22/01/2016

Tunisie- D'inertie en incompétence

MANIFESTATION-TUNISIE-550x309.jpgLe soulèvement vient des mêmes régions d’où est partie la Révolution, après Mohammed Bouazizi immolé par le feu à Sidi Bouzid, voici la mort du chômeur Ridha Yahyaoui à Kasserine, le 16 janvier, électrocuté après être monté sur un poteau électrique duquel il manifestait après son retrait d’une liste prioritaire d’embauches au sein du Ministère de l’Enseignement.
Que s’est-il  passé depuis le 14 janvier 2011, date du départ forcé de Ben Ali ? Rien, ou plutôt si, une augmentation du chômage qui atteint 15% des jeunes et 40% des diplômés, mais qui frappe de plein fouet plus de 30% des jeunes dans les zones délaissées du Sud. Les régions du Sud sont toujours aussi défavorisées et menacées directement par la mouvance djihadiste. Un jeune me disait : »mon diplôme est juste bon à être transformé en cône en papier pour glibettes (graines de tournesol) au moins qu’il serve à quelque chose et à quelqu’un !».

Entre le marteau et l’enclume, les pauvres ont le choix entre encore plus de pauvreté ou plus de radicalisme forcé.

Et le gouvernement tunisien dans tout ça ? Déchiré, les luttes intestines sont la priorité d’un régime sans vision, sans projet, incapable de faire face aux revendications sociales. Beji Caïd Essebsi est plus préoccupé de mettre son fils Hafedh, en place que sortir les jeunes de la précarité. Ennahdha a depuis longtemps fait preuve de son incapacité à sortir le pays de la crise, bien au contraire, il pensait l’entraîner dans les bas-fonds de l’obscurantisme.


C’est une colère qui couve, un désenchantement infini qui trouve ses racines dans l’incapacité à créer des emplois, à réduire les inégalités régionales, un pays qui se glorifie de recevoir un prix Nobel de la Paix, sans pour autant qu'il exige la rétrocession de l’argent volé de Ben-Ali, près d'un milliard de francs suisse qui dorment encore dans les Banques suisses. L’argent lui aurait été plus utile qu’un écran de fumée.

Cinq ans de promesses, de divagations et de tergiversations sans résultat.. Et quelle est la réponse du gouvernement, aujourd'hui ? : un couvre-feu , tel un couvercle posé sur une cocotte-minute prête à imploser, plus d’autoritarisme pour toujours moins de solutions.

Et force de constater qu’une Révolution n’a lieu que lorsque le système change, mais rien n’a changé, ce ne fut qu'un mouvement social sans effet ! D’inertie en incompétence, le pays à la dérive nage en pleine déliquescence. Pour changer le pays, il faut changer le système des castes, des clans, des nantis, éradiquer la corruption qui règne en maître. S'appuyer sur le 50 % de la matière grise non employée, celle des femmes.En attendant, les seuls qui proposent un changement de système et qui ont une vision ce sont les djihadistes à force de terrorisme et pas pour le meilleur.  Eux ont un projet de société quand bien même il nous horripile, en face pour résister le néant d'une société indolente et amorphe, incapable de lancer le moindre programme de reprise économique, incapable de dessiner un avenir à sa jeunesse désespérée, "morte depuis 20 ans", une jeunesse livrée aux promesses fallacieuses d'un Paradis sans chômage et sans souffrance, en face, en lieu  et place de résistance,  le silence abyssal d'un néant vertigineux.

Pas d’effet d’annonces irréalisables, écouter les revendications et y répondre, il faut le changement à tout prix, hic et nunc !

Paix à la mémoire de Ridha Yahyaoui, 26 ans, victime de la corruption et qui a vu son nom disparaître d'un liste prioritaire pour l'embauche de fonctionnaires et qui aboutira sans doute à une enquête bâclée .

 

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article repris par le journal numérique tunisien en ligne kapitalis

http://kapitalis.com/tunisie/2016/01/24/tunisie-dinertie-en-incompetence-le-changement-se-fait-attendre/?upm_export=pdf

21:16 | Tags : tunisie, kasserine, sidi bouzid, gafsa | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

03/07/2015

Tunisie - Les ensablés

 

image.jpgA l'heure où les terroriste organisent des attentats, la police traque les jeûneurs, ferme café et restaurants y compris dans les lieux touristiques; une jeune femme a même été giflée dans un café par le chef de district de Monastir. Une cabale anti-jeûneurs d'une violence peu ordinaire et qui fait dire à plus d'un "quand la police pourchasse les jeûneurs, les terroristes dansent" ivres de haine.

 Une Tunisie en pleine schizophrénie qui lutte contre les intégristes tout en pratiquant l'intégrisme, une musulmanité  qui oscille dangereusement entre  modération et extrémisme, entre modernité et archaïsme.Une Tunisie qui s'enlise dans une inertie sans pareil, rien n'a bougé depuis Le Printemps arabe et les jeunes le savent, rien ne bougera. Pour certains d'entre eux épouser la cause islamiste c'est croire bouleverser le système, mais on le voit, c'est perpétuer le système dominé-dominateur, et surtout continuer  à baisser l'échine sous une autre forme de dictature et le système ne diffère en rien des précédents, une petite élite qui traumatise une majorité en la menaçant, jou après jour, à coups d'attentats, de menace et de pression tandis que la corruption rampante se perpétue.
 
La Tunisie patauge dans son marasme et les incompétents défilent sans rien pouvoir y changer.
Les Tunisiens, des ensablés qui enterrent leurs espoirs d'une Tunisie meilleure au fond d'un trou béant qui a des allures d'Enfer.
On ne renoncera ni à nos rêves, ni à nos libertés!
 
À 14h, Je me verse encore un verre couleur sang à l'âme des touristes disparus à Sousse et j'implore les familles des victimes leur pardon .
Pardonnez ces Tunisiens, ce sont des ensablés.
Les intégristes fabriquent à grande vitesse les athées de demain.

Une démonstration de cette incurie, un policier s'est installé de force dans la maison où je suis née , à Ezzahra, ,juste après la Révolution soutenu par quelques islamistes en bonne place, impossible de l'en faire sortir malgré toutes les plaintes,il se permet de sortir son arme de service lorsqu'on le prie de quitter les lieux. Les jeunes le savent que la corruption est toujours la même, rien n'a changé,  et ils s'imaginent qu'en sortant des Kalachnikov  et en tuant des touristes les choses vont changer, mais la seule façon d'amener le changement, c'est évoluer pour le bien commun tout en respectant les libertés individuelles y compris de croire et de pratiquer comme de ne pas croire et de ne pas pratiquer. La spiritualité est un acte individuel lorsqu'il est récupéré ça devient  de la politique, à savoir une réorganisation forcée  et  manipulée de la pólis , de la cité.

La barbarie n'a jamais rien construit. Les Tunisiens ont fait la Révolution pour plus de justice et de travail, les Tunisiens n'ont pas fait la Révolution pour joncher le pays de cadavres!

A BAS LE TERRORISME A BAS L'INTEGRISME: TOUS UNIS CONTRE LE TERRORISME! 

 

QUELQUES QUESTIONS  :

QUI SOUTIENT ET MANIPULE DAECH?

QUI BÉNÉFICIE DU CHAOS A VENIR?

DE QUI LES DJIHADISTES SONT-ILS AU SERVICE?

QUI SOUHAITE LA FRAGMENTATION DE L'EUROPE ET DES PAYS ARABES? 

QUI TIRE SON ÉPINGLE DU JEU?

QUI VEND DES ARMES À DAECH?

QUI  SONT LES FOURNISSEURS?

QUI FINANCENT?

DAECH DE NOUVEAUX MERCENAIRES A LA SOLDE DE QUI ?

LE MERCENARIAT N'A-T-IL PAS TOUJOURS ETE AU SERVICE D'UN PLUS PUISSANT QUI MENE SA GUERRE ECONOMIQUE ET GEOSTRATÉGIQUE ?

DAECH: NOUVELLE FORME D'IMPERIALISME?

L'IDEOLOGE UNIFICATRICE NE FAIT-ELLE PAS LE LIT  DU TERRORISME CULTUREL?

L'IDEOLOGIE N'EXTORQUE-T-ELLE PAS LES INDIVIDUALITES? 

N'EST-IL PAS PLUS FACILE DE LAVER UN CERVEAU VIDE QU'UN CERVEAU PLEIN?

LES ISLAMISTES NE  SONT-ILS PAS ENTRAIN DE TUER DIEU EN TUANT DES HOMMES?

LES JEUNES CROIENT-ILS PARVENIR A CHANGER LE SYSTÈME EN ÉPOUSANT LA CAUSE ISLAMISTE?

L'HISTOIRE NE DÉMONTRE-T-ELLE PAS QUE LA BARBARIE  N'A JAMAIS RIEN CONSTRUIT  CONTRAIREMENT AUX COURANTS  HUMANISTES ?

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16:32 Publié dans Associations, France | Tags : tunisie, daech, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

18/03/2015

Tunisie - Même pas peur!

poing_leve.pngSept billets d'avion pour la Tunisie viennent d'être achetés. Après l'annonce de l'attaque au Parlement et le Musée du Bardo et les 22 morts et blessés, mon téléphone ne cesse de sonner et tous de s'enquérir: on fait quoi maintenant?

On y va comme prévu bien sûr! La seule réponse à donner pour lutter contre la peur que les terroristes essaient d'essaimer et qui leur accorderait déjà un avant-goût de victoire totale.

 Nul ne doit se laisser terroriser par les menaces. La vie continue, un jeune couple se marie, nous assisterons à cette célébration comme il se doit parce que la vie est encore bien présente. 

Céder à la peur équivaudrait à donner du crédit aux assassins.

Mes pensées vont aux morts,  aux blessés et à leur famille.

La Révolution garde tout entière son goût de jasmin.

 

pour écouter l'interview sur Vertigo /La Première/RTS/17h40 une émission de Pierre Philippe Cadert /journaliste Thierry Fischer

http://www.rts.ch/audio/la-1ere/programmes/vertigo/419790...

 

20:23 | Tags : tunisie, tunis, musée du bardo | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

21/12/2014

Moncef Marzouki – En attendant la tête, voilà les poumons

10847829_848771875190033_4797368362066486643_n.jpgLes Tunisiens exigeaient depuis longtemps le  rapport psychiatrique  de Moncef Marzouki;  ils devront se contenter des poumons et du résultat des analyses  de sang et de l’électro-cardiogramme.  Le rapport établi par l’hôpital militaire est disponible sur la page Facebook de Moncef  Marzouki qui veut jouer la transparence en nous montrant la radiographie de ses poumons .

Des Tunisiens se lamentent : " Nous sommes déjà déprimés vous n’allez pas encore nous mettre un « fou » à la tête de ce pays » .  Le bilan du rapport devrait un peu les rassurer, de bons poumons assurent une bonne oxygène et avec un peu de chance ça montera jusqu’à la tête.

Il est vrai que le peuple tunisien est habitué aux certificats médicaux, c’en est un, du reste qui est parvenu à destituer Bourguiba. Je me souviens avoir rencontré  à Genève un des médecins qui en tremblait encore, des années plus tard, en me   racontant comment il avait été réveillé  avec d’autres médecins, à l’aube, par les sbires de Ben Ali pour les réunir et leur faire signer  l’avis de démence, un coup d’état médical, ça n’arrive pas tous les jours. 

Le rapport psychiatrique de Marzouki tarde à venir, certains moqueurs  prétendent qu’on n’aurait pas encore trouvé la tête et qu’on la chercherait vainement.   Un psychiatre a affirmé que Marzouki présenterait les symptômes de la schizophrénie ; ambivalence, discours délirants, les yeux fixés au plafond, ton monocorde, visage inexpressif.  Le même psychiatre et sur la même  lancée affirmerait que Ghannouchi serait paranoïaque.

Voilà donc le panégyrique de ces malades qui nous gouvernent.  Dans le fond, le seul composant du pays  à être en bonne santé :  c’est le peuple ! Dans la tourmente depuis janvier 2011, il  essaie de garder la tête froide  et les nerfs solides en pratiquant ce à quoi  excellent  les Tunisiens : L’humour !

Entre gérontoncratie et médiocratie, seul le peuple reste assurément cohérent et rappelle jour après jour, ses mêmes revendications ; moins de chômage,  réduire les inégalités entre le Nord et le Sud, liberté et dignité   ! 

 Tout en continuant à observer  les poumons de Marzouki, respirons un bon coup, tous ensemble sans se départir de notre  calme: inspirer, expirer, inspirer, expirer, inspirer, expirer profondément.  On se relâche et on recommence !

 

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04:36 | Tags : moncef marzouki, tunisie, électionss 2014, ben ali | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

28/05/2014

Tunisie -Selfies Poubella pour dénoncer la saleté du pays

Pas très glamour mais efficace comme message qui fait actuellement le tour du  monde.  Alors que la Ministre du tourisme présente son selfie dans une salle de bain chic d'une maison d'hôte, le peuple, lui montre le revers de la médaille et propose à tout un chacun de faire son selfie devant les ordures qui jonchent la Tunisie.

Un pays qui croule sous les déchets, à la chaleur et la pollution viendra s'ajouter la puanteur. Une dénonciation originale lancée par Tunisiens  qui continuent à en avoir assez de ce pays en déliquescence  où le gouvernement est incapable de mener à bout, une mission aussi  simple et efficace que celle de  garantir la propreté du pays combinée à une large information pour que chacun participe aussi à cet  effort commun.

Le gouvernement avait annoncé une cinquantaine d'actions qui tardent à venir. Des citoyens ont décidé de prendre leur destin en main et se sont mis à nettoyer leur ville, Comme à Omm Laarayès ou Redeyef.  Une plateforme participative a été créée "Mrigla" pour répertorier les quartiers les plus sales (mrigla.com) .  

Un petit tour du  côté du Rwanda pour voir à quoi ressemble un pays clean  serait le bienvenu;  les sachets en plastique y sont formellement interdits !

A vos Selfies!! Hashtags: #SelfiePoubella + #NomQuartier sur FB Selfi Poubella

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 Djerba la Douce : un désastre écologique

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Même les touristes s'y mettent - Karlheinz Blaull en vacances à Houmt Souk (Djerba) 

 

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17:13 | Tags : tunisie, selfies poubella, djerba, désastre écologique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

25/07/2013

Tunis - Mohamed Brahmi, leader du Front Populaire assassiné à son domicile

tunisie,assassinat le chef du parti d'opposition mouvement populaire,le député mohamed brahmiDes inconnus ont tiré ce matin sur le leader du Front Populaire Mohamed Brahmi, à son domicile.

Il serait  décédé de 11 balles tirées à bout portant sous les yeux de son épouse et de ses enfants.

L’ancien président du mouvement Echaâb (Peuple), l’un des ténors de la gauche et leader du Front Populaire, élu de Sidi Bouzid et né dans ce gouvernorat berceau de la révolution de 2011,  Mohamed Brahmi s’est illustré par ses critiques virulentes envers le parti islamiste Ennahdha, au pouvoir.

C’est la seconde personnalité politique assassinée en cinq mois après l’autre dirigeant de la gauche, Chokri Bélaïd, tué devant chez lui par des extrémistes religieux, froidement abattu sur le même mode opératoire.  Ce meurtre intervient le  jour de la célébration de l’anniversaire de la proclamation de la république. Quelques jours auparavant,  le député avait annoncé son soutien au mouvement "Tamarod" parti d'Egypte et qui exigait la dissolution de l'Assemblée nationale constituante (ANC) et  du gouvernement provisoire qui en est issu. On pouvait entendre son franc-parler lors  d’une interview à la Radio Mosaïque, où il n'hésitait pas à parler d'«émasculer les institutions de l’Etat».

Deuxième assassinat politique depuis la révolution en Tunisie et qui cible encore une fois directement le Front Populaire et assurément l'oeuvre d'extrémistes religieux.

Des centaines de citoyens en colère sont descendus vers 13h00, à l'avenue Habib Bourguiba, au centre-ville de Tunis, pour condamner l'assassinat du député de l'opposition Mohamed Brahmi et appeler à la chute du gouvernement.

Les manifestants, en majorité issus du Front populaire, qui réunit plusieurs partis de gauche, et auquel appartient le député de Sidi Bouzid assassiné, scandent des slogans hostiles au gouvernement, à la coalition tripartite au pouvoir et au parti islamiste Ennahdha qui la domine, et notamment son président Rached Ghannouchi, auquel ils attribuent la responsabilité du crime.

Au premier rang des manifestants, Basma Khalfaoui, veuve de Chokri Belaïd, dirigeant de gauche assassiné le 6 février dernier devant sa maison par des extrémistes religieux, a appelé à la chute du gouvernement et au départ d'Ennahdha, responsable à ses yeux de la situation sécuritaire difficile par laquelle passe le pays.

Le Front populaire exige une série de mesures pour rétablir un vrai dialogue national

Le Front populaire ne participera pas au prochain round du dialogue national, c’est ce qu’ont indiqué Hamma Hammami et Zied Lakhdhar à l’issue de leur entretien avec le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs tunisiens, Houcine Abassi.
Les deux leaders du Front populaire ont indiqué que la participation à ce genre de dialogue fera les affaires de la Troïka qui cherche à gagner du temps et à sortir de son état d’isolement politique.

Le Front populaire exige la dissolution des ligues de protection de la révolution et la révision des nominations partisanes au sein de l’administration comme conditions préalables à la tenue d’un vrai dialogue national.

Et si c'était  ça qui faisait peur au gouvernement sur le modèle égyptien et tout à fait probable en Tunisie, aujourd'hui plus que jamais  ? Le prochain cri de ralliement du peuple tunisien :

 تمرد تونيزيا

 

EMEUTES DANS TOUT LE PAYS (jeudi 25 juillet 21h)

Emeute à Sidi Bouzid,  des locaux du parti  Ennahdha ont été saccagés. Les routes vers Sfax et Gafsa sont bloquées par les manifestants. Appel à manifester lancé pour ce soir 21h. L'UGTT  a annoncé une grève générale demain 26 juillet. Sur la page facebook du front populaire :"les Tunisiens sont invités à descendre dans la rue jusqu'à la chute de ce régime terroriste". Hamma Hammami appelle le peuple tunisien à la désobéissance civile afin de renverser l'ANC et le gouvernement illégitimes et sauver le pays de la désintégration.

 

La barbarie : NO PASARÁN ! 


PS Tous les vols depuis  et vers la Tunisie seront annulés,  demain 26 juillet

 

 

 

Sources : presse tunisienne et site du Front populaire tunisien

06/02/2013

Tunisie - Les fossoyeurs des aspirations populaires

chokri-belaid-250.jpgL'assassinat du dirigeant de gauche tunisien Chokri Belaïd, 48 ans, avocat et défenseur des droits de l’homme, secrétaire général du parti des patriotes démocrates unifiés membre du front populaire, père de deux petites filles   a été abattu devant chez lui ce matin par 3 balles tirées à bout portant. Cette voix courageuse s’est éteinte, mais d’autres voix s’élèvent et grondent  dans tout le pays où des manifestations surgissent du Nord au Sud.  On exige une condamnation ferme de cet assassinat, premier assassinat politique en Tunisie ainsi que la dissolution du gouvernement taxé de fasciste et intégriste.

 Il ne fait aucun doute que les regards se portent sur les islamistes, Salafistes ou Ennahda. Dans des prêches haineuses,  un imam a particulièrement visé par un appel au meurtre,   le défenseur des droits de l’homme qui se savait menacé par les forces obscurantistes,  sans que le gouvernement ait réagi. Ce même défenseur qui sous Ben Ali avait défendu des militants d'Ennahda alors pourchassés; ironie du sort. 

 Ce tournant est grave car  ce type d’assassinat n’appartient pas aux traditions du pays. Une liste avec des noms de femmes et d’hommes à abattre aurait déjà été constituée. 

Le processus révolutionnaire ne se laissera pas intimider par les manœuvres des islamistes qui condamnent et répriment les expressions les  plus diverses par une violence inouïe : artistes, syndicalistes, militants des droits de l’homme,  féministes sont principalement visés. Une tentative par les islamistes d’étouffer le printemps arabe et le transformer en saison sèche et stérile démontre leur volonté farouche d’enterrer les aspirations populaires, de les museler. les étouffer sous les coups et menaces et maintenant assassinats.

 Le parti au pouvoir est entièrement responsable de la mort de Chokri Belaïd et doit démissionner. Au-delà de ce drame, le peuple tunisien dénonce un gouvernement incompétent qui plonge le pays dans un profond marasme économique avec des dettes toujours plus grandes,  et   une augmentation du chômage sans précédent.

 Une grève générale est prévue  pour le jour des funérailles, repoussées à vendredi, de Chokri Belaïd.

 

Ce qui était peut-être jusque là  qu’une révolte, voire une insurrection populaire annonce la REVOLUTION. A bas le fascisme, à bas l’intégrisme. Vive LA REVOLUTION !

 

20:04 | Tags : tunisie, chokri belaid | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | |

24/01/2013

Tunisie- "Salafistes, dégagez !"

safe_image.php.jpegTunisie- L'humour ne manque pas en Tunisie, le dernier objet des moqueries, c’est la chute de deux Saoudiens qui lors du match opposant  Tunisie-Algérie auraient été poussés  par des supporters déclenchant aussitôt  l’enthousiasme des internautes faisant écrire à l’un deux sur la page officielle du roi saoudien Abdallah Ben Abdelaziz Al Saoud :  «Le peuple tunisien est navré de l'humiliation de deux de vos concitoyens et vous propose d'appliquer le principe ''œil pour œil, dent pour dent''. A vous de choisir n'importe quel ministre présent dans la délégation tunisienne (en visite actuellement en Arabie saoudite, Ndlr) et le jeter par-dessus la plus haute montagne du royaume. Si cela ne vous satisfait pas, nous allons vous envoyer l'ensemble des députés de l'Anc».*

 

L’intervention française  au Mali fait dire à bonne part de Tunisiens , bien qu’ils n’apprécient pas forcément la présence française en Afrique  que c’est un excellent avertissement pour les Islamistes qu’ils jetteraient volontiers aussi au fond d’un puit. Un jeune très créatif me propose la solution suivante et  intéressante, soit de renvoyer les Salafistes à la case départ chez les Qataris ou les Saoudiens avec leur barbe, soit les envoyer aux USA avec leur Nike, au choix,  et profiter de l’occasion pour leur enlever leur citoyenneté tunisienne puisqu’ils se prennent dorénavant pour des qataro-saoudiens en bonne connivence avec les Américains. On leur offrirait même des billets gratuits, un aller simple.

Quant aux bâtiments français  en Tunisie, et particulièrement l’ambassade, ils  sont sous haute surveillance, protégés par des barbelés qui bloquent des rues dorénavant interdites aux voitures pour parer à toute attaque en représaille à l’intervention française au Mali contre des Islamistes.

On aurait retrouvé à Médenine des dépôts d'armes. Plusieurs personnes liées à des réseaux terroristes, dont deux Libyens, ont déjà été arrêtées en relation avec la découverte de ces dépôts d'armes.

Devant la mosquée Al-Fath (Conquête) , lieu de ralliement des Salafistes, quelques rues plus loin, et devant laquelle   les jihadistes  vendent leurs livres, produits et habits importés du Golfe persique se montrent plus discrets et un peu nerveux. « S’ils pouvaient,ils voileraient toute la Tunisie ! » lance une Tunisienne en regardant une femme en niqab et baskets Adidas et de rajouter :  « On n’a jamais vu ça dans ce pays, ça nous vient droit des Emirats arabes, ces costumes  !  Nous sommes envahis !  Pourquoi, ne partent-ils pas là-bas ? Salafistes, dégagez! Les Islamiste nous ont promis une réduction du chômage de 30%, nous sommes à une augmentation de plus 40%, à force de se voiler la face, on n’y voit plus rien, on voulait la diminution du chômage nous voilà,  en réponse à la crise,  avec du niqab, ma parole, c'est encore un truc pour cacher la misère ».  Mon accompagnatrice soliloque tout en marchant à mes côtés.

En attendant,  la vidéo des deux  Saoudiens bousculés dans le stade, - certains prétendent-même qu’ils auraient exhibé leur drapeau - fait le buzz depuis quelques jours et montre le ras-le-bol des Tunisiens quant à l’intrusion culturelle, religieuse et vestimentaire des wahhabites et à leur sale manie de vouloir changer les habitudes locales.

Autre sujet de discorde, c’est le braconnage en Tunisie  des outardes, espèce en voie de disparition  et des gazelles pratiqué par les Qataris et dénoncé par l'ornithologue et militant écologiste Abdelmajid Dabbar qui accuse le gouvernement et l'armée de ne pas réagir au braconnage des outardes et des gazelles que l'on retrouve éventrées et abandonnées par centaines par les émirs du Golfe (essentiellement saoudiens et qataris) dans le désert tunisien.

Les Qataris ont  passé 94 jours à chasser au coeur du désert, sous la protection de l'armée nationale et cela malgré des conventions signées par la Tunisie et les pays du Golfe interdisant la chasse. Autre fait intéressant, en arrivant dans le désert tunisien , l’ornithologue a reçu un message SMS dans cette  zone non couverte par le réseau national, de « Bienvenue au Qatar ». 

 

* Source kapitalis.com

19:58 | Tags : tunisie, salafistes | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

22/11/2012

Tunisie - L'agonie d'une révolution

282573_1964367424966_1116272412_31952914_3345677_n (2).jpgTunisie – Le jeune homme qui se tient devant le Centre de la presse et de la liberté d'expression me dit brusquement,  en réponse à ma question sur l'après-révolution que,  la prochaine fois ce n'est pas la révolution,  mais c'est la guerre qu'il nous faudra déclarer. Les mâchoires serrées qui jouent sous la peau, les prunelles incandescentes, il s'auto-consume dans sa colère noire et se prépare à participer à une conférence en lien avec l'impunité des ex-responsables du RCD (le parti de Ben Ali) qui semblent encore en place et capables de toutes les nuisances. Ils ont investi les administrations et n'en sont jamais sortis, en réalité.  

 

 

Je posai la question à un professeur d'Université en philosophie qui  soulève le sourcil gauche en accent circonflexe  et un brin moqueur me répond :"quelle révolution? Je ne sais pas de quoi tu parles. " -Le jasmin  de la Révolution semble desséché, il a perdu de sa fraîcheur, seule  l'odeur de putréfaction plane sans qu'on sache précisément d'où vient cette senteur désagréable, mais tout le pays en est imprégné.

En déambulant au centre ville, je vois devant une grande mosquée financée par les Saoudiens, des Salafistes qui encombrent le trottoir et vendent des corans qu'ils ont reçu gratuitement de leur copains qataris et saoudiens; à cela s'ajoutent les habits pour femmes fabriqués dans ces mêmes pays et qui contrastent avec le type de vêtement local, afin de les voiler et de les grillager, puis  de l'encens, en veux-tu en voilà,  plein les stands, sans doute, pour aveugler tout le monde dans un écran de fumée épais. Les hommes portent une barbe longue et des baskets américaines, le code vestimentaire résume à lui tout seul, les influences auxquelles ils sont soumis :  qataro-saoudien en haut avec la barbe, américain en bas avec les chaussures.  Une signature significative.

Ghannouchi ? s'exclame un autre. il se prend pour le nouveau "Khomeiny" tunisien, il joue les modérateurs contre les Salafistes pour faire croire aux gens que Ennahdha est plus réservé, mais si tu grattes bien sous le masque, c'est le salafiste que tu vas trouver et payé et soutenu par les Qataris et donc par les Américains. Un vendu aux puissances étrangères !

 Marzouki ? ricane une jeune femme :"c'est la marionnette de Ennahda, il ne résiste à rien, il accomplit, il marche aux ordres. Il n'a aucun pouvoir."

 Du côté des Tunisiens juifs , c'est la prudence. Une femme me dit louer son appartement à l'année et ne rien oser acheter :" parce que tu sais on peut tout te voler du jour au lendemain, elle se souvient avec amertume comment en 1967, un homme lui a craché dessus alors qu'elle n'avait que 12 ans. " Depuis elle vit entre Paris et Tunis. Son fils a ouvert, après la révolution, une entreprises de webmaster, à Tunis, il y a engagé une vingtaine de jeunes;  doublé les salaires et huit mois après , il a tout fermé et rapatrié ses affaires en France. Les Tunisiens n'ont pas compris qu'il fallait se mettre vraiment au boulot ! Ils ne sont pas compétitifs. Tandis qu'elle me raconte cela, elle achète une "mloukhia" pour la congeler et la transporter en France pour ses enfants, des vrais "Tunes" me lance-t-elle en me montrant leur photo.

Sur l'avenue Habib Bourguiba, les "attentistes" n'attendent plus que boire leur café, dans la vie, qu'ils sirotent à longueur de journée;  en commentant les bombes israélo-palestiniennes et en maudisssant Israël et en pleurant sur les Palestiniens. Il faut rendre toute la dignité aux Palestiniens clament-ils, en regardant passer une vieille française, ils se la montrent de la tête . Allez qui y va ? Un visa pour la France peut-être ou au moins un peu d'argent. Elle est vieille répond l'un . L'argent n'a pas de rides ! rétorque un autre en riant.

 Finalement, j'entends partout la même chose, la corruption continue à sévir, rien n'a changé, les voyous sont restés en place et continuent comme avant. Pareil à la peste, le clientélisme paralyse toute énergie. On n'engage pas sur les compétences mais en fonction de son réseau. Et l'incompétent qui n'ose en général pas prendre de responsabilités parce que justement il n'est pas homme de décision  n'a pas les moyens de juger d'une situation; il faut le sortir de sa léthargie avec quelques centaines de dinars ou quelques milliers selon l'importance de l'affaire. Et chacun craignant  la dénonciation, ou le chantage  car tout se sait, on finit toujours par savoir qui  a touché précisément combien,   ne voit  comme seule issue pour s'en sortir  de ne plus rien faire pour ne pas être susceptible de voir les agissements dénoncés.  Bref, une  paralysie générale .

A l'aéroport des chauffeurs de taxi se battent, on comprend qu'il y a du "mic-mac", les policiers touchent de l'argent pour laisser passer d'abord un tel, ou un autre qui n'est pas chauffeur de taxi et ne paie donc pas de patente et qui lui glisse quelques euros qu'il vient de soutirer à une touriste à qui il fait croire qu'une course jusqu'à Tunis coûte 40 euros, en réalité quatre fois moins cher, tandis que les autres qui paient leur dû patientent durant des heures sans voir les clients arriver. Des policiers qui continuent à faire pression et à toucher de l'argent, exactement comme autrefois, parce que rien n'a changé. En passant, notre maison familiale est squattée par un policier de la Police nationale et qui est entré par effraction en explosant la serrure et qu'on a un mal fou à sortir, tant les administrations sont léthargiques et tant il est couvert. Après le viol, le vol ! 

 

Le clientélisme est pratiqué à tous les échelons, en fonction du parti auquel tu appartiens, en fonction de ton réseau, de ton argent. Les jeunes le savent bien, alors ils haussent les épaules et concluent que maintenant, pour sortir du gourbi, c'est la guerre qu'il faut déclarer.

Sans doute une guerre redoutable, une lutte de tous les jours contre le corruption qui paralyse tout projet et atteint toutes les couches, tous les secteurs  et surtout  toute velléité de changer les chose. Un pays qui a connu la domination de l'empire ottoman, la colonisation française, puis 50 ans de dictature et qui aujourd'hui continue à fonctionner avec ce que les Tunisiens ont toujours vu et connu : corruption , oligarchie et népotisme.

