21/01/2017

La marche des femmes "anti-trump", une marche pour la dignité

16195290_10212352594718988_1932408889946276354_n.jpgMes amis s'activent à Washington comme à Genève et presque partout ailleurs, une longue nuit sans sommeil à préparer les pancartes et s'activer sur les réseaux sociaux. 500'000 personnes défilent à  Washington, 100'000 à Londres, 2'500 à Genève. 

La Women's March, est un mouvement qui a été initié par une avocate à la retraite Teresa Shook, une grand-mère de 60 ans, qui a lancé un appel sur Facebook contre l'investiture et surtout les propos obscènes du nouveau président américain. Une marche pour la dignité des femmes.

A Genève, ce matin, la Geneva Women's March a rendez-vous à -2 degrés, départ à 11 heures du Jardin Anglais, la Genève internationale a été largement représentée, on pouvait à vue d'oeil compter plus de 2'500 personnes qui défilaient dans une ambiance bon enfant.

 

Un grand merci à Florence Martin qui vit à New-York et qui s'est déplacée pour l'occasion à Washington et à Edouard Musy photographe professionnel d'avoir participé à ce reportage en me mettant à disposition leurs photos prises et à Genève et à Washington.

A quoi sert de manifester ? Pour quel résultat ? Pour seule réponse la légende du colibri : Un jour dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre.

Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit:"Colibri ! Tu n'es pas fou? Ce n'est pas avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu!"

Et le colibri lui répondit:"Je le sais, mais je fais ma part."

 Au rendez-vous par ce froid de canard,  Murielle Budry figure genevoise du féminisme.

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C'est sur vos yeux qu'il faut mettre un voile  


 

 

Un Afghan m'a interpellée pour me demander comment faire pour parler de la minorité Balouchi en Afghanistan, peu considérée et discriminée, il est venu à Genève pour dénoncer des exactions commises à leur encontre aux Nations Unies et n'a jamais pu y entrer. 

Il se disait que si on parlait des femmes, minorité maltraitée, on pouvait aussi parler des Balouchi.

Il m'a tendu sa carte et de constater qu'il a été un ancien cadre du Ministère des affaires intérieures, depuis à la tête d'une ONG à Kabul.

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 Crédit photo : Djemâa Chraïti prises depuis mon Iphone 5

 

 

Geneva Women’s March for Dignity », le 21 janvier 2017 à Genève,

Photos libres de droit et gratuites mais le copyright © Orbisswiss Photos doit être mentionné, svp.

Un grand merci à Edouard Musy

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EN DIRECT DE WASHINGTON

 

Les femmes se préparent au grand rassemblement à 9h15, à Washington,  à Genève nous avons terminé à 13h, heure locale.

UN GRAND MERCI A FLORENCE MARTIN, JURISTE SPECIALISEE DANS LE DROIT DES ENFANTS DIRECTRICE D'UNE ONG ET QUI NOUS ENVOIE CES PHOTOS

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10:57 Publié dans Femmes, Genève, Résistance, Solidarité | Tags : women's march geneva | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook | | |

24/10/2016

L’asile en exil

images.jpegUn travailleur social me disait récemment qu’il ne lisait plus la presse, ni ne regardait la télévision pour tout ce qui touchait aux réfugiés, - lui-même actif dans le domaine de l’asile, - car ce qu’il voyait sous ses yeux devenait immonde et un jour semblable à un Kapo des camps de concentration, il serait obligé de s’expliquer sur la politique d'extermination menée à l'encontre des réfugiés.

Je lui rétorquai que pour ma part, je lisais la presse mais constatais surtout l’enfumage, le brouillage des pistes de compréhension, observais la dérive sémantique , l’apparition de mots nouveaux parfois dénigrants :  « illégal », « réfugiés-terroristes », «  flux-flot-vague-tsunami" pour parler de réfugiés , la réapparition de termes chargés d’histoire « Überfremdung ». ou la « barque est pleine. ». Statistiques tronquées, gonflées sur les "flux migratoires" comme si ce flux était associé à un écoulement de marchandises non autorisées par les accords de libre-circulation sur les biens, chosification voulue.  Les mots ont toujours été les soldats annonciateurs de toute propagande et de toute forme d'autoritarisme, soumettre le langage, c'est soumettre la pensée. Il faut les analyser de très près, étudier le vocabulaire de la déshumanisation qui ouvre la voie aux pires horreurs.

Et de s’étonner, première étape de toute réflexion philosophique. Qu'advient-il de l’idéal kantien et de son droit d’hospitalité , condition de la paix universelle et de la reconnaissance des peuples ? Pourquoi l’Union européenne devient-elle cette forteresse à l’intérieur de laquelle le monstre se profile avec ses armes : la haine, la peur, la manipulation des masses ? Comment peut-on accepter de restreindre nos libertés au nom de cette peur manipulée ? Mais encore et plus grave, comment peut-on rejeter des enfants, des femmes et des hommes à la mer, les enfermer dans des camps de rétention que José Manuel Barroso n’hésite pas à déclarer « camps de concentration ». Enfermés, à notre tour dans cette tour avec le monstre qui se renforce chaque jour, nos libertés sont en péril, nous avons même accepté la loi sur le renseignement, atteinte à toute vie privée alors que la plupart des terroristes étaient fichés et connus de la police, parfois surveillés. Nous reconnaissons-là le monstre, la bête immonde, les prémices de tout totalitarisme. Restreindre nos libertés sur l’autel de l’appareil militaro-policier dans une méfiance les uns des autres, exilés de nos propres libertés, exilés de la vie, exilés de la pensée.

Comment dans cette Europe mortifère n’arrivons-nous plus à comprendre le sens de la vie et accepter que des gens fuient leur pays en guerre pour sauver tout ce qui leur reste : la vie ! – Ne plus le comprendre, c’est accepter que nous sommes déjà des morts- vivants dans une Europe nécrophile capable d’envoyer des réfugiés à la mort en les renvoyant. Un déni d’hospitalité face à l’urgence de rester en vie. Le monstre est déjà entrain de nous dévorer, nous serons à notre tour bientôt des zombies incapables de se battre pour ce qui nous est le plus cher : La vie, puis notre capacité à être des hommes et de femmes libres !

Penser l’asile, c’est penser et penser reste un acte de liberté . Interroger l’histoire, la philosophie, revisiter Hannah Arendt, Rosa Luxemburg, Bourdieu et tant d’autres pour décrypter la tentation d’apartheid dans son ouvrage « L’évidence de l’asile ». C’est ce que nous propose la philosophe Marie-Claire Caloz-Tschopp dans un essai de philosophie qui offre à son lecteur une grille de compréhension de ce qui se passe dans ce chaos et ce bruit qui n’ont  que pour seul objectif de nous empêcher de penser et de comprendre les dangers qui nous guettent tous. Un ouvrage riche de réflexions et de pistes qui nous permettent de penser que nous sommes restés des humains encore aptes à accueillir l’hospitalité comme espace de vie.

Mme Calo-Tschopp rassurez-nous, sommes-nous encore vivants ? 

 

Une conférence à ne pas manquer sur « L’évidence de l’asile » animée par Marie-Claire Caloz-Tschopp.

 

La voici en ligne dans son entier - Merci à Andrey Art pour la réalisation


 

 

07:43 Publié dans philosophie, Résistance, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

09/10/2016

L'Hôtel City Plaza d’Athènes autogéré par des réfugiés

IMG_0501.JPGIl y a des expériences qui méritent d'être vues de près et relatées comme celle de l'Hôtel City Plaza, à Athènes, une centaine de chambres habitées par plus de 400 réfugiés, principalement débarqués en Grèce, par bateau et venus de Syrie, d'Afghanistan, du Pakistan, des Kurdes, une immense tour de Babel.

Une philosophe grecque qui  fit ses études de bio-éthique à l'Université de Louvain et désireuse de transmettre ses connaissances philosophiques aux réfugiés se greffa sur ma visite. Samedi, j'espérai, au fond de moi qu'elle avait oublié notre rendez-vous devant le City Plaza, en pensant que c'était déjà suffisamment compliqué de faire un reportage avec photos et entretiens en évoluant discrètement parmi les uns et les autres, sans en plus laisser la philosophie mettre son grain de sel, dans ce chaos. Devinez qui m'attendait de pied ferme, tout sourire : la philosophe, Despina !

IMG_0508.JPGNous fûmes reçues  à l'entrée  par des bénévoles qui montent la garde, nuit et jour,  pour la plupart des universitaires. Quelques marches plus haut se trouve la réception, puis au premier étage un café, où les hommes fument et discutent entre eux, une garderie et la salle à manger. Nous nous installâmes et entamèrent la discussion, plusieurs portraits défilèrent  alors :  Syriens de Damas et de Homs venus avec femme et enfants ou avec leurs parents. Un Syrien, nous raconte qu'il devait passer avec sa mère, un entretien à l'Ambassade de France, mais la pauvre femme fut  hospitalisée, à Athènes, à cause d'un malaise cardiaque, à peine sortie, elle  se foule la cheville, retour à l'hôpital, le rendez-vous fixé par  l'ambassade est reporté sine die, un moment qu'ils attendaient depuis des mois, il en est effondré.

 

 

IMG_0488.JPGParfois, au milieu du brouhaha,   je capte des bribes de conversation de la philosophe , assise derrière moi : " La philosophie, c'est d'abord un dialogue! Les Grecs anciens sont les premiers à avoir défini ce qu'est la démocratie et de poursuivre : qui peut me dire, ce qu'est la démocratie?"   Un  Afghan lui dit que lui n'a toujours connu que la guerre et c'est pour découvrir ce mot qu'il est parti. Despina se lance avec force gestes sur la définition de la  "demokratia" δημοκρατια , du "dêmôs" et du "kratos".  Ils la regardent comme si elle tombait du ciel, et j'admire sa persévérance et cette volonté infaillible de transmettre la philo comme une arme contre la fatalité.

 

 

 

IMG_0519.JPGTandis qu'elle disserte, je pars visiter les cuisines, ce jour-là ce sont des Afghans qui sont de service et qui doivent assurer plus de 1'000 portions par jour.  On y  entend parler le Urdu, le Pachtoune, le Tadjik, le Dari, le Russe. Chacun a de la famille à quelque part en Europe et essaie de rejoindre qui un frère en Suède  qui une tante en Allemagne qui un père en Italie. Ils sont depuis plusieurs mois en Grèce et attendent de partir.

Ce sont des commerçants qui leur donnent les invendus sans compter sur la solidarité des uns et des autres. Des personnes généreuses leur livrent de la nourriture et des habits. Médecins, psychiatres, pédiatres viennent consulter gratuitement. 

Une centaine d'enfants s'amusent à monter et descendre les escaliers à toute allure. On évite de se ramasser une poussette dans les jambes qu'ils roulent  à toute vitesse dans la salle à manger. Ils jouent à cache-cache sous les tables. Ils sont si occupés qu'ils ne voient même plus les adultes, ils nous contournent comme si nous n'étions que des statues. 

En discutant à l'entrée avec des bénévoles, je vois une famille arriver, les petites filles ont des nattes impeccables, elle portent des sacs sur le dos trop lourds pour elles, les parents ne logent pas encore à l'hôtel mais espèrent y trouver une chambre. Le père essaie de dire en grec qu'il aimerait monter plus haut à la réception, les cinq tremblent de peur à l'idée d'un refus. Les trois enfants ne cessent de nous saluer, on voit qu'ils ont appris leur leçon "Soyez polis, faites bonne impression", même la petite  de 3 ans n'arrête plus de me saluer pensant sans doute que j'ai quelque influence. Finalement, ils montent. Un sentiment étrange me saisit, voilà, on vient de leur dire qu'il y a de la place, la mère s'effondre sur une chaise de joie et d'épuisement, ils ne resteront pas dans le parc cette nuit, ni les suivantes, quel soulagement ! 

Despina a terminé devant son petit auditoire par Héraclite " on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve!"- Ce que vous avez vécu, vous ne le vivrez jamais plus, tout n'est que changement,  sachez-le.

La philosophie monte aux barricades.

L'Hôtel City Plaza a été réquisitionné par des militants d'extrême-gauche, le 22 avril 2016. Un hôtel abandonné depuis des années par le propriétaire qui ne pouvait plus payer ses salariés. Ceux-ci se sont montrés solidaires et s'estiment en partie propriétaires des meubles et des équipements qu'ils mettent à disposition des réfugiés. L'hôtel est branché sur l'électricité d'un chantier voisin. 

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Crédit photo D. Chraïti

20:14 Publié dans philosophie, Société - People, sociologie, Solidarité | Tags : city plaza, refugees, athens, athène | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

26/02/2014

Antonio Pagnotta – Chronique d’un engagement


antonio pagnotta,fukushima,naoto matsumura,japonEntretien avec Antonio Pagnotta, en direct de   Hiroshima  -

Premier juin 2011, le masque collé au visage, qui vous mord comme un chien, la respiration difficile,  Antonio Pagnotta avance dans Tatsuta au Japon, un village totalement déserté de ses habitants, dorénavant déclaré zone interdite, situé à moins de 30 kilomètres de Fukushima.  Le photojournaliste sent ce jour-là qu’il franchit une frontière effroyable, un seuil qui l’entraîne dans un basculement terrible de la conscience ;  seul au monde, au milieu de nulle part,  au cœur de la barbarie, là où l’homme est devenu le plus grand danger pour  l’homme.

 Il marche sur les traces du dernier homme de Fukushima, Naoto Matsumura, qu’il doit photographier. Le matin l’accueille avec une lumière bleu acier, la couleur des  radiations, celle de la mort silencieuse, bleue, froide, indifférente. Sans bruit, elle envahit tout sur son passage et achève dans son linceul de silence hommes, animaux, plantes. 

 Témoin unique d’une expérience sans précédent, Antonio Pagnotta réalise que la catastrophe nucléaire est inéluctable, après Tchernobyl, Fukushima, la Chine sans doute et très vraisemblablement un jour, la France. Oui ! Il faut cesser de croire que cela n’arrive qu’aux autres, la France et tout autre pays européen ne sont plus à l’abri de rien, les ingénieurs français ne sont ni pires ni meilleurs que les autres. 

 

Quelque chose d’irréversible bascule dans la conscience du photographe. Après avoir vécu cela, il perçoit le danger imminent qui saute au visage, et il ne lui reste plus que l’engagement à travers un activisme bénévole sans faille, jour après jour. En lanceur d’alerte, il pressent les séries d’accidents nucléaires  qui ne font que commencer ; à Fukushima,  on dénombre 14 réacteurs en alerte. C’est une guerre nucléaire contre l’homme qui a été déclenchée et derrière cette chose insensée se tapit un énorme lobby qui s’attaque  aux hommes tandis que l’argent circule en masse.  Le nucléaire draine des fortunes qui, pour certains, valent et justifient  le sacrifice de quelques milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

 

Le photojournaliste relaie le  témoignage d’un agriculteur, Naoto Matsumura, qu’il suivra pas à pas. C’est l’histoire d’un homme qui a un nom et qui témoigne à visage nu. Un homme dont le parcours pourrait être associé  au  parcours christique d’un Saint-François d’Assise qui traverserait un désert et n’aurait plus que les animaux avec qui parler. Planter dans un décor, l’essentiel, le sacré : la vie.

 

Le choix des  prises de vue de Antonio démontre aussi un souci de respect du sujet. Planté en face de lui , il impose sa volonté d’établir un rapport démocratique même à travers le téléobjectif ; le photographe n’est pas invisible, le sujet l’observe et il l’observe.

 

Né à Corigliano Calabro dans la province de Cosenza en Calabre, il a 58 ans. De 1990 à 1999, il travaille à Tokyo pour la presse française et internationale et se distingue par des scoops : « La carrière secrète du cannibale Japonais » puis, après l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, il parvient à photographier l’usine où se fabriquait ledit gaz près du mont Fuji. Ces photos sont considérées par les Japonais comme le scoop du siècle. D’autres clichés rares et interdits le consacreront photojournaliste du Japon.

 

 

Depuis avril 2011, Antonio Pagnotta se consacre exclusivement aux conséquences du désastre nucléaire de Fukushima.

Il accompagnera le dernier homme de Fukushima, Monsieur Naoto Matsumura lors de son périple en Europe, dès le 4 mars à Paris : 

Puis,  la Suisse : 

 18 mars :  conférence à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne

19 mars :  matin, vigie devant l’OMS avec Independant Who à Genève

 

 pour en savoir plus :

http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com/

http://www.fukushima-blog.com/

 

 

Son livre : « Le dernier homme de Fukushima »  est publié aux Editions Don Quichotte, 2013.

 

07:11 Publié dans Résistance, Solidarité | Tags : antonio pagnotta, fukushima, naoto matsumura, japon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

20/02/2014

Naoto Matsumura –« Le dernier homme de Fukushima »

Naoto chiots.jpgOn le surnomme le « dernier homme de Fukushima » celui qui refusa  de quitter la ville de Tomokia proche de Fukushima et devenue ville fantôme.  Agriculteur âgé de 54 ans, au  lendemain de la catastrophe nucléaire du 12 mars 2011, il s’oppose, en avril,  à son évacuation pour s’occuper des survivants ;  des animaux laissés à l’abandon, enfermés dans leur enclos, expirant lentement, livrés à eux-mêmes.

Des étables transformées en mouroirs, où seuls les rapaces s’agitent  pour déchiqueter à même les corps,  les chairs, à peine putréfiées.

« Laisser agoniser des centaines d’animaux est un crime ! » s’insurge Naoto Matsumura.






naoto matsumura,fukushima,tomokiaResté seul dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Daii Ichi,  son action de résistance s’organise au milieu du chaos, dans un désert humain.  Il décide alors de libérer les animaux enchaînés ou enfermés, et de s’occuper de 400 vaches, de cochons, de chats, de chiens et même d’autruches. Profondément shintoïste, Naoto  nous rappelle que la nature est sacrée;  le rituel  shinto consiste à  offrir des aliments aux dieux et en nourrissant les bêtes, Naoto  nourrit les Dieux, à travers elles. Il lance son association « Ganbaru Fukushima »  Ganbaru signifiant en japonais « persévérer, tenir bon ».

 « La centrale nucléaire m'a tout pris, ma vie et mes biens. Rester ici, c'est ma façon de combattre pour ne pas oublier, ni ma colère ni mon chagrin. » Et il tiendra bon.

Un irradié dont on craint de serrer la main ? Un rejet,  ô combien douloureux et qui nous ramène, à un autre souvenir, encore empreint d’émotion;  la stigmatisation de ceux qui ont survécu à la bombe nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki. Des victimes doublement exclues, qui voient après le premier drame, surgir un  autre danger aussi grand et insidieux ; l’exclusion, le vide qui se crée autour d’elles, la crainte de contamination  les associant  à des pestiférés des temps modernes, des parias ostracisés. A croire qu’on n’a rien appris, ni rien retenu des leçons précédentes, une peur qui trouve sa source aux racines de l’ignorance. Après les "hibakusha" de Nagasaki et Hiroshima, voilà les nouveaux "burakumin" de Fukushima, avec pour  dénominateur commun : la discrimination ! 

 « Lorsque j'ai vu les visages de ma tante et sa famille, j'y ai lu la peur panique d'être contaminé. Cette épouvante était incontrôlable ; à tel point que leur première réaction a été de nous laisser dehors. Nous y sommes restés un long moment. Une fois entrés, la conversation tournait autour d'un seul sujet : celui de notre départ immédiat vers un centre d'évacuation. » (Naoto Matsumura p.62)*

 Témoin de la catastrophe nucléaire, le combat de Naoto, devenu figure emblématique pose la brûlante question  de l’existence même des centrales nucléaires. A l’heure,  où  les conséquences de l’accident de Fukushima sont encore difficilement évaluées avec pourtant  des morts par milliers, un impact sur la santé des personnes touchées,  des enfants jouant au milieu des déchets radioactifs, une agriculture contaminée, un Pacifique qui chaque jour qui passe est davantage pollué, la question du déni  reste entière. Fermer les yeux, faire semblant de rien, jusqu’à quand ? Jusqu’au dernier homme ?

 A l'occasion du 3ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima, Naoto Matsumura est invité en Europe. A Paris,  dès le 4 mars, après 10 jours, il continuera son périple  jusqu’à la Centrale nucléaire de Fessenheim.

Puis la Suisse : 

 18 mars :  conférence à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne

19 mars :  matin, vigie devant l’OMS avec Independant Who à Genève

 

 pour en savoir plus :

http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com/

http://www.fukushima-blog.com/

 

*  : citations issues du livre d’Antonio Pagnotta : « le dernier homme de Fukushima » publié aux éditions Don Quichotte en mars 2013


PHOTOS DE ANTONIO PAGNOTTA AUTORISEES PAR L'AGENCE COSMOS 

21:03 Publié dans Développement durable, Résistance, Solidarité | Tags : naoto matsumura, fukushima, tomokia | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/05/2013

Ce qui n'est pas médiatisé, n'existe pas !

se-taire.jpgUn axiome inquiétant qui induit une redéfinition du monde et  nous pousse à nous interroger : qui décide quoi, comment, quand, pour qui , pourquoi, avec qui,  par quel biais ?  

 Est-ce une autre façon de dire que ce qui n’est pas mis en lumière, doit demeurer dans l’ombre ? Que ce que l’on ne voit pas doit rester secret. Ce dont on ne parle pas, ne doit pas mériter notre intérêt. 

Mais qui décide donc de ce qui doit être vu ?  Les médias ? Les politiciens ? Les groupes de pression qui ont les moyens de se rendre visibles et prêts  à confondre :  faire du bruit et fournir de l’information ? La triade : le propriétaire du journal, le marché, le journaliste ? Quelle interdépendance entre eux ? Qui a du pouvoir sur qui et jusqu'où ? Le journaliste "conseiller du roi"  le soutient ou soutient le groupement ou son idéologie jusqu'où et jusqu'à quand ? Quelle limite pour le journaliste à ne pas franchir, allié, puis ennemi qui a des informations "sensibles" et qu'il utilisera au service de qui pour quel nouveau prince ou roi ? Journaliste indépendant ? Ah, bon ! ça existe ? Information objective ?Ah ! Vraiment ? 

 

Rendre quelque chose de visible,  est-ce alors  une question de moyens ? Un paradigme cynique , en perspective. Seuls les nantis,  associés à des groupes de pression, les plus en vue, les stars  fabriquées de toutes pièces par les premiers, quand bien même n’ont-elles pas grand-chose à dire auraient le droit de dire ce qui doit être vu et dit  ?  Sont-ce les annonceurs qui paient des encarts  dans les journaux et dorénavant sur les sites  qui influencent  l’information et décident de ce qui doit être révélé, montré, tu, ou matraqué en boucle ?

Si tel est le cas, nous partons d’un postulat pour le moins  inquiétant. A lire ce qu’on lit, on peut effectivement comprendre qui a les moyens de rendre manifeste un type d’information qui nous est livrée en masse. Une manufacture de l’information qui sur-représente une position, un événement, un courant de pensée et qui prépare les groupes silencieux à ingurgiter ce que veulent  leur  faire avaler ceux qui détiennent le pouvoir et les finances et tirer encore davantage profit du silence. S' ils daignent   parler d’un fait social;  ce n’est qu’à travers quelque  faits divers, de façon anecdotique. Les faits divers peuvent être réutilisés ad infinitum et ad absurdum : « Un meurtre sordide, une occasion de relancer le débat sur la privatisation des prisons où on pourrait y faire travailler les condamnés et faire du bénéfice. Même les morts sont utiles à cela, instrumentalisés post-mortem  ! ».   On lance aux  pourceaux non plus  des perles, mais une bouillie infâme.

Une massification de l’information qui tourne en boucle et qui prépare la masse à ingurgiter un modèle sans voir là-derrière la manipulation d’un petit groupe qui appartient dans le fond à une élite « économique » ou/et  « politique » souvent la même et sur plusieurs générations. 

Des opinions faites et défaites sur le modèle de tout ce qui est « fast » , à savoir rapide et superficiel et surtout qui passe très vite, comme chat sur braise lorsqu’il s’agit des intérêts de la masse silencieuse et vouée aux gémonies. Des faits divers qui font croire qu’on a de plus en plus d’information, tandis que l’on nous désinforme et que la pensée s’appauvrit, le principal disparaît au profit du surmédiatisé d’un éphèmère déconcertant dont il ne reste rien, sinon du tapage assourdissant. 

Combien d’informations importantes nous échappent ainsi. Combien d’éléments nous manquent-ils pour analyser des situations dans leur ensemble et surtout les comprendre  ? 

Quelques questions qui nous forcent à penser qu’il est préférable de ne pas trop s’intéresser à ce que l’on voit, mais à tout ce qui reste caché, rester critique à l’égard de l’écho de résonance des nantis et toujous se demander :Quel intérêt ont-ils à nous révéler cela ou à  insister ? Et vous le trouverez tapi dans les bas-fonds.  L'intérêt !  cet appétit vorace des engrangeurs de billets.

Seule la connaissance du  terrain, au plus proche des réalités sociales  nous permet de comprendre  ce qui s’y  passe véritablement et permet de  faire circuler l’information auprès d’un ou plusieurs  groupes dont on assure le maillage communicationnel  ;  c’est bien-là où réside l’essentiel, dans la zone d’ombre que l’on camoufle avec subtilité, sur le terrain social qui vit et vibre dans les labyrinthes profonds d’une société qui s’illustre par le clinquant et qui aimerait que l’on continue à   « boulimiser » ce qu’elle nous balance à tire larigot. 

Ce qui est important n’est pas : ce qui est dit, mais ce qui est tu, ce qu’on voit mais ce qui ne se voit pas,  ce qu’on sait mais ce qu’on ignore;  c’est bien-là où tout se joue.

Sans doute les réseaux sociaux et les blogs sur internet  permettent  de relancer les cartes pour un nouveau jeu et faire sortir de l’ombre ce qu’on aurait voulu tant camoufler, à savoir des réalités sociales et économiques qui prouvent le triste état du monde et sa grande inégalité et injustice. En évitant soigneusement d'être financés pour éviter de se retrouver dans le cas de la presse classique.

Dans un  silence de plus en plus pesant, les damnés de la terre disparaissent. « Chut » surtout ne pas en parler ! On risque de se souvenir qu'ils existent ! 

 

(voilà pourquoi j'ai renoncé au journalisme et que je préfère les blogs où je ne touche pas un kopeck, mais exprime librement ce que j'ai à dire : le prix de la liberté ! même ça,  se paie et surtout ça   ....) 

 

 

 

 

10:27 Publié dans Médias, Résistance, Société - People, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

19/01/2013

EQUATEUR - CHEVRON-TEXACO , LA FIN DE L’IMPUNITÉ

images.jpegC’est le jugement du siècle, 19 200 000 000 de dollars d’amende confirmée en appel en Equateur, et  exigée par les 30 avocats qui représentent les intérêts des indigènes et paysans qui composent l’Assemblée des victimes de Texaco. Une somme difficile à recouvrer en Equateur d’où l’entreprise a retiré ses fonds, mais possibe au Canada,  Brésil, Argentine et Colombie.

Le 7 novembre 2012 , l’Argentine a été la première à  décréter la saisie des fonds mettant en colère les investisseurs. Une colère qui ne peut être  plus grande que celle des victimes qui ont  vécu le plus grand épandage toxique de l’Histoire. Quarante ans après l’installation de l’entreprise, la région de Quito est devenue la région la plus pauvre de l’Equateur avec un taux de cancer le plus élevé du pays.

L’essence a tout envahi, l’air, la terre, l’eau, la peau, les poumons des gens, asphyxié la nature, étranglé les forêts. Comme une main géante aux serres dévastratrices, la compagnie américaine a tout dévasté sur son passage. Adieu l’eau potable, poissons en abondance, forêts aux remèdes ancestraux.

Dans la région de Sucumbos, on voit apparaître des maladies de peau, des allergies, des enfants qui avaient pour habitude de se baigner dans la rivière dès lors contaminée et qui quelques jours plus tard, avant de mourir, vomissent du sang.

Un lent processus de destruction qui amène en 1993 un groupe d’avocats, Colons et indigènes à  porter  plainte, à New York.  Comptant sur la corruption en Equateur, le groupe Texaco transfère la plainte vers ce pays. C' était sans compter sur la résistance populaire. Une lutte juridique inéquitable contre les milliards que pouvaient engager la société américaine et faire passer l’Association de  victimes pour « association criminelle », intimidation parmi tant d’autres et qui a échoué. 

L’avocat Pablo Fajardo se réjouit de la décision du Tribunal Equatorien qui par son  deuxième jugement  confirme l’amende colossale : « Nous sommes en train de démontrer que c’est possible et que ça peut se faire, qu’il est possible d’aller beaucoup plus avant, qu’on peut changer les choses, qu’elles ne sont pas intouchables, qu’ils ne sont pas invincibles ».»

Il s’agit de l’amende la plus importante de l’histoire du droit de l’environnement. Elle dépasse  celle infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l’Alaska en 1989, de 4,5 milliards de dollars et pourtant à peine déstabilisée, car le groupe ExxomMobil nous remet ça en Papouasie Nouvelle Guinée identifiée comme "zone riche en ressources" pour l'extraction de gaz, un projet qui démarrera en 2014 et qui a déjà transformé la société papoue en la divisant. A combien se montera la facture dans 30 ans pour les dégâts sociaux et environnementaux causés  ? 

 

Annexe:Une note importante sur le souci environnemental de  Chevron sur son site officiel 

Environment and Safety

"As a company and as individuals, we take great pride in contributing to the communities where we live and work.

We also care about the environment and are proud of the many ways in which our employees work to safeguard it.

Our persistent efforts to improve on our safe work environment continue to pay off. In 2011, Chevron achieved significant levels of safety as measured in days-away-from-work ratings in both Upstream and Downstream operations.

.............We're committed to helping meet the world's need for energy in a safe and environmentally responsible manner. We believe that is the right thing to do and that it is critical to our success in a world in which energy sources should be compatible with an environment that's clean, safe and healthy.

That's why we are continually working to improve our processes to reduce pollution and waste, conserve natural resources and reduce potentially negative environmental impacts of our activities and operations.

and some more lies about : fresh Water, climate change, social investment, Health&Safety, Human Rights, Diversity, Business Ethic, Corporate Responsibility

 

source

http://www.diagonalperiodico.net/global/30000-indigenas-y...

29/10/2012

Colombie - In memoriam du coeur de Sœur Hilda/ Sor Hildegard, In Memoriam

 DownloadedFile.jpegLe 9 septembre 1990,  dans une région pauvre et montagneuse du Sud Ouest de la Colombie;   une  opération militaire contre les Farc, tombe sur une « guérillera » dangereuse,  à savoir, la missionnaire  suisse, Hildegard Maria Feldman.  Missionnaire laïque de la Société Missionnaire de Bethléem, née à Naefels dans le canton de Glaris, et   travaillant dans le cadre du diocèse d’Ipalies. Surnommée affectueusement "Soeur Hilda".

Un communiqué militaire claironne, alors, fièrement  la mise à mort de cette dangereuse  résistante,  enfin abattue.

 Ce jour-là,  Maria Hildegard Feldman se trouvait au chevet d’une malade, à Guachaves (commune de Santa Cruz)  . Les militaires de l’armée colombienne sont entrés dans la case où elle se trouvait et ont tout simplement tiré, sans prévenir, sans vérifier,  un seul coup de feu au cœur; sa seule arme, un coeur au secours du prochain, un coeur solaire empli d'humanité au service de l'Humanité. Sœur Hilda a juste eu le temps en se tenant la tête, de s’exclamer,  quelques secondes auparavant :  « Sainte Vierge qu’est-ce qui nous arrive ? ».  La victime a été aussitôt enterrée, son corps sera exhumé sur demande pour être ensuite  transféré à Samaniego où ont eu lieu les obsèques.  Après coup, le commandant en riant demandera aux rescapés qui est-elle et que faisait-elle là ?

Cet être magnifique, qui dès mai 1983,  décida de se mettre au service des plus pauvres, des plus démunis en Colombie . Dès juin 1990, on la vit œuvrer  à El Sande en qualité d’infirmière et sage-femme et  qui avait pour charge pastorale de donner des cours pour sage-femmes et auxiliaires de santé et des soins pour  enfants et maladies infantiles .

El Sande, c’était le bout du monde, il fallait y parvenir à dos de cheval par des sentiers caillouteux pendant une douzaine d’heures. Et c'est bien là, dans cette région, oubliée du monde, qu'elle planta ce coeur d'un amour absolu. 

Dans cette région abandonnée et montagneuse, ce cœur généreux a totalement investi sa mission, celle de soulager la misère des plus pauvres, des damnés de la terre dépossédés de leurs biens sous la menace des armes. Forte de 20 ans , en Inde, aux côtés de son frère malade, de dévouement aux côtés des plus démunis, elle continuait à se ranger aux côtés des plus nécessiteux, en Colombie.  Une vie d’amour et de don, un sacerdoce d’une existence entière au chevet des malades et des mourants.

 Tuée d’une balle en plein cœur, à  16 h 30, le 9 septembre 1990, par les troupes de la troisième brigade de l’armée qui tira sans discrimination des coups de feu contre la population civile et qui visèrent celle qui, à ce moment-là , soignait une paysanne malade. Sœur Hilda se plaisait à dire que « la mort conduit à la résurrection. La souffrance, la destruction et l’humiliation débouchent sur la joie, la victoire, et la vie ». Dieu merci, elle était prête à mourir, même de la façon la plus injuste qui soit.

Elle offrait ce visage radieux et patient, d’une femme, alors âgée d’une cinquantaine d’années. Son aspect fragile,  d’une douceur extrême, amoureuse de la musique classique et des plantes auxquelles elle vouait une attention particulière, contrastait avec la rudesse  de la région.  Elle soignait les plaies les plus purulentes avec une attention particulière sans montrer le moindre  dégoût et il n’y avait pas meilleure arracheuse de dents qu’elle. Même les paysans forts,  ouvraient la bouche sans broncher pour laisser extraire une méchante dent de sagesse et la remerciaient d’un souffreteux: »Muchas gracias ! »

Les soldats de l’armée colombienne ont beau eu retourner tous ces effets, ils n’ont guère trouvé les armes de la « guérillera », mais ils n’ont trouvé que son cœur.  Ce cœur d’une beauté cristalline, au service d’une  justice pour tous. Un cœur accroché à l’espoir d’une vie meilleure pour chacune des créatures de Dieu. 

 Une âme sensible et riche d'une foi immense qui a donné sa vie, pour combattre auprès de ces  damnés de la terre à qui on arrachait la terre.  Une vie au chevet des plus pauvres et qu’il faut prendre en exemple et ne pas oublier. C’était là son humble résistance, à cette "guérillera",   alléger la souffrance d’un peuple opprimé par l’injustice et la prévarication. Il est de ces êtres croyants ou pas qui offrent  leur existence à soulager la misère du monde, pour une plus grande justice, au nom d'une plus grande égalité sociale.

 Son sang est là, il paraphera comme tant d’autres victimes l’accord de paix en Colombie. Ce crime est resté à ce jour impuni.

Paix à l'âme de tous ces humanistes

Source : http://www.alterinfos.org/archives/DIAL-1536.pdf

 

mon site http://www.djemaachraiti.ch

 

Sor Hildegard, In Memoriam

 

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El 9 de septiembre de 1990, en una región montañosa y muy pobre del sur-oeste de Colombia fue dada de baja una “peligrosa guerrillera”, María-Hildegard Feldman, en el marco de una operación militar contra las FARC-EP. Un airoso comunicado militar dio cuenta por entonces de la eliminación de tan peligrosa subversiva.

 

Se trataba en realidad de una misionera laica de nacionalidad suiza, nacida en la comuna de Naefels, Cantón de Glaris, y perteneciente a la sociedad misionera de Belén, que por aquel entonces trabajaba bajo los auspicios de la diócesis de la ciudad de Ipiales en Colombia.

 

El día de su muerte, Sor María-Hildegard Feldman asistía a una mujer enferma, en la vereda Guachavés, municipio de Santa Cruz. Los militares del Ejército colombiano entraron a la modesta casucha y simplemente dispararon en su contra, sin verificar, sin prevenir a nadie… Sor Hildegard apenas si tuvo el tiempo de tomarse la cabeza y exclamar: "i Virgen santísima! ¿Qué es lo que nos está pasando? ”, antes que un solo tiro certero en el corazón, que era su única arma, segara su vida para siempre.

 

La víctima fue enterrada de inmediato. Gracias a las muchas peticiones llegadas desde su tierra natal el cuerpo fue exhumado y llevado hasta la localidad de Samaniego, donde poco después se realizó la ceremonia de exequias.

 

Hoy se sabe que pasados los acontecimientos el Comandante del operativo militar retornó al lugar del crimen para interrogar a los sobrevivientes de aquel ataque y conocer más de cerca la vida de esa monja extranjera... Muchos de los testigos lo oyeron susurrar para sí, en medio de una risita nerviosa,"¿Qué carajo hacía esa monja por estos parajes?".

 

Corazón magnifico el de Maria-Hildegard, que a sus 20 años partió a la India, al lado de su hermano enfermo, para trabajar codo a codo entre los más pobres. Años después continuó esa noble misión en Colombia, poniéndose al servicio de aquellos colombianos que no tienen nada. Desde 1990 se le vio trabajar sin descanso como enfermera y partera en la municipalidad de El Sande. Parte de su responsabilidad pastoral era justamente esa, formar comadronas y auxiliares de salud para trabajar en el acompañamiento de enfermedades infantiles.

 

El Sande es un rincón olvidado del mundo y para llegar allí, desde el pueblo más cercano, hay que cabalgar a lomo de mula o de caballo al menos 12 horas por caminos rocosos. Fue justamente allí, en ese resguardo negado del mundo, donde ella sembró su corazón con un amor absoluto y se dio a su misión sin reparos: aliviar en su pobreza a los miserables, a los olvidados de la tierra, a los que fueron desposeídos de sus bienes bajo la amenaza de las armas.

 

Sor Hilda, como le decían, cayó abatida por una bala que le dio en pleno corazón el 9 de septiembre de 1990, a las 4 y media de la tarde. La bala fue disparada por unidades especiales del Ejército colombiano, adscritas a la tercera brigada, que abrió fuego indiscriminado contra la población civil, pero que tuvo en la mira solamente a aquella que, en esos momentos, curaba en su lecho a una pobre mujer enferma.

 

Esta misionera solía decir que “la muerte conduce a la resurrección. El sufrimiento, la humillación o la destrucción, desembocan indefectiblemente sobre la alegría y la victoria de la vida”… Gracias a Dios ella se hallaba preparada para morir, incluso de esa manera tan injusta como fue truncada su vida.

 

Ella tenía uno de esos rostros radiantes, de mujer paciente que toca a la cincuentena; era una mujer de aspecto frágil, de una extrema dulzura a quién le encantaba la música clásica y las plantas, miles de plantas a las que consagraba una gran atención, ternura esta que contrastaba con la agreste región en donde vivió sus últimos años.

 

Sor Hildegard, además, curaba las heridas, incluso las más purulentas, con una atención especial, sin retroceder. Se dice, incluso, que ella era la mejor dentista empírica de toda la región -con los medios de a bordo en aquellas lejanías- y que hasta los campesinos mas rudos le abrían sin prevención la boca para que los librara de sus males, o les arrancara las muelas del juicio… y luego hasta le daban las gracias.

 

Los militares del Ejército de Colombia que la asesinaron escudriñaron todo lo que quisieron entre los efectos personales de la que equivocadamente llamaron “guerrillera”, pero no hallaron nada, solo su corazón. Un corazón de belleza cristalina al servicio de una idea de justicia para todos, un corazón atado a la esperanza de una vida mejor para los elegidos de Dios.

 

Hilda-Hildegard fue una mártir que dio la vida en su “combate" por los pobres, una vida consagrada a los desposeídos. Ese fue su humilde acto de Resistencia: aliviar el sufrimiento de un pueblo oprimido por la injusticia y la corrupción.

 

Su sangre esta aún ahí, junto a la de tantas otras victimas y su rastro firmará también ese posible acuerdo de paz en Colombia, pero su crimen, recordémoslo, sigue en la más absoluta impunidad… Como el de tantos otros y otras, todos colombianos.

 

i Paz para el alma de todos esos mártires !

 

Source : http://www.alterinfos.org/archives/DIAL-1536.pdf

 

 *Traducido del francés por: Paz&Salvo

 

 

 mon site  http://www.djemaachraiti.ch/

 

 

 

 

 

08/10/2012

Mutuel - MCG - Petits arrangements entre amis

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Ce matin, au 6 rue de l'Athénée, il y avait foule pour soutenir Haykel Ezzeddine, le blogueur émérite de la Tribune de Genève et  ce, à la grande surprise de Madame La juge qui invita tout le monde à se tenir  debout et coi dans la petite salle lumineuse pour une sombre histoire. Convoqués dans l'affaire de l'affiche MCG, nous pouvions nous délecter de découvrir des petits arrangements entre amis. Sous prétexte que Haykel a exposé sur son blog une affiche MCG,  jugée diffamatoire et calomniatrice.  Si vous souhaitez voir l'objet de la plainte,  il apparaît depuis le fameux,  lundi 8 août, sous le lien suivant et pour lequel, il n'y a jamais eu de problème jusque là http://www.cartonrougeducitoyen.ch/index.php/component/content/article/1-nouvelles-quotidiennes/1754-la-nouvelle-affiche-du-mcg-contstee. Deux poids, deux mesures, vous en conviendrez par vous-même. 

 

Autre étrangeté, le fameux accord confidentiel passé entre le groupe Mutuel et le MCG. De ces accords, discrets, passés sous table et dont on rêve dans nos pires cauchemars; en découvrir le contenu. Comment en est-on arrivé là  ? A passer d'une affiche MCG qui accuse le Groupe Mutuel puis,  par un tour de passe passe,  se réconcilie et cela sur le dos d'un simple blogueur que la provocation du MCG avait alarmé. Un blogueur qui n'a fait que relayer,  dans le fond, une affiche exposée devant le Palais de Justice, brandie par des  membres souriant du staff  MCG qui posent devant pour la postérité en espérant, par la même occasion s'attirer des voix. Ce même parti qui a réussi à élire au conseil national son spécialiste contre l'assurance-maladie.

 

Cas intéressant, la Tribune de Genève qui héberge ce blog n'est en aucun cas impliquée ?  Ce serait comme être propriétaire d'un immeuble et ne pas savoir ce qui se passe dans les étages.

 

Me Nils de Dardel demande la comparution personnelle de Messieurs Jean-François Mabut et Eric Stauffer, 15 minutes chacun et pas davantage pour Monsieur Stauffer que l'on connaît bavard, voire intarissable.  Quels sons de grelots assourdissants souhaite-t-on couvrir avec ce combat inégal du pot de terre contre pot de fer ?  Quels sons de cloche souhaite-on couvrir avec cet acharnement sur un blogueur ? Autant de questions ouvertes qui montrent comment fonctionne les petits arrangements entre amis : Tu me couvres, je te couvre !

 

Au-delà,  de cette agitation bien orchestrée autour de Haykel Ezzeddine, on voit se profiler quelque chose de plus grave et qui dépasse largement le cadre de cette affaire d'affiche. C'est voir comment un groupe peut s'acharner sur la liberté d'expression et réduire par des menaces de procès un journaliste qui n'a fait qu'informer de ce qu'il a vu, à savoir une affiche exhibée devant un tribunal. Ce qui paraît dangereux, c'est notre liberté d'expression menacée dans son essence par un lobby, aussi insignifiant que celui d'une assurance.

 

Rendez-vous donc dans un mois certainement, pour entendre les comparutions personnelles. Nous serons nombreux à le suivre ce procès inique, car il est important de suivre la mise en boîte de notre liberté de dire ce que l'on voit.

 

 

Billet signé : Karl Grünberg et Djemâa Chraïti

 

 

mon site web http://www.djemaachraiti.ch

13:33 Publié dans Economie, Genève, Politique, Solidarité | Tags : groupe mutuel, mcg, blogueur, haykel ezzedine | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook | | |

18/11/2010

L'ACCIDENT

k0653058.jpgMardi - Un ciel bas et pluvieux qui confond les heures de la journée, tôt le matin, tard le soir ? On ne sait plus trop précisément, dans cette grisaille où  tout devient flou. Face  à l'entrée des urgences des Hôpitaux universitaires de Genève, je vois un groupe se former.  Des hommes essentiellement, ils sont huit ou neuf, ils ressemblent à des ouvriers. Ils se resserrent et forment désormais un cercle fermé, un rond parfait comme pour se protéger de tout nouveau malheur, comme pour s'assurer que le destin ne viendra pas encore frapper une fois un des leurs. Les femmes commencent à arriver, ils se serrent la main rapidement, sans se regarder pour être sûr de ne pas rajouter à la tristesse de l'autre en lui offrant le spectacle de leurs larmes.  

 Régulièrement un homme ou une femme du groupe entre aux urgences,  "URGENCES" écrit en grand, collée contre,  l'ancienne inscription Pavillon d'acc...... légèrement en vue et dont les lettres à moitié effacées étaient moulées dans le béton gris, puis plus loin, l'enseigne de la cafétéria des HUG ."Aux bonnes choses", ces trois enseignes côte à côte ont presque quelque chose d'insensé en ce jour de grand drame.

 

A tour de rôle, ils  poussent la porte tournante et disparaissent  dans la bouche sombre comme dans une mine après un coup de grisou, un va-et-vient incessant pour ramener des nouvelles d'en bas qu'ils viennent murmurer aux autres qui attendent en haut.  On imagine les médecins s'acharner à sauver cette vie. Hochement de tête attristé, personne ne parle, les hommes aspirent la fumée en tirant nerveusement par petites bouffées, sur leurs cigarettes, à pleins poumons, comme pour se remplir de vie ou se sentir encore en vie.  Ils  les fument l'une derrière l'autre en aspirant intensément et en rejetant  la fumée en  un soufflement  fort et bruyant, ils sont  fous d'anxiété.

 La presse l'annoncera en quelques lignes laconiques. Un ouvrier meurt suite à un accident de chantier, un homme de 34 ans qui a chuté d'un échafaudage d'une hauteur de huit mètres et laisse derrière lui désormais une femme veuve et quatre enfants orphelins de père.

Selon la TDG "L'ouvrier travaillait pour un sous-traitant de l'entreprise de construction britannique ISG Europe. Selon nos informations, les travaux, censés être achevés le 15 novembre, ont pris du retard. «Une grosse pression est faite sur les ouvriers pour accélérer le rythme de travail, rapporte notre informateur. L'ouvrier en question était un carotteur. Ils lui ont fait faire beaucoup de zigzag, pour faire des trous ici et là, à un endroit où l'échafaudage ne comportait pas de garde-corps. D'ailleurs, ils n'en ont toujours pas mis après l'accident.» Nous n'avons pas pu joindre ISG Europe aujourd'hui.

Le syndicat Unia, qui voulait se rendre sur le chantier comme il le fait à chaque accident, s'en est vu refuser l'accès, ce qu'il dénonce comme une violation de la liberté syndicale. «Nous ne savons rien des circonstances de l'accident, ni du statut de la victime, déplore la secrétaire syndicale d'Unia Filipa Fazendeiro. Etait-il déclaré ou non? Etait-il employé, indépendant, chef d'entreprise? Combien de morts faudra-t-il pour que Mark Muller revienne sur son projet de démanteler l'Inspectorat des chantiers?»

En parcourant ces lignes, je reconnais le drame, le jour et l'heure correspondent, effectivement ceux que j'observais étaient des ouvriers,  sans le savoir, je vivais avec eux l'attente douloureuse et puis comme si ce fut un ami, j'apprends la triste nouvelle de sa mort, émue je songe aux quatre enfants, à la veuve.

Paix à son âme !

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