29/10/2014

Des révisionnistes à l'Université de Lausanne ?

ANjSWnb.jpgMal lui en pris au laboratoire d'anthropologie culturelle et sociale de l'Université de Lausanne, d'organiser une conférence intitulée "Rwanda, vingt ans après le génocide: à quelles conditions la réconciliation est-elle possible?" animée par le collectif des Rwandais exilés en Suisse (CRES) et prévue le 4 novembre.

Pour le Dr Michel Gabuka, président de l'association Ibuka  "Mémoire et Justice", cette table ronde est consternante. Il  crie au scandale et cite le nom des révisionnistes dans une longue lettre adressée à la direction de l'Université  avec copie à  la Conseillère d'Etat Anne-Catherine Lyon,   dans laquelle il dénonce la manipulation de l'Histoire du Génocide des Tutsi au  Rwanda par l'organisateur principal de la table ronde. Des thèses négationnistes et révisionnistes selon lui, circulent dans les milieux de Rwandais extrémistes et dont certains ont participé activement au génocide. Aujourd'hui, les génocidaires se sont infiltrés jusque que dans les  organismes des droits de l'Homme.

Monsieur Gabuka,  insiste et prévient : attention à la banalisation du génocide des Tutsis. Si l'on devait appliquer cela à la  2ème Guerre Mondiale  et au génocide des peuples juif et tzigane d'Europe, la démarche de ces milieux reviendrait aujourd'hui, à diaboliser les alliés pour avoir combattu le régime nazi. La seule place pour des planificateurs de crimes, n'est pas à une table ronde, mais devant un tribunal et ensuite en prison.  L'Université de Lausanne ne peut pas devenir le terreau de ceux qui propagent et défendent le négationnisme et le révisionnisme du génocide des Tutsi du Rwanda.

L'Université de Lausanne, en la personne de Monsieur Dominique Arlettaz, son recteur se fend d'une longue lettre adressée avec copie à la même  conseillère d'Etat  et qui constate l'intense activité épistolaire autour de cette thématique, à l'intention de l'Université.

Toutefois, il redéfinit  le cadre académique  qui doit s'assurer du respect des principes scientifiques et éthiques fondamentaux, impliquant l'usage de "méthodes critiques rigoureuses dans la discussion des opinions scientifiques, sociales, politiques, philosophiques ou religieuses"(ce sont les termes de la loi sur l'Université de Lausanne).  A défaut de ces exigences, la Faculté des sciences sociales et politiques concernée ne pouvant garantir qu'elles soient pleinement respectées annule la table ronde, mais assure pouvoir apporter cette garantie en élargissant le périmètre du débat annoncé, dans le cadre d'une manifestation organisée par ses chercheurs  dont le thème est "Mémoire collective, droits humains et réconciliation post-conflit." L'Université devant rester  toutefois un lieu de débat pour autant qu'elle reste dans le champ d'intervention scientifique .

 

Nous voilà rassurés, je rappelle que ce sont les interventions négationnistes et révisionnistes des Universités françaises relayées par la presse qui ont achevé Primo Levi  qui mettra fin à ses jours, le 11 avril 1987. Sa dernière lettre de réponse aux négationnistes universitaires envoyée  au journal Le Monde, n'a jamais été publiée, ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Il se jettera dans le vide du haut de sa cage d'escalier.

 

L'annonce de la la table ronde

http://www.unil.ch/getactu/wwwlacs/1411731453624/

• Recherche - Société - Conférence

Rwanda, vingt ans après le génocide : à quelles conditions la réconciliation est-elle possible ?

En cette fin d'année 2014 au cours de laquelle se sont multipliées les commémorations du génocide de 1994 perpétré contre les Tutsi, le Collectif des Rwandais exilés en Suisse (CRES) propose de faire le point sur le processus de réconciliation au Rwanda. L'unité et la réconciliation de tous les Rwandais ont été instaurées en principes directeurs par le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame dès la fin du génocide. Pour autant, plusieurs questions se posent à la lumière des deux décennies qui se sont écoulées depuis. Dans quelle mesure le mot d'ordre du gouvernement Kagame est-il véritablement incarné par la population ? Quelles initiatives offrent la preuve d'une réconciliation en marche ? Quels sont les facteurs déterminants pouvant favoriser ou empêcher une telle démarche ? Sont-ils actuellement réunis au Rwanda ? Dans une société meurtrie par des crimes de masse en série où victimes et bourreaux furent aussi bien Tutsi que Hutu (qui le sait?), comment l'histoire doit-elle être dite, écrite, commémorée ? Vingt ans après la folie meurtrière du génocide, la narration des faits passés, et donc de ce chaque Rwandais a vu et vécu, demeure au coeur du problème. Et possiblement de la solution...
Mardi 4 novembre 2014 (17h30 - 21h00) - Anthropole - 1129
Clotilde Mukasine
cmukasine@bluewin.ch

Intervenants :
Abbé Régis Kabanda, rescapé du génocide
Joseph Matata, activiste rwandais des droits humains
Joseph Ntamahungiro, journaliste burundais
Grégoire Duruz, politologue
Jean-Claude Métraux, psychiatre, cofondateur de l'association "Appartenances"

Programme:
17h30: projection du film "My Neighbor, My Killer" d'Anne Aghion (2009)
19h: table ronde et questions/commentaires du public
NB: Il sera possible d'entrer dans l'auditoire à tout moment, p.ex. en cours de projection ou pour la table ronde uniquement.

05/04/2014

Rwanda - De commémoration en silence et de silence en commémoration

images.jpegA la veille de la commémoration du 20 ème funeste anniversaire du massacre des Tutsi, Paul Kagame , président du Rwanda, rappelle « les complicités et les acteurs du génocide », entre autres,  la France et la Belgique  qui  s’obstinent en  un silence éloquent à nier leur implication dans la préparation et la participation au génocide.



Sur ces déclarations, François Hollande est revenu  sur sa décision d' envoyer, à Kigali,  la Ministre, Christiane Taubira supposée participer à la commémoration.  A  nous de conclure,   face à un tel cas de deni, que la France,    à l'époque sous la houlette de Mitterand, - qui s'activait avec la même fureur, en Bosnie, où y on compte aussi un génocide et le même refus de reconnaître le rôle qu'elle y a joué, -  reste chez elle, c'est ce qu'elle a de mieux à faire;  cogiter sur sa responsabilité entière, dans le massacre des Tutsi.  On n'échappe pas à l'Histoire, elle  finit toujours par vous rattraper ! 

A ce jour, le Vatican, non plus,   n’a jamais voulu reconnaître et désavouer  le rôle de l’Eglise catholique dans les massacres, -ou  mettre en lumière le rôle trouble et grave  d’un Perraudin, archevêque suisse, -  et demander pardon à un peuple mutilé, trompé, bafoué dans ses croyances les plus profondes.  On s’aveugle dans la préparation d’ une commémoration dont la forme première est une course à l’oubli et à l’ensevelissement des responsabilités.

Et que dire de la Suisse ? Quel a été le rôle précis de la Confédération qui enverra ses cinq  conseillers personnels au  Président Habyarimana dont les derniers  Frei et Charles Jeanneret rappelé en 1993 et payés par la DDC ?  Ni l’Eglise catholique ni le Vatican, ni la Suisse ne pouvaient ignorer l’escalade de violence et d’extermination systématique des Tutsi par les Hutu.  La Suisse a bel et bien soutenu et encouragé la « démocratie ethnique «  du régime Habyarimana.

 

Une commémoration perclue par la non-reconnaissance du fait historique. La volonté résidant  surtout dans celle de continuer à  ensevelir et taire, et poursuivre avec acharnement à faire croire que le  massacre des Tutsi est une  tragédie historique  dans laquelle les responsabilités sont devenues inextricables et qu’il faudrait à tout prix et au plus tôt,  recouvrir des cendres de l’oubli.

 C'est dans l’agitation de la 20 ème commémoration, dans l’effervescence  médiatique de l’événement en devenir, qu'on s’acharne à recouvrir de bruit le silence des menteurs. Or, la reconnaissance d’un fait permet non seulement de l’assumer mais surtout, il  a pour effet, d’assurer qu’il ne se reproduira plus et dont découlera la force « du jamais plus ça » qui finira par devenir une réalité dans le paysage du monde enclin, enfin,  à quitter, à jamais, les ténèbres de la  cruauté la plus noire et si sombre pour laquelle les mots manquent à la décrire. 

A l’heure, où je vous écris combien de génocides se préparent et se perpétuent dans le monde ?  Combien de siècles nous faudra-t-il encore voir et subir la barbarie ?

Seuls les fantômes et leurs proches  continuent à crier leur besoin de vérité, avec cette nécessité vitale et absolue,  d’identifier les responsables et les coupables, d’entendre leur pardon,  pour  pouvoir tourner la page.  Sans cela le passé continue à faire porter au futur, les stigmates de l’éternelle et constante barbarie, tapie derrière la porte et prête à revenir à n’importe quel moment.

 

Paix à l’âme de tous les disparus, paix à l’âme de tous ces innocents qui attendent encore que justice leur soit rendue et en  solidarité  avec tous mes amis rwandais qui ont perdu leurs proches, victimes de la folie du monde. 


Une marche en mémoire des victimes est organisée par l’Ambassade du Rwanda,  le 7 avril 2014 (de 16h00 à 16h40) et qui démarrera au croisement de l'avenue de la Paix et la rue de  Lausanne suivie par  la cérémonie de commémoration dans la salle principale de la Maison de la Paix (de 17h00 à 18h15). 

Mes autres articles à ce sujet : 

L'archevêque Perraudin ou la banalité du Mal

http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2013/09/01/rwan...

 

De la bestialité des hommes et de l'humanité des bêtes

http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2013/08/28/rwanda-de-la-bestialite-des-hommes-et-de-l-humanite-des-bete.html




16:30 | Tags : rwanda, paul kagame, génocide, vatican, perraudin | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

02/06/2013

Kigali n’est plus une ville africaine

kigali002.jpgMon invité Chris Harahagazwe - journaliste burundais

Le grand écrivain américain Ernest Hemingway disait que Paris est une fête permanente. Kigali que je découvre après une absence de trois ans est un émerveillement de tous les instants. Un constat s’impose: Kigali n’est plus une ville africaine. Venu du Burundi, deux sortes de sentiments vous envahissent une fois à Kigali. Le premier est l’éblouissement devant tant de propreté, de beauté et de développement.  Le second genre est l’amère conclusion que le Burundi est à jamais largué par son frère jumeau d’outre Akanyaru. Pourrons-nous jamais rattrapé ce pays qui décolle devant nos propres yeux? 

Mieux qu’Athènes, Rome et Lisbonne

 A l’issue de mon séjour à Kigali en 2010, je m’étais fendu d’un article « La mission civilisatrice du Rwanda ». Un reportage qui a déclenché des débats houleux sur internet parmi les internautes rwandais. Je suis conforté dans ce que  j’ai dit alors. Je persiste et signe : ce pays est un modèle pour tous les Africains. L’émerveillement frappe tous les visiteurs. Un collègue zambien affirme que tous les maires d’Afrique devraient être dépêchés à Kigali pour voir qu’une ville africaine peut être propre et embellie. Un Soudanais proclame urbi et orbi que Kigali est plus propre qu’Athènes, Rome et Lisbonne. Rien de moins ! Mieux, il prétend que la ville jouit d’une sécurité meilleure que même en Arabie Saoudite, tient-il à préciser. En effet, dès 17 heures, l’armée et la police se déploient dans tous les coins de rue, uniforme immaculé, bottes lustrées, arme au point, les antennes de communication au vent  et le regard de fauve. Ainsi, le citoyen et le touriste pourront se promener en toute tranquillité jusqu’au lever du jour. Un architecte kenyan installé à Kigali m’a dit qu’il a fui l’insécurité de Nairobi où il a échappé trois fois à la mort notamment lorsque le pistolet des bandits s’est enrayé alors qu’ils avaient tiré. Une autre fois, il a eu un coup de machette à l’épaule. Désormais il vit tranquille à Kigali.

Un Egyptien ne tarit pas d’éloges devant tant de beauté fleurie et de pelouse manucurée.  Mon taxi m’apprend qu’un client polonais lui a déclaré que même en Pologne ce n’est pas aussi beau. Je suis curieux de connaître l’avis des délégués congolais. « Etes-vous impressionnés par ce pays comme moi ? » demandé-je. « Absolument prodigieux ! » me répond l’un. « Ce pays doit être un modèle pour toute l’Afrique », ajoute l’autre. Je n’ose pas leur rapporter les propos que me tenait une jeune congolaise totalement éblouie : « je regrette que l’armée rwandaise ait quitté le Congo sans nous avoir appris la propreté et la discipline »  Un djiboutien édifié y met une note discordante dans le flot de superlatifs : J’espère vivement que les forces du mal ne vont pas détruire cette œuvre.

Haine réfractaire à toute logique

Il ne faut pas se leurrer, ce danger que craint le Djiboutien existe bel et bien. Un diplomate américain, Richard Johnson,  vient de produire une analyse captivante du paradoxe rwandais où il stigmatise les lobbys occidentaux  qui continuent à soutenir les tenants de l’idéologie du génocide alors que son pendant le nazisme a été combattu, réprimé sans pitié et mis hors la loi. Un  homme d’affaires rencontré au Malawi me disait, les yeux exorbités de haine, que le prochain génocide sera pire que le précédent. Comme quoi la haine est réfractaire à toute logique. Comme si l’apocalypse de 1994 ne leur a rien appris.

La leçon aurait dû être que la paix et la coexistence humaine sont les biens les plus précieux pour toutes les communautés. Tous les groupes  peuvent s’épanouir en vivant en paix et dans le respect mutuel alors que la guerre détruit les deux selon l’assertion de Martin Luther King : « Nous devons vivre ensemble comme des frères ou périr ensemble comme des imbéciles. »  Le président Obama disait aux Arabes dans son célèbre discours du Caire : « Prouvez votre valeur par ce que vous construisez et non pas ce que vous détruisez. » L’affirmation s’applique parfaitement aux marchands de la haine et de la guerre rwandais.

 Il faudrait du réalisme politique et stratégique de la part des forces négatives qui menacent le Rwanda. Tout comme Israël a juré de ne plus se faire exterminer, je ne crois pas non plus qu’elles pourront encore détruire allègrement  leurs compatriotes honnis. C’est possible qu’elles y parviennent mais au risque d’une destruction mutuelle garantie. La haine est plus forte que toute logique.   Un jeune rencontré à l’hôtel à qui je confiais mon éblouissement devant tant de progrès, me dira un rictus de haine aux lèvres, « tout cela peut être détruit en une journée ». J’ai reconnu ces regards de haine implacable que je rencontre dans mes pérégrinations à travers l’Afrique lorsque j’invoque   les prodigieux progrès  de Kigali devant des Rwandais.

Modèle rwandais accessible

Le modèle rwandais de développement est un exemple accessible. En effet, nous ne pouvons plus suivre  la vieille Europe désormais percluse de rhumatismes et de manque d’imagination. Nous ne pouvons non plus imiter les asiatiques qui travaillent comme des fourmis. Seul le Rwanda nous interpelle pour changer l’Africain qui n’est pas condamné par atavisme à vivre dans la saleté,  la médiocrité et la misère.  Tony Blair, du temps de sa splendeur,  a déclaré que l’Afrique est une cicatrice sur la conscience de l’humanité. Aujourd’hui il est conseiller de Kagame pour les investissements parce qu’il a vu un pays africain porteur. Une nation née des cendres de l’horreur pour devenir le phare de toute l’Afrique. Ce n’est pas un hasard si Kagame a pris pour modèle Singapour,  petit pays développé en une génération par son Premier ministre de génie Lee Kuan Yew. Quant à Sarkozy, il  a osé proclamer à Dakar que l’Africain n’est pas encore entré dans l’histoire. Nous avons un Rwanda qui prouve le contraire.

Immense prestige

La propreté et l’embellissement de Kigali ne sont pas une fin en soi. C’est la preuve de la passion de l’excellence qui anime les dirigeants de ce pays. Une fois le culte de l’excellence installée dans les mentalités, tout le reste : la croissance, l’innovation, l’ambition des grandes aventures suivent comme par enchantement. L’entretien de cette propreté et cet embellissement coûte très cher mais  rapporte gros. Des milliers d’emplois sont ainsi créés, surtout des femmes. Tous ces centaines de milliers de  touristes qui débarquent viennent aussi pour la propreté, la  beauté et la totale sécurité de cette ville qui tranche avec le reste de l’Afrique. Le tourisme est devenu la première industrie avant le café et le thé.  Au point que le géant touristique Kenyan se sent menacé. Toutes ces conférences internationales qui se suivent sont aussi attirées par cette ville-jardin. Les milliers de professionnels kenyans  qui apportent leur expertise sont aussi séduits par une ville belle, sûre,  propre et en pleine modernisation au point de nourrir un prestige sans précédent au Kenya.  A l’issue de l’adoption par référendum de la nouvelle constitution kenyane, un éminent éditorialiste du « Daily Nation » n’y est pas allé de main morte : « Enfin ! nous allons devenir un pays civilisé comme Maurice et le Rwanda. » Rien de moins !  Je me rappelle encore avoir entendu Raila Odinga alors premier ministre déclarer que le Kenya s’il ne fait pas attention risque de se faire ravir l’hégémonie économique de la région par le Rwanda.

Je suis convaincu que le modèle rwandais va immanquablement « contaminer » les voisins à commencer par le Burundi.  L’exemple rwandais va créer une émulation dans toute l’Afrique. Pour une fois nous avons en Afrique en modèle de progrès accessible. A moins que nous ne soyons pas encore entrés dans l’histoire comme le prétend Sarkozy.