 Un homme se plaint : "tu sais j'aimerais bien changer et ne plus donner de l'argent à gauche et à droite, pour arrêter la corruption,  mais qui va nourrir alors mes enfants ? Comment je vais faire pour gagner le peu que je peux, si je distribue pas un peu à tous les échelons, du plus bas au plus haut. "

 Une révolution qui se meure, gentiment, or  ce sont les mentalités qu'il faut changer, une auto-révolution qui commencerait par soi-même. Accepter de sortir de la spirale infernale de la corruption qui installe des dictatures dirigées par des incompétents; une peste invisible qui contamine le système et tue tout projet. Une plaie purulente sur laquelle tout ce qui se construit est aussitôt infecté.

 Il est temps en Tunisie de créer, une commission neutre et indépendante de lutte contre la bête immonde qui dévore tout sur son passage. Un organisme qui ne soit pas financé par l'Etat et qui permette un vrai travail pour arrêter cette chose odieuse  qui continue et continuera à s'attaquer aux plus pauvres d'abord, et à faire le lit de l'intégrisme qui ne fera,  naturellement pas mieux que ses prédécesseurs,  voire pire. Ce même intégrisme  qui ose  faire  croire à des jeunes que seul Allah les sortira de cette spirale infinie et qui y croient dur comme fer, tandis que sous leurs yeux, une nouvelle oligarchie s'installe avec son lot d'injustice et de mépris  et que du travail leur  sera donné ou pas  en fonction de la longueur de leur  barbe, de leur obéissance et de leur capacité à courber profondément l'échine et qui ne marquera que le passage d'une dictature,  à l'autre.

 

La fin de la corruption au nom de la justice sociale ! C'est ça la vraie révolution, le  début de la démocratie. 

 

mon site www.djemaachraiti.ch

05/10/2012

Tunisie- Le président Marzouki présente les "excuses de l'Etat" à la femme violée

moncefinvesti.jpgLe président provisoire de la république Moncef Marzouki a présenté, jeudi 3 octobre, à la jeune femme violée par les 3  policiers les excuses de l’Etat tunisien pour les graves dommages subis qui ont touché chaque Tunisienne et Tunisien.

Au cours d’une rencontre avec la jeune femme  et son fiancé accompagnés de Sihem Ben Sidrine, Moncef Marzouki a fait part de sa profonde déception et de sa condamnation vigoureuse des actes qui ne porteront atteinte qu’ à leurs auteurs, selon un communiqué de la présidence.

Il a salué les agents de police  intègres qui ont refusé de couvrir leurs collègues ce qui prouve que le dysfonctionnement ne réside pas dans l’institution sécuritaire mais dans la mentalité de certains membres qui n’ont pas compris que le pays a fait une révolution pour que tous les fils et filles de la Tunisie vivent libres et dans la dignité.

Le président tunisien Marzouki a présenté les excuses de l'Etat à la jeune violée et à son fiancé. Le président a indiqué dans son communiqué qu’il n’est plus admissible de tolérer les violeurs ni ceux qui les couvrent ou ceux qui veulent travestir la vérité.

Le communiqué affirme que la présidence va poursuivre l’affaire afin qu’aucune considération politique ne prime sur le droit et la justice ni sur la confiance des Tunisiens dans les  institutions de leur État.

Une intervention forte qui devrait rassurer les Tunisiens et surtout les Tunisiennes qui finissaient par croire qu'il y a avait une légitimation du viol . Un cas qui fera jurisprudence, on n'aura jamais vu un viol être traité à un si haut niveau. On sait qu'ils restent étouffés derrière les barreaux du silence et de la honte.  Un acte courageux post-révolutionnaire qui démontre que la Révolution n'a pas été vaine. Les bouches se délient, les Tunisiens savent qu'ils ont fait cette Révolution parce qu'ils ont soif de justice et que cette justice mérite qu'on se batte pour elle, envers et contre tous.  

Malgré, les larmes, la honte, la victime et son fiancé ont défié tous les regards, toutes les critiques pour monter au créneau et défendre leur droit absolu à l'intégrité physique et psychique. Véritable acte  de bravoure. Quant  au Président Marzouki, il nous rappelle que la Tunisie malgré les menaces passéistes reste un Etat de droit;  il est grand temps de le marteler afin que plus personne ne l'oublie. 

"LA TUNISIE RESTERA UN ETAT DE DROIT OÙ CHACUN S'Y SENTIRA LIBRE ET PROTÉGÉ!"


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09:27 Publié dans Politique | Tags : tunisie, marzouki, tunisie femme violée, excuses de l'etat | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | |