10/10/2012

BFM - HISTOIRE D'EAU

get_attachment-1.php.jpegLe Bâtiment des Forces Motrices, monument historique,  situé près de  la place des Volontaires,  garde un peu de cette dignité sereine,  de cette gloire passée et surannée au milieu du bruit et de la fureur moderne.

Avec ses hautes fenêtres imposantes, ses statues ornant la façade du bâtiment; témoins d’un temps révolu,  et qui voient paresser un fleuve nonchalant, aux allures changeantes,  revêtant tantôt sa houppelande sertie d' émeraudes et de diamants, tantôt sa cape d'un noir encre . Parfois devenu si calme, le monstre marin se mue en miroir et se reflète  dans le ciel pour en  épouser les couleurs chatoyantes.  

Dans les bras du Rhône, le monument « turrettinien »  un brin nostalgique, bercé par le doux bruissement de l'eau, se souvient du temps où il turbinait,  s’essoufflant, pressant, hoquetant , pompant,  investi de la plus haute mission , Ô combien noble,  qui était la sienne ;  fournir la ville en eau potable, abreuvant les habitants du fruit de son rude labeur. Une eau claire bénie par Neptune, Cérès et Mercure. Cette eau qui devint le rendez-vous des Dieux.

Après plus d’un siècle de bons et loyaux services, les turbines sont devenues muettes.  On a tenté de consoler les lieux fantomatiques  avec des pièces de théâtre, de la musique, on y a crée de grands évènements entre ces murs, autrefois si gais et devenus si  tristes ;  spectateurs de cocktails mondains, de  rencontres cérémonieuses et profondément ennuyeuses.

Soupirant d’ennui, rongé par le cafard,  frappé d’un mal « hydraulâtre », le monument sait que son destin n’est pas encore entièrement joué, qu’il a encore de grandes heures devant lui. Que l’eau ne se remplace par rien, ni musique, ni fanfaronnade.

L’eau qui coule et que l’on purifie  est  le plus gros enjeu du XXI ème siècle, en passe de devenir une richesse rare.  Les passants nostalgiques viendront, alors  admirer les turbines en souvenir de l’eau qui coulait et que l’on buvait. Ah ! La belle époque penseront-ils, des fontaines, de la transparence à flot, sans compter. Ils soupireront , de voir combien d’enfants ne connaîtront plus que l’eau en bouteille, privatisée, vendue à prix d’or. Et les pauvres marmots s'enquerront du chuintement que produisait l'eau en coulant :"Papa, imite-moi le bruit de l'eau qui coule, celle que tu as entendue quand tu étais petit!"

Le Bâtiment des forces motrices, attend patiemment son heure, transformé en haut lieu d’échanges où on racontera des histoires d’eau, des histoires d’antan quand il y a en avait de l’eau et qu’on se la partageait sans hésiter.

Neptune alors nous brandira son trident, ses yeux crachant le feu, nous maudissant de n'avoir pas su respecter notre source de vie, de l'avoir transformée en bien marchand auquel on appliquera les règles de l'économie : rare, donc cher. Et on la retiendra pour mieux la vendre au compte-gouttes. Neptune nous invectivera du haut de sa colère :"Maudits, soyez les hommes! Mille fois maudits, vous n'avez même pas su protéger ce qui est l'essence de votre existence. L'eau à laquelle vous puisez votre vie de tous les jours !"

 

Ce bâtiment pourrait accueillir des congrès internationaux, des associations, des débats, des films sur l’eau dans le monde et comment partager cette source de vie entre nous tous et comment surtout la préserver. "C'est quand le puits est sec que l'eau devient richesse."


 

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 Un grand merci pour ces photos  à Bruno Toffano, la suite des photos  sur son blog Tribune de Genève

http://aphroditepixart.blog.tdg.ch/

 

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