29/01/2015

Australie - Des crocodiles en pagaille

Kangourou1.jpgArrivée au Nord Est de l’Australie,  à Cairns, je prends possession de la voiture louée et m’habitue tant bien que mal à la conduite à gauche, volant à droite, boîte à vitesse à gauche, moi-même gauchère tout en surveillant comme l’indique les panneaux : Attention aux Kangourous ! Ils sautent aisément sur les capots des voitures et se fracassent en un bruit effrayant, certains sont déjà allongés, morts le long de la route. Ces marsupiaux sont devenus la bête noire des Australiens, ils pullulent et saccagent.

 

 

 

cassowary-Robert South3.jpgDestination Rainforest, à 2heures et demie de là, Queensland Daintree, la jungle chaude et humide, un éco-système remarquable dans une forêt primaire, une des plus vieilles forêts du monde,  datant de plus de 125 millions d’années qui abrite environ 1'000 casuars (casuarius casuarius), oiseaux préhistoriques datant de l’ère des dinosaures.  Il me faut encore traverser en ferry pour joindre le lieu final de destination. 20h, il fait nuit, la pluie bat violemment contre la vitre, un autre grand panneau après les Kangourous : Attention crocodiles ! Pas question de tomber dans la rivière.

 

A la lumière du jour, logée au cœur de la Rainforest, forêt tropicale qui porte bien son nom et arrosée  de pluie à longueur de journée, attirée par la plage au sable doré et à l’eau translucide, je peux découvrir  : Attention crocodiles et méduses (tueuses, box jelly fish)

 

 

pt6522.jpgUn brin dubitative, je m’adresse au tenancier du magasin le plus proche et me renseigne sur l’affaire des crocodiles soupçonnant les Australiens d’exagérer la chose, peur atavique  ancrée dans l’inconscient populaire.

 A ma question sur les crocodiles, le tenancier roule des yeux,  effaré derrière son comptoir et annonçant qu’il y a trois morts en moyenne par an.  Des  jeunes gens dévorés  par les crocodiles,  ivres et insouçiants qui se lancent à l’eau et oublient les recommandations. Surtout des hommes précise-t-il !

Il insiste, le ton rauque, la voix basse, un vibrato et tremolo profonds dans la voix : « C’est dur de mourir sous les crocs d’un crocodile. Le crocodile mâle  mesure une tonne, il peut sauter à 3 mètres de distance, à 60km/heure, pas folle la bête ! Il vous entraîne au fond de l’eau, vous noie,  et ensuite tranquillement passe à table. Ah! Et quand ils ont goûté à la chair humaine, ils deviennent tueurs d'hommes". C'est affreux!! insiste-t-il.  Les crocodiles, je les verrai de mes propres yeux en me promenant en bateau parmi les mangroves, ils ont l’art du camouflage, ils se confondent  avec les  couleurs proches des leurs, restent immobiles,  et on n’y voit plus que du feu.

 

Heureusement, en s’éloignant des côtes, à ½ heure  de bateau on arrive sur la barrière de corail, on oublie les crocos, mais on reste méfiants sur les méduses tueuses .

Les habitants de Daintree, dans la forêt tropicale,  se plaignent de l’incompréhension des touristes qui fuient cet endroit à cause de la pluie, conditionnés qu’ils sont par les Vacances =soleil, plage. Une forêt tropicale amène une faune et une flore différentes. Le propriétaire de la maison  que je loue, un écolo qui comme tous les autres a opté pour l’énergie solaire, tente  de me convaincre : « en passant la tondeuse, je remarquai un python au coin du jardin, c’était magnifique, il était entrain de digérer sans doute un lièvre, donc il n’y avait rien à craindre, au moins pour une semaine  ! ». Un soir on verra, un habitant stopper sa voiture et chasser du pied un serpent long de 2 mètres qui se trouvait au milieu de la route.

Les cigales et les perroquets par centaines animent la forêt de bruits extraordinaires. Les lucioles , la nuit, scintillent de leur vert lumineux dans le noir profond de la forêt.  Les moustiques s’en donnent à cœur joie.  La pluie clapote sur les larges feuilles de gingembre, les feuilles de fougères géantes ploient sous le poids de l'eau. Il pleut, il pleut encore, et il pleut toujours. 

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Vous l'avez remarquée, aussi verte que la feuille ?

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28/01/2015

L’Outback australien - Un paysage qui vous hante

mayne-ranges-north-of-diamantina-np.jpgAustralie - On habite des terres qui finissent par vous habiter. Malaxées, pétries, triturées, nos âmes s’abreuvent de ces paysages arides et les nourrissent de notre imaginaire pour se réapproprier ce qu’il y avait d’humain en nous, lorsque le vent, la sécheresse , la solitude nous réduisent à épouser le  néant. Face à soi, il ne reste plus que le champs de nos interrogations et de nos incertitudes.

 Un Outback dont nul ne revient indemne !

 

 

 

william-ricketts-sculptures8.jpgArtistes, peintres, écrivains se sont abreuvés à la source de ce Bush,   où pour le première fois,  ils côtoyaient  les populations aborigènes;  ébranlés par la force de leurs croyances, par les visions des anciens qui errent en quête des terres qui étaient les leurs, disparues, détruites par les premiers colons australiens. Massacres qui ne cessent de se perpétuer.  L’Alchera, le profond moi qui résonne dans tout ce qui nous entoure et qui fera dire à William Ricketts (1898-1993) , sculpteur et poète : «  J’ai découvert l’essence de l’amour, de la beauté et de la liberté.Tout ce qui existe partout et pour toujours ne fera qu’un avec nous; oiseaux, forêts, montagnes, désert, rochers, eau."

Installé dans le Mount Dandenong près de Melbourne, dès 1934,   tout en continuant à fréquenter les aborigènes et devenu leur meilleur ambassadeur, William Ricketts décide, à travers ses œuvres,   de chanter la poésie divine.  Il  crée un sanctuaire et les représente avec leurs totems sacrés à travers 92 statues que l’on découvre au pied des eucalyptus géants, deux fois centenaires,  d’une hauteur frôlant les 100 mètres.

Sa philosophie radie ces lieux magiques et comme une litanie, il raconte la  beauté sacrée, pour nous qui sommes  les frères des arbres et des oiseaux, notre fraternité doit rayonner à travers notre beauté . Notre amour offert sans compter  nous sera rendus au centuple. Un sanctuaire qui mêle poésie et sculpture pour rendre hommage à nos rêves les plus profonds parce que ce sont eux, selon les croyances aborigènes, qui nous révèlent à nous- mêmes et nous renvoient le souffle profond du monde ; on revient à notre origine, dans l’Alchera, l’Une. Et de prévenir,  les aborigènes sont aussi les gardiens de l'environnement. 

 

DM_72.jpgUn autre peintre australien  frappé par ces paysages de sable, de roches et de désert, revient avec sa série singulière nommée «La Mariée  » .  Mélange de réconciliation et de fureur;  l’œuvre se nourrit de cauchemars où les êtres ne font qu’un avec le paysage torturé.  Arthur Boyd représente des scènes métaphoriques qui dénoncent la violence, la ségrégation, l’impossible union. Il découvrira lors de ces voyages dans cet arrière-pays,  les rites indigènes et exprimera toute sa compassion pour  cette  culture opprimée.

 Un Outback source d’inspiration, un paysage qui vous engloutit et vous hante.

21:26 | Tags : outback, australie, william ricketts, arthur boyd | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |