09/10/2016

L'Hôtel City Plaza d’Athènes autogéré par des réfugiés

IMG_0501.JPGIl y a des expériences qui méritent d'être vues de près et relatées comme celle de l'Hôtel City Plaza, à Athènes, une centaine de chambres habitées par plus de 400 réfugiés, principalement débarqués en Grèce, par bateau et venus de Syrie, d'Afghanistan, du Pakistan, des Kurdes, une immense tour de Babel.

Une philosophe grecque qui  fit ses études de bio-éthique à l'Université de Louvain et désireuse de transmettre ses connaissances philosophiques aux réfugiés se greffa sur ma visite. Samedi, j'espérai, au fond de moi qu'elle avait oublié notre rendez-vous devant le City Plaza, en pensant que c'était déjà suffisamment compliqué de faire un reportage avec photos et entretiens en évoluant discrètement parmi les uns et les autres, sans en plus laisser la philosophie mettre son grain de sel, dans ce chaos. Devinez qui m'attendait de pied ferme, tout sourire : la philosophe, Despina !

IMG_0508.JPGNous fûmes reçues  à l'entrée  par des bénévoles qui montent la garde, nuit et jour,  pour la plupart des universitaires. Quelques marches plus haut se trouve la réception, puis au premier étage un café, où les hommes fument et discutent entre eux, une garderie et la salle à manger. Nous nous installâmes et entamèrent la discussion, plusieurs portraits défilèrent  alors :  Syriens de Damas et de Homs venus avec femme et enfants ou avec leurs parents. Un Syrien, nous raconte qu'il devait passer avec sa mère, un entretien à l'Ambassade de France, mais la pauvre femme fut  hospitalisée, à Athènes, à cause d'un malaise cardiaque, à peine sortie, elle  se foule la cheville, retour à l'hôpital, le rendez-vous fixé par  l'ambassade est reporté sine die, un moment qu'ils attendaient depuis des mois, il en est effondré.

 

 

IMG_0488.JPGParfois, au milieu du brouhaha,   je capte des bribes de conversation de la philosophe , assise derrière moi : " La philosophie, c'est d'abord un dialogue! Les Grecs anciens sont les premiers à avoir défini ce qu'est la démocratie et de poursuivre : qui peut me dire, ce qu'est la démocratie?"   Un  Afghan lui dit que lui n'a toujours connu que la guerre et c'est pour découvrir ce mot qu'il est parti. Despina se lance avec force gestes sur la définition de la  "demokratia" δημοκρατια , du "dêmôs" et du "kratos".  Ils la regardent comme si elle tombait du ciel, et j'admire sa persévérance et cette volonté infaillible de transmettre la philo comme une arme contre la fatalité.

 

 

 

IMG_0519.JPGTandis qu'elle disserte, je pars visiter les cuisines, ce jour-là ce sont des Afghans qui sont de service et qui doivent assurer plus de 1'000 portions par jour.  On y  entend parler le Urdu, le Pachtoune, le Tadjik, le Dari, le Russe. Chacun a de la famille à quelque part en Europe et essaie de rejoindre qui un frère en Suède  qui une tante en Allemagne qui un père en Italie. Ils sont depuis plusieurs mois en Grèce et attendent de partir.

Ce sont des commerçants qui leur donnent les invendus sans compter sur la solidarité des uns et des autres. Des personnes généreuses leur livrent de la nourriture et des habits. Médecins, psychiatres, pédiatres viennent consulter gratuitement. 

Une centaine d'enfants s'amusent à monter et descendre les escaliers à toute allure. On évite de se ramasser une poussette dans les jambes qu'ils roulent  à toute vitesse dans la salle à manger. Ils jouent à cache-cache sous les tables. Ils sont si occupés qu'ils ne voient même plus les adultes, ils nous contournent comme si nous n'étions que des statues. 

En discutant à l'entrée avec des bénévoles, je vois une famille arriver, les petites filles ont des nattes impeccables, elle portent des sacs sur le dos trop lourds pour elles, les parents ne logent pas encore à l'hôtel mais espèrent y trouver une chambre. Le père essaie de dire en grec qu'il aimerait monter plus haut à la réception, les cinq tremblent de peur à l'idée d'un refus. Les trois enfants ne cessent de nous saluer, on voit qu'ils ont appris leur leçon "Soyez polis, faites bonne impression", même la petite  de 3 ans n'arrête plus de me saluer pensant sans doute que j'ai quelque influence. Finalement, ils montent. Un sentiment étrange me saisit, voilà, on vient de leur dire qu'il y a de la place, la mère s'effondre sur une chaise de joie et d'épuisement, ils ne resteront pas dans le parc cette nuit, ni les suivantes, quel soulagement ! 

Despina a terminé devant son petit auditoire par Héraclite " on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve!"- Ce que vous avez vécu, vous ne le vivrez jamais plus, tout n'est que changement,  sachez-le.

La philosophie monte aux barricades.

L'Hôtel City Plaza a été réquisitionné par des militants d'extrême-gauche, le 22 avril 2016. Un hôtel abandonné depuis des années par le propriétaire qui ne pouvait plus payer ses salariés. Ceux-ci se sont montrés solidaires et s'estiment en partie propriétaires des meubles et des équipements qu'ils mettent à disposition des réfugiés. L'hôtel est branché sur l'électricité d'un chantier voisin. 

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Crédit photo D. Chraïti

20:14 Publié dans philosophie, Société - People, sociologie, Solidarité | Tags : city plaza, refugees, athens, athène | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

22/09/2013

Le meurtre d'Adeline : un débat de société ou la monstruosité au coeur du débat humaniste

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C’est sans doute une peinture de Georges Rouault « l’Accusé » qui sera à même de rendre cette ambiance viciée dans laquelle nous évoluons et étouffons, à la fois,  tous,  depuis le meurtre d’Adeline par Fabrice Anthamatten, violeur récidiviste. Un tableau qui confond les accusateurs et l’accusé dans une même noirceur;  où on ne sait plus qui accuse qui, où se trouve précisément le criminel dans ce sombre tableau,   tant les visages portent sur eux  les stigmates de la monstruosité aux formes si diverses et si mouvantes, si insaisissables.  Et avec le monstre, la monstruosité s’est lâchée.  Du bubon pestiféré, à la puanteur dégoulinante des propos pulsionnels;  le pus s’est répandu sur toute une société qui , en moins de rien,  a perdu ses repères et  révèle par-là, la profondeur de son malaise. 

Le monstre déstabilise

Le monstre de tout temps déstabilise l’institution, ses normes, ses règles, il ébranle le pouvoir, il excite les pulsions les plus viles,  certains peuvent sans complexes,  se laisser aller à leurs instincts les plus bas et vociférer au milieu de leur haine pointant un doigt accusateur et prêt à toutes les manipulations.

Mais après la haine et le cerveau reptilien surinflammé, il est temps de diriger le débat au niveau du cortex et de réfléchir, enfin !  Avec Jacques Derrida, on craint de nommer le monstre au risque d’être de connivence avec lui et surtout à travers lui, cette peur de voir muter notre modèle normatif parce que devant un monstre on prend conscience de ce qu’est la norme et à la voir transgresser, il nous faut de toute urgence redéfinir nos frontières et notre cadre.  Confrontés à cette nécessité de revoir nos modèles, nous sommes aussitôt contraints d’en comprendre les limites. Avec Michel Foucault, on surveille et on punit, le pouvoir se définit et s’impose à travers ses lois, les bafouer, les ébranle et c’est en cela que le monstre a une toute-puissance qui nous déstabilise, il transgresse et nous renvoie le miroir de nos failles.

Or, le drame du meurtre d’Adeline, sociothérapeute,  par le violeur multirécidiviste, Fabrice Anthamatten, nous replonge dans ce qu’on croyait avoir définitivement éludé, à savoir la place du monstre dans nos sociétés. Nous voilà à nouveau confrontés à l’inéluctable;  face à la bête monstrueuse qui sommeille à différents niveaux en chacun de nous et qui chez certains a totalement effacé l’humain, pour une déshumanisation sauvage et qui ne se réalisent qu’à travers le meurtre et la violence.  Ont-ils le choix ? Peuvent-il s'en empêcher ? Sont-ils entièrement responsables ? Laissons les spécialistes répondre à cela. 


Notre humanité à l'épreuve de la barbarie

Surveiller et punir,  adapter des mesures qui ne sont que le reflet d’un choix de société et nous avons choisi une politique,  à dimension humaine, pour une réinsertion des prisonniers:  soigner, encadrer, former, transformer,  redonner une deuxième chance parce que l’emprisonnement  doit être accompagné d’une préparation et a pour finalité la réinsertion et se donner pour but aussi  de soigner ceux qui sont profondément malades, parfois incurables.  User de toutes les méthodes pour ramener l’ »anormal «  à la normalité qui permet le  vivre ensemble.

Nous n’avons choisi ni les couloirs de la mort et  ses injections létales, ni la pendaison, ni la lapidation, ni la fusillade, ni l’étripage, ni le bain d'acide, ni la torture, ni l'arrachage des yeux, des dents et des testicules, ni la pendaison, ni l’ébouillantement, ni l’élongation des corps qui fait craquer les os et les démembre, ni les bûchers. Nous pouvons nous targuer d’être les dignes représentants d’une société en devenir qui s’est offert en lieu et place de la barbarie, une humanité à toute épreuve.

Il est dur de garder face à l’horrible meurtre et viol d’une jeune femme, la voie que l’on s’est tracée, de continuer à semer les graines d’une conscience de l’autre qui va le chercher jusque dans ses abysses les plus sordides pour l’en extraire coûte que coûte et lui accorder sa place au sein de la société, à la lumière de notre humanité, nous le ramenons à la surface. 

Il s’agit moins de remettre en question des avancées d’une société ouverte et tolérante que de mettre en place les mesures adéquates pour éviter des drames comme celui que nous venons de vivre. Comprendre et corriger ce qui doit l’être ne doit pas remettre en question nos choix fondamentaux, nos choix de sociétés à l'image de notre conscience.  


Victimes de nos stéréotypes savamment nourris et orchestrés ? 

Une autre question légitime me paraît-il et qui en tarabuste plus d’un est de savoir  si Fabrice Anthamatten s’était appelé Mustafa Belkacem, Feliciano de Almeida, Ceku Daci ou Mamadou Babacar aurait-il  bénéficié du même traitement ? Ceux qu’on a désignés comme les « moutons noirs » auraient-ils eu  droit à des séances d’équithérapie et se retrouver seuls avec une belle jeune femme, au milieu d'une forêt après s'être muni d'un couteau ? Cela ne fait aucun doute, ils auraient été accompagnés par un agent. 

A force de croire que le violeur c’est l’étranger, la société nourrie de fausses images, manipulée à souhait, n’est plus capable d’appréhender   une réalité flagrante qui finit par entièrement lui échapper. Un stéréotype qu'elle  a fini par faire sienne, assimiler  sans s’en apercevoir,  ingurgiter dans le silence le plus absolu, au point de ne plus voir et comprendre que Fabrice Anthamatten pouvait être,  bien que mouton blanc d’origine « caucasienne »,  un  dangereux mouton pour la société.  Les slogans haineux à l’encontre des étrangers finissent par rendre aveugles tous les moutons de Panurge et nous mettre tous en danger, moutons noirs et moutons blancs.  

 

Paix à l’âme d’Adeline et mon soutien à ses proches et à tous ceux qui oeuvrent pour la réinsertion des prisonniers et qui se sont fourvoyés dans ce cas précisément. 

"On peut toujours faire quelque chose de ce qu'on a fait de nous" (Sartre) continuons à y croire et à se battre pour cela. L'homme est humain ou n'est pas !

 

23:02 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

19/05/2013

Ce qui n'est pas médiatisé, n'existe pas !

se-taire.jpgUn axiome inquiétant qui induit une redéfinition du monde et  nous pousse à nous interroger : qui décide quoi, comment, quand, pour qui , pourquoi, avec qui,  par quel biais ?  

 Est-ce une autre façon de dire que ce qui n’est pas mis en lumière, doit demeurer dans l’ombre ? Que ce que l’on ne voit pas doit rester secret. Ce dont on ne parle pas, ne doit pas mériter notre intérêt. 

Mais qui décide donc de ce qui doit être vu ?  Les médias ? Les politiciens ? Les groupes de pression qui ont les moyens de se rendre visibles et prêts  à confondre :  faire du bruit et fournir de l’information ? La triade : le propriétaire du journal, le marché, le journaliste ? Quelle interdépendance entre eux ? Qui a du pouvoir sur qui et jusqu'où ? Le journaliste "conseiller du roi"  le soutient ou soutient le groupement ou son idéologie jusqu'où et jusqu'à quand ? Quelle limite pour le journaliste à ne pas franchir, allié, puis ennemi qui a des informations "sensibles" et qu'il utilisera au service de qui pour quel nouveau prince ou roi ? Journaliste indépendant ? Ah, bon ! ça existe ? Information objective ?Ah ! Vraiment ? 

 

Rendre quelque chose de visible,  est-ce alors  une question de moyens ? Un paradigme cynique , en perspective. Seuls les nantis,  associés à des groupes de pression, les plus en vue, les stars  fabriquées de toutes pièces par les premiers, quand bien même n’ont-elles pas grand-chose à dire auraient le droit de dire ce qui doit être vu et dit  ?  Sont-ce les annonceurs qui paient des encarts  dans les journaux et dorénavant sur les sites  qui influencent  l’information et décident de ce qui doit être révélé, montré, tu, ou matraqué en boucle ?

Si tel est le cas, nous partons d’un postulat pour le moins  inquiétant. A lire ce qu’on lit, on peut effectivement comprendre qui a les moyens de rendre manifeste un type d’information qui nous est livrée en masse. Une manufacture de l’information qui sur-représente une position, un événement, un courant de pensée et qui prépare les groupes silencieux à ingurgiter ce que veulent  leur  faire avaler ceux qui détiennent le pouvoir et les finances et tirer encore davantage profit du silence. S' ils daignent   parler d’un fait social;  ce n’est qu’à travers quelque  faits divers, de façon anecdotique. Les faits divers peuvent être réutilisés ad infinitum et ad absurdum : « Un meurtre sordide, une occasion de relancer le débat sur la privatisation des prisons où on pourrait y faire travailler les condamnés et faire du bénéfice. Même les morts sont utiles à cela, instrumentalisés post-mortem  ! ».   On lance aux  pourceaux non plus  des perles, mais une bouillie infâme.

Une massification de l’information qui tourne en boucle et qui prépare la masse à ingurgiter un modèle sans voir là-derrière la manipulation d’un petit groupe qui appartient dans le fond à une élite « économique » ou/et  « politique » souvent la même et sur plusieurs générations. 

Des opinions faites et défaites sur le modèle de tout ce qui est « fast » , à savoir rapide et superficiel et surtout qui passe très vite, comme chat sur braise lorsqu’il s’agit des intérêts de la masse silencieuse et vouée aux gémonies. Des faits divers qui font croire qu’on a de plus en plus d’information, tandis que l’on nous désinforme et que la pensée s’appauvrit, le principal disparaît au profit du surmédiatisé d’un éphèmère déconcertant dont il ne reste rien, sinon du tapage assourdissant. 

Combien d’informations importantes nous échappent ainsi. Combien d’éléments nous manquent-ils pour analyser des situations dans leur ensemble et surtout les comprendre  ? 

Quelques questions qui nous forcent à penser qu’il est préférable de ne pas trop s’intéresser à ce que l’on voit, mais à tout ce qui reste caché, rester critique à l’égard de l’écho de résonance des nantis et toujous se demander :Quel intérêt ont-ils à nous révéler cela ou à  insister ? Et vous le trouverez tapi dans les bas-fonds.  L'intérêt !  cet appétit vorace des engrangeurs de billets.

Seule la connaissance du  terrain, au plus proche des réalités sociales  nous permet de comprendre  ce qui s’y  passe véritablement et permet de  faire circuler l’information auprès d’un ou plusieurs  groupes dont on assure le maillage communicationnel  ;  c’est bien-là où réside l’essentiel, dans la zone d’ombre que l’on camoufle avec subtilité, sur le terrain social qui vit et vibre dans les labyrinthes profonds d’une société qui s’illustre par le clinquant et qui aimerait que l’on continue à   « boulimiser » ce qu’elle nous balance à tire larigot. 

Ce qui est important n’est pas : ce qui est dit, mais ce qui est tu, ce qu’on voit mais ce qui ne se voit pas,  ce qu’on sait mais ce qu’on ignore;  c’est bien-là où tout se joue.

Sans doute les réseaux sociaux et les blogs sur internet  permettent  de relancer les cartes pour un nouveau jeu et faire sortir de l’ombre ce qu’on aurait voulu tant camoufler, à savoir des réalités sociales et économiques qui prouvent le triste état du monde et sa grande inégalité et injustice. En évitant soigneusement d'être financés pour éviter de se retrouver dans le cas de la presse classique.

Dans un  silence de plus en plus pesant, les damnés de la terre disparaissent. « Chut » surtout ne pas en parler ! On risque de se souvenir qu'ils existent ! 

 

(voilà pourquoi j'ai renoncé au journalisme et que je préfère les blogs où je ne touche pas un kopeck, mais exprime librement ce que j'ai à dire : le prix de la liberté ! même ça,  se paie et surtout ça   ....) 

 

 

 

 

10:27 Publié dans Médias, Résistance, Société - People, Solidarité, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

16/12/2009

Voile contre string – un corps féminin aliéