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“Ouvrir grand les yeux pour voir la vie !” (27/04/2011)

25835_1382220401895_1423525430_31036368_3208152_n.jpgLes blogs offrent l’occasion de rencontres singulières comme la dernière en date avec Dominique Fischbach, réalisatrice documentaire à Paris. En cherchant sur internet des articles ou des témoignages sur les femmes cheffes d’entreprise, elle tombe sur mon blog genevois  de la Tribune de Genève et mes billets sur la Smala de Gorée, aussitôt elle me contacte et finalement je la rencontre à Paris pour parler du prochain documentaire sur Marie-Jo qui se déroulera à Dakar et sera diffusé sur une des grandes chaînes françaises.

Blog  ? Une expérience  essentiellement virtuelle ? Détrompez-vous, preuve en est  !

 

 

 

 

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Au Train Bleu, restaurant mythique  de la Gare de Lyon à Paris, une grande jeune femme s’avance vers moi accompagnée de sa scénariste, tout de suite je perçois quelque chose de chaleureux dans sa façon de vous aborder. Dominique de parents coopérants français est née au Maroc qu’elle a quitté en 1974 pour Nice, les mêmes palmiers mais avec la chaleur humaine en moins, selon elle. Pourtant Dominique a su la garder cette solarité et en faire un métier. “Parce qu'un jour, j’ai quitté mon Maroc natal, j’ai débarqué en France, et j’ai écarquillé les yeux. Et ce premier regard, de surprise, de découverte, je l’ai tant aimé que j’ai voulu le garder. Alors je me suis mis à filmer les gens. Ceux qui m’intriguent, ceux qui me touchent, ceux qui me font rire,ça va souvent de pair, ceux qui ne me ressemblent pas quoique… Je ne les juge pas, les gens, j’observe, c’est tout. Je guette le non-dit de leur quotidien, et lorsque j’aperçois des instants de poésie, je les filme. Parce que ces bouts de vie, faudrait jamais les laisser s’enfuir.” . Voilà Dominique, elle s’est présentée encore mieux que tout ce que j’aurais pu écrire sur elle.

Son premier documentaire retrace la vie de ses voisins à Paris, elle se souvient qu’au Maroc, toutes les portes étaient ouvertes on allait chez les uns et chez les autres.  Alors elle s’est demandée qui étaient ses voisins. Et à travers son regard, on s’aperçoit qu’ils ont tous quelque chose de beau à dire, que chacun d’eux a un jardin secret qu’il nous dévoile tendrement face à une caméra pudique, à peine présente. Cette façon de regarder le monde et de s’émerveiller face au concierge peintre qui fait pousser des plantes dans une baignoire campée au milieu de sa courette. A chaque étage, un voisin ou une voisine, qui raconte, on les découvre, nous-mêmes fascinés et on finit même par se poser la question :”Mais, en réalité, qui sont nos voisins ?”.  La magie semble toujours être là, à portée de main, au bout du regard, il suffit d’ouvrir les yeux tout grands et les oreilles,  rajoute Dominique, pour découvrir la vie  !

 

Prochain billet sur son documentaire “Et Dieu croqua la femme “

http://www.dominique-fischbach.com/

 

 

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