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Regards croisés

  • Beyrouth- La jeunesse libanaise joue la carte de la solidarité

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    Beyrouth panse ses plaies et les jeunes très actifs sur le terrain y contribuent largement. C'est un ancien étudiant à l'Université de  Genève, Houssam,  qui fait le pont entre plusieurs personnes à Genève et Paris avec des associations qui oeuvrent d'arrache-pied,  à Beyrouth. Il a lancé un appel de fonds qu'il redistribue à plusieurs  associations dirigées par des jeunes de Beyrouth et ensuite via un groupe Whatsapp, les  donateurs peuvent suivre jour après jour les actions menées sur le terrain.

    Une autre façon de jouer la carte de la proximité. On peut voir sur les photos prises de  jeunes bénévoles aider à balayer les débris de verre et retaper les maisons détruites ou une autre association distribuant de la nourritures aux sans-abri.

    Un mouvement de solidarité qui s'est immédiatement organisé après les explosions et Beyrouth transformée en  une fourmilière où chacun s'active pour tendre une main secourable.

    Pour mémoire, on recense 171 morts et plus de 6000 blessés suite à l'explosion du 4 août  dernier de plus de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées dans le port de Beyrouth . 300 000 personnes sont actuellement sans-abri.

    Lien sur une sélection d'associations actives sur le terrain auprès desquelles notre contact distribue les collectes de fonds. Si vous souhaitez participer n'hésitez pas à me contacter, je fais des transferts via Western Union deux fois par semaine, à souligner que Western Union ne prélève exceptionnellement que 2% de commission pour les fonds envoyés au Liban.

     

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    Crédit photo et vidéo Houssam Lababidi 

     

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  • Covid - La Tunisie résiste avec sagesse

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    IMG_20200805_122958_resized_20200809_092629032(1).jpgDjerba - Une belle surprise en partant en vacances en Tunisie, d'abord le sérieux avec lequel le gouvernement organise la prévention, prise de température dans les hôtels, à l'aéroport, dans les grands magasins et désinfectant partout. Le personnel a l'obligation de porter dans les zones touristiques  partout le masque appelé plus communément "la bavette".

    Pas d'hystérie collective, il est vrai qu'il y a très peu de cas comparé à plusieurs pays d'Europe, pour l'instant 1678 cas déclarés, 1259 guérisons et 64 décès pour presque 12 millions d'habitants et ce depuis le début de la pandémie. Les Tunisiens prennent ça avec une certaine distance et quand on leur demande comment ils expliquent le peu de cas, ils donnent leurs raisons que voici :

    ""alhamdulillah!" Dieu soit loué, nous avons l'harissa (un piment fort) et l'ail! Si chacun fait attention, alors on ne verra pas le Covid nous attaquer !" Cela dit, pour parler chacun baisse son masque mais le plus amusant c'est que l'autre en face pour mieux écouter le baisse aussi. Un peuple très communicatif ! Les gens se lavent déjà naturellement régulièrement les mains en entrant chez eux et se les frottent longuement jusqu'aux coudes, une habitude héritée de la préparation à la prière. Ils ont une seule crainte, c'est l'arrivée des Tunisiens de France, alors que d'autres touristes viennent aussi, mais ils pensent qu'ils sont moins disciplinés !

    Or, les hôtels sont restés totalement fermés pendant la quarantaine et ne répondaient même pas aux emails à distance, conclusion sans réponse beaucoup de voyageurs ont choisi d'autres destinations. Les  hôtels qui ont pu ouvrir affichaient presque complets. Comme l'Espagne, on pouvait voir sur des kilomètres des hôtels fermés donc des gens au chômage par milliers. Triste effet collatéral de la pandémie, un chômage sans précédent.

    Les touristes restent toutefois accueilli dans une  ambiance qui reste joyeuse et bon enfant et qui aère l'esprit pour de bon.

    Et en conclusion ce qui est bon pour l'homme est bon pour le chameau et vice versa car même les chameaux font de la prévention anti-coronavirus.

     

    @ crédit photo D.Chraïti/merci au  chameau appelé "Becha" et au chamelier qui a accepté de prendre cette photo sur mon initiative. Je reste entièrement responsable de cette photo. Le masque a été posé 4 secondes sur la partie supérieure du museau.

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  • Un curé en goguette

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    images.jpegSalernes(Var)-Témoignage d'une fidèle

    Quand le confinement a commencé, on ne pouvait plus aller à l'église. Notre curé qui est très motivé et qui ne voulait pas abandonner ses ouailles a décidé de nous donner la communion coûte que coûte. Sur le trottoir..... oui, c'est bien ce qu'il a fait, c'est comme ça qu'il officiait. . Accompagné d'une nonne qui transportait une  petite table décorée de son napperon en dentelle, il nous donnait l'hostie dans la rue après nous avoir prévenus par sms qu'il était devant notre porte. Moi, je lui ai dit après le premier dimanche que je pouvais pas aller sur le trottoir communier sous le regard de tous, l'eucharistie c'est très personnel et associer la sainteté et le trottoir c'était trop dur pour moi.

    Il a tout à fait compris. Tous les trois masqués, lui dans sa soutane, la nonne et moi, ça donnait un drôle de trio. Je recevais l'hostie, m'écartai, soulevai mon masque et l'avalai ! Que Dieu me pardonne, je n'y arrivais pas !

    Et le curé, il ne lâche rien. Les consignes du diocèse, il les applique à la lettre. Tiens ! Pendant la chorale, il nous oblige à chanter avec des masques, en plus de ceux qui chantent faux, maintenant on ne comprend même plus ce qu'ils disent.

    Tout ça c'est très dur, mais il faut avouer que notre curé, il a vraiment la motiv ! 

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  • La guerre des moustiques ou la fiction du moustique OGM

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    10317563.jpgNous avons tous connus ces moustiques qui la nuit durant nous harcèlent, la lumière allumée, plus rien, grand silence ! On se recouche et un vrombissement sonore autour des oreilles nous alerte; une femelle assoiffée de sang qui nous joue la parade nuptiale pour attirer un mâle.

    Alors finalement, pourquoi ne pas tous les éradiquer ? La question est sensible. Il y a bien les moustiques OGM , specicide ou comment éliminer une espèce. Au Brésil, on a déjà essayé dans les années 1950 et 1960 d’éradiquer l’espèce Aedes Aegypti et la tentative a essuyé un échec retentissant. 450'000 mâles transgéniques Aedes Aegypti ont été relâchés durant 27 mois dans la région de Jacobina au Brésil. Le gène modifié devait engendrer, la mort de la progéniture ou son incapacité à se reproduire. Contre toute attente, les moustiques se sont reproduits et ont retransmis le gène à d’autres populations de moustiques. Une deuxième tentative avec une nouvelle souche de moustiques croisés cubain-mexicain ont donné d’aussi mauvais résultats.

    L'étude de l'Université de Yale montre que les moustiques se sont reproduits et que la population de moustiques de Jacobina est maintenant un mélange génétique entre la population initiale, les moustiques Aedes Aegypti, et la souche mexico-cubaine. L'étude révèle que, au contraire, les moustiques se sont reproduits présentant un mélange génétique sur les deux groupes test et que cela a conduit à former des populations plus robustes encore. Après un déclin, on a assisté à un rebond 18 mois après. Echec technique et fracassant partout où se développent ces tests, mais succès économique, le moustique transgénique sait piquer et faire de l’argent et c’est pour cela que les essais continuent, que les rapports sont faussés, les résultats nuls, mais la machine à faire de l’argent est lancée et plus rien ne l'arrêtera sur les terres de prédilection comme l'Afrique.

    En 2019, le Burkina Faso est devenu un nouveau terrain d’essai après le Brésil. Un lâcher monumental de 10'000 moustiques OGM sur un village proche de Bobo-Dioulasso, Sourkoudiguin, encouragé par la firme Target Malaria, - un consortium qui réunit 130 personnes de 14 institutions de différents pays, financé par la Fondation Bill & Melinda Gates et Open Philantropy Project Fund à hauteur de 75 millions de dollars. Un pays qui avait déjà subi le raté de Monsanto sur son coton BT en voyant les plants susceptibles de développer un insecticide, mais de nouvelles pathologies apparurent et des parasites encore plus résistants. Certaines ONG font référence à du terrorisme scientifique où les manipulations génétiques sont encore du domaine des sciences incertaines » Avant l’expérience, Target Malaria a bien fait signer les villageois dont encore nombreux sont analphabètes un document de « consentement éclairé » ceux pour qui la traduction d’OGM en Dioula est illusoire ? Les ONG ne veulent plus que le Burundi soit un terrain d’expérimentation des OGM. Programmés à l’Imperial College de Londres, les essais sont craints, de nombreux pays africains ont émis l’hypothèse que la stérilisation des moustiques pouvaient entraîner celle des humains. En 2016, 160 organisations mondiales appellent, à Cancun, un moratoire sur le forçage génétique obtenu par génie génétique et démontre la menace sur la diversité écologique et sociale et la biodiversité.

    Qu’arriverait-il si nous pouvions éliminer les moustiques y compris ceux qui donnent la malaria, la dengue, la fièvre jaune, Zika, chikungunya, et tant d’autres maladies ? Les scientifiques sont hésitants sur la question. Ils savent les moustiques utiles pour les écosystèmes et la chaîne alimentaire ; ils nourrissent une quantité infinie de batraciens, de poissons, de lézards, d’oiseaux, de chauve-souris de libellules. Ils sont pollinisateurs, ils participent au cycle de l’azote. Pourtant aucun prédateur ne dépend entièrement d’eux, or, aucun scientifique ne peut garantir le rôle précis que les moustiques jouent dans notre environnement. Pourtant ces petites choses volantes et vrombissantes sont l’animal le plus meurtrier pour l’homme, on recense des millions de décès par an. Mais en l’occurrence, les insecticides utilisés pour les tuer seraient plus nocifs que les moustiques eux-mêmes.

    Certains scientifiques finissent en désespoir de cause par conclure que l’humain est le plus dangereux pour sa propre espèce et la nature. En attendant, qu’on comprenne à quoi ils servent véritablement, mieux vaut les laisser bourdonner et nous pourrir encore un peu la vie, mais toujours moins que la façon dont nous pourrissons la nôtre et cette planète.

    Belles nuits d’été au son du bzzzzzzzzzzzzz...........bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzBzzzzzzzzzzzzz...............bzzzzzzzzzzzOzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz bzzzzzzzzzzzzzzNzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzNzzzzzzzzzzzzzzzzEzzzzzzzzzzzzzzzzzzz ...................bzzzzzzzzzNzzzzzzzzzzzzzzzzUzzzzzzzzzzzzzIzzzzzzzzzzzzzzzTzzzzz!!!

     

     

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    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/insectes-experience-moustiques-genetiquement-modifies-premiers-resultats-77698/

     

    https://www.bbc.com/news/world-africa-46930537

     

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2016/02/16/et-si-on-eradiquait-tous-les-moustiques_5993446_3244.html

     

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/06/29/des-moustiques-ogm-contre-le-paludisme-le-projet-qui-fait-debat-au-burkina_5323380_3212.html

    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/burkina-controverse-autour-de-moustiques-ogm-contre-le-paludisme_128830

    https://www.infogm.org/6859-moustiques-ogm-se-reproduisent-avec-cousins-sauvages

    https://www.infogm.org/6935-moustique-ogm-echec-technique-mais-succes-economique-pour-oxitec

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  • « I can’t breathe »

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    a300fad7-a1d1-11ea-b33c-02fe89184577-1.jpgMinneapolis, le 25 mai. Quelques minutes avant de mourir, George Floyd plaqué au sol avec le genou d'un policier sur la nuque suppliant d’une voix rauque et plaintive « Please, I can’t breathe !» - On le verra partir en ambulance, mort par asphyxie!

    Floyd n’est que l’arbre qui cache la forêt, et il y en a eu tant d’autres. 2014, Stephan Clark abattu de 20 balles dans le dos alors qu’il se trouvait dans son jardin. La même année, l’adolescent Michael Brown, à 18 ans abattu alors qu'il avait les mains en l'air,  pour sa défense, la police invoqua la légitime défense.  Trois semaines après la mort d’Eric Garner, aussi mort étouffé par un policier. Puis, des enquêtes bâclées qui traînent  où les policiers ne sont jamais reconnus coupables.

    Tous ces arbres qui cachent l’immense forêt qui s’étend à perte de vue, sombre et dangereuse ; ronces, lianes, nœuds, pièges, précipices. Autant de dangers qui ont pour noms, racisme, injustice, violence policière. Une forêt qui ne cesse de s’étendre à l’horizon et qui aveugle et étouffe.

    Les Américains pensaient avoir fait acte de contrition avec la parution de la Case de l’Oncle Tom en 1892, - veille de la guerre de Sécession,-   un esclave bon et pieux qui mourra comme martyre. Un roman qui a fait pleurer l’Amérique, mais qui a aussi ancré l’image d'Épinal d’un afro-américain, incapable de défense, bon à l’égard de son maître, croyant et pratiquant. En somme, un destin noir entièrement dépendant du Blanc, totalement à sa merci et sous tutelle. Et on le constate, l’afro-descendant n’est pas égal devant la loi du Blanc; une loi qui ne semble être faite que par lui et pour lui.  Face à quantité de meurtres, les auteurs ne sont quasiment jamais punis et qui rappellent quoiqu’on en dise, le temps où chacun était maître de la vie d’un noir. Un homme noir a 2,5 fois plus de risque d’être tué par la police qu’un blanc et dans la plupart des cas les auteurs de meurtres sont restés impunis pour fautes de preuves.

    Aujourd’hui, l’Amérique s’embrase, un Printemps afro-américain ? Une révolution qui se profile pour amener un vrai changement au cœur de cette Amérique qui a construit sa puissance sur deux génocides ; d'abord les native américains et après les esclaves noirs.

    Une Amérique qui doit faire un vrai travail sur elle et ses fondements, back to the roots, les racines du mal ! Une Amérique qui s’enlise dans ses sables mouvants, les fondations ont quelque chose de pourri, il y a de la putréfaction qui en émane.  Lorsqu'on sort une poubelle puante restée trop longtemps enfermée dans une pièce, il reste toujours quelque chose de fétide dans l'air et cette odeur qui plane nous écoeure, elle donne la nausée ! Pardonnez cette métaphore nauséabonde.

    Je reste persuadée que le travail de mémoire sur l’esclavage n’a jamais été fait aux Etats-Unis -  et bien ailleurs du reste-   l’esclavage a pris d’autres formes pernicieuses où les violence constitutives du pouvoir sur l’esclave n’ont jamais disparues. Inscrit dans l'inconscient collectif des Blancs, les schémas à l'égard des anciens esclaves sont restés imprégnés et vivent toujours avec toute leur charge négative et violente. Corvéables à merci, victimes d’arbitraires, morts impunies, quand les afro-américains quitteront-il leur statut imposé de citoyens de seconde zone ?

    Pour cela, oui, il faudra une révolution et espérer recréer un changement radical dans les rapports sociaux et comme on le voit toute révolution démarre sur un mouvement anarchique illustré par l’embrasement et les violences actuels dans plusieurs états américains, les rues s'échauffent. La dernière raison des peuples comme disait Victor Hugo, le pavé!

    C'est l'Amérique entière qui étouffe! Etouffée par son racisme, odieux spectre qui plane sur la justice et l'ensemble des institutions.

     

    We can't breathe. Enough is enough !

     

    Paix à l'âme de toutes les victimes des violences policières. Paix à l'âme de George Floyd et de tous les autres.

     

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    Message d'Anonymous/1er juin 2020/images de violences policières personnes sensibles s'abstenir

    We are Legion, expect us’ | Anonymous send message to Minneapolis Police Department

    https://www.facebook.com/RTnews/videos/we-are-legion-expect-us-anonymous-send-message-to-minneapolis-police-department/246350213327891/

     

    I juste wanna live by Keedron Bryant âgé de 12 ans /une chanson sur le malaise des Afro-Américains et qui fait le buzz déjà vue plus de 2 millions de fois

    https://www.youtube.com/watch?v=sZWTJbSS7b0

     

    Attention vidéo violente, personnes sensibles s'abstenir

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/homicide-de-george-floyd-a-224761

     

    Base de données du Washington Post/1011 personnes tuées par la police en 2019

    https://www.washingtonpost.com/graphics/2019/national/police-shootings-2019/

     

    Le compteur du quotidien The Guardian sur les violences policières aux Etats-Unis/1093 personnes tuées en 2016/1146 en 2015

    https://www.theguardian.com/us-news/series/counted-us-police-killings

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  • Sourire avec les yeux

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    sourire_avec_les_yeux.jpgMon invitée Marie-Andrée Ciprut, psychologue-écrivaine

    Quelle gageure en effet !

    Assise dans un tram, j’aperçus une amie qui attendait le sien de l’autre côté de la rue, un masque sur le visage. « Mais c’est Unetelle ! » me suis-je dit en m’apprêtant à lui faire un signe amical. J’ai brusquement arrêté mon geste, en proie à un terrible doute :

    La taille et la carrure, c’était elle,

    Le style d’habillement, c’était elle,

    Les couleurs pastel, c’était elle,

    La coiffure, c’était peut-être elle,

    Mais, derrière son masque, était-ce vraiment elle ?...

     

    J’ai dû alors affronter cette brutale réalité : le coronavirus allait désormais s’immiscer dans nos vies pour les influencer, les contrôler, les diriger, les changer…

    Quelle histoire, ces masques !

    Dès les premiers signes de tarissement, les pharmacies sont prises d’assaut même avant le confinement : commande, coût, 10 CHF pièce. Pareil pour le gel hydroalcoolique, qui atteint également le prix exorbitant de 10 CHF le flacon de 100ml. Qu’à cela ne tienne, tout le monde en achète !...

    A vrai dire, les pays européens se trouvant devant une pénurie de masques, en ont déconseillé l’usage, tout en faisant secrètement des commandes massives en Chine, ce qui alimenta un marché très lucratif, une économie parallèle florissante, un commerce officiel ou non, provoqua des vols de cargaisons dans les aéroports, des détours de destinations, des mensonges d’états. Une occasion rêvée pour la mafia de redorer son blason en offrant ce précieux sésame aux italiens les plus démunis, alors que la Chine apparaissait comme la super puissance dont dépendait la santé mondiale grâce à sa fabrication par millions, pour ne pas dire par milliards, de l’objet tant convoité. Un conflit mondial venait de naître.

    La guerre des masques était déclarée !

    Il faut distinguer plusieurs catégories de masques selon l’efficacité de leurs filtres. Les FFP 1, 2 et 3, appareils de protection respiratoire sous différentes formes : coque, 2 plis, 3 plis, becs de canard. Les FFP2 sont uniquement réservés aux soignants et agents des services publics. Les masques chirurgicaux à plis destinés à une protection individuelle, aujourd’hui quasi universellement obligatoires, sont distribués gratuitement par certaines communes et dans quelques transports urbains. J’ai même vu des quidams qui se promenaient avec un modèle de masque de plongée adapté pour la circonstance, faute de mieux ! Les lavables « Afnor » en tissus filtrants « alternatifs », masques grand public, ne protègent que les personnes alentour. Ces derniers laissent libre cours à l’imagination créatrice et se transforment peu à peu en accessoires de mode assortis aux tenues vestimentaires…

    Pour les gants en plastique, on nous a assuré de leur inutilité, que leur port était même déconseillé puisqu’ils transportaient le virus. Ensuite, on nous a dit : « oui dans certaines situations, mais pas d’autres ! » … Enfin, ils furent interdits aux clients de quelques commerces, chez les coiffeurs par exemple. Ordre, contrordre, désordre !

    Nous avons appris de nouvelles expressions : gestes barrières, distanciation sociale de 1m, 1m150, 2mètres : au choix ! … Plus question de se toucher, se donner l’accolade, se prendre dans les bras, se serrer la main, encore moins s’embrasser, donner des baisers : interdit ! … Des mots nouveaux ont enrichi notre vocabulaire. Covid-19, quatorzaine, perte du goût : agueusie, perte de l’odorat : anosmie, hydroxychloroquine...

    Bas les masques !

    De nos cinq sens, la vue se place aux premières loges de nos relations humaines. Derrière les masques, notre visage cache ses mimiques, laissant à notre regard seul, moyen d’échange capital avec nos semblables, le soin de communiquer. Comment partager alors une émotion, une colère, un rictus, le mépris, le doute, la peur, le désaveu, la résignation, la connivence, l’étonnement, la complicité, ou simplement un sourire ?...

    Notre œil doit transmettre toutes ces choses. Après le temps du toucher, après les sulfureux débats sur le port du foulard islamique dans l’administration, voici venu le temps du regard ! Le décliner à tous les temps : regard sombre, mystérieux, indifférent, courroucé, compassionnel, fusiller du regard, toucher avec les yeux… J’ai pour but désormais de m’entrainer à lui faire exprimer tout cela, et commencer par :

    Sourire avec les yeux !

     

     

    Article paru en version papier dans la Tribune de Genève du 4 juin 2020 sous la rubrique Opinion /Lettre du jour

    https://www.tdg.ch/sourire-avec-les-yeux-390267377062

     

    billet paru également dans les critiques culturelles de Martinique

    https://www.madinin-art.net/sourire-avec-les-yeux/

    Du Tous créoles au Tout-Monde/ Mon interview en  vidéo de l 'écrivaine Marie-Andrée Ciprut/2016

    http://www.potomitan.info/ciprut/creoles.php

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  • C'est quoi être un vrai écrivain ?

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    L-Enigme-de-la-Chambre-622.jpgLa lecture immonde de la critique du Monde sur la sortie du dernier livre du Genevois Joël Dicker « L’énigme de la chambre 622 » me laisse sans voix !

    Un fleuve d’injures sous des oripeaux de critique littéraire, or, un souvenir étincelant me revient;  le poète solaire français, Saint-Pol-Roux, fuyant Paris - pour la forêt des Ardennes - ,  en 1898, et son snobisme  avec des mots durs à l’égard des critiques : « Les trous-du-cul, ce sont maints critiques modernes. Ils ont deux fesses, disons faces, l’une de miel pour les faiseurs d’ignominie, l’autre de fiel pour les beaux gestes du génie. Les trous-du-cul ce sont maints critiques modernes. Et ce qui sort de ces princes en us lorsque grince l’anus qui leur tient lieu de bouche, quelquefois, c’est du vent, des crachats plus souvent, de la merde toujours. » Rien de nouveau sous le soleil !

    Les lecteurs aussi se sentent atteints par une telle critique du quotidien français , c’est aussi avilir ce qu’ils apprécient et les faire passer pour de mauvais lecteurs.

    La vraie question, dans le fond, au-delà des prix que j’exècre ; haut lieu de copinage et de compromission, revoir l’affaire Gabriel Matzneff - largement soutenu par le journal le Monde celui-là même qui vient donner des leçons  - et son Prix Renaudot, c’est quoi être un écrivain ?

    La réponse est simple, aimer écrire et être lu ! Deux critères entièrement remplis par Joël Dicker, alors oui, Joël est bien un écrivain qu’il n’en déplaise à quelques poseurs  parisiens qui ont de la peine à avaler notre couteau suisse aux mille techniques. Pour ma part, j’ai commandé trois livres dédicacés par lui pour des proches qui adorent ses livres « page turner .»

     Le snobisme est au monde littéraire parisien ce que les trous sont à l'emmenthal ! C.Q.F.D

     

    Bonne lecture !

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  • La fabrique du consentement

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    index.jpgA relire de toute urgence, Noam Chomsky et la fabrique du consentement. "La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature. " Aucune nécessité de justification pour obtenir un consentement car il est imposé voire inutile, ou enfoui sous des théories bâclées et faire fi de la créativité et du bon sens des gens ordinaires, c’est-à-dire des gens comme vous et moi, à peine consultés et même pas du tout.

    Distraire et contrôler, autorité et domination, la fabrique du consentement, est une industrie bien rodée et elle prend des formes pernicieuses aux multiples variantes. Depuis le début du confinement, nous l’avons constaté, cette propension au discours unique du gouvernement relayé par les médias tandis que les autres voix tombées dans un silence assourdissant,-  excusez l'oxymore - devrait nous interpeller.  La  volonté absolue de distraire les confinés pendant que des lois iniques passent en douce sans concertation et sans « consentement éclairé ! » Informations contradictoires, surveiller et ne plus surveiller, tracer et ne plus tracer, alarmisme ambiant qui permet de faire avaler les couleuvres et combien nombreuses elles ont été et le seront encore.

    Qu’en est-il du traçage ? La fabrique du consentement organise une fiction comme quoi nous serions tous d’accord. Nenni !

    Il est important de se poser les bonnes questions essentielles et de fonds. Atteinte à la sphère privée, une des libertés fondamentales protégée par le droit national et international, souhaite-t-on y renoncer sous couvert d'une base dite volontaire ? Car si  toute la population n'est pas sur l'application et si les résultats ne sont pas donnés en temps réel, l'efficacité ne sera-t-elle point que très partielle ? Mais elle fera date et déjà précédent. On est sur une pente  expérimentale... certes... mais aussi glissante..., alors à quoi ça sert ?  Ceci suppose qu'il faudra  après obliger tous les récalcitrants sous peine d'être amendables sinon ça ne servira à rien. Banalisation rampante de l'usage de telles applications pour faire mieux passer ensuite la version totale et obligatoire ? Il ne s'agit pas d'un jeu pour adolescents friands de nouvelle applications - ou le dada de quelques technocrates passionnés de TIC et trop peu d'éthique -   mais d'enjeux qui méritent un vrai débat public et un vrai processus législatif en dehors d'un cadre d'urgence. Alors réfléchissons avant d'ouvrir cette porte ...ou cette boîte de Pandore ".

    Quid des données récoltées?  On ne peut pas garantir leur protection, à voir le nombre de cyber-attaques , 9 millions de personnes ont été hackées depuis le site d' EasyJet. Quelle garantie de sécurité informatique ? L'interface sera confié à Google et Apple, deux firmes américaines pas plus à l'abri des cyber-attaques que les autres. Pas de consultation, le Parlement ne s'est pas réuni, ni les communes privées de séances pendant le confinement.

    A trop se précipiter, le risque de bafouer des droits fondamentaux par manque de transparence entre autres; des droits chers à la démocratie comme la consultation. Un consentement forcé et "non-éclairé" serait contraire à tous les principes que nous chérissons tels que le débat public, la transparence, le droit d'être informés, autant d'institutions inhérentes aux principes démocratiques.

    Pour revenir à la phrase devenue culte d'Alain Berset :"il faut agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire."  Or, nous n'avons pas consenti à cette application de traçage malgré la propagande et la tentative de fabrication de notre consentement.

    La propagande d'une quelconque démocratie pour imposer des outils de traçage sans consultation et sans "consentement éclairé"  est d'une violence digne de toute dictature.

     

    Signez la campagne

    NON à l'application SWISSCOVID ! Non au traçage de proximité social,  volontaire ou non!

    https://act.campax.org/petitions/pas-d-application-de-tracage-social-swisscovid-volontaire-ou-non?share=270dc78b-6b17-4341-8fcc-fb7f990b3cf5&source=thxsignmail&utm_source=thxsignmail

     

    Liens intéressants

    Pourquoi je préfère renoncer à l'installation de l'application  de traçage. Docteur en informatique, la professeure Solange Ghernaouti dirige le Swiss Cybersecurity Advisory & Research Group (UNIL) est pionnière de l’interdisciplinarité de la sécurité numérique, experte internationale en cybersécurité et cyberdéfense

    https://www.letemps.ch/opinions/prefere-renoncer-linstallation-dune-application-tracage-contacts

    Google interdit aux applications de parler de la Covid-19 sur les smartphones Android

    https://www.franceculture.fr/numerique/google-interdit-aux-applications-de-parler-de-la-covid-19-sur-les-smartphones-android

     

    "Bonjour Monsieur Orwell contre l'appli stop Covid" un texte de l'écrivain Patrice Franceschi texte paru chez Gallimard et qui appelle à se mobiliser contre le projet de traçage.

    https://www.wedemain.fr/Bonjour-Monsieur-Orwell-contre-l-appli-StopCovid_a4705.html

     

     

     

     

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  • L’amour par-delà les frontières (2)

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    IMG-20200521-WA0007.jpgLa douane de Bossey, à l'heure des retrouvailles,  entre une Maman et son fils qui ne se sont pas vus depuis deux mois. "Vous vous rendez-vous compte Madame, me dit-elle, comment en vivant si près, je n'ai pas vu mon fils tout ce temps!"à deux doigts de verser une petite larme.

    Mais l'heure est à la fête;  un picnic royal posé sur les blocs en béton avec du fromage suisse et français: un Reblochon de Savoie et un Reblochon du Val d'Arve.

    La presse suisse au milieu des fromages avec le journal le Temps et la Tribune de Genève achetés à l'occasion pour la Maman qui vit de l'autre côté et le fiston manifestement heureux et qui arbore un t-shirt Miami Vice  de la féliciter :"Maman est devenue numérique depuis le début du confinement", elle hoche la tête, encore un peu secouée, "il a bien fallu apprendre à Zoomer, ma foi", soupire-t-elle ! Encore émue d'avoir dû apprendre à toute vitesse, heureusement qu'il y avait des jeunes pour montrer comment il fallait faire.

    Un jour radieux pour ripailler et pour se souvenir combien on s'aime malgré les frontières.

    Quant à moi, on se demande comment j'ai fait pour passer la frontière avec mon vélo alors qu'elle est fermée! C'est sans doute le troisième fromage qu'on ne voit pas posé sur la nappe jaune, l'emmental avec tous ses trous !

     

     

     

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    Un autre témoignage sur la souffrance induite par la séparation des couples à cause de la frontière franco-helvétique

    https://www.linkedin.com/posts/martina-chyba-661abb154_je-fais-partie-des-couples-non-mari%C3%A9s-s%C3%A9par%C3%A9s-activity-6665291067652358144-Mgmc/

     

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  • L’amour par-delà les frontières

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    images.jpgS’il y a une chose intéressante à observer aujourd’hui, ce sont les postes-frontières fermés et toute l’activité qui s’y déroule malgré tout.

    Ce matin, un jeune à Croix-de-Rozon se rongeait les ongles côté suisse tandis que sa Maman escaladait la barrière depuis la France ,  aidée par des gens pour rejoindre le fiston, et à la voir se hisser difficilement, basculer de l’autre côté d’un mouvement lent et lourd prouvait qu’elle n’avait plus fait ça depuis sa prime enfance.

    Echanges d’œufs pondus du matin ou des cageots de légumes frais; les blocs en béton transformés en comptoirs de bar pour  taper le carton, échanger le verre de l'amitié franco-suisse, manger un sandwich sur le pouce, glisser quelques baisers furtifs, bambins qu’on passe par-dessus les barrières pour le donner à Papa ou Maman au nom du  respect de  la garde alternée.  Ces postes-frontières sont devenus des lieux de rendez-vous très courus.

    Mais encore, des alignements de voiture près des serres de Bossey et des gens qui traversent la frontière à pied,  à travers champs. Un matin, je me croyais dans une scène de "Chasse et Pêche", vous savez cette émission soporifique que vous regardez au-milieu de la nuit quand vous êtes pris d’insomnie. L’attente infinie d’un chasseur planqué derrière un arbre à guetter le faisan qui ne vous donne qu'une envie,  celle de retourner vous coucher le plus vite possible.  Un matin,  c’est ce que j’ai vu. Sortir du taillis un gendarme français caché à attendre les traverseurs des champs. J’avais l’impression de revoir ces scènes ennuyeuses de chasses au canard.

    Ces frontières en réalité sont un emmental qu’on traverse malgré le coronavirus. Des amoureux qui passent en douce rejoindre la dulcinée ou le dulciné de l’autre côté, tous les moyens sont bons : vélo, trottinette, à pied, l’amour donne des ailes et sous la barbe des douaniers. "Elle court, elle court la maladie d'amour"comme chantait Sardou.

    Alors voilà, la réalité,  c’est qu’il n’y a pas que les amoureux qui s’aiment, j’en connais plus d’un qui se languit, d’un frère, d’une sœur, d’une mère, d’un père, d’amis et j’en connais plus d’un qui pleure à chaudes larmes confiné en France ou en Suisse sans pouvoir aller à la rencontre de ceux que l'on chérit et qui vivent là-bas de l’autre côté.

    Un Mur de Berlin érigé entre nos frontières donne une idée précise de la violence des territoires morcelés et qui séparent les gens. "Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes !"* On réalise à quel point les frontières n'ont rien de naturelle, elles viennent avec toute leur brutalité, de manière implacable et glaciale,  se poser comme une lame de couteau sur le territoire et diviser.

     

    *citation Laurent Gaudé

     

     

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