14/05/2009

Un Meuhhhhhhhh vachement anarchique

 

P1000290.JPG24 ans , 118 tags, 25 plaintes de régies immobilières. Des meuh qui ne laissent pas indifférents ces « meuhsieurs » pour une petite facture qui avoisine les 118'000 francs. Après un apprentissage de charpentier, un passage par le cirque, Meuhsieur le tagueur a travaillé pour  des décors d'un film qui a été présenté à plusieurs festivals réputés. «Quant aux graffitis, il aime ça depuis l'adolescence» d’après son père.

A Vieusseux,  ses dessins font presque partie du quotidien: «Oh oui, il est connu comme le loup blanc», nous dit-on. «Là-bas, le long de la route, vous verrez son travail. Comme une comète.

Ailleurs on apprécie ces « meuh » insolents, cette révolte indolente qui ne cherche même plus ses mots mais un long soupir bovin pour exprimer un état d’esprit plutôt qu’un discours. Ce meuh qui sort du fond de ce visage dépité où tout semble glisser inexorablement. Mais à côté de ce visage si surprenant un  cœur amoureux avec son point d’interrogation, le premier d’une longue série assurément. Et lorsque la police parle de déprédation, l'auteur artiste  mentionne l'art.

 

Quelque politicien « Maudit » s’érige contre ces « salissures » que d’autres appellent de l’art et avec justesse. Mais c’est un art libre qui ne se prostitue pas pour payer le discours, et tout le monde sait que le pouvoir réside dans le contrôle du dire  , tandis que ce « meuh » qui s’installe sans passer à la caisse, qui interpelle, dérange, démange l’œil, est un art gratuit comme doit être l’art et  on en redemande. Et en termes de salissures la pub tient le pompon, la dernière de la banque Saxo est juste crasse - des hommes assis qui regardent une femme debout sur une estrade juste entre les jambes. Et Michel Serres, le philosophe,  parlant de la pub et des marques les compare à des prostituées qui se pavaneraient dans la rue, telles celles d'Alexandrie,  autrefois, qui gravaient  leur nom sous leurs sandalettes et aussi pareilles à des chiens,  les marques via la pub tracent leur territoire; elles pissent dans la ville, dans le pays, sur la terre entière, elles polluent la tête et le monde. Bonjour la salissure !
A cela on préfère l'art, habiller la ville de sens, inciter à poser un regard urbain sur des questions qui se résument en des « MeuH » beuglant de force et  d’art .

Meuhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

18:42 Publié dans Genève | Tags : meuh | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |