19/05/2013
Ce qui n'est pas médiatisé, n'existe pas !
Un axiome inquiétant qui induit une redéfinition du monde et nous pousse à nous interroger : qui décide quoi, comment, quand, pour qui , pourquoi, avec qui, par quel biais ?
Est-ce une autre façon de dire que ce qui n’est pas mis en lumière, doit demeurer dans l’ombre ? Que ce que l’on ne voit pas doit rester secret. Ce dont on ne parle pas, ne doit pas mériter notre intérêt.
Mais qui décide donc de ce qui doit être vu ? Les médias ? Les politiciens ? Les groupes de pression qui ont les moyens de se rendre visibles et prêts à confondre : faire du bruit et fournir de l’information ? La triade : le propriétaire du journal, le marché, le journaliste ? Quelle interdépendance entre eux ? Qui a du pouvoir sur qui et jusqu'où ? Le journaliste "conseiller du roi" le soutient ou soutient le groupement ou son idéologie jusqu'où et jusqu'à quand ? Quelle limite pour le journaliste à ne pas franchir, allié, puis ennemi qui a des informations "sensibles" et qu'il utilisera au service de qui pour quel nouveau prince ou roi ? Journaliste indépendant ? Ah, bon ! ça existe ? Information objective ?Ah ! Vraiment ?
Rendre quelque chose de visible, est-ce alors une question de moyens ? Un paradigme cynique , en perspective. Seuls les nantis, associés à des groupes de pression, les plus en vue, les stars fabriquées de toutes pièces par les premiers, quand bien même n’ont-elles pas grand-chose à dire auraient le droit de dire ce qui doit être vu et dit ? Sont-ce les annonceurs qui paient des encarts dans les journaux et dorénavant sur les sites qui influencent l’information et décident de ce qui doit être révélé, montré, tu, ou matraqué en boucle ?
Si tel est le cas, nous partons d’un postulat pour le moins inquiétant. A lire ce qu’on lit, on peut effectivement comprendre qui a les moyens de rendre manifeste un type d’information qui nous est livrée en masse. Une manufacture de l’information qui sur-représente une position, un événement, un courant de pensée et qui prépare les groupes silencieux à ingurgiter ce que veulent leur faire avaler ceux qui détiennent le pouvoir et les finances et tirer encore davantage profit du silence. S' ils daignent parler d’un fait social; ce n’est qu’à travers quelque faits divers, de façon anecdotique. Les faits divers peuvent être réutilisés ad infinitum et ad absurdum : « Un meurtre sordide, une occasion de relancer le débat sur la privatisation des prisons où on pourrait y faire travailler les condamnés et faire du bénéfice. Même les morts sont utiles à cela, instrumentalisés post-mortem ! ». On lance aux pourceaux non plus des perles, mais une bouillie infâme.
Une massification de l’information qui tourne en boucle et qui prépare la masse à ingurgiter un modèle sans voir là-derrière la manipulation d’un petit groupe qui appartient dans le fond à une élite « économique » ou/et « politique » souvent la même et sur plusieurs générations.
Des opinions faites et défaites sur le modèle de tout ce qui est « fast » , à savoir rapide et superficiel et surtout qui passe très vite, comme chat sur braise lorsqu’il s’agit des intérêts de la masse silencieuse et vouée aux gémonies. Des faits divers qui font croire qu’on a de plus en plus d’information, tandis que l’on nous désinforme et que la pensée s’appauvrit, le principal disparaît au profit du surmédiatisé d’un éphèmère déconcertant dont il ne reste rien, sinon du tapage assourdissant.
Combien d’informations importantes nous échappent ainsi. Combien d’éléments nous manquent-ils pour analyser des situations dans leur ensemble et surtout les comprendre ?
Quelques questions qui nous forcent à penser qu’il est préférable de ne pas trop s’intéresser à ce que l’on voit, mais à tout ce qui reste caché, rester critique à l’égard de l’écho de résonance des nantis et toujous se demander :Quel intérêt ont-ils à nous révéler cela ou à insister ? Et vous le trouverez tapi dans les bas-fonds. L'intérêt ! cet appétit vorace des engrangeurs de billets.
Seule la connaissance du terrain, au plus proche des réalités sociales nous permet de comprendre ce qui s’y passe véritablement et permet de faire circuler l’information auprès d’un ou plusieurs groupes dont on assure le maillage communicationnel ; c’est bien-là où réside l’essentiel, dans la zone d’ombre que l’on camoufle avec subtilité, sur le terrain social qui vit et vibre dans les labyrinthes profonds d’une société qui s’illustre par le clinquant et qui aimerait que l’on continue à « boulimiser » ce qu’elle nous balance à tire larigot.
Ce qui est important n’est pas : ce qui est dit, mais ce qui est tu, ce qu’on voit mais ce qui ne se voit pas, ce qu’on sait mais ce qu’on ignore; c’est bien-là où tout se joue.
Sans doute les réseaux sociaux et les blogs sur internet permettent de relancer les cartes pour un nouveau jeu et faire sortir de l’ombre ce qu’on aurait voulu tant camoufler, à savoir des réalités sociales et économiques qui prouvent le triste état du monde et sa grande inégalité et injustice. En évitant soigneusement d'être financés pour éviter de se retrouver dans le cas de la presse classique.
Dans un silence de plus en plus pesant, les damnés de la terre disparaissent. « Chut » surtout ne pas en parler ! On risque de se souvenir qu'ils existent !
(voilà pourquoi j'ai renoncé au journalisme et que je préfère les blogs où je ne touche pas un kopeck, mais exprime librement ce que j'ai à dire : le prix de la liberté ! même ça, se paie et surtout ça ....)
10:27 Publié dans Médias, Résistance, Société - People, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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19/01/2013
EQUATEUR - CHEVRON-TEXACO , LA FIN DE L’IMPUNITÉ
C’est le jugement du siècle, 19 200 000 000 de dollars d’amende confirmée en appel en Equateur, et exigée par les 30 avocats qui représentent les intérêts des indigènes et paysans qui composent l’Assemblée des victimes de Texaco. Une somme difficile à recouvrer en Equateur d’où l’entreprise a retiré ses fonds, mais possibe au Canada, Brésil, Argentine et Colombie.
Le 7 novembre 2012 , l’Argentine a été la première à décréter la saisie des fonds mettant en colère les investisseurs. Une colère qui ne peut être plus grande que celle des victimes qui ont vécu le plus grand épandage toxique de l’Histoire. Quarante ans après l’installation de l’entreprise, la région de Quito est devenue la région la plus pauvre de l’Equateur avec un taux de cancer le plus élevé du pays.
L’essence a tout envahi, l’air, la terre, l’eau, la peau, les poumons des gens, asphyxié la nature, étranglé les forêts. Comme une main géante aux serres dévastratrices, la compagnie américaine a tout dévasté sur son passage. Adieu l’eau potable, poissons en abondance, forêts aux remèdes ancestraux.
Dans la région de Sucumbos, on voit apparaître des maladies de peau, des allergies, des enfants qui avaient pour habitude de se baigner dans la rivière dès lors contaminée et qui quelques jours plus tard, avant de mourir, vomissent du sang.
Un lent processus de destruction qui amène en 1993 un groupe d’avocats, Colons et indigènes à porter plainte, à New York. Comptant sur la corruption en Equateur, le groupe Texaco transfère la plainte vers ce pays. C' était sans compter sur la résistance populaire. Une lutte juridique inéquitable contre les milliards que pouvaient engager la société américaine et faire passer l’Association de victimes pour « association criminelle », intimidation parmi tant d’autres et qui a échoué.
L’avocat Pablo Fajardo se réjouit de la décision du Tribunal Equatorien qui par son deuxième jugement confirme l’amende colossale : « Nous sommes en train de démontrer que c’est possible et que ça peut se faire, qu’il est possible d’aller beaucoup plus avant, qu’on peut changer les choses, qu’elles ne sont pas intouchables, qu’ils ne sont pas invincibles ».»
Il s’agit de l’amende la plus importante de l’histoire du droit de l’environnement. Elle dépasse celle infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l’Alaska en 1989, de 4,5 milliards de dollars et pourtant à peine déstabilisée, car le groupe ExxomMobil nous remet ça en Papouasie Nouvelle Guinée identifiée comme "zone riche en ressources" pour l'extraction de gaz, un projet qui démarrera en 2014 et qui a déjà transformé la société papoue en la divisant. A combien se montera la facture dans 30 ans pour les dégâts sociaux et environnementaux causés ?
Annexe:Une note importante sur le souci environnemental de Chevron sur son site officiel
Environment and Safety
"As a company and as individuals, we take great pride in contributing to the communities where we live and work.
We also care about the environment and are proud of the many ways in which our employees work to safeguard it.
Our persistent efforts to improve on our safe work environment continue to pay off. In 2011, Chevron achieved significant levels of safety as measured in days-away-from-work ratings in both Upstream and Downstream operations.
.............We're committed to helping meet the world's need for energy in a safe and environmentally responsible manner. We believe that is the right thing to do and that it is critical to our success in a world in which energy sources should be compatible with an environment that's clean, safe and healthy.
That's why we are continually working to improve our processes to reduce pollution and waste, conserve natural resources and reduce potentially negative environmental impacts of our activities and operations.
source
http://www.diagonalperiodico.net/global/30000-indigenas-y...
12:30 Publié dans Associations, Développement durable, Economie, Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : equateur, chevron, texaco, chevron-texaco, indigènes, quito, colombie, argentine, canada |
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29/10/2012
Colombie - In memoriam du coeur de Sœur Hilda/ Sor Hildegard, In Memoriam
Le 9 septembre 1990, dans une région pauvre et montagneuse du Sud Ouest de la Colombie; une opération militaire contre les Farc, tombe sur une « guérillera » dangereuse, à savoir, la missionnaire suisse, Hildegard Maria Feldman. Missionnaire laïque de la Société Missionnaire de Bethléem, née à Naefels dans le canton de Glaris, et travaillant dans le cadre du diocèse d’Ipalies. Surnommée affectueusement "Soeur Hilda".
Un communiqué militaire claironne, alors, fièrement la mise à mort de cette dangereuse résistante, enfin abattue.
Ce jour-là, Maria Hildegard Feldman se trouvait au chevet d’une malade, à Guachaves (commune de Santa Cruz) . Les militaires de l’armée colombienne sont entrés dans la case où elle se trouvait et ont tout simplement tiré, sans prévenir, sans vérifier, un seul coup de feu au cœur; sa seule arme, un coeur au secours du prochain, un coeur solaire empli d'humanité au service de l'Humanité. Sœur Hilda a juste eu le temps en se tenant la tête, de s’exclamer, quelques secondes auparavant : « Sainte Vierge qu’est-ce qui nous arrive ? ». La victime a été aussitôt enterrée, son corps sera exhumé sur demande pour être ensuite transféré à Samaniego où ont eu lieu les obsèques. Après coup, le commandant en riant demandera aux rescapés qui est-elle et que faisait-elle là ?
Cet être magnifique, qui dès mai 1983, décida de se mettre au service des plus pauvres, des plus démunis en Colombie . Dès juin 1990, on la vit œuvrer à El Sande en qualité d’infirmière et sage-femme et qui avait pour charge pastorale de donner des cours pour sage-femmes et auxiliaires de santé et des soins pour enfants et maladies infantiles .
El Sande, c’était le bout du monde, il fallait y parvenir à dos de cheval par des sentiers caillouteux pendant une douzaine d’heures. Et c'est bien là, dans cette région, oubliée du monde, qu'elle planta ce coeur d'un amour absolu.
Tuée d’une balle en plein cœur, à 16 h 30, le 9 septembre 1990, par les troupes de la troisième brigade de l’armée qui tira sans discrimination des coups de feu contre la population civile et qui visèrent celle qui, à ce moment-là , soignait une paysanne malade. Sœur Hilda se plaisait à dire que « la mort conduit à la résurrection. La souffrance, la destruction et l’humiliation débouchent sur la joie, la victoire, et la vie ». Dieu merci, elle était prête à mourir, même de la façon la plus injuste qui soit.
Elle offrait ce visage radieux et patient, d’une femme, alors âgée d’une cinquantaine d’années. Son aspect fragile, d’une douceur extrême, amoureuse de la musique classique et des plantes auxquelles elle vouait une attention particulière, contrastait avec la rudesse de la région. Elle soignait les plaies les plus purulentes avec une attention particulière sans montrer le moindre dégoût et il n’y avait pas meilleure arracheuse de dents qu’elle. Même les paysans forts, ouvraient la bouche sans broncher pour laisser extraire une méchante dent de sagesse et la remerciaient d’un souffreteux: »Muchas gracias ! »
Les soldats de l’armée colombienne ont beau eu retourner tous ces effets, ils n’ont guère trouvé les armes de la « guérillera », mais ils n’ont trouvé que son cœur. Ce cœur d’une beauté cristalline, au service d’une justice pour tous. Un cœur accroché à l’espoir d’une vie meilleure pour chacune des créatures de Dieu.
Une âme sensible et riche d'une foi immense qui a donné sa vie, pour combattre auprès de ces damnés de la terre à qui on arrachait la terre. Une vie au chevet des plus pauvres et qu’il faut prendre en exemple et ne pas oublier. C’était là son humble résistance, à cette "guérillera", alléger la souffrance d’un peuple opprimé par l’injustice et la prévarication. Il est de ces êtres croyants ou pas qui offrent leur existence à soulager la misère du monde, pour une plus grande justice, au nom d'une plus grande égalité sociale.
Son sang est là, il paraphera comme tant d’autres victimes l’accord de paix en Colombie. Ce crime est resté à ce jour impuni.
Paix à l'âme de tous ces humanistes
Source : http://www.alterinfos.org/archives/DIAL-1536.pdf
mon site http://www.djemaachraiti.ch
Sor Hildegard, In Memoriam
El 9 de septiembre de 1990, en una región montañosa y muy pobre del sur-oeste de Colombia fue dada de baja una “peligrosa guerrillera”, María-Hildegard Feldman, en el marco de una operación militar contra las FARC-EP. Un airoso comunicado militar dio cuenta por entonces de la eliminación de tan peligrosa subversiva.
Se trataba en realidad de una misionera laica de nacionalidad suiza, nacida en la comuna de Naefels, Cantón de Glaris, y perteneciente a la sociedad misionera de Belén, que por aquel entonces trabajaba bajo los auspicios de la diócesis de la ciudad de Ipiales en Colombia.
El día de su muerte, Sor María-Hildegard Feldman asistía a una mujer enferma, en la vereda Guachavés, municipio de Santa Cruz. Los militares del Ejército colombiano entraron a la modesta casucha y simplemente dispararon en su contra, sin verificar, sin prevenir a nadie… Sor Hildegard apenas si tuvo el tiempo de tomarse la cabeza y exclamar: "i Virgen santísima! ¿Qué es lo que nos está pasando? ”, antes que un solo tiro certero en el corazón, que era su única arma, segara su vida para siempre.
La víctima fue enterrada de inmediato. Gracias a las muchas peticiones llegadas desde su tierra natal el cuerpo fue exhumado y llevado hasta la localidad de Samaniego, donde poco después se realizó la ceremonia de exequias.
Hoy se sabe que pasados los acontecimientos el Comandante del operativo militar retornó al lugar del crimen para interrogar a los sobrevivientes de aquel ataque y conocer más de cerca la vida de esa monja extranjera... Muchos de los testigos lo oyeron susurrar para sí, en medio de una risita nerviosa,"¿Qué carajo hacía esa monja por estos parajes?".
Corazón magnifico el de Maria-Hildegard, que a sus 20 años partió a la India, al lado de su hermano enfermo, para trabajar codo a codo entre los más pobres. Años después continuó esa noble misión en Colombia, poniéndose al servicio de aquellos colombianos que no tienen nada. Desde 1990 se le vio trabajar sin descanso como enfermera y partera en la municipalidad de El Sande. Parte de su responsabilidad pastoral era justamente esa, formar comadronas y auxiliares de salud para trabajar en el acompañamiento de enfermedades infantiles.
El Sande es un rincón olvidado del mundo y para llegar allí, desde el pueblo más cercano, hay que cabalgar a lomo de mula o de caballo al menos 12 horas por caminos rocosos. Fue justamente allí, en ese resguardo negado del mundo, donde ella sembró su corazón con un amor absoluto y se dio a su misión sin reparos: aliviar en su pobreza a los miserables, a los olvidados de la tierra, a los que fueron desposeídos de sus bienes bajo la amenaza de las armas.
Sor Hilda, como le decían, cayó abatida por una bala que le dio en pleno corazón el 9 de septiembre de 1990, a las 4 y media de la tarde. La bala fue disparada por unidades especiales del Ejército colombiano, adscritas a la tercera brigada, que abrió fuego indiscriminado contra la población civil, pero que tuvo en la mira solamente a aquella que, en esos momentos, curaba en su lecho a una pobre mujer enferma.
Esta misionera solía decir que “la muerte conduce a la resurrección. El sufrimiento, la humillación o la destrucción, desembocan indefectiblemente sobre la alegría y la victoria de la vida”… Gracias a Dios ella se hallaba preparada para morir, incluso de esa manera tan injusta como fue truncada su vida.
Ella tenía uno de esos rostros radiantes, de mujer paciente que toca a la cincuentena; era una mujer de aspecto frágil, de una extrema dulzura a quién le encantaba la música clásica y las plantas, miles de plantas a las que consagraba una gran atención, ternura esta que contrastaba con la agreste región en donde vivió sus últimos años.
Sor Hildegard, además, curaba las heridas, incluso las más purulentas, con una atención especial, sin retroceder. Se dice, incluso, que ella era la mejor dentista empírica de toda la región -con los medios de a bordo en aquellas lejanías- y que hasta los campesinos mas rudos le abrían sin prevención la boca para que los librara de sus males, o les arrancara las muelas del juicio… y luego hasta le daban las gracias.
Los militares del Ejército de Colombia que la asesinaron escudriñaron todo lo que quisieron entre los efectos personales de la que equivocadamente llamaron “guerrillera”, pero no hallaron nada, solo su corazón. Un corazón de belleza cristalina al servicio de una idea de justicia para todos, un corazón atado a la esperanza de una vida mejor para los elegidos de Dios.
Hilda-Hildegard fue una mártir que dio la vida en su “combate" por los pobres, una vida consagrada a los desposeídos. Ese fue su humilde acto de Resistencia: aliviar el sufrimiento de un pueblo oprimido por la injusticia y la corrupción.
Su sangre esta aún ahí, junto a la de tantas otras victimas y su rastro firmará también ese posible acuerdo de paz en Colombia, pero su crimen, recordémoslo, sigue en la más absoluta impunidad… Como el de tantos otros y otras, todos colombianos.
i Paz para el alma de todos esos mártires !
Source : http://www.alterinfos.org/archives/DIAL-1536.pdf
*Traducido del francés por: Paz&Salvo
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19:50 Publié dans littérature, Monde, Résistance, Solidarité, Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08/10/2012
Mutuel - MCG - Petits arrangements entre amis
Ce matin, au 6 rue de l'Athénée, il y avait foule pour soutenir Haykel Ezzeddine, le blogueur émérite de la Tribune de Genève et ce, à la grande surprise de Madame La juge qui invita tout le monde à se tenir debout et coi dans la petite salle lumineuse pour une sombre histoire. Convoqués dans l'affaire de l'affiche MCG, nous pouvions nous délecter de découvrir des petits arrangements entre amis. Sous prétexte que Haykel a exposé sur son blog une affiche MCG, jugée diffamatoire et calomniatrice. Si vous souhaitez voir l'objet de la plainte, il apparaît depuis le fameux, lundi 8 août, sous le lien suivant et pour lequel, il n'y a jamais eu de problème jusque là http://www.cartonrougeducitoyen.ch/index.php/component/content/article/1-nouvelles-quotidiennes/1754-la-nouvelle-affiche-du-mcg-contstee. Deux poids, deux mesures, vous en conviendrez par vous-même.
Autre étrangeté, le fameux accord confidentiel passé entre le groupe Mutuel et le MCG. De ces accords, discrets, passés sous table et dont on rêve dans nos pires cauchemars; en découvrir le contenu. Comment en est-on arrivé là ? A passer d'une affiche MCG qui accuse le Groupe Mutuel puis, par un tour de passe passe, se réconcilie et cela sur le dos d'un simple blogueur que la provocation du MCG avait alarmé. Un blogueur qui n'a fait que relayer, dans le fond, une affiche exposée devant le Palais de Justice, brandie par des membres souriant du staff MCG qui posent devant pour la postérité en espérant, par la même occasion s'attirer des voix. Ce même parti qui a réussi à élire au conseil national son spécialiste contre l'assurance-maladie.
Cas intéressant, la Tribune de Genève qui héberge ce blog n'est en aucun cas impliquée ? Ce serait comme être propriétaire d'un immeuble et ne pas savoir ce qui se passe dans les étages.
Me Nils de Dardel demande la comparution personnelle de Messieurs Jean-François Mabut et Eric Stauffer, 15 minutes chacun et pas davantage pour Monsieur Stauffer que l'on connaît bavard, voire intarissable. Quels sons de grelots assourdissants souhaite-t-on couvrir avec ce combat inégal du pot de terre contre pot de fer ? Quels sons de cloche souhaite-on couvrir avec cet acharnement sur un blogueur ? Autant de questions ouvertes qui montrent comment fonctionne les petits arrangements entre amis : Tu me couvres, je te couvre !
Au-delà, de cette agitation bien orchestrée autour de Haykel Ezzeddine, on voit se profiler quelque chose de plus grave et qui dépasse largement le cadre de cette affaire d'affiche. C'est voir comment un groupe peut s'acharner sur la liberté d'expression et réduire par des menaces de procès un journaliste qui n'a fait qu'informer de ce qu'il a vu, à savoir une affiche exhibée devant un tribunal. Ce qui paraît dangereux, c'est notre liberté d'expression menacée dans son essence par un lobby, aussi insignifiant que celui d'une assurance.
Rendez-vous donc dans un mois certainement, pour entendre les comparutions personnelles. Nous serons nombreux à le suivre ce procès inique, car il est important de suivre la mise en boîte de notre liberté de dire ce que l'on voit.
Billet signé : Karl Grünberg et Djemâa Chraïti
mon site web http://www.djemaachraiti.ch
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| Tags : groupe mutuel, mcg, blogueur, haykel ezzedine |
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18/11/2010
L'ACCIDENT
Mardi - Un ciel bas et pluvieux qui confond les heures de la journée, tôt le matin, tard le soir ? On ne sait plus trop précisément, dans cette grisaille où tout devient flou. Face à l'entrée des urgences des Hôpitaux universitaires de Genève, je vois un groupe se former. Des hommes essentiellement, ils sont huit ou neuf, ils ressemblent à des ouvriers. Ils se resserrent et forment désormais un cercle fermé, un rond parfait comme pour se protéger de tout nouveau malheur, comme pour s'assurer que le destin ne viendra pas encore frapper une fois un des leurs. Les femmes commencent à arriver, ils se serrent la main rapidement, sans se regarder pour être sûr de ne pas rajouter à la tristesse de l'autre en lui offrant le spectacle de leurs larmes.
Régulièrement un homme ou une femme du groupe entre aux urgences, "URGENCES" écrit en grand, collée contre, l'ancienne inscription Pavillon d'acc...... légèrement en vue et dont les lettres à moitié effacées étaient moulées dans le béton gris, puis plus loin, l'enseigne de la cafétéria des HUG ."Aux bonnes choses", ces trois enseignes côte à côte ont presque quelque chose d'insensé en ce jour de grand drame.
A tour de rôle, ils poussent la porte tournante et disparaissent dans la bouche sombre comme dans une mine après un coup de grisou, un va-et-vient incessant pour ramener des nouvelles d'en bas qu'ils viennent murmurer aux autres qui attendent en haut. On imagine les médecins s'acharner à sauver cette vie. Hochement de tête attristé, personne ne parle, les hommes aspirent la fumée en tirant nerveusement par petites bouffées, sur leurs cigarettes, à pleins poumons, comme pour se remplir de vie ou se sentir encore en vie. Ils les fument l'une derrière l'autre en aspirant intensément et en rejetant la fumée en un soufflement fort et bruyant, ils sont fous d'anxiété.
La presse l'annoncera en quelques lignes laconiques. Un ouvrier meurt suite à un accident de chantier, un homme de 34 ans qui a chuté d'un échafaudage d'une hauteur de huit mètres et laisse derrière lui désormais une femme veuve et quatre enfants orphelins de père.
Selon la TDG "L'ouvrier travaillait pour un sous-traitant de l'entreprise de construction britannique ISG Europe. Selon nos informations, les travaux, censés être achevés le 15 novembre, ont pris du retard. «Une grosse pression est faite sur les ouvriers pour accélérer le rythme de travail, rapporte notre informateur. L'ouvrier en question était un carotteur. Ils lui ont fait faire beaucoup de zigzag, pour faire des trous ici et là, à un endroit où l'échafaudage ne comportait pas de garde-corps. D'ailleurs, ils n'en ont toujours pas mis après l'accident.» Nous n'avons pas pu joindre ISG Europe aujourd'hui.
Le syndicat Unia, qui voulait se rendre sur le chantier comme il le fait à chaque accident, s'en est vu refuser l'accès, ce qu'il dénonce comme une violation de la liberté syndicale. «Nous ne savons rien des circonstances de l'accident, ni du statut de la victime, déplore la secrétaire syndicale d'Unia Filipa Fazendeiro. Etait-il déclaré ou non? Etait-il employé, indépendant, chef d'entreprise? Combien de morts faudra-t-il pour que Mark Muller revienne sur son projet de démanteler l'Inspectorat des chantiers?»
En parcourant ces lignes, je reconnais le drame, le jour et l'heure correspondent, effectivement ceux que j'observais étaient des ouvriers, sans le savoir, je vivais avec eux l'attente douloureuse et puis comme si ce fut un ami, j'apprends la triste nouvelle de sa mort, émue je songe aux quatre enfants, à la veuve.
Paix à son âme !
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28/10/2010
RESPONSABILITE SOCIALE DES ENTREPRISES : UNE MODE OU UNE VRAIE BONNE IDEE ?
PAR MARION MOUSSADEK - JOURNALISTE INDEPENDANTE RP
Economie européenne - Aujourd'hui, s'ouvre le sommet sur la responsabilité sociale des entreprises, à Bruxelles. A l'île Maurice, cette mesure incitative est obligatoire depuis peu pour toutes les PME.
« Je n'en reviens toujours pas. Avant, chaque matin, dans mon village, je regardais partir la navette des employés de l'hôtel avec envie. Je me disais qu'ils avaient une chance inouïe de travailler là-bas. Maintenant, je fais partie du convoi matin et soir ! », raconte Vanetta Sarah, 28 ans. Cette Mauricienne originaire du sud de l'île, un des coins les moins développés de ce lopin de terre grand comme le canton de Zurich, a arrêté l'école à 13 ans -« dans ma tête, je me disais tout le temps que ce n'était pas fait pour moi »-. Contre toute attente, elle peut aujourd'hui se targuer d'être gouvernante dans le superbe hôtel de luxe Charles Telfair, pieds dans l'eau...de l'océan indien. Une aubaine pour cette jeune fille qui tournait en rond à la maison avec sa mère, en attendant chaque jour que ses ouvriers de père et frère rentrent dîner.
A qui doit-elle cette formidable opportunité ? A un levier, appelé « responsabilité sociale des entreprises », RSE, ou CSR, Corporate Social Responsiblity, pour les plus avertis. Mais encore ? Le gouvernement mauricien qui a rendu ce levier obligatoire pour toutes les compagnies privées, le définit ainsi : « les firmes étrangères ou locales devront reverser 2% de leurs bénéfices nets à des ONG ou des programmes nationaux qui contribuent au développement social et environnemental du pays [...] en vue de promouvoir une convergence entre l'économie, le développement social et l'environnement ». Le thème réunit aujourd'hui les ténors de l'industrie avec des représentants de GDF Suez ou encore d'IBM Europe, emmenés par le vice-président européen de l'industrie et de l'entreprenariat Antonio Tajani et le commissaire européen à l'emploi Laszlo Andor.
Comportement responsable
Ces sommités vont se creuser la tête pour que le tissu économique européen tende à «un comportement responsable [qui] se traduit par une réussite commerciale durable ». Les firmes sont libres de choisir sur quel projet elles veulent jeter leur dévolu, mais quoiqu'il en soit, la mise en place d'une RSE implique nécessairement trois acteurs : gouvernement, secteur privé et société civile.
A l'île Maurice, ces trois protagonistes ont été déterminants pour Vanetta et une centaine d'autres jeunes que s'est engagée à former cette entreprise dans l'année à venir. Pour mettre en place cette politique, ce superbe complexe hôtelier de luxe, Veranda Resorts, qui compte notamment 2 hôtels 5 étoiles au sud-ouest de l'île, le Charles Telfair et l'Heritage Awali, ainsi que quelque 300 villas individuelles en cours de construction destinées à être vendues aux riches étrangers, s'est dotée d'une fondation.
Pas d'assistanat
Cette fondation de « L'atelier du savoir de Bel-Ombre » se charge d'injecter ces fameux 2% dans les domaines qui lui semblent les plus pertinents. Et ils ne manquent pas : création de crèches, de pistes cyclables, de chapeaux à partir du vétiver qui pousse sur le golf 18 trous... Pour chacune de ses activités, la fondation Bel-Ombre forme (réparateurs vélos), accompagne (cours d'entreprenariat par exemple) et insère (stage suivi d'emploi).
Son directeur, un passionné qui soulèverait des montagnes, Bernard Li Kwong Ken, insiste pour se démarquer de la politique d'assistanat : « Notre fondation est comme un centre d'incubation ! Nous avons plusieurs programmes d'insertion de la population locale. Tout doit être pensé avec son corollaire systématique. Par exemple, nous avons formé des dames aux métiers de la petite enfance pour qu'elles soient capables de gérer une crèche. Cette garderie créée permet désormais aux mères, que nous avons parallèlement formées à différents métiers, à laisser leur enfant en toute sécurité et à aller travailler. Si nous mettons en place le tri des déchets (ndlr : inexistant dans tout le sud de l'île), le verre pulvérisé pourra être utilisé pour sculpter des figurines artisanales. »
6 000 dollars par villa vendue
Filles-mères ou anciens sucriers restés sur le carreau suite à la rationalisation imposée par l'OMC : ces mesures permettent aussi de réinsérer des Mauriciens qui travaillaient pour la première ressource du pays, le sucre, désormais reléguée en troisième position...après le textile. Sur les 300 employés que compte le seul hôtel Heritage Telfair, implanté en plein ancien domaine sucrier, une centaine devrait, à terme, être formée par la fondation de l'atelier du savoir de Bel-Ombre, dont le financement paraît incroyablement simple.
Sur chacune des 288 villas du domaine dit Valriche, « la vallée des ruches », vendues de 1, 2 millions à 2,5 millions de dollars, quelque 6 000 dollars iront à la fondation du savoir de Bel-Ombre. Une somme qui a notamment permis de mettre en place un programme d'alphabétisation. « Nous avons le cas d'une retraitée de 59 ans, analphabète, qui, chaque mois, se faisait voler son chèque de pension par ses enfants. Au bout de 2 semaines à fréquenter notre atelier d'alphabétisation, elle savait lire et reconnaître l'enveloppe qui arrivait à son nom. Pour elle, ça a été la fin du calvaire », raconte Bernard Li Kwong Ken.
Gagnant-gagnant
Mais attention, cours d'alphabétisation, projets de création de pistes cyclables, vannerie produite à partir du vétiver qui pousse sur le golf : aucun de ces programmes louables ne se fait entre deux portes, même si, comme d'autres, Vanetta a été recrutée par la fondation du savoir de Bel-Ombre, au cours d'une opération de porte-à-porte. Il aura fallu un stage de 3 semaines en « Life skill management », trois mois de cours à l'école hôtelière à Eben, à 1heure de là, pour que celle que les enfants de son village appelait « marraine » -« le peu de choses que je savais, je les leur ai transmises »-, se retrouve « housekeeper » en fin de formation à l'hôtel. Avec la nouvelle opportunité que représentent le complexe de villas de luxe en construction qui surplombent le golf, Vanetta a même pu s'offrir le luxe de choisir son employeur. « Je vais désormais être la gouvernante d'un client privé sud-africain qui a acheté 10 villas. Il m'offre le double de mon salaire actuel ». Un solde dont le chiffre - 10 000 roupies par mois (340 francs suisses environ)- a été soufflé par l'employeur actuel lui-même. Qui accompagne donc jusqu'au bout.
Un employeur qui reconnaît à demi-mots que tout le monde trouve son compte dans cette politique imposée par le gouvernement : « En laissant la population autochtone à l'écart du développement touristique, qui plus est, de luxe, en laissant ces poches de pauvreté à nos portes, on attiserait l'envie et la jalousie. Là, tout le monde ressort gagnant : l'environnement est sécurisé, notre complexe draine des emplois. Tout le monde est content », lâche un directeur d'hôtel. Un dernier commentaire de Vanetta le confirme : « Aux yeux du village, et de mes parents qui sont désormais infiniment fiers de moi, j'ai réussi ».
Marion Moussadek
Aujourd'hui, les discussions du réseau européen de la CSR, dont quelque 70 multinationales sont membres, sont à suivre en ligne, sur Facebook notamment.
Un grand merci à Marion Moussadek, journaliste indépendante et très engagée pour sa contribution à ce billet.
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28/03/2010
La smala de Gorée- Retour au Sénégal
Chose promise, chose due, la tête fourrée dans la liste des courses à acheter pour Dakar - nous prévoyons de fêter nos anniversaires sur place - 1 er avril pour moi et 4 avril pour Marie-Jo, je repars ainsi pour 15 jours. Vous vous souvenez en décembre, je vous racontais l'histoire d'une amie auprès de qui je devais me rendre en vacances, des pieds en éventail sur la plage dans mon imaginaire de vacancière, je terminai en réalité par travailler à l'usine Transtech avec elle. Debout à 6h30, dans la chaloupe pour le trajet Gorée- Dakar, puis l'usine.
Marie-Jo venait de perdre son mari Eric, directeur d'une usine de recyclage de déchets plastiques, et dès lors contrainte de reprendre les commandes de l'affaire, du même coup, après sa mort, elle devenait veuve avec 14 enfants dont une bonne partie sont des orphelins adoptés.
A vous tous blogueurs qui me lisez , il est important que je vous explique que le blog sur la "Smala de Gorée" a crée un réseau de soutien extraordinaire. Nous avons reçu des appels téléphoniques en Afrique, des emails de soutien et puis des propositions concrètes d'aide. Comme la dernière - et je viens de l'apprendre seulement hier- d'une blogueuse émérite Marie-France de Meuron qui en se rendant au Sénégal pour suivre les travaux de l'Hôpital de médecine traditionnelle Keur Massa près de Dakar a rencontré une Marie-Jo, subjuguée et qui décrit cette rencontre magnifique avec Marie-France que je ne connais pas encore. Elle a reçu la commande d'un chantier d'assainissement et qui donnera encore du travail à l'usine. Pour sa part, Marie-Jo a engagé un jeune stagiaire, une connaissance de celle-ci. Et je vous jure, que je me réjouis de rencontrer ce jeune Moussa qui m'a écrit des emails pour me demander un stage en décembre. Tenace, il a fini par l'avoir et bravo à lui !
Puis, Reginald de Darest à Genève qui ému par cette histoire s'est fait mentor pour suggérer des pistes de réflexion et d'action pour l'usine Dakaroise. A Place des Affaires, Enza Testa, propose à Marie-Jo un stand l'année prochaine, à Dakar Sylvestre qui a pris sur lui de créer en temps record le site internet de l'usine financé en partie par son frère Oscar à Genève. Spipou de Paris qui nous a proposé son soutien sur la protection des brevets. Bref, vous le constaterez, vous n'étiez pas simplement sur des blogs à tapoter dans une vie virtuelle, mais la réalité pour certains vous avez su la prendre à bras-le-corps et je vous en remercie tous.
Donc, comme je vous l'écrivais dans les premières lignes, je me prépare à repartir. Inquiète par cette urgence de déposer 40'000 euros sur le compte d'une banque française à Dakar sous peine de fermer l'usine et que nous n'avons naturellement pas. Le bankster est têtu, il ne veut rien entendre. Je console mon amie, tu ne les trouveras pas sous le sabot d'une mule, mais croyons au miracle, même si à Lourdes nous n'en voyons plus depuis fort longtemps, peut-être qu'à Dakar, les miracles se font encore.
Qui sait- une main généreuse, plusieurs qui s'associent en échange d'un séjour gratuit sur l'île de Gorée ?
(suite ...mon départ est prévu le 9 avril 2010, je reprendrai le blog de manière continue de Smala de Gorée)
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24/03/2010
Assises pour le droit à la formation scolaire et professionnelle : dessine-moi un sans-papiers !
Combien de sans-papiers en Suisse. Quelques chiffres flous , tout et son contraire. 100'000 ou 300'000 ? Posons la question différemment. Combien de familles suisses , de personnes âgées et invalides ont besoin d'un sans-papiers .L'Italie a osé regarder les choses sous cet angle et répond une famille sur sept. Un constat révélateur et qui a permis des régularisations en masse de badante (auxiliaires de vie ) entre 300'000 et 400'000 . Et qu'en est-il en Suisse ? Quand osera-t-on lever ce voile sur les besoins d'une économie domestique qui se sert auprès des sans-papiers.
Parmi eux combien d'enfants sans-papiers, là aussi, on ne peut se fier à aucun chiffre précis. Mais un seul enfant qui n'aurait pas droit à sa formation scolaire ou professionnelle serait un enfant de trop au regard de la Convention pour les droits de l'enfant et du Pacte 1 de l'ONU.
Les jeunes sans papiers ont accès à l'école primaire et obligatoire, parfois ils suivent le cursus des hautes écoles. Celui qui n'est pas scolaire n'a pas de chance, il doit continuer la formation professionnelle à plein temps à l'école, il ne pourra pas entamer un apprentissage pour la simple raison que sans statut légal, il est impossible de signer le contrat d'apprentissage qui un contrat de travail qui présuppose un permis de séjour.
La solution serait que la Confédération et l'Office fédéral des migrations autorisent les sans-papiers de signer des contrats d'apprentissage. En attendant, Genève pourrait délivrer des titres cantonaux - un CCC au lieu du CFC - certificat cantonal de capacité en lieu et place du certificat fédéral de capacité.
Lors des Assises de nombreuses questions sont soulevées. Dans la plupart des cas, ce sont aujourd'hui des adultes qui entrent en formation. Convention de l'enfant jusqu'à quel âge ? La formation des jeunes est prévue jusqu'à 25 ans.
Ne pas permettre à un jeune de se former, c'est de le contraindre à traîner dans la rue. Cela coûtera plus cher à la société.
A l'issue des Assises, le comité propose une résolution adoptée par l'assemblée générale de clôture des Assises pour le droit à la formation scolaire et professionnelle pour les sans-papiers. :
1- dépôt d'une initiative parlementaire fédérale pour garantir la formation scolaire et professionnelle ainsi que la prise de contrat d'apprentissage pour les sans-papiers (...)
2-De prendre contact avec les cantons et les communes où des procédures législatives sont en cours afin d'élargir ou d'ouvrir l'accès à l'éducation scolaire ou à la formation professionnelle des sans-papiers porter (....) sur le plan fédéral le débat (...)
3 - Mettre en place un groupe de spécialistes avec des spécialistes d'autres cantons en vue d'élargir l'interprétation restrictive du Tribunal Fédéral quant au droit à l'éducation et à la formation.
4 En attendant permettre aux sans-papiers d'accéder à la formation professionnelle duale et de la reconnaître par une certification cantonale (CCC)
5 De proposer aux cantons et communes avec lesquels le canton a pris contact de se reconnaître mutuellement ces attestations cantonales de formation.
6 De ne pas procéder à l'expulsion de jeunes sans-papiers scolarisés ou en formation ni de leur famille ou famille d'accueil, pour leur permettre de poursuivre sereinement leur formation.
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18/03/2010
UNE JOURNEE ITALIENNE - SANS LES IMMIGRES NOUS SERIONS PERDUS!
24 heures sans les immigrés et l'Italie serait paralysée. Un webdocumentaire contre les lieux communs sur l'immigration (une idée de Riccardo Stagliano) de la Reppublica tv
Essayez de déchiffrer ces noms : Eto'o, Pato, Vucinic,Felipe Melo, Milito,Ronaldinho,Vargas.
Imaginez qu'au prochain match ils ne jouent plus.
Ce serait une catastrophe. Sur 933 joueurs de football de série A et bien 322 sont des étrangers.
Un exemple révélateur. La vérité c'est que sans immigrants (même clandestins), toute l'Italie serait paralysée.
Presque le 10% du Pil Italien arrive des immigrants, une famille sur dis dépend d'une nounou étrangère.
Même l'Église, aussi les hôpitaux. Dans le Trentin, dans la vallée de Non, les pommes sont cueillies par des sénégalais. En Vénétie des nigériens tannent les peaux pour la confection de vestes destinées à Hollywood.
À Vedelago, au coeur du leguisme Vénitien, ce sont les immigrants qui assurent le 90% du recyclage des ordures.
À Reggio d'Émilie les porteurs sont presque tous des Indus. En Campania les Sikh élèvent les buffles .
En Sicile sans les pêcheurs tunisiens, la flotte de Mazara du Vallo ne pourrait pas prendre la mer .
Et les routiers ? Au nord est le deux tiers sont des albanais et des roumains, aucun italien est capable de leur quarts
Et qui garderait nos vieux et nos enfants ? Les bureaux, qui les nettoieraient ?
Les immigrants ne viennent pas nous voler notre travail mais faire les métiers que nous refusons de faire.
Il suffit de raconter, comment nous faisons ici, une journée de travail en Italie pour vérifier ce qui se passe en réalité.
Du nord au sud.
NOUS AVONS BESOIN D'EUX !
(merci à Luzia de m'avoir envoyé ce lien et traduit le texte )
source : http://tv.repubblica.it/copertina/immigrati-stagliano/437...
21:14 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : italia, riccardo staglianò |
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11/02/2010
Mémoires d'une femme de ménage
![1260766758[1].gif](http://regardscroises.blog.tdg.ch/media/01/00/1912332638.gif)
Un avant-goût du bagne, le boulot sur le ferry-boat à Ouistreham, la journalise Florence Aubenas a testé pour nous. Sous prétexte d'une année sabbatique au Maroc, elle s'installe à Caen, se teint les cheveux en blond les tire en arrière, lunettes sur le nez, ainsi transformée en chômeuse-pointeuse. Tous les matins, elle pointe son petit minois au Pôle Emploi où il y ancre ses habitudes : téléphone, imprimante, photocopieuse pour capter les offres du jour qui tournent en rond. Nettoyage d'un magasin de luxe à Deauville, trottoirs et vitres. Distribution d'échantillons de déodorants à Caen. Elle décrochera finalement le job sur les ferries, où on accepte aussi les débutants.
Jeff le boss avale 100 km par jour pour venir travailler. Il recrute comme au temps des esclaves : « Vous sortez vos papiers d'identité, je les photocopie. Vous ferez une formation demain matin, vous commencerez après-demain. Il y a, en général, trois ferrys par jour, à 6 heures, à 14 heures, à 21h30. On fait le ménage pendant l'escale, entre le moment où le bateau arrive et celui où il repart. Pour commencer, vous serez embauchés sur l'horaire du soir, six jours par semaine, congé le mercredi. La vacation à bord va jusqu'à 22h30. Ça fait une heure payée, en salaire de base. Après on verra. Pas de questions ? »
C'est Mauricette, la chef d'équipe qui forme les nouveaux. "Son humeur monte et descend comme la mer " Collé aux sanis (sanitaires) notre journaliste découvre les joies du nettoyage, le tout en 30 minutes. "En un quart d'heure, mes genoux ont doublé de volume, mes bras sont dévorés de fourmis et j'écume de chaleur dans le pull que j'avais cru prudent de garder. Je n'arrête pas de me cogner dans les gens, les meubles, je ne suis pas loin d'éborgner une collègue avec un pulvérisateur pendant qu'elle fait les bannettes. Elle ne se trouble pas : «Moi, le mois où j'ai débuté, j'avais des crampes dans tout le corps. J'ai perdu au moins 6 kilos. » Mauricette hurle Florence ; « Viens là. Tu ne vois rien dans la douche ? Les poils, là, sur le côté ? » Il faut recommencer à frotter devant elle, à quatre pattes dans les sanis, pendant qu'elle continue de cravacher le reste de la troupe, sans regarder derrière elle : « Allez les filles, dépêchez-vous, faut tenir la cadence."
Sur fond de seaux qui s'entrechoquent, de fracas d'aspirateurs, d'eau qui coule, des amitiés se tissent, des solidarités. Petit clin d'œil sur les parachutes dorés des pauvres : 200 euros.
Et la rencontre avec Astrid la conseillère en insertion de Pôle Emploi, toujours de bonne humeur.
"En général, nos entretiens commencent par une conversation de circonstance sur le ménage, que Mme Astrid mène rondement, y mettant même un certain piquant. « Quand vous faites des candidatures, madame Aubenas, qu'est-ce que vous mettez à la case "motivation" ? - Justement, je voulais vous en parler, madame Astrid. Je ne sais jamais quoi écrire. - Je vous comprends. C'est vrai : comment définir une motivation dans ce secteur ? Ici, mes collègues me disent que ça les détend de faire le ménage le dimanche. Moi, franchement, je préfère me mettre sur le canapé avec un livre. »
« Qu'est-ce que vous avez comme passion, madame Aubenas ? » Je réponds enfin, d'un ton un peu plat : « A votre avis, quel genre de passion pourrait intéresser un employeur qui recrute une femme de ménage ? »
Rien ne décourage Mme Astrid, jamais : « La musique, par exemple. Est-ce que vous aimez la musique ? » « Et comment vous décririez- vous, madame Aubenas ? Avec quelles qualités ? » A nouveau je sèche. Elle répond pour moi : «Moi, je vous vois dynamique. » Elle tape : « Dynamique. » « Et vous avez un bon contact l'esprit d'équipe aussi. » Elle ajoute : « Esprit d'équipe. » Le CV qu'elle me tend est une oeuvre d'art, avec des colonnes différentes, des grisés".
La visite chez le médecin du travail qui n'en a rien à faire . Il l'invite à se peser avec sa parka ? Pas perdre de temps surtout.
Florence Aubenas a osé une sacrée aventure, il fallait avoir le courage de plonger dans l'univers de la précarité, de relever les macches et d'y aller . Ce monde où, un jour, épuisé, on finit par se coucher et ne jamais plus se relever. 6 mois d'expérience à faire des ménages, côte à côte, avec les plus fragiles, l'armée des CDD. Ceux qui ont amorcé la voie de Clochardisation des Démunis et des Déprimés. La nouvelle classe ouvrière qui ne gagne pas plus de 700 euros par mois, un goût sulfureux d'une révolution qui s'annonce. Ils n'auront plus d'autre choix que celui de la révolte.
Sortie prochaine aux Editions de l'Olivier - Quai de Ouistreham de Florence Aubenas
Source Nouvel Observateur http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/2010021...
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| Tags : florence aubenas, editions olivier |
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27/01/2010
Robin des Bois et le sens du service public
Un agent CGT d'ERDF-GRDF mis à pied 21 jours pour avoir revendiqué le rétablissement de l'électricité à des Rmistes
AP | 21.01.2010 | 13:43
Un agent de l'unité clients fournisseurs d'ERDF-GRDF Midi-Pyrénées a été mis à pied 21 jours pour avoir revendiqué le rétablissement de l'électricité à un couple de Rmistes et leur petite fille de deux ans, a-t-on appris jeudi auprès de l'agent en question.
Dans le cadre de la procédure disciplinaire engagée contre lui en octobre dernier, Dominique Liot, monteur branchement et militant CGT, était menacé de 28 jours de mise à pied pour avoir revendiqué en avril 2009 une opération façon "Robin des Bois" de rétablissement de l'électricité dans une maison squattée par un couple de Rmistes et leur petite fille.
"Le fait que la direction prononce une mise à pied de 21 jours alors que la sanction qui avait été votée au départ était de 28 jours montre, selon nous, qu'elle n'est pas à l'aise sur la logique de sanctionner mais aussi de couper l'électricité", a déclaré à l'Associated Press M. Liot qui a annoncé son intention de faire appel en interne et d'aller si nécessaire "jusqu'aux prud'hommes".
"On a d'un côté Henri Proglio, le patron de Veolia et d'EDF, qui touche deux salaires, et en face une famille de Rmistes qui ne peut pas payer ses factures et à qui on coupe le jus. Nous sommes dans une société de plus en plus injuste", a-t-il dénoncé.
Cette opération avait été menée lors du conflit qui avait opposé au printemps dernier la direction régionale de ces filiales de distribution d'EDF et GDF-Suez à certains agents opposés au projet d'externalisation de plusieurs services et de suppressions de sites. A l'issue de ce mouvement social mené de mars à mai 2009, qui s'était soldé par le retrait du projet et l'embauche de 66 personnes, la direction régionale avait déclenché plusieurs procédures disciplinaires.
AP
Vous pouvez rejoindre le groupe de soutien sur Facebook pour Monsieur Dominique Liot -
soutien à un agent EDF mis à pied pour avoir remis l’électricité
http://www.facebook.com/group.php?v=wall&gid=29396897...
soyez nombreux à envoyer vos commentaires de soutien sur Facebook
18:20 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : edf, dominique liot |
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19/12/2009
Les animaux au coeur des conflits
Au début de la guerre de Sarajevo, en avril 1992, nombre de correspondants de la presse internationale racontèrent l'histoire des animaux agonisants du zoo de Sarajevo qui mouraient de blessures par des éclats d'obus ou de la famine.
Le parc même fut placé dans un "no man's land" sur la ligne de front et ses employés essayaient en vain de s'en approcher pour les nourrir.
Une évacuation d'animaux vers d'autres pays avait même été envisagée, mais ils furent abandonnés à leur sort tant le risque d’être tué était grand.
Les habitants du quartier disent se souvenir encore des hurlements de leur lion mourant. Ils étaient si fiers du lion et de la girafe reçus quelques années avant le conflit. Tous les enfants et leurs parents avaient rendu au moins une fois visite à ces hôtes d’un genre particulier. Lorsque le gardien qui tentait de nourrir, au péril de sa vie, les pauvres bêtes entre deux tirs de snipers, finit par être touché et mourir, les bêtes furent tristement livrées à elles-mêmes. Durant des semaines, on entendait des cris affreux, le directeur du zoo se souvient : "C'était horrible. J'entendais le cri de ces bêtes innocentes sans pouvoir les aider". Quand après des jours d’agonie le lion expira, ce fut une défaite pour tous les habitants de Sarajevo. Le roi de tous les animaux considéré comme le plus fort en succombant les ramenait à leur propre faiblesse. Le seul qui survécut à ce désastre fut le boa dont la digestion lente lui assura sa survie.
Toujours dans le registre des animaux, souvenons-nous de ce tour de passe-passe à Gaza quand les ânes, à la plus grande satisfaction des enfants, furent transformés en zèbres. Zèbres de fabrication locale à défaut de pouvoir en acheter et les acheminer par le tunnel. Les enfants ne s’en laissaient pas conter mais trouvaient que ces ânes étaient quand même beaux.
Ces animaux doivent vraiment penser que ces humains sont fous !
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| Tags : sarajevo, gaza |
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18/12/2009
La smala de Gorée - Une mère courage !
Elle m’avait invitée pour les vacances de Noël . Le billet en poche pour Dakar, je m’imagine prendre la chaloupe qui m’amènera sur l’ìle de Gorée, l’île aux esclaves. Des vacances idéales les pieds en éventail, à boire du lait de coco, entre baobabs et bougainvillées, en regardant la mer au loin. Soit, la paresse au rendez-vous, douce détente.
Entretemps, je recois un email dévastateur qui ébranle jusqu’aux tréfonds de l’âme. Mon amie m’annonce la mort de son mari, un français installé au Sénégal depuis de nombreuses années, entrepreneur d’une entreprise de recyclage de matière plastique avec ses 30 ouvriers. La voilà propulsée à la tête de l’entreprise et seule avec 14 enfants, la plupart sont adoptés. Ce petit bout de femme qui va devoir se démener, avec toute sa souffrance pour seul bagage.
Les vacances se passeront à ses côtés à tenter de sauver l’usine, à soutenir les enfants. Le plus urgent, trouver les fonds 15’000 euros pour acheter la matière première, bloquée au port de Dakar pour relancer l’usine. A part écrire, que puis-je faire ? Je me console en me souvenant que Rimbaud a bien été chef de chantier à Chypre et en Egypte. Passer de la plume au chantier. Je lui annonce que je compte du coup faire un reportage sur place, les ouvriers sont ravis. Suivre, jour après jour, le sauvetage de l’entreprise en plein deuil.
Mon arrivée à Dakar est prévue le 20 décembre.
Affaire à suivre………
Novembre - MES CONDOLEANCES A MA BELLE SMALA DE GOREE QUI VIENT DE PERDRE UN PERE ET UN MARI.
Mai 2009
Il y a de ces amitiés solaires qui ne prennent pas une ride en trente ans. Seules les années nous ont légèrement égratignées, marquant leur passage de traits profonds, autant de belles signatures. Le temps du pensionnat à Vevey où nous déambulions en jupe bleu marine et socquettes blanches est si loin, un vieux souvenir poussiéreux, a-t-il même existé ?
Deux bonnes amies qui se retrouvent et en quelques heures nous passons en revue, la famille de l’une et de l’autre : des parents déjà morts, des suicidés, des toxicodépendants, des naissances, des amours joyeuses, d’autres beaucoup moins, des voyages, des études, des mariages, des divorces, et puis une ribambelle d’enfants.
Mon amie, un minuscule bout de femme, qui a gardé son regard plein de malice me raconte sa vie sur l’île de Gorée où elle réside, située à moins de quatre kilomètres de Dakar, au centre de la rade que forme la côte sud de la presqu'île du Cap-Vert. Sa vie joyeuse avec 14 enfants âgés de 14 ans à 26 ans, 5 filles, le reste sont des garçons. C’est le destin qui l’a voulu ainsi; trois enfants sont les siens dont deux avec Eric un Français du Beaujolais qui travaille à Dakar dans le recyclage de plastique et qui fabrique entre autres des meubles très design. Puis la soeur qui décède et laisse sept enfants, on fait donc un peu de place, à eux tous viennent s’ajouter encore quatre autres enfants qui ont décidé et demandé à partager la vie de cette joyeuse bande.
Mais comme si cela ne posait aucun problème, mon amie Marie-Jo arrive encore à prendre le bateau tous les matins et se rendre à sa Galerie d’art L'Artisanerie, proche du débarcadère à Dakar. Un lieu d’insertion pour le travail des prisonniers et des enfants de la rue, c’est une coopérative artisanale. Quelqu’uns de ses enfants "adoptifs" travaillent avec elle et gagnent ainsi un peu d’argent, le reste va dans une cagnotte qui permettra d’acheter ce qui manque aux autres. Et quand vraiment y a plus assez et que les caisses sont vides, on se retourne vers “Tonton Eric”.
Elle se met au fourneau tous les soirs et prépare des mets cap-verdien, français ou sénégalais. Comme certains enfants sont musulmans et d’autres chrétiens, c’est avec porc ou sans porc, on honore toutes les fêtes religieuses, le Carême, le Ramadan, Noël, certains vont à l’église, d’autres à la mosquée. Chaque enfant respecte la religion de l’autre et même de ceux qui ne pratiquent pas. Avec les parents on parle français pour qu’Eric ne se sente pas exclu, les enfants entre eux parlent wolof.
Ils l’appellent tous Maman et Eric “Tonton” et parfois lorsqu’ils sont tous partis soit au travail, soit à l’école, soit en formation, on entend dans la grande maison vide, dite d’une voie éraillée un “Maman ! Maman ! strident, c’est le perroquet surnommé “Tocard” qui ne veut pas être en reste.
On compte parmi cette joyeuse troupe, des footballeurs professionnels, un tailleur, un moniteur d’équitation, un mécanicien de précision. Eux tous mettent volontiers la main à la pâte pour du bricolage à la maison sous l’oeil attentif d’Eric. Tous les enfants traitent avec le plus grand respect l'Oncle Charles, 50 ans, qui a perdu la boule et qui n'est qu'un enfant de plus, le personnage central de la maisonnée. Ils apprennent la tolérance et à intégrer la différence.
Si c’est compliqué ? Ils s’autorégulent, s’organisent entre eux, règlent leurs problèmes souvent à l’amiable, les grands grondent les petits lorsqu'ils font des bêtises ou parlent mal aux "parents. Le week-end, d’autres enfants viennent élargir le groupe.
Quant aux courses, elles se font par 50 kg au minimum, achetées à Dakar mises dans la chaloupe, puis transportées à la maison à pied. Il n’y a pas de voitures sur l’île. Chacun repart avec une liste de commissions et ce sont des centaines de kilos par an de nourriture.
Tandis qu’elle me raconte cette vie joyeuse et intense, son portable ne cesse de sonner. Oui ! installe la table au centre de la cour, répond-elle à l’artiste peintre au bout du fil. Actuellement, elle organise à distance une exposition de peinture par des artistes qui participent au Festival annuel artistique sur l’île de Gorée.
Leurs enfants écoutent avec passion les années suisses de “Maman” ou la France d’Eric, ils s’imaginent ces paysages, cette tranquillité, ce calme, cet ordre, la neige, le froid. Marie-Jo a vécu douze ans en Suisse, et achevé ses études avec une licence en droit à l'Université de Fribourg.
A force de gérer autant d'enfants, elle me raconte l'anecdote avec Sarkozy qui s'était rendu sur l'île de Gorée, elle était entrain de lui parler en sa qualité de conseillère municipale, présidente de la commission environnement, avant même qu'elle ait fini son discours, il se retourne et part. Elle l'interpelle :"Eh ! Vous là-bas, je n'ai pas terminé" . Il revient sur ses pas et l'écoute jusqu'au bout, elle expliquait les avantages de faciliter l'obtention des visas pour les conjoints de ressortissants français, afin d'éviter les demandes de naturalisation. Elle me dit en s'excusant qu'est-ce que tu veux avec tous ces enfants, on finit par traiter tout le monde du pareil au même.
Ce que ça apporte tout ça ? - La générosité, l'ouverture sur des mondes nouveaux, maintenant on s'intéresse au foot, aux chevaux, au design. On n'arrête plus d'être passionnés. C'est vrai, il y a parfois des problèmes à régler, des remises à l'ordre mais en rapport à ce que l'on peut vivre, ça vaut tous les efforts du monde. On n'a pas le temps de se regarder le nombril et de se sentir mal, on est juste pris dans ce mouvement dynamique d'un groupe qui évolue si vite, tous ensemble.
Elle termine sur un grand éclat de rire et me lance un énergique, tu sais quoi ? "Je me réjouis trop de devenir grand-mère!"
Pour convaincre, elle a son argument choc, “le contraire de noble, c’est ignoble” alors soyons nobles et grands, si on peut et même si les moyens manquent parfois, et d'autant plus lorsqu'on peut partager généreusement ce que l’on a la chance de posséder.
00:25 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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09/11/2009
Le "Nègre Gelé" de Diemtigtal
En voyant les premières neiges sur les sommets des montagnes, le souvenir de l'Africain gelé en février 2009 à Diemtigtal ressurgit tel un fantôme dans ma mémoire. J'imagine encore cette triste histoire, la tragédie d'un homme qui n'avait pas reçu la juste information au bon moment , ce réfugié à qui on n'avait pas suffisamment expliqué en quoi consistait son statut de NEM - non entrée en matière. Il a préféré s'enfuir, se cacher, il le payera de sa vie, de sa méconnaissance des conditions rigoureuses des montagnes suisses en hiver. Ce fait divers a été repris de manière libre dans un prochain roman, mais tout en écrivant cette histoire, je songe à l'errance solitaire de cet homme jusqu'à sa fin ultime. Paix à sa mémoire !
"Amir se souvient d’avoir croisé au Centre de requérants , Mustafa, un Somalien très souriant avec qui il partageait les tâches de nettoyage du réfectoire, Mustafa parlait dans un anglais hésitant. Un jour, il vit que le Somalien était très dépité, il venait de recevoir une réponse négative en lien avec sa demande de statut de réfugié, il craignait tant d’être renvoyé en Somalie, ce qui signifiait pour lui la fin de tous ses espoirs, la mort. On lui colla l’appelation d’un NEM, non entrée en matière. Il lui fit comprendre qu’il allait disparaître bientôt, se volatiliser pour être sûr de ne pas être rapatrié chez lui. Effectivement, un matin, on constata que Mustafa avait disparu.
Quelques mois plus tard, sur un ton laconique, le présentateur du téléjournal annonçait un “Nègre gelé” dans les Alpes, le descriptif correspondait si bien à lui, qu' Amir était certain qu’il ne pouvait s’agir que de Mustafa bien que personne ne connaissait de manière précise le nom de l’Africain gelé ou du moins on n’estima pas nécessaire de le nommer ni de révéler sa véritable identité. Il avait déchiré ses papiers, s’était réfugié en plein hiver dans les hautes montagnes sans connaître les conditions exactes et cruelles des froids hivernaux. Les villageois de Diemtigtal dans l’Oberland bernois, s’étonnaient de voir un Noir, si noir sur cette neige blanche que l’on voyait apparaître et disparaître au fond de cette vallée des Alpes bernoises sises à 1600 mètres d’altitude. Les chasseurs avaient écarté l’idée qu’il puisse s’agir d’ un homme et encore moins d’un Africain, aucun homme ne pouvait échapper aux nuits glaciales. De vieilles légendes réapparaissement comme par enchantement. Les dires des anciens du village se réactualisaient et se réinterprétaient sans fin au vu des derniers événements, des histoires de fantômes, de revenants, de loups-garous ressurgissaient comme par miracle, les vieilles histoires cachées du village transpiraient, refaisaient surface avec toute sa cohorte de vieilles haines, transmises de génération en génération, entre les familles du village. On se souvenait de la jeune fille morte dans des douleurs atroces après un avortement subi à la sauvette à l’aide d’aiguille à tricoter, son fantôme probablement ou celui de son enfant devenu grand. Ou alors l’assassin du boulanger qui a été pendu, haut et court, autrefois et qui s’avérait être innocent et qui désormais hante les blanches montagnes pour décrier la noirceur du monde.
Soit la présence fugitive de cet Africain dont on ignorait tout et dont même la présence était incertaine avait réveillé les mémoires, délié les langues, dans les bistrots on commentait la chose en baissant la voix de crainte d’être entendu, d’effrayer les femmes et les enfants. La région entière finissait par vivre à l’ombre de l’Africain errant transformé en arbre à palabres des villageois qui commentaient cette noirceur du fond de leur verre de blanc. Une femme prétendit l’avoir aperçu; un Africain qui avait si fière allure. Une autre serveuse à qui il commanda à boire, un jour, appela la police très inquiète de voir un Africain pour la première fois dans cet endroit perdu, dans ce trou du cul de Judas. Le policier très débonnaire lui dit qu’en Afrique on n'appelle pas la police lorsqu'un Blanc commande à boire et qu’il ne voyait pas pourquoi il devait se déplacer pour un contrôle d’identité chaque fois qu’un Noir commandait à boire dans un village perché des Alpes suisses.
Mustafa donc se réfugia d’un cabanon à l’autre, il entrait par effraction, y passait une nuit ou deux sans rien voler, ni nourriture de réserve qui se conservait longtemps, ni habit, ni couverture. Juste dormir, échapper à la police se croyant pourchassé. Puis une propriétaire d’un de ces refuges de montagne réalisant que quelqu’un y avait passé la nuit, fit cadenasser la porte épaisse en bois. Décision fatale, ce fut précisément devant cette cahute “Ramseli” que Mustafa arriva épuisé, transi de froid, il n’eut plus la force de revenir en arrière, il tenta en vain avec ses dernières forces de fracturer le volet, mais il s’affaissa et le froid fit le reste. On le retrouva raidi, tout gelé couvert d’une mince pellicule de neige. La police enquêtera principalement sur le fait de savoir ce que le pauvre homme avait volé pour survivre.
Au sein de la résidence, cette histoire fit grand bruit, les Somaliens craignaient tous de finir gelés comme leur compatriote. Mais il aurait suffi d’expliquer à Mustafa que même si la loi était inique, car quand bien même le statut de réfugié lui était refusé, il ne pouvait pas être renvoyé chez lui et qu’en bout de course, il se retrouverait simplement dans une situation illégale et qu’hormis notifier l’infraction, la police se trouverait contrainte de le relâcher après le contrôle de routine. C’était une de ces situations kafkaïennes dans laquelle, le gouvernement se plaisait à engluer les demandeurs d’asile déboutés.
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| Tags : diemtigtal |
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08/10/2009
Le rat caille !

Le rat caille
Dans l'Usine
Des Dupes
Et des Cons
Ohh ! le rat s'les caille !!!
Le rat caille
Dans l'Urinoir
Douteux
Des Compères
Ohh ! le rat s'les caille !!!
Le rat caille
Dans l'Unique
Dédale
Des Conspirateurs
Ohh ! le rat s'les caille !!!
14:05 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : udc, xénophobie |
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Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 - Le maire d'Annemasse dénonce insulte, xénophobie et haine raciale
COMMUNIQUE DE PRESSE – Mairie d'Annemasse
Mercredi 7 Octobre 2009
La Ville d'Annemasse a confiance dans la construction de
la grande Agglomération Franco-Valdo-Genevois
Pour l'honneur des Annemassiens,
elle dépose plainte contre le Président Genevois de l'UDC
La Ville d'Annemasse et son maire Christian Dupessey remercient très chaleureusement tous ceux,
citoyens suisses et français, responsables politiques et élus des deux côtés de la frontière qui ont
manifesté leur indignation et leur soutien suite à l'encart publicitaire de l'UDC paru dans la Tribune
de Genève.
Cet élan de solidarité est bien la preuve que nous sommes face à un épiphénomène du à la
surenchère électorale au sein de l'extrême droite genevoise. Ainsi les masques tombent et, sans
ingérence dans la vie politique genevoise, il faut réaffirmer notre confiance démocratique dans la
maturité du peuple genevois et dans sa capacité de répondre dans les urnes.
Au delà de cet intolérable dérapage, c'est la confiance dans la construction d'un avenir commun au
sein d'une grande agglomération qui se voit renforcée.
C'est ensemble que nous travaillerons à un rééquilibrage de la construction de logements entre la
Suisse et la France voisine, que nous créerons de nouveaux emplois en veillant à leur implantation
équilibrée. C'est ensemble que nous maîtriserons notre développement en assurant une cohérence
entre urbanisation et mobilité, en donnant la priorité aux infrastructures de transports encore
insuffisantes pour assurer les déplacements de 800 000 habitants (CEVA, Tram, Parking-relais,
voies vertes, …); en protégeant nos espaces naturels et agricoles.
C'est ensemble que nous travaillerons à la résolution des problèmes de la vie quotidienne
(éducation, culture, santé, sécurité, ...)
Toutes ces perspectives sont actées dans la Charte du Projet d'Agglomération Franco-Valdo-
Genevois. Nous allons amplifier notre active collaboration au service de tous les habitants de cette
région transfrontalière pour que chacun y trouve sa juste place.
Cependant, quand la ligne rouge est franchie, quand le débat fait place à l'invective, à l'insulte, à la
xénophobie voire à l'incitation à la haine raciale, il faut savoir dire non.
C'est pourquoi le Maire d'Annemasse maintient sa décision de déposer plainte pour que soit défendu
l'honneur des 30 000 habitants Annemassiens et de tous les frontaliers et hauts savoyards qui se sont
sentis salis.
En ce qui concerne une action devant une juridiction Suisse un cabinet d'avocats genevois à été
sollicité. Le dossier est en cours d'étude. La Ville d'Annemasse ne pourra porter plainte que si
l'infraction est constituée au regard du droit Suisse.
En ce qui concerne une action devant une juridiction française, celle-ci est possible dès lors que la
Tribune de Genève est largement distribuée en France et dans le Genevois en particulier.
L'infraction est alors constituée.
La Ville va porter plainte pour incitation à la haine raciale ou propos xénophobes devant le
Procureur de la République lequel peut diligenter une enquête préliminaire contre l'auteur de
l'encart publicitaire, c'est-à-dire le Président Genevois de l'UDC.
Pour tous renseignements complémentaires
Philippe COLOMB
Directeur de cabinet
Mairie d'Annemasse
06 37 80 36 48
04 50 95 07 03
04 50 95 07 00 (standard)
04 50 38 74 01 (fax Cabinet du Maire)
En interne : poste 1004
philippe.colomb@mairie-annemasse.fr
09:51 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
| Tags : dupessey |
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22/09/2009
Rwanda- La boule "Agaseke" - symbole de la paix
LES FEMMES QUI FABRIQUENT CES PETITS PANIERS SONT DES FEMMES VULNERABLES (VEUVES DU GENOCIDE RWANDAIS DE 1994, ATTEINTES DU VIRUS DU SIDA OU HANDICAPEES PHYSIQUES. EN ACHETANT LEURS PRODUITS, VOUS LEUR DONNEZ UNE VISIBILITE ET UN ACCES AU MARCHE INTERNATIONAL. VOUS GAGNEZ AUSSI UN BEAU PRODUIT, ECOLOGIQUE ET FAIT A LA MAIN. DE LEUR COTE, LES FEMMES GAGNENT LA CONFIANCE EN ELLES ET FONT VIVRE LEURS FAMILLES.
LE GENOCIDE RWANDAIS A AMENE D’ENORMES PROBLEMES QUI 15 ANS APRES NE SONT PAS PRES DE S’ESTOMPER. EN TISSANT CES PETITS PANIERS, LES FEMMES D’ETHNIES DIFFERENTES SE METTENT ENSEMBLE, TRAVAILLENT ET SE DEVELOPPENT ENSEMBLE. EN ACHETANT LEURS PANIERS, VOUS CONTRIBUEZ AUSSI AU RENFORCEMENT DE LA PAIX AU RWANDA.
LA BOULE « AGASEKE » SYMBOLE DE LA PAIX…
FAITES UN ACHAT SOLIDAIRE POUR NOEL
PRIX DE VENTE :
1 BOULE A 4.-CHF
3 BOULES A 10.-CHF
POUR TOUTES COMMANDES : ADRESSEZ-VOUS A BEATRICE +41 76 5393083
21:20 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : rwanda, génocide |
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03/09/2009
Kadhafi- Le berger des Syrtes s’est égaré dans le désert de sa forfanterie!
De l’homme du désert il n’en reste plus grand chose si ce n’est le triste show de celui qui nous fait croire qu’il est encore un homme du désert, or il ne nous offre plus qu’un spectacle de triste facture juste bon pour Eurodisney. La parole de l’homme du désert s’est égarée dans les méandres de sa forfanterie. Le “grand lion du désert” n’est plus que misérable scorpion au venin mauvais, sachez que le scorpion qui pique finit par mourir aussitôt.
Il n’est plus ni Le berger des Syrtes, ni le Guide de la révolution celui qui marche sur sa propre ombre.
Encore moins bon musulman pour qui la promesse est inscrite comme devoir du croyant d’où la parole donnée est parole sacrée :
Profitons du Ramadan pour rappeler à Kadhafi ses engagements en sa qualité de "croyant" et de "pratiquant" :
Les musulmans ont le devoir d'être véridiques et de respecter leurs engagements:
"Ô vous qui avez cru ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ?C'est une grande abomination auprès d'Allah que de dire ce que vous ne faites pas."
(Sourate 61 / Versets 2 et 3)
"(...) Et remplissez l'engagement, car on sera interrogé au sujet des engagements"
(Sourate 17 / Verset 34)
"Ô les croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements.(...)"
(Sourate 5 / Verset 1)
"Et mentionne Ismaël, dans le Livre. Il était fidèle à ses promesses; et c'était un Messager et un prophète." (Sourate 19 / Verset 54)
Quant à son fils, sur les traces vertigineuses de son père, Hannibal, par son attitude violente à l’égard de ses deux employés – marocain et tunisien- et qu’il a traité comme des “esclaves” a violé les recommandations faites par le prophète à l’attention des “esclaves” même si au XXI ème siècle nul ne devrait être plus être traité comme tel.
Concernant le bon traitement des "esclaves"
Le Prophète Mohammed s'était une fois mis extrêmement en colère lorsqu'il vit un de ses Compagnons frapper son esclave. Le Compagnon, comprenant son erreur, le libéra immédiatement. L'une des dernières recommandations que fit le Prophète sur son lit de mort, avant de quitter ce monde, portait justement sur le bon traitement envers les esclaves. Il avait lui-même donné l'exemple à ce sujet durant son vivant en libérant son esclave, Zaïd Bin et en le prenant ensuite comme fils adoptif.
Hormis la référence religieuse dont sont supposés être imprégnés les deux lascars, il est étonnant de constater que ni la Tunisie, ni le Maroc n’ont pris parti pour la défense de leurs compatriotes qu’ils savent être traités comme esclaves en Libye. La Suisse a fait les frais de la violation des droits de l’homme par un Hannibal qui se croyait permis de pratiquer ce qui se fait largement sur son territoire et la police suisse, que je félicite au passage, a agi conformément aux principes du respect de droit de l’homme qu’elle doit faire respecter indépendamment du statut de ses hôtes.
Quant à Merz, le nain de jardin, il s’est lui même égaré dans la cour des grands en ridiculisant la Suisse entière.
Profitons de ce blog pour rappeler à Kadhafi que ce qui fait la force de l’homme du désert c’est sa parole donnée, la sienne n’est plus que du vent et le transforme assurément en clown du désert !
22:58 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : kadhafi. |
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31/07/2009
"Je veux un bol de riz, s'il vous plaît"
Paix à l'âme de Monsieur Hiroki Nishiyama - Dans cette triste histoire, vous constaterez la force de quelques lignes sur un carnet : belle forme de résistance, un ultime cri de détresse qui résonne dans nos consciences parfois assoupies, assommées par trop de malheurs entendus et vus en boucle, anesthésiées par un quotidien ronronnant, pareils à ces chevaux maigres et fatigués d'Andalousie à Cordoba ou Sevilla que nous sommes devenus , aux flancs tristes et creux et à la colonne vertébrale saillissante qui tirent les touristes dans leur carriole d'un rouge criard, la tête plongée dans l'avoine, des oeillères des deux côtés, même les fouets ils ne les ressentent plus, ils n'ont même plus la force de chasser les mouches qui les envahissent - ces quelques lignes griffonnées sur un carnet par un homme qui meurt de faim et qui nous rappellent que nous ne sommes pas de vieux canassons aveugles et indifférents...................................
Kitakuyushu est une ville située au sud-ouest du Japon qui regroupe de riches entreprises et surtout la présence d'une municipalité si performante, érigée en modèle à suivre. On vient de toutes parts pour se frotter aux méthodes drastiques des 143 fonctionnaires zélés qui sortent les bénéficiaires de l'aide publique, en appliquant les quotas, ce qui leur assurera les félicitations de leur hiérarchie et la promotion tant convoitée. Par manque de chance, la troisième victime de cet excès de zèle est morte en laissant à côté d'elle un carnet, témoin de son calvaire et dont la fin tragique a fait le tour de la planète.
M. Hiroki Nishiyama, 52 ans, ancien chauffeur de taxi au chômage, a été une victime sacrifiée sur l'autel de la réduction de la dette publique. Sa maigre pension de 1 000 yen (environ 650 euros) a été suspendue et en deux mois, il a passé de 64 kg à 58 kg. Il relate dans son carnet aux fines pages son calvaire, cette faim qui le tenaille jour et nuit. Mais il continue à bien aligner ses chaussures avant d'entrer dans son pavillon fait de tôle et de planches, à essayer de garder des habits propres, toujours les mêmes, inlassablement lavés et suspendus sur un étendage de fortune. Plein d'espoir de retrouver du travail, il patiente, mais la faim ne le lâche plus et aura raison de lui. Le 25 mai, il écrit à 3 heures du matin: «Cet homme n'a pas mangé depuis 10 jours, il veut manger du riz, une boule de riz.». Son journal s'achèvera le 5 juin: «Je veux un bol de riz, je n'ai pas mangé depuis 25 jours» , sa mort suivra de près.
Le modèle japonais en prend un coup, avec ses presque 20 millions de pauvres et nouveaux pauvres. Une politique qui refuse de reconnaître la pauvreté, résultat d'un système ultralibéral qui s'essouffle. «Le pauvre n'est plus un citoyen, seuls ceux qui paient des taxes le sont», selon un professeur de l'université de Tokyo.
Et des vieux souffrants, malades, pauvres, qui se traînent avec leur sacs, pourchassés de toutes parts, on les voit déambuler dans la ville, se reposer entre deux piliers en marbre dans le quartier de Shibuya, royaume de la surabondance et de la surconsommation.
Le Japon est la deuxième économie mondiale. Pour commencer la lutte contre la pauvreté dans le monde, le Japon peut commencer par revoir sa propre politique en la matière et appliquer un programme simple et efficace: cesser de s'acharner sur les plus faibles pour réduire la dette publique et que tous les Hiroki Nishiyama aient un bol de riz par jour, au moins, s'il vous plaît!
DJEMAA CHRAÏTI, Genève publié dans le Courrier novembre 2007
Je réédite cette note parce que cette histoire m'avait beaucoup émue, que je revenais du Japon où effectivement j'avais pu constater de vi su la situation de précarité des personnes âgées qui n'ont plus leur place dans cette économie galopante où : si tu ne produis pas, tu es juste bon pour la poubelle ! Certains internautes japonais s'en sont pris à moi pour dire que cette personne n'était pas décédée alors que l'information avait été largement diffusée par un journalistes japonais du Times Magazine et qui avait fait le tour du monde.
09:16 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : kitakuyushu |
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02/06/2009
Ces mots qui dérangent et qui hantent : La déviance

La déviance est réalisée lorsque la norme est transgressée. Selon le Petit Robert « déviance » est un mot d'usage très récent (années 60) qui, dans son sens psychologique, signifie « comportement qui échappe aux règles admises par la société ». Plus précisément, « déviant(e) » est l'adjectif qui désigne « la personne dont le comportement s'écarte de la norme sociale admise ».
De fait, pour qu'une situation de déviance existe, il faut que soient réunis trois éléments l'existence d'une norme, un comportement de transgression de cette norme, un processus de stigmatisation de cette transgression. (Laurent MucchiellI) . Comme on a pu le lire dans le billet précédent la norme, elle-même, est un concept très flou et soumis aux changements, ce qui nous amène à constater qu’une déviance peut anticiper une norme en cours d’évolution.
Ce sont ceux qui érigent la norme qui “labellisent”, étiquettent, stigmatisent, jugent et punissent les individus déviants à ne pas associer automatiquement à délinquants car il s’agit souvent aussi de transgressions de normes sociales.
Plus les déviances sont nombreuses et plus il est nécessaire de remettre en question la norme, ses dysfonctionnements et observer avec sens critique ceux qui l’imposent en principe une minorité appartenant à une élite qui l'impose à une majorité qui n'a pas autant de chance qu'elle.
Pour replacer cette question dans un contexte épineux de crise et pour exemple on pourrait dire que la norme était “tous travailleurs” , facteur d’intégration sociale et de réussite dans la vie. Le chômeur est donc stigmatisé, jugé, labellisé à souhait comme personne “déviante” à charge. L’ennui c’est qu’on ne s’est pas donné les moyens de rendre la norme réalisable puisque parallèlement à ce discours on réduit et on tue les postes de travail par milliers. La norme est donc schizophrène et dépassée.
Dans ce cas précis, la norme est mensongère, manipulée, stigmatisante à souhait et ceux qui l’ont érigée en norme de société sont juste des menteurs, souvenez-vous de Raymond Barre qui disait "la meilleure forme de lutter contre le chômage, c'est de travailler". Il se moque de qui au juste, des chômeurs qui ne demandent que ça. Le fai est que le travail devient une denrée rare en voie de disparition. Elle induit de ce fait une forme de violence sociale et maltraitante qui stigmatise et rend juste malade, malade d’impuisssance. Le chômeur dont s’auto-exclut de la société, se marginalise et se sent coupable.
La norme va donc devoir évoluer et proposer d’autres indicateurs d’intégration sociale réussie, cela afin de ne pas remplir les hôpitaux psychiatriques de marginalisés qui souffrent du manque de reconnaissance sociale. La norme culturelle de l’accomplissement par le travail est dépassée par sa propre réalité. Les faiseurs de normes vont devoir penser et créer d’urgence d’autres normes d’intégration sociale.
A VOS MENINGES ET A VOTRE CREATIVITE !
22:36 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : chômage |
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