvent l’agitation d'une construction fébrile et maladroite.
Avant de filer faire mes courses et parfois celles de ma voisine, j’ évalue ma bibliothèque à vue d’oeil et constate que je puis tenir un siège de cinq ans de lecture; à raison de deux livres par semaine et nourrir aussi bien mon esprit que mon corps.
Que ce soient les versions bilingues de la poésie de Paul Celan, en Allemand, de Pier Paolo Pasolini en Italien ou de Darwich en Arabe, le temps nous est offert de plonger dans la langue originale des auteurs. Etudier les partitions musicales en toute sérénité, parce que oui, la poésie c’est avant tout de la musique.
Et redécouvrir à travers "l’Histoire Ancienne" de Pline l’Ancien (mort en 79 lors de l’éruption du Vésuve) les épidémies. Et que n’a-t-il point décrit sur elles et leurs remèdes ?

""Maladies nouvelles, médecines nouvelles." Le visage de l’homme a éprouvé des maladies nouvelles et inconnues à toute l’antiquité, non seulement en Italie, mais presque dans l’Europe entière.Elles n’étaient ni dangereuses pour la vie ni douloureuses; mais elles étaient si dégoûtantes qu’on eût préféré la mort, sous quelque forme qu’elle se fût présentée." Le lichen ou le mentagra est un fléau selon Pline inconnu des aïeux et des pères qui se glissa pour la première fois en Italie et apporté d’Asie par un certain chevalier romain, un simple baiser suffisait à le contracter et qui se manifestait par une éruption cutanée dartreuse se manifestant sur le visage et certaines parties du corps et qui laissait des cicatrices hideuses. Et Pline de conclure, "des épidémies soudaines surviennent dans certaines contrées, s’attachent, comme par une sorte d’élection, à certaines parties du corps, à certains âges, et même à certaines conditions sociales; les unes frappent les enfants, les autres les adultes; celles–ci les grands, celles-là les pauvres."

Rien de nouveau sous le soleil? Sans doute, un phénomène nouveau de notre époque, la mondialisation comme celle du virus qui nous concerne et frappe la planète entière.

"Aujourd’hui, il faut profiter de chaque souffle, car chacun de tes souffles est un trésor.....Agis ainsi et ne sois pas désespéré. " sur les bonnes paroles de Rûmi, je vous souhaite de profiter pleinement de cette lenteur retrouvée par la force des choses, pensez à tout ce que vous n’avez pas pu faire jusqu’à présent par manque de temps.

Et gardons une pensée émue pour les malades et les soignants qui risquent aujourd'hui leur vie pour sauver la nôtre. Paix à l'âme des disparus.

 

L’éloge de la lenteur

 

Lien permanent 23 commentaires

Commentaires

  • Est-ce vraiment le moment d'aller au Canada ? On peut rencontrer une tempête de neige, même à l'époque de Pâques, en voulant rejoindre l'aéroport de Montréal-Mirabel au volant d'une voiture de location. Et c'est galère. Restons donc chez nous !

  • @Rabbit, je suis en effet restée et confinée chez moi.

  • Pour celles et ceux qui, actuellement, ont quelques loisirs pour lire, un très bel article de Philippe Mudry, ancien professeur de langue latine à l’Uni de Lausanne, paru en 2017 dans le Journal of History of Medicine, qui traite, à travers un texte de Plutarque, de l’émergence ou non des maladies nouvelles ; entre autre le mentagra que vous mentionnez et qui correspondrait en dermatologie moderne à une folliculite ou sycosis, affection assez peu ragoûtante il est vrai (abcès purulents confluents des follicules pileux de la barbe, dus à un staphylo le plus souvent) et qui aurait ravagé le visage de l’empereur Tibère.

    Pour vous donner une idée de ce à quoi cela devait ressembler (cas extrême, avant l’ère des antibios !). Ne sautez pas les lignes consacrées aux traitement de l'époque...

    https://www.biusante.parisdescartes.fr/ressources/php/fragments/banque_images_ajax_proxy.php?gabarit=aucun&do=informations-iconographiques&refphot=stldivheb055&fichier=stldivheb055a

    file:///C:/Users/Gilbert/Downloads/999-1869-1-SM.pdf

    Bonne lecture.

  • Madame,

    Merci pour votre pensée:"Et gardons une pensée émue pour les malades et les soignants qui risquent aujourd'hui leur vie pour sauver la nôtre. Paix à l'âme des disparus."

    Juste pour info, chaque soir vers 21hrs, les genevois sont invités en restant chez eux d applaudir depuis leurs fenêtre ou portes pour saluer remercier le personnel soignant et pour les malades confinés ou hospitalisés...

    J espère que bientôt les cloches des Eglises, des Mosquées ainsi que les Synagogues témoignent en même temps et ensemble chacune à sa manière sa solidarité avec le personnel soignant, les malades et à ceux, comme vous le dites, paix aux âmes de ceux qui sont partis à jamais...

    Pensons aussi aux morts dans les guerres dans le monde entier, aux enfants du Yémen dont un enfant meurt chaque 10 minutes, aux enfants africains qui comptent sur leur seul repas du jour à l école et qui ne le reçoient plus....(Il semble aussi que les enfants de familles pauvres aux USA et sans couverture maladie et qui comptaient sur leur seul repas par jour et fourni par l école mais qui ne le recoient plus à cause de la crise du Corona (TDG de ce samedi 21.03.2020...)

    liste non exhaustive,,,

    Bien à Vous
    Charles 05

  • Sur la recommandation de Gislebert, nous procédons à l'autopsie de Tibère. Son acte de décès révèle une information propre à bouleverser le paysage politique français, et dont ni LCI, ni BMFTV (ou encore quelque autre usine à tchatche) ne nous avait informés: «Si les contemporains (Sénèque l'Ancien, cité par Suétone, Philon d'Alexandrie) affirment qu'il est mort de maladie, un certain nombre de versions différentes existent : selon Tacite, il serait mort étouffé sur ordre de Macron.» (Wikipedia). De façon tacite, devons-nous suivre Tacite, ou on fait comme si nous ne savions rien?

  • Franchement Rabbit! Vous devriez sortir vous aérez un peu dans un endroit désert!

    PS: Je ne reconnais pas le Rabbit que je lisais sur un site lausannois!

    Et l'autre qui vient nous bassiner les oreilles avec son soi-disant "humanisme" très faux et bien féminin pour un prénom masculin! Donc, la rumeur est vraie!

    On ne noie pas des années d'insultes et de mensonges activistes graves par des bullshit!

    Désolée Djemäa Chraïti, mais franchement marre de lire n'importe quoi!

  • Titre de l'article du Professeur Mudry :

    "La question des maladies nouvelles. Enquête médicale et sociétale dans le monde antique".

    En Pdf dans les bonnes librairies (Google)

    @Patoucha

    Vous avez pu donc vous échapper du donjon ? (Cf blog de Davier)

  • Cher Gislebert, je ne suis pas arrivé à trouver l'article de Philippe Mudry que vous mentionnez, en utilisant le lien qui se trouve dans votre commentaire.
    Patoucha, si certains commentaires vous insupportent, vous pouvez également choisir de les ignorer, plutôt que de jeter de l'huile sur le feu et d'attiser un différend qui semble ancien.

  • je l'ai trouvé et en effet, l'article est excellent. Suivez ce lien.
    https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=La+question+des+maladies+nouvelles.+Enqu%C3%AAte+m%C3%A9dicale+et+soci%C3%A9tale+dans+le+monde+antique%22.

  • L'hydrophobie après la morsure d'un chien enragé, me laisse songeuse, je n'ai jamais entendu parler de cela ? peut-être qu'un médecin pourrait nous éclairer.
    Les remèdes conseillés par Pline valent le détour.

    XXXI. (XX.) [1] On raconte en outre des merveilles des mêmes animaux. Un fer de cheval détaché du sabot, ce qui arrive souvent, mis en dépôt quelque part, est un remède pour le hoquet; il suffit de se rappeler l'endroit où on l'a mis. Le foie de loup ressemble à un sabot de cheval; et les chevaux qui montés par un cavalier suivent la trace des loups ne tardent pas à crever. Les astragales des pores ont la propriété d'exciter la discorde. Dans les incendies, si on peut ôter des étables un peu de fumier, on en fait sortir plus ai sèment les animaux, et les brebis et les boeufs ne s'y rejettent pas.

  • Corr: ... vous aérée

    Quant à « Pierre » « Paul » et « Jacques » remettez votre »costume » quand vous vous adressez à moi!

  • Échappée Gislebert ? Je n’ai souvenir que d’un seul commentaire chez Davier! Je vais retourner me relire...... :))))

  • Djemâa, je vous remercie pour le lien.
    Patoucha, vous devriez suivre les conseils que vous prodiguez à d'autres: allez prendre l'air en compagnie de rabbit par exemple.

    Vous aérer ...à l'infinitif svp.

  • "Un fer de cheval détaché du sabot, ce qui arrive souvent, mis en dépôt quelque part, est un remède pour le hoquet;"
    C'est rassurant. Les médecins d'autrefois n'étaient pas plus sérieux que ceux d'aujourd'hui...

  • Bonjour à toutes et à tous, je ne publie que les commentaires qui ont un lien avec le sujet traité dans ce billet.
    Merci

  • L’hydrophobie rabique ? C’est un symptôme spectaculaire de la rage déclarée, malheureusement au stade terminal. Rien à voir avec l’hydrophobie des molécules d’huile, ni le trouble phobique des patients qui ont peur de l’eau (mer, lacs, rivières…), généralement à la suite d’un traumatisme de l’enfance, ni même avec celle de certains de nos adolescents mâles, en délicatesse avec leur hygiène corporelle et qui répugnent à fréquenter les salles de bains…

    Redevenons sérieux et rappelons, sans tartiner un traité d’infectiologie, que la rage humaine est une encéphalomyélite virale. Zoonose très répandue transmissible à l’homme qui en est l’hôte terminal, puisque, sans traitement préventif d’urgence, il en meurt et les virus (suicidaires) avec lui.

    L’incubation dure plus d’un mois, ce qui permet l’injection du vaccin pour réveiller le système immunitaire et stimuler la petite armée des lymphos et des anticorps. Autrement, passant sous les radars, l’infection remonte les filets nerveux jusqu’à la moelle et à l’encéphale, nécrosant les neurones en chemin. Quand on en est là, il est trop tard pour appeler la cavalerie. D’ou la nécessité absolue de vacciner le plus vite après l’exposition (morsure).

    Le tableau clinique dans la phase aiguë de la rage furieuse est absolument terrifiant : en proie à une agitation de type fébrile, le malade ne tient pas en place, hurle, se débat, cherche à mordre. Hallucinations et convulsions vont de pair. Les muqueuses oro-pharyngées sont hypersensibles, la soif est vive, mais la moindre ingurgitation de liquide provoque le fameux spasme hydrophobique, rendant la déglutition impossible. D’où fausses routes et étouffement. La vue d’un verre d’eau provoque même le spasme pharyngé.
    Vous comprenez pourquoi les Anciens appelaient la rage hydrophobie.

    J’ai relu les « Souvenirs et polémiques » de Léon Daudet, qui fit une bonne partie de médecine, avant de devenir le bras droit de Maurras et l’un des piliers de l’Action française. Parue dans la collection Bouquins chez Laffont, il y a tout un chapitre consacré aux grands pontes de la Faculté de l’époque. Il raconte la venue en France de malades russes pour, en désespoir de cause, tester le vaccin de Monsieur Pasteur. Sans effet évidemment, la maladie étant déclarée. Assez terrible la description de l’agonie de ces pauvres bougres, suppliant qu’on abrège leurs souffrances. Ce qui fut fait, une euthanasie compassionnelle comme je l’appelle.

    En comparaison, le confinement, c’est brimborions et broutilles.

  • @Gislebert, merci pour cette lumière apportée sur l'hydrophobie et votre conclusion " le confinement, c’est brimborions et broutilles" qui nous rappelle, à juste titre, que nous ne sommes pas si mal lotis comparés à certains pays dont le système sanitaire est déficitaire voire inexistant.

  • Pour le COVID-19, ne pas suivre l'exemple de Pline l'Ancien, qui pensait avoir trouvé une bonne place pour assister à l'éruption du Vésuve, en mouillant son yacht (ou l'équivalent de l'époque) au centre de la baie de Naples. Un spectacle transcendant qui dépassa son attente.

  • Une fin incroyable admirablement racontée par son neveu Pline le Jeune à Tacite dans la lettre que voici :

    I. Lettre de Pline le jeune à Tacite, dans laquelle il raconte l’éruption du Vésuve et la mort de son oncle

    Pline à son cher Tacite salut

    1Vous me demandez de vous raconter la fin de mon oncle pour pouvoir la transmettre plus exactement à la postérité : je vous en remercie, car je prévois que cette mort, quand vos œuvres l’auront partout répandue, bénéficiera d’une gloire éternelle. 2 Bien qu’il ait péri au milieu de la dévastation des plus belles contrées, en même temps que des populations, en même temps que des villes, dans un accident mémorable qui semble destiné à faire vivre éternellement son souvenir, bien qu’il ait mis au jour lui-même des oeuvres en grand nombre et inoubliables, cependant la durée de sa gloire sera de beaucoup prolongée par l’immortalité réservée à vos écrits. 3 Pour ma part, j’estime heureux les hommes auxquels les dieux ont accordé le privilège de faire des actions dignes d’être écrites ou d’écrire des livres dignes d’être lus, et trois fois heureux ceux qui ont l’un et l’autre don. C’est parmi ces derniers que sera mon oncle, grâce à ses livres à lui et aux vôtres. Voilà pourquoi j’accepte volontiers et réclame même la charge que vous me donnez.

    24 Il se trouvait à Misène et commandait la flotte en personne. Le 9 avant les calendes de septembre, aux environs de la septième heure, ma mère lui apprend qu’on voit un nuage extraordinaire par sa grandeur et son aspect. 5 Il venait de prendre son bain de soleil, puis d’eau froide, il avait fait un repas léger étendu sur son lit et y travaillait. Il demande ses chaussures, monte à l’endroit d’où on pouvait le mieux contempler le phénomène en question : une nuée se formait (on ne pouvait bien voir de loin de quelle montagne elle sortait, on sut ensuite que c’était du Vésuve), ayant l’aspect et la forme d’un arbre et faisant penser surtout à un pin. 6 Car après s’être dressée à la manière d’un tronc fort allongé, elle déployait comme des rameaux, ayant été d’abord, je suppose, portée en haut par la colonne d’air au moment où elle avait pris naissance, puis cette colonne étant retombée, abandonnée à elle-même ou cédant à son propre poids, elle s’évanouissait en s’élargissant ; par endroit elle était d’un blanc brillant, ailleurs poussiéreuse et tachetée, par l’effet de la terre et de la cendre qu’elle avait emportées.

    37 Mon oncle trouva tout cela curieux et bon à connaître de plus près, en savant qu’il était. Il fait mettre en état un bateau liburnien ; il m’offre, si cela me plaît de venir avec lui ; je lui répondis que je préférais rester à mon travail et précisément c’était lui qui m’en avait donné la matière. 8 Il sortait de chez lui ; on lui remet un billet de Rectina, femme de Cascus, effrayée du danger qui la menaçait (sa villa était en bas et elle ne pouvait plus fuir qu’en bateau) ; elle suppliait qu’on l’arrachât à une situation si terrible. 9 Mon oncle change son plan et ce qu’il avait entrepris par amour de la science, il l’achève par héroïsme. Il fait sortir des quadrirèmes et s’embarque lui-même, avec l’intention de secourir, outre Rectina, beaucoup d’autres personnes (les agréments du rivage y avaient attiré bien des visiteurs). 10 Il gagne en toute hâte la région que d’autres fuient et vogue en droite ligne, le cap droit sur le point périlleux, si libre de crainte que toutes les phases du terrible fléau, tous ses aspects, à mesure qu’il les percevait du regard, étaient notés sous sa dictée ou par lui-même.

    411 Déjà les bateaux recevaient de la cendre, à mesure qu’ils approchaient plus chaude et plus épaisse, déjà aussi de la pierre ponce et des cailloux noircis, brûlés, effrités par le feu, déjà il y avait un bas-fond et des rochers écroulés interdisaient le rivage. Il hésita un moment : reviendrait-il en arrière ? Puis, à son pilote qui le lui conseillait : ‘La fortune, dit-il, seconde le courage ; mets la barre sur l’habitation de Pomponia-nus’. 12 Ce dernier était à Stables, de l’autre côté du golfe (car le rivage revient sur lui-même de façon à former une courbe insensible que remplit la mer). En cet endroit, alors que le péril n’était pas encore là, mais avait été vu et en se développant s’était approché, Pomponianus avait fait charger ses paquets sur des bateaux, décidé à fuir si le vent contraire tombait. Ce vent à ce moment était tout à fait favorable à mon oncle qui arrive, embrasse son ami tremblant, le console, l’encourage et voulant calmer ses craintes par le spectacle de sa tranquillité à lui, se fait descendre dans le bain ; en en sortant il se met à table et soupe avec gaîté, ou, ce qui n’est pas moins beau, en feignant la gaîté.

    513 Pendant ce temps, le sommet du mont Vésuve brillait sur plusieurs points de larges flammes et de grandes colonnes de feu dont la rougeur et l’éclat étaient avivés par l’obscurité de la nuit. Mon oncle répétait que des foyers laissés allumés par les paysans dans leur fuite hâtive et des villas abandonnées brûlaient dans la solitude, voulant par là calmer les craintes. Alors il se livra au repos et dormit d’un sommeil qui ne peut être mis en doute, car sa respiration, rendue par sa corpulence grave et sonore, était entendue par ceux qui allaient et venaient devant sa porte. 14 Mais la cour par laquelle on accédait à son appartement était déjà remplie de cendres mêlées de pierres ponces qui en avait élevé le niveau au point qu’en restant plus longtemps dans sa chambre il n’en aurait pu sortir. On le réveille, il vient rejoindre Pomponianus et les autres qui avaient passé toute la nuit debout. 15 On tient conseil : restera-t-on dans un lieu couvert ou s’en ira-t-on dehors ? Des tremblements de terre fréquents et amples agitaient les maisons qui semblaient arrachées à leurs fondements et oscillaient dans un sens, puis dans l’autre. 16 À l’air libre en retour tombaient des fragments de pierre ponce, légers et poreux, il est vrai, mais qu’on redoutait. C’est à quoi on se résigna après comparaison des dangers. Chez mon oncle triompha le meilleur des deux points de vue : chez les autres, la plus grande des deux peurs. Ils mettent des oreillers sur leur tête et les attachent avec des linges : ce fut leur protection contre ce qui tombait du ciel.

    617 Déjà le jour était levé partout, mais autour d’eux une nuit plus épaisse que toute autre nuit et qu’atténuaient pourtant une foule de feux et des lumières de toute sorte. On résolut d’aller sur le rivage et de voir de près s’il était maintenant possible de prendre la mer ; mais elle était encore grosse et redoutable. 18 Là, on étendit un linge sur lequel mon oncle se coucha ; il demanda à plusieurs reprises de l’eau fraîche et en but ; ensuite les flammes et l’odeur de soufre qui les annonçait font fuir ses compagnons et le réveillent. 19 Il s’appuie sur deux esclaves pour se lever et retombe immédiatement. Je suppose que l’air épaissi par la cendre avait obstrué sa respiration et fermé son larynx qu’il avait naturellement délicat, étroit et souvent oppressé. 20 Quand le jour revint (c’était le troisième depuis celui qu’il avait vu pour la dernière fois), son corps fut trouvé intact, en parfait état et couvert des vêtements qu’il avait mis à son départ ; son aspect était celui d’un homme endormi plutôt que d’un mort.

    1 Plin., Εp., VI, 16. (trad. Belles-lettres, II, p. 113-119).

    721 Pendant ce temps, à Misène avec ma mère… Mais cela n’importe pas à l’histoire et vous ne m’avez pas demandé autre chose que le récit de sa mort. Je m’arrêterai donc. 22 Je n’ajouterai que ceci : je vous ai donné la suite complète des événements auxquels j’ai assisté et de ce qui m’a été raconté immédiatement, au moment où les récits sont le plus exacts. À vous de faire des extraits à votre choix ; car une lettre n’est pas une histoire ; écrire pour un ami n’est pas écrire pour le public. Adieu.

  • les cloches des Eglises, des Mosquées ainsi que les Synagogues

    Vous êtes sûrs qu'il vous reste de la bière dans le frigo ?

  • Pour en revenir aux Romains, Monsieur Petard, internet est l'équivalent moderne du Cloaca Maxima. Pour éviter que les miasmes ne parviennent au cerveau, le coup d'oeil sélectif doit devenir un acte réflexe. Donc, vous survolez ce qui est inutile sans en conserver la trace dans votre mémoire, comme vous cessez de respirer quand ça commence à sentir franchement mauvais. Dans les années 70, la lecture rapide (ou en diagonale) était à la mode : une technique efficace qui froissait les littéraires, mais l'équivalent du masque FFP2 pour tout internaute en temps de pandémie.

  • Cher Pétard, votre humour est sincèrement très drôle et sympathique mais vous n avez transmis que ma 1ère moitié en disant :"les cloches des Eglises, des Mosquées ainsi que les Synagogues" au lieu de : " J espère que bientôt les cloches des Eglises, des Mosquées ainsi que les Synagogues témoignent en même temps et ensemble chacune à sa manière sa solidarité avec le personnel soignant, les malades et à ceux, comme vous (=Mme Djemâa) le dites, paix aux âmes de ceux qui sont partis à jamais..."

    Pour finir en beauté, oui Pétard, il me reste beaucoup de binche dans le frigo et s il vous en manque dites le moi. Face au Corona virus, n est-on pas solidaires m^me avec la bière, la capiteuse, la sourde et même la Corona... !!!

    Bien à Vous.
    Charles 05

  • Et ma correction Djemäa? Rectifiée deux fois dont le ratage que je reprends pour une troisième fois : «  Vous aérer  » Je ne veux pas laisser l’iPad avoir le dernier mot ! Vous pouvez le comprendre Djemäa!?

    Je retourne à mon reportage bien plus gaie que « l’agonie...... euthanasie ... » Gislebert. Pas le moral dans les talons avec les cloches .... LOL

    Heureuse de vous revoir Géo :) .... Je me suis inquiétée ! Votre duo avec Gislebert me manque.... des moments drôles qu’on en redemande en ces moments de « broutilles ».....

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