Messe dominicale à l’Eglise Regina Pacis

Dimanche matin, j’assiste à la messe dans la vaste et belle Eglise Regina Pacis de Remera. Elle trône parallèle à la piste d’atterrissage de l’aéroport international de Kanombe. Je me suis toujours demandé comment les Rwandais peuvent encore pratiquer alors que l’Eglise a participé au génocide en 1994 et à l’apologie de la haine pendant 30 ans jusqu’à ce qu’un collègue et ami me donne une réponse édifiante : « C’est la même Eglise qui nous a accueillis en Tanzanie et donné une éducation ». Comme quoi il ne faut jamais jeter le bébé avec l’eau du bain. Il faut nuancer les condamnations.

L’autel est superbement décoré de couleurs blanches et or avec des corbeilles des roses de même teinture. Je m’assieds en position stratégique tout près de la chorale.  Je  suis absolument emporté par la beauté des chants. Le kyrie, le gloria, le sanctus et l’agnus dei sont chantés en latin ce qui me transporte au paradis de l’enfance. A la consécration, le célébrant entonne le superbe cantique de l’ascension en kinyarwanda mais moi je le chante en kirundi à haute voix: « Umwami wacu Yezu yatwikebanuye, yasubiye iwe mw’ijuru ngwaturorereyo, yasubiye iwe mw’ijuru, ngwaturorereye ». Je ne savais pas que l’on n’avait les mêmes chants. Je suis de nouveau surpris d’entendre que la belle prière de la paix que j’aime particulièrement se chante avec la même mélodie qu’au Burundi :  « Mukama turakuzamvye udutabaze amahoro, muri iyi minsi turimwo ». Je vais de surprise en surprise lorsque j’entends la belle chorale entamer un chant burundais après la communion. Je croyais que c’est seulement au Burundi que l’on aime les cantiques rwandais. Je ne savais pas qu’il y avait réciprocité. La chorale vous transporte littéralement dans une profonde plénitude.

Mon séjour d’une semaine dans Kigali la belle qui a commencé par l’éblouissement devant tant de propreté, de beauté et de progrès se termine dans l’enchantement de voix d’anges. Après la messe, je passe visiter le Centre de retraite Christus que j’ai découvert dans le bouleversant livre  « Left to Tell » (Miraculée en français) de la désormais appelée  « prophétesse des temps modernes » : Immaculée Ilibagiza.  Une jeune fille rescapée du génocide par miracle divin et l’intercession de la Sainte Vierge et qui est parvenue à triompher du malheur sans nom que l’on a fait subir à sa famille décimée pour devenir une auteure de best-sellers mondialement connue.

Immaculée Ilibigiza est l’exemple même de la transformation du Rwanda : une spectaculaire résurrection des morts. Mieux :  la transformation du malheur et de l’horreur  sans précédent en triomphe de la vie, de la beauté et du progrès. C’est au Centre Christus qu’une fois sauvée par miracle, Immaculée Ilibagiza  allait s’enfermer du vendredi soir jusqu’au dimanche soir pour se connecter à son Seigneur et Dieu qui l’avait sauvée pour témoigner. D’où le titre de son immense livre traduit en 13 langues « Left to Tell » : Epargnée pour pouvoir témoigner. L’Américain qui a publié le livre « Left to Tell », Dr Wayne Dyer,  affirme qu’il a lu des  milliers de livres depuis 50 ans mais que « Left to Tell » est l’œuvre la plus marquante qu’il ait jamais lue. Tous ces dizaines de livres écrits par des rescapées (il n’y a que des femmes qui écrivent) qui disent les souffrances d’innocents rwandais et qui émeuvent le monde entier sont tout autant de preuves du triomphe de la vie sur l’horreur. La dernière en date Scholastique Mukasonga qui a perdu 35 personnes de sa famille sans jamais retrouver leurs sépultures a eu le prestigieux  prix Renaudot en 2012 avec un superbe livre : « Notre-Dame du Nil ». Un autre triomphe sur l’horreur. C’est un peu aussi le succès du Burundi car cette femme a été réfugiée, a étudié et travaillé au Burundi. D’où sa survie alors que tous ses siens ont péri.

Pour conclure, devant l’éblouissante transformation du Rwanda, une chose n’a pas changé depuis ma dernière visite de 2010 : les filles rwandaises sont toujours belles à damner même un saint homme comme moi.

 

  Mon site www.djemaachraiti.ch 

10:33 | Tags : kigali, rwanda | Lien permanent | Commentaires (33) | |  Facebook | | |

22/09/2009

Rwanda- La boule "Agaseke" - symbole de la paix


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21:20 Publié dans Solidarité | Tags : rwanda, génocide | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |