18/01/2017

Viol en Inde - Dans la nuit, tous les chats ne sont pas gris

Mathura-rape-case.jpgEn Inde, avec plus de 1 milliard 336 millions d'habitants, dont la moitié a moins de 25 ans,  la population masculine à hauteur de 51.6 % est plus importante. Il y a donc plus d'hommes que de femmes.

Ce qui fait dire à certains Indiens agacés par l'étiquette de "pays de violeurs" qu'ils ne leur semblent pas statistiquement que les viols soient plus importants dans leur pays qu'ailleurs, avec un pays dont la  superficie est équivalente à celle de l'Europe et que la comparaison doit bien se faire à ce niveau-là.

A défaut de parler de statistiques et pour éviter de se lancer dans une bataille de chiffres et d'experts, il y a d'autres constatations bien plus parlantes, celles que l'on fait dans tous les pays où le statut des femmes n'est pas l'équivalent de celui des hommes. Par exemple quand Il suffit d'une bousculade, pour sentir des mains qui vous touchent et qui vous pincent. Dans les bus, des corps se collent à vous.

Un autre signe encore plus inquiétant est quand la rue, dès la nuit, n'appartient plus aux femmes. Comme si après avoir toléré leur présence toute la journée, la nuit venue,  il fallait qu'elles disparaissent; ou alors, si elles se risquent sur des territoires qui leur sont interdits, elles deviennent des proies à chasser .

Cet espace public qui devient l'apanage des hommes est frappant dans les pays où dans le paysage mental masculin le lieu de la femme est chez elle, à la maison -  ni dans la rue, ni dans les hautes sphères. C'est l'espace qu'on leur dédie qui annonce le traitement qu'on leur réserve pour le cas où elles essayeraient d'étendre les limites du territoire qu'on a bien voulu leur concéder.

En lisant la presse indienne, les faits divers au quotidien ne manquent pas, telle chercheuse scientifique attaquée la nuit tombante par un cycliste, elle hurle, il s'enfuit. Telle autre femme qui a soupçonné le gardien de son immeuble de lui avoir volé son parapluie; pour se venger, il s'introduit chez elle, la viole et la tue. Une vidéo qui circule et qui montre comment une jeune fille est violée en pleine rue, le soir de Nouvel An. Dans un courrier du lecteur, une lectrice se plaignait qu'un politicien paternaliste fustigeait les femmes violées en leur reprochant de l'avoir cherché en portant des habits européens qui excitent les sens des hommes qui, les pauvres, ne peuvent plus se contrôler! La lectrice reprochait à la police qu'elle-même pratique des viols à large échelle sur des femmes de tribus minoritaires sans qu'elle soit condamnée. Un laxisme qui démontre que la violence faite aux femmes est encore un sujet tabou, mais aussi normale, les violeurs sont encore rarement condamnés, les dépositions à la police se négocient encore aisément à coups de billets pour effacer tout témoignage susceptible de condamner un violeur.

Une condition de la femme que l'on reconnaît aussi ailleurs et trop souvent en diverses variantes locales. C'est intéressant de constater que c'est à plusieurs ou en bandes que les hommes attaquent les femmes, en Inde. Comme des animaux en meute, ils arpentent le territoire qu'ils s'approprient et ils sont prêts à déchiqueter toute personne qui brave un interdit silencieux et tacite : la rue n'appartient pas aux femmes, ou alors jusqu'au couvre-feu, qui commence à la tombée de la nuit !

Vous pouvez visionner une vidéo rediffusée par la plupart des journaux indiens en ligne, sur l’attaque d’une femme dans la rue à Bengaluru (Bangalore)  où de nombreux cas de viols ont été déclarés, le soir de Nouvel-An surnommé "La nuit de la honte".

LES INDIENNES ONT DECIDE DE RESISTER  ET ON LANCE LE MOUVEMENT "I WILL GO OUT" https://www.facebook.com/iwillgoout/?hc_ref=SEARCH&fr...

I WILL GO OUT


 

NUIT D'HORREUR A NOUVEL AN APPELEE NUIT DE LA HONTE
 

 



A Bangalore, le soir de Nouvel An, malgré le déploiement de 1500 policiers de nombreuses femmes ont été tirées par les cheveux, battues et déshabillées, certaines repartaient en pleurs et traumatisées. Un Ministre a déploré les tenues vestimentaires européennes en cause créant une levée de boucliers. La police a nié tout fait de violences et affirme n'avoir enregistré aucune plainte. La presse indienne a largement couvert cette "soirée de la honte."

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19:39 | Tags : i will go out | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |