22/03/2015

Anus origami - Le roman noir du Japon triomphant

51vNoBcxQjL._AA324_PIkin4,BottomRight,-35,22_AA346_SH20_OU08_.jpgCher Antonio,

Je me permets une critique modeste, n'étant pas critique littéraire, toutefois,  chacun sait ce qu'il en coûte de commencer et d'achever la rédaction d'un livre. 

Pendant un long moment, je suis restée devant l'écran de ma tablette éteint en mode veille, sous le charme et le choc de ce que je venais de lire.
Il serait très difficile de dire dans quelle catégorie ranger ce travail qui pencherait plutôt vers le documentaire, l'autobiographie, le reportage respectant la trame d'un récit littéraire; début, développement, dénouement. Bref! rangeons-le dans le registre des   oeuvres atypiques.
La lecture de "L'anus origami" équivaudrait à soulever la jupe d'une petite fille bien sage  pour découvrir une culotte bien sale et qui sent bien mauvais. C'est un Japon totalement inattendu qui se révèle à nous et nous livre ses hommes machistes, ses femmes-objets qui parviennent à tirer leur épingle du jeu. Cet ouvrage offre le mérite de permettre au lecteur une incursion dans l'intimité d'un pays dont les règles lui échapperaient entièrement.
Pareil à un kaléidoscope, Kimiko offre ses portraits de femme toujours différents selon, sous quel angle, on la regarde;  le lecteur se perd dans cette inlassable recherche menée par Antoine qui tente non seulement de percer le mystère d'une culture, mais aussi celui des femmes.

Le fait que tu sois photographe amène le lecteur, le nez collé à l'image, à observer les détails, le grain de la peau, tout est livré dans les moindres détails, avec le photographe et l'auteur, à notre tour, on fouille, on retourne, on cherche pour comprendre qu'est-ce qui se cache au-delà de ce qui est offert à notre regard.

Avec Antoine, on déambule dans des pérégrinations nouvelles à conclure qu'on a beaucoup observé mais rien saisi de cette réalité d'un ailleurs qui nous glisse entre les doigts et nous échappe.

Le livre est bien écrit bien que difficile au départ, tant les mots japonais  en bloquent la lecture et que l'on voudrait "lire comme un roman", à savoir  d'une traite. Au départ, chaque paragraphe est une épreuve et finalement on se laisse emporter par la magie d'une investigation pointilleuse dans le monde complexe érotico-pornographique japonais. 
Un regard sur le Japon par quelqu'un qui connaît parfaitement le pays et ses moeurs . Et ce qui sauve Antoine qui aurait pu être perçu comme un observateur froid et lucide, est de nous montrer qu'il mouille sa chemise et y laisse un peu son coeur en charpie,au cas contraire, on aurait pu craindre de se retrouver face à l'entomologiste qui analyse de façon méthodique et scientifique les insectes qu'il collectionne.

Les non-dits et les amnésies historiques telles que cette période maudite où des "femmes de réconfort" par milliers assouvissaient les fantasmes de millions de soldats dans des bordels géants et sur laquelle le Japon se refuse à tout commentaire, un silence qui a permis sans doute de voir s'instaurer dans un aussi grand silence de nouveaux monstres comme le  le viol de petites filles  et attouchement de femmes dans les métros par des chikans, des pervers qui sévissent sans que personne n'intervienne et sans cela pendant des années avant que le gouvernement ne prenne enfin,  la décision de pourchasser les auteurs de tels méfaits  et lancer des campagnes de prévention dans les métros. 
Une incursion passionnante dans un Japon inconnu qui nous laisse profondément perplexes et désorientés et une autre quête absolue, en parallèle, le mystère entier de la femme, envoûtante et confondante.
Une oeuvre que je ne manquerai pas de conseiller à qui s'intéresse au Japon.

Avec  mes hommages et une profonde révérence.

Djemâa

 

Antonio Pagnotta est considéré comme l'un des plus grands reporters photographes au Japon . Né à Corigliano Calabro dans la province de Cosenza en Calabre, il a 58 ans. De 1990 à 1999, il travaille à Tokyo pour la presse française et internationale et se distingue par des scoops : « La carrière secrète du cannibale Japonais » puis, après l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, il parvient à photographier l’usine où se fabriquait ledit gaz près du mont Fuji. Ses photos sont considérées par les Japonais comme le scoop du siècle. D’autres clichés rares et interdits le consacreront photojournaliste du Japon. Son dernier reportage a été consacré à "Naoto Matsumura, le dernier homme de Fukushima" dont il a aussi extrait un livre.  


http://www.amazon.fr/Lanus-origami-roman-Japon-triomphant...

20:34 | Tags : japon, antonio pagnotta, chikan, tchikan | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

26/02/2014

Antonio Pagnotta – Chronique d’un engagement


antonio pagnotta,fukushima,naoto matsumura,japonEntretien avec Antonio Pagnotta, en direct de   Hiroshima  -

Premier juin 2011, le masque collé au visage, qui vous mord comme un chien, la respiration difficile,  Antonio Pagnotta avance dans Tatsuta au Japon, un village totalement déserté de ses habitants, dorénavant déclaré zone interdite, situé à moins de 30 kilomètres de Fukushima.  Le photojournaliste sent ce jour-là qu’il franchit une frontière effroyable, un seuil qui l’entraîne dans un basculement terrible de la conscience ;  seul au monde, au milieu de nulle part,  au cœur de la barbarie, là où l’homme est devenu le plus grand danger pour  l’homme.

 Il marche sur les traces du dernier homme de Fukushima, Naoto Matsumura, qu’il doit photographier. Le matin l’accueille avec une lumière bleu acier, la couleur des  radiations, celle de la mort silencieuse, bleue, froide, indifférente. Sans bruit, elle envahit tout sur son passage et achève dans son linceul de silence hommes, animaux, plantes. 

 Témoin unique d’une expérience sans précédent, Antonio Pagnotta réalise que la catastrophe nucléaire est inéluctable, après Tchernobyl, Fukushima, la Chine sans doute et très vraisemblablement un jour, la France. Oui ! Il faut cesser de croire que cela n’arrive qu’aux autres, la France et tout autre pays européen ne sont plus à l’abri de rien, les ingénieurs français ne sont ni pires ni meilleurs que les autres. 

 

Quelque chose d’irréversible bascule dans la conscience du photographe. Après avoir vécu cela, il perçoit le danger imminent qui saute au visage, et il ne lui reste plus que l’engagement à travers un activisme bénévole sans faille, jour après jour. En lanceur d’alerte, il pressent les séries d’accidents nucléaires  qui ne font que commencer ; à Fukushima,  on dénombre 14 réacteurs en alerte. C’est une guerre nucléaire contre l’homme qui a été déclenchée et derrière cette chose insensée se tapit un énorme lobby qui s’attaque  aux hommes tandis que l’argent circule en masse.  Le nucléaire draine des fortunes qui, pour certains, valent et justifient  le sacrifice de quelques milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

 

Le photojournaliste relaie le  témoignage d’un agriculteur, Naoto Matsumura, qu’il suivra pas à pas. C’est l’histoire d’un homme qui a un nom et qui témoigne à visage nu. Un homme dont le parcours pourrait être associé  au  parcours christique d’un Saint-François d’Assise qui traverserait un désert et n’aurait plus que les animaux avec qui parler. Planter dans un décor, l’essentiel, le sacré : la vie.

 

Le choix des  prises de vue de Antonio démontre aussi un souci de respect du sujet. Planté en face de lui , il impose sa volonté d’établir un rapport démocratique même à travers le téléobjectif ; le photographe n’est pas invisible, le sujet l’observe et il l’observe.

 

Né à Corigliano Calabro dans la province de Cosenza en Calabre, il a 58 ans. De 1990 à 1999, il travaille à Tokyo pour la presse française et internationale et se distingue par des scoops : « La carrière secrète du cannibale Japonais » puis, après l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, il parvient à photographier l’usine où se fabriquait ledit gaz près du mont Fuji. Ces photos sont considérées par les Japonais comme le scoop du siècle. D’autres clichés rares et interdits le consacreront photojournaliste du Japon.

 

 

Depuis avril 2011, Antonio Pagnotta se consacre exclusivement aux conséquences du désastre nucléaire de Fukushima.

Il accompagnera le dernier homme de Fukushima, Monsieur Naoto Matsumura lors de son périple en Europe, dès le 4 mars à Paris : 

Puis,  la Suisse : 

 18 mars :  conférence à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne

19 mars :  matin, vigie devant l’OMS avec Independant Who à Genève

 

 pour en savoir plus :

http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com/

http://www.fukushima-blog.com/

 

 

Son livre : « Le dernier homme de Fukushima »  est publié aux Editions Don Quichotte, 2013.

 

07:11 Publié dans Résistance, Solidarité | Tags : antonio pagnotta, fukushima, naoto matsumura, japon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |