09/10/2016

L'Hôtel City Plaza d’Athènes autogéré par des réfugiés

IMG_0501.JPGIl y a des expériences qui méritent d'être vues de près et relatées comme celle de l'Hôtel City Plaza, à Athènes, une centaine de chambres habitées par plus de 400 réfugiés, principalement débarqués en Grèce, par bateau et venus de Syrie, d'Afghanistan, du Pakistan, des Kurdes, une immense tour de Babel.

Une philosophe grecque qui  fit ses études de bio-éthique à l'Université de Louvain et désireuse de transmettre ses connaissances philosophiques aux réfugiés se greffa sur ma visite. Samedi, j'espérai, au fond de moi qu'elle avait oublié notre rendez-vous devant le City Plaza, en pensant que c'était déjà suffisamment compliqué de faire un reportage avec photos et entretiens en évoluant discrètement parmi les uns et les autres, sans en plus laisser la philosophie mettre son grain de sel, dans ce chaos. Devinez qui m'attendait de pied ferme, tout sourire : la philosophe, Despina !

IMG_0508.JPGNous fûmes reçues  à l'entrée  par des bénévoles qui montent la garde, nuit et jour,  pour la plupart des universitaires. Quelques marches plus haut se trouve la réception, puis au premier étage un café, où les hommes fument et discutent entre eux, une garderie et la salle à manger. Nous nous installâmes et entamèrent la discussion, plusieurs portraits défilèrent  alors :  Syriens de Damas et de Homs venus avec femme et enfants ou avec leurs parents. Un Syrien, nous raconte qu'il devait passer avec sa mère, un entretien à l'Ambassade de France, mais la pauvre femme fut  hospitalisée, à Athènes, à cause d'un malaise cardiaque, à peine sortie, elle  se foule la cheville, retour à l'hôpital, le rendez-vous fixé par  l'ambassade est reporté sine die, un moment qu'ils attendaient depuis des mois, il en est effondré.

 

 

IMG_0488.JPGParfois, au milieu du brouhaha,   je capte des bribes de conversation de la philosophe , assise derrière moi : " La philosophie, c'est d'abord un dialogue! Les Grecs anciens sont les premiers à avoir défini ce qu'est la démocratie et de poursuivre : qui peut me dire, ce qu'est la démocratie?"   Un  Afghan lui dit que lui n'a toujours connu que la guerre et c'est pour découvrir ce mot qu'il est parti. Despina se lance avec force gestes sur la définition de la  "demokratia" δημοκρατια , du "dêmôs" et du "kratos".  Ils la regardent comme si elle tombait du ciel, et j'admire sa persévérance et cette volonté infaillible de transmettre la philo comme une arme contre la fatalité.

 

 

 

IMG_0519.JPGTandis qu'elle disserte, je pars visiter les cuisines, ce jour-là ce sont des Afghans qui sont de service et qui doivent assurer plus de 1'000 portions par jour.  On y  entend parler le Urdu, le Pachtoune, le Tadjik, le Dari, le Russe. Chacun a de la famille à quelque part en Europe et essaie de rejoindre qui un frère en Suède  qui une tante en Allemagne qui un père en Italie. Ils sont depuis plusieurs mois en Grèce et attendent de partir.

Ce sont des commerçants qui leur donnent les invendus sans compter sur la solidarité des uns et des autres. Des personnes généreuses leur livrent de la nourriture et des habits. Médecins, psychiatres, pédiatres viennent consulter gratuitement. 

Une centaine d'enfants s'amusent à monter et descendre les escaliers à toute allure. On évite de se ramasser une poussette dans les jambes qu'ils roulent  à toute vitesse dans la salle à manger. Ils jouent à cache-cache sous les tables. Ils sont si occupés qu'ils ne voient même plus les adultes, ils nous contournent comme si nous n'étions que des statues. 

En discutant à l'entrée avec des bénévoles, je vois une famille arriver, les petites filles ont des nattes impeccables, elle portent des sacs sur le dos trop lourds pour elles, les parents ne logent pas encore à l'hôtel mais espèrent y trouver une chambre. Le père essaie de dire en grec qu'il aimerait monter plus haut à la réception, les cinq tremblent de peur à l'idée d'un refus. Les trois enfants ne cessent de nous saluer, on voit qu'ils ont appris leur leçon "Soyez polis, faites bonne impression", même la petite  de 3 ans n'arrête plus de me saluer pensant sans doute que j'ai quelque influence. Finalement, ils montent. Un sentiment étrange me saisit, voilà, on vient de leur dire qu'il y a de la place, la mère s'effondre sur une chaise de joie et d'épuisement, ils ne resteront pas dans le parc cette nuit, ni les suivantes, quel soulagement ! 

Despina a terminé devant son petit auditoire par Héraclite " on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve!"- Ce que vous avez vécu, vous ne le vivrez jamais plus, tout n'est que changement,  sachez-le.

La philosophie monte aux barricades.

L'Hôtel City Plaza a été réquisitionné par des militants d'extrême-gauche, le 22 avril 2016. Un hôtel abandonné depuis des années par le propriétaire qui ne pouvait plus payer ses salariés. Ceux-ci se sont montrés solidaires et s'estiment en partie propriétaires des meubles et des équipements qu'ils mettent à disposition des réfugiés. L'hôtel est branché sur l'électricité d'un chantier voisin. 

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Crédit photo D. Chraïti

20:14 Publié dans philosophie, Société - People, sociologie, Solidarité | Tags : city plaza, refugees, athens, athène | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

12/03/2010

Voile sur la République

table_ronde.jpgSans m'y attendre le moins du monde, je remplace au pied levé Dounia Bouzar, française d'origine algérienne,  anthropologue, éducatrice spécialisée,  figure incontestée qui traite des questions de jeunesse musulmane en France et particulièrement dans les banlieues. Elle ne peut se rendre pour des questions de santé au Festival du film et forum international sur les droits humains et participer au débat qui suit le  documentaire "Voile sur la République".

A 13h on me demande ainsi de la remplacer pour 20h , je réfléchis : Meyrin, Avanchets, Lignon, Onex, je cherche dans la banlieue genevoise un thème commun avec les banlieues françaises.  Force est de conclure qu'on n'a pas de banlieues à Genève, pas de ghettoïsation encore des quartiers. Pas trop de voiles, une piscine séparée hommes-femmes aux Pâquis, mais les musulmans n'y sont pour rien sur ce coup-là.

 

J'hésite, cheveux couverts, découverts, jupe, mini-jupe, pantalon. Une casserole sur la tête, un parapluie, un couvre-chef, un couvre-feu ?  J'opte pour mon "éternel" béret noir à pois blancs qui va avec la jupe et l'écharpe. Dans un sachet, j'embarque mes livres "Les météorites d'Allah", sait-on jamais, ça fait des semaines que les livres  sont dans ma voiture: diffusion comme une autre, je paie mes amendes avec mes bouquins !

Parmi les panelistes, l'imam de la mosquée Youssouf Ibram et éminent membre du Conseil européen de la fatwa - à qui je pourrai remettre un de mes livres,  je finirai par recevoir une fatwa sur ma tête qui me tiendra chaud au crâne pendant ces jours hivernaux - Hafid Ouardiri, l'animateur Marc Semo, journaliste à Libération, un spécialiste suisse, Lathion de l'Observatoire des religions, le réalisateur du documentaire Bernard Debord. Je comprends l'angoisse des organisateurs Yaël Reinharz Hazan et Léo Kaneman à l'annonce de l'absence de Dounia, c'était la seule femme.

En voyant la salle bondée, je me suis demandée ce que je faisais là au juste. Le film est projeté sur les musulmans du Nord à Roubaix, ce ne sont plus des Cht'is mais des Cht'eus.  Le  film soulève légèrement le voile sur les problèmes identitaires, d'intégration, de chômage, de courants différents. C'est pire qu'au bled !

Dans le fond, je suis juste là finalement pour défendre ma laïcité, toutes voiles dehors je fonce sur  la nécessité de "paix sociale".

Deux femmes voilées, une d'origine suisse allemande et l'autre anglaise prennent la parole . La preuve qu'elles sont intégrées malgré leur voile. Le voile comme choix, ni soumises, ni contraintes à le porter.  Ouardiri se fait laver la tête parce qu'il  a lâché  "nos amis juifs appartiennent à une communauté très organisée et sont riches", une femme hurle au scandale.  Juste à côté d'elle, je reconnais mon pote juif assez fauché, je pense l'inviter à manger un couscous à l'occasion, du reste.  Il n'a que des petits boulots par -ci, par -là.  Un Néerlandais, lève la main "Moi, je ne suis pas raciste, mais ....." j'adore ce genre de phrases censées vous paralyser le cerveau face aux horreurs qui vont être lâchées. Et il se laisse aller effectivement.

Je pense à un de mes billets sur le sujet "la folie dernier rempart contre l'intégrisme: ultime forme de résistance", je pourrai me mettre debout sur la table et  faire la danse de St Guy, en me défaisant,  un à un,  de tous mes voiles qui obscurcissent ma vue et ma pensée. Je goûte avec bonheur à ma laïcité, que je déguste à petites doses, en traits ironiques, c'est tellement bon, néanmoins, on se sent si seul à ne rien revendiquer, à ne rien affirmer, à ne rien défendre, le bonheur mobilise moins de passion que la haine .....

Le programme du FIFDH - http://www.fifdh.org/

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06/12/2009

La folie dernier rempart contre l’intégrisme : ultime forme de résistance

                            images.jpgSi un thème est bien récurrent dans le monde arabe, c’est celui de la folie. Pour Khalil Gibran, c’est Youhanna le fou “qui ose dire la vérité”, dans son dialogue avec Dieu on retrouve un refus de la relation traditionnelle, il propose une nouvelle relation à Dieu. Celui qui ose mettre à bas les valeurs et les traditions obsolètes. La folie, affrontement contre les idées reçues est largement accepté dans la bouche de celui qui a perdu la raison. Tahar Ben Jelloun avec “Moha le Fou, Moha le Sage” autorise son mendiant à interpeller sur la place publique les passants, tout en brûlant les billets de banque, il met en doute toutes les fausses croyances: l'argent, l'occidentalisation, la religion, le pouvoir, le torture et on le laisse dire,  cet homme pauvre  qui s’est détaché de toutes ses chaînes, celui qui a enfin retrouvé sa liberté de parole et de pensée. Sa folie l’a rendu libre,  sa folie l'a rendu sage.

Schizophrénie sociétale ? On laisse parler les fous et on les écoute attentivement. Ils deviennent critiques de la société dans laquelle ils évoluent. La folie est-elle le langage des anges qui ont renoncé à la religion des humains ? Le seul espace possible d’expression critique. Vent impétueux qui souffle sur tout ce qui est figé, dérange, interpelle. Les auteurs arabes n’hésitent pas à planter dans leur décor, un personnage central qui interroge le monde et plus aucune force, ni étatique, ni religieuse ne réussit à entraver ce flot d’expression libre parce que ces personnages “dé-socialisés” sont ceux qui ont soif de changement et de vérité. Ils ne sont plus soumis à aucune censure, ignorant toutes les frontières, ils avancent seuls dans leur désert avec leurs mots et leurs maux  qui se réapproprient la parole censurée. Mis au ban de la société, ils l’observent avec d’autant plus d’acuité et réintègrent par là leur propre humanité.

Dans Jounoun (folie) pièce tunisienne de Fadhel Jaïbi écrite par Jalila Baccar, le schizophrène,  Noun, nous suggère  comme dans une confidence, dans un long murmure que sa part féminine,  sa sensibilité, sa dimension fragile , voire quasi féminine ne peut s’exprimer que dans la folie dans ces sociétés à forte domination masculine où il faut être fort et invincible.

Alors on soupire , “meskine” qui signifie “le pauvre” mais on l'écoute avec passion. Eloge de la folie.

Qui oserait lancer une fatwa contre un fou?

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21/09/2009

La blogosphère : totem virtuel ?

images-1.jpgLa blogosphère est certainement devenu notre mât totémique, un point de ralliement, une tentative de cohésion autour d’une pratique commune et au pied duquel nos déposons nos croyances, nos questionnements, nos tentatives de réponse. Notre blog nous situe réellement à l'intérieur du groupe. Nous y croyons suffisamment pour en faire quasi un objet de culte, y revenir quotidiennement. On aimerait pouvoir en codifier le langage, organiser la pensée, interdire, chasser toute transgression (totem donc tabou)faite par des trolls qui ne respecteraient pas le culte établi avec son rituel propre.  Le blog ne devient-il pas un lieu de culte véritable, un objet quasi sacré ? "Et qu’est-ce la divinité si ce n’est la société elle-même ?"*  La solidarité s’organise lorsqu’un officiant est attaqué par un transgresseur (troll). On exige des sanctions, des interdictions, on protège de toutes nos forces notre totem, source de nos croyances.
La blogosphère, une hydre fantastique quasi mythique autour de laquelle le groupe se forme en fratrie étonnante. L’hypostase du groupe, nouvelle forme sacrée d’une force collective qui symbolise un pouvoir, une force collective.  Sans nous en aperçevoir, inconsciemment, nous blogueurs ne faisons que reproduire des traditions primitives utiles à notre organisation sociale . Nous projetons sur le totem nos attentes sociétales, nos peurs, nos angoisses.
Energie diffuse, objet de culte, nous demandons à ce qu’il y ait une organisation autour du totem, des médiateurs, des censeurs, des organisateurs de cette énergie, symbole de notre temps. Nous établissons des mécanismes qui nous relient en fait malgré tout à un objet quasi sacré. Les blogueurs sont des pratiquants d’un temps nouveau, certains, chaque jour, en un rituel bien établi,  apportent  leur contribution à ce totem et le nourrissent  afin de ne pas le laisser mourir.

La blogosphère ? Totem ou menhir emblématique de notre temps. Derrière notre laïcité très apparente, nous recréons malgré tout une forme de religiosité parce qu'en réalité nous sommes toujours en quête de sens, peu importe le support, la démarche reste toujours la même pareils à nos ancêtres dits primitifs.

Ainsi va le monde ........

 

* Emile Durkheim

 

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26/08/2009

L'exil en héritage

 

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Les parcours de vie d'exilés retiennent souvent l'attention, ils vous transportent , malgré vous, dans des univers chatoyants ou vous plongent d'une manière effroyable dans des clairs-obscurs aux nuances saisissantes. Tableaux d'existence morcellée où les récits de mets aux effluves capricieuses vous enivrent, et fréquemment dans une langue vivante et colorée, on vous raconte des anecdotes qui excitent l'imagination et enflamment les sens.

Destins contrariés et intenses des exilés et de leur descendance qui hérite immanquablement de ces pierres laissées sur les chemins de l'exil. Tendres balises qui ramènent aux sources de la mémoire familiale, qui expliquent les traditions, les mots importés d'autrefois qui s'accommodent de la nouvelle langue en l'enrichissant d'intonations étonnantes, d'expressions hautes en couleurs, si astrales et si musicales.  La dernière récemment entendue ravit les oreilles, une fille d'un père italien  immigré en Suisse me racontait les conseils paternels dont un traduit grosso modo de l'italien: "Ma fille, ne fait pas des pas plus longs que tes jambes !" un bon adage populaire qu'elle transmet,  à son tour,  à ses propres enfants. Une autre connaissance, née en France et qui vit à Londres  met invariablement ses trois sucres dans la tasse en citant ses tantes nées à Alexandrie  : " un sucre ce n'est rien, deux pas suffisant, trois enfin tu obtiens la saveur parfaite du café turc." Turc ou pas turc, à tous ses cafés sont rajoutés les fameux trois sucres des vieilles tantes bijoutière, émigrées  en Europe et qui offrent sur un plateau ciselé à toutes leurs clientes un café généreusement sucré. 

 

 

 

C'est le parcours des exilés qui au croisement des mille routes ont dans leur besace des souvenirs à offrir en pagaille :

 

Ceux du  Portugais qui avait quitté le Mozambique et s'était réfugié au Botswana, il me montrait ses dix doigts en me persuadant que son passeport, son unique document dans la vie , le voilà : ses mains ingénieuses. Celles-là même qui lui permirent d'ouvrir une boulangerie industrielle, de fixer l'antenne de la télévision du pays, de voyager partout sans problèmes et de s'adapter. Il les brandissait pareilles à des marionnettes douées d'une vie à part, laborieuses fourmis,  des pognes magnifiques aux ongles en deuil. Et je les regardai s'agiter devant mes yeux, émerveillée de constater à quoi pouvait tenir une vie, une réussite, au bout de dix doigts. Il nous servait du Porto dans des petits verres lusitaniens, tout son intérieur ressemblait à n'importe quel logis du centre de Lisbonne et pourtant, il n'y était pas né, mais il avait reçu en héritage déjà l'exil de son père qu'il perpétuait et transmettrait à la future génération. Sa fille, démontait les lampes et les refixaient avec une telle dextérité sans mêler les fils qui court-circuiteraient tout,  sans montrer la moindre hésitation, elle s'aplliquait les yeux quasiment fermés. Avec le goût de l'exil, elle avait hérité de la dextérité paternelle. 

 

Et encore, les souvenirs de ce Parisien, célèbre avocat,  dont le père juif né en Algérie est  passé par Marseille comme tant d'autres réfugiés. Le fils roule très légèrement les "r" comme ses parents, il fait le couscous à la perfection et invective ses enfants en arabe. Il nous raconte les mille et un récits de son père, comment celui-ci  a quitté l'Algérie, " un bras en avant, un bras en arrière" , c'est-à-dire avec rien du tout après avoir tout perdu en quelques jours.

 

Or,  pour avoir la nostalgie la distance n'y est pour rien, l'exil peut-être sur le pas de votre porte. Mon arrière-grand-mère valaisanne, se faisait livrer à Genève, par le facteur,  du pain valaisan au seigle,  deux fois par semaine.  Pour rien au monde elle aurait renoncé à son pain valaisan ."Le meilleur du monde " selon elle. Fidèles à la tradition héritée, nous continuons à ramener régulièrement du pain du Valais au seigle et aux noix.

 

Ce pain noir comme ces destins si souvent contrariés et assurément riches, au goût superbe !

 

 

(photo argentique- Agustí Centelles, Camp de réfugiés de Bram, 1936-1939 © Archives Centelles, Barcelone / ADAGP, 2009

 

17:45 Publié dans sociologie | Tags : exil, exilés | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

18/08/2009

Les peurs : une épidémie psychique?

etienne-revault-corde-en-tete[1].jpg La sécurité, le sida, la grippe aviaire, la grippe pandémique A H1N1. Une cristallisation de la peur des masses qui perdent le don de raison et de réflexion. Toute pensée individuelle est noyée et écrasée par la masse qui impose de manière tyrannique et autoritaire sa doctrine et relayée soit  par l'Etat, soit par un groupe, soit par un lobby. Manipulation et  désinformation sont le lot de l'hystérie collective.

 

Que faire pour raisonner encore un tant soit peu ? Se débarrasser de la surcharge émotionnelle qui paralyse le niveau critique et anéantit la raison.- S'ensuivent slogans, chimères, mensonges, hystérie collective qui se propagent à la manière d'une épidémie psychique.

 

Rassurez-vous ! Toujours,  selon Jung pour tout malade qui sombre dans la folie, il y a dix cas de folie latente qui n'empêche pas l'individu d'être retors et pervers, bien qu'il présente toutes les apparences du normal.

Aucune statistique ne peut renseigner sur la fréquence des psychoses latentes à la nocivité toute particulière et qui affolent les masses. Au sein d'une telle masse ce sont les asociaux qui sont les mieux adaptés, ils reconnaissent tous les signes de la folie et s'y meuvent comme des poissons dans l'eau. Dans cette frénésie fanatique de la déraison collective ils s'y retrouvent à l'aise.

Ces êtres en partie normaux qui véhiculent des pensées nocives sont une source éminemment dangereuse de contamination et d'infection. Fausses rumeurs, fausses informations, manipulation, statistiques tronquées.

Comment résister au danger de contamination psychique comment identifier tous ceux qui ont l'air si normaux et qui paraissent tenir des discours si cohérents et pourtant ?

 

Source de lecture : C.G Jung Présent et avenir

 

23:35 Publié dans sociologie | Tags : jung, peur, h1n1, grippe aviaire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

29/07/2009

De la boukha à la burqa – L’ivresse du néant !

Tignous-Burka-kaboul-2.jpgUn article hypra-intéressant et toujours aussi provocateur d’une journaliste de Charlie-Hebdo qui se balade en burqa à Kaboul et titré :
Kaboul underground – Sous la burqa - Sexe, mensonge et MLF !

Quelques extraits pour donner envie d’en lire davantage : “Pour les novices, la burqa n’est pas qu’un sac à viande, elle le devient quand on sait la porter: pensée pour que bobonne puisse trimballer les courses, elle est ouverte sur le devant, au-dessus du pubis, pour libérer les bras. Le tissu est léger, et la relija, la grille placée au niveau des yeux, en coton croche.


……..Une fois dans la rue, le miracle a lieu: des bonshommes en pagaille et pas une œillade qui vous rappelle le péché originel. Pour la première fois, seule, invisible, inodore, invincible. Le sentiment d’être libre. Ou morte.

«Jusqu’à l’âge de 12 ans, rapporte Atik Rahimi, le garçon reste dans les jupes de sa mère, puis c’est le déchirement: il entre dans le cercle des hommes et n’en sortira plus. Résultat: la poésie est hantée par les femmes et le vin, l’autre interdit.» Mais les hommes se retrouvent dans des pratiques à la romaine, avec éphèbes et tout le tralala. «La tradition veut que les chefs de tribu enlèvent des garçons orphelins pour les entraîner à la guerre et les faire danser le soir, précise Bachir. Les talibans ont tous été violés.» D’ailleurs, à Kaboul, il est facile de trouver des vidéos porno amateurs venues du sud du pays avec des gamins de 10 ans dans le premier rôle…

Le pire ennemi des Talibans : la femme émancipée

… “Le traitement réservé aux femmes actuellement est à l’image de la dégradation du pays en général, et de Kaboul  en particulier: «Quand on part le matin, précise une jeune salariée de l’ONG Madera, on ne sait jamais si on rentrera le soir. Pour les talibans, les Afghanes au service des étrangers sont des traîtresses et des dépra­vées.» Finie, l’époque où ces dames balançaient leur tchadri et leurs ambitions face à la caméra comme d’autres avaient lancé leurs soutifs. Discrédité, le ministère de la Condition féminine, moquée, cette prétendue police chargée des luttes contres les violences faites aux femmes, dénigrée, la grande majorité de femmes au gouvernement. Même l’organisation radicale RAVA, implantée au Pakistan, devient difficile à contacter: ses militantes nient en faire partie ou ne donnent que des interviews consensuelles, le visage masqué. «Tout cela, un spectacle, un show pour les Occidentaux, sourit Habi­ba, ma copine du salon de beauté. Une belle affiche pour une belle parade.»

 

Eh, les copines, y a du boulot sur la planche !


http://www.charliehebdo.fr/index.php?id=772

Dessin : Tignous

21:45 Publié dans sociologie | Tags : burqa | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

03/07/2009

Les trous dans le CV : et les CV atypiques ?

Suite à l'émission de ce matin, On en parle sur les ondes RSR,  une auditrice a immédiatement  posé une question sur les CV atypiques. Un CV à trous est  certainement déjà atypique. Les internautes inondent le web de : Au secours ! J'ai un CV atypique ou Profil hors norme  cherche nouveaux horizons ..... Côté recruteurs, on conseille: pas de CV atypique, trop dur à caser, on ne sait trop  dans quel tiroir les mettre. Certains osent parler carrément de bénédiction lorsqu'ils tombent sur de tels profils, hormis l'entretien qui passionne après .......?????? Que faire du mouton à cinq pattes qui parle six langues dont la dernière apprise est le sanscrit. Ou le footballeur exceptionnel sur la pelouse qui doit se reconvertir suite  à un grave accident.

Iconoclaste, énergie débordante, leader, grand baroudeur ou baroudeuse. Ces atypiques font trembler autant que les troueurs de CV et parfois ils sont les deux à la fois au grand dam du recruteur.

La solution  pour les CV atypiques  ? Etre un génie, et montrer  qu'il n'y a rien d'exceptionnel à cela  en  démontrant que  l'entourage s'y habituera très vite et que même ça risquerait de leur faire beaucoup de bien.  Hormis la plaisanterie, l'atypique démontrera qu'il est un type comme un autre, pas mauvais dans le fond !

 

Pour écouter l'émission sur Trou dans le curriculum vitae ou vue sur la mer :

http://www.rsr.ch/la-1ere/on-en-parle/selectedDate/3/7/2009#20090703-les-trous-dans-le-cv

 

Atypique qui  cherche un job !



CurricuJésus.jpglum vitae

 

Nom : Jésus fils de Joseph et de Marie
Né : - 8 ans (la date serait plutôt 2002 après Jésus-Christ que 2010)
Lieu : Bethlehem
Contact : télépathie


Mon objectif de carrière Améliorer le Monde


Ecole
Fréquentation des docteurs en sagesse dans le temple
de Jérusalem
Expériences professionnelles
Miracles et Guérisons
L’eau changée en vin – Délivrance d’un démoniaque –
Guérison du fils d’un officier du roi – Guérison de l’infirme de Béthesda – Guérison d’un lépreux – Une pêche miraculeuse – Résurrection du fils d’une veuve – Résurrection de Lazare – Délivrance d’un enfant démoniaque suicidaire – Apaiser une tempête – Guérison d’un paralytique – Nourrir 5 000 hommes, etc.

An 22 – Plusieurs mois à écouter des discussions au temple
et visiter des écoles de rabbins
AN 23 – Tour de la Méditerranée – Séjour à Rome de 6
mois
An 24 – Préparation de la caravane en vue de départ pour
Damas à dos de chameau.
An 25 – Retour à Jérusalem

Langues parlées :
Araméen (langue maternelle)
Hébreu (parlé et écrit)
Grec (notions)
Latin (notions)

Moyens de transport :
Ane, barque de pêcheur, chameau
Loisirs
Voyager, lire, discuter de spiritualité et de philosophie
Libre de suite

Si Jésus devait se présenter pour un emploi, il serait refusé d’emblée. Cheveux longs, type trop arabe, trop de trous dans le CV, bouge trop souvent. Il finirait chômeur  ou à l’assistance publique.

 

copyright Publibook.fr

 

19:47 Publié dans sociologie | Tags : trou dans le cv, cv atypiques | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

01/07/2009

Les trous dans le CV : ces interstices magnifiques

WEB_cv--469x239.jpgQuelques mois, quelques années de vide à combler dans un CV, ce n'est pas évident. Répondre aux questions de que faisiez-vous de telle année à telle année ? Alors que ce n'est qu'un gouffre, une période en point d'interrogation, une longue accalmie après quelques tempêtes existentielles.  Grand silence....... Elever des enfants, la taule, la maladie, le chômage ou juste rêver, souffler, respirer un bon coup comme si le reste du temps on étouffait dans un agenda trop chargé, surchargé. Prendre le large... Enfin !  La mer en vue.

Sur le net des pages entières sont consacrées  à ces sacrés trous, autant de recettes : comment les gérer, comment les combler, les remplir, les cacher, omettre, mentir, tout dire et plus de boulot au bout de la vérité, vide sidéral, abysses, phobie des candidats à l'emploi, bête noire des recruteurs. Bref, ces sacrés trous qui nous donnent des sueurs.

Et voilà pas qu'il faut faire preuve d'imagination et je vous assure que les gens n'en manquent pas : "Je me suis occupée de ma grand-mère malade en chaise roulante " - "Le séjour en taule en Allemagne se transforme en séjour linguistique avec mention - Langue parlée et écrite - Allemand ,stage intensif, immersion absolue . Ou le séjour à Calcutta au clou devient - Retraite de méditation dans un ashram, longue période d'introspection.

Mais si vous saviez combien ces trous parlent de la vie, de la vraie vie. Non ! le CV ne doit  pas être un curriculum mortem mais  bien comme son nom l'indique un curriculum vitae. Et ces magnifiques silences qui me font dire que la vie est une belle partition de musique avec ses longs silences qui font aussi partie du rythme.

Vendredi matin entre 9h15 et 9h30  dans l'émission "On en parle" , j'interviendrai sur les ondes de la radio suisse romande au sujet des fameux trous dans le CV et je compte bien y défendre mes magnifiques  troueurs de CV.  Artistes, peintres, génies ou juste des gens comme vous et moi qui parfois avons besoin de se creuser un petit trou dans le CV pour respirer un bon coup et recharger ses batteries.

Et vous,  que faisiez-vous lorsque vous ne "faisiez rien" ? - Voyage, année sabbatique, juste un rien rempli de vous et de votre vie ?

Le Temps par le biais de sa journaliste Marion Moussadek a traité le sujet de manière intéressante, à deux voix, la mienne qui fait chanter ces trous; magnifiques interstices et celle d'une recruteuse qui les analyse sous un angle différent :

Parcours professionnels interrompus: les trous dans un CV ne doivent pas être tabous

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0363a024-61ca-11de-a6ab-1...

(dessin Tirabosco)

22:44 Publié dans sociologie | Tags : trous dans le cv, curriculum vitae | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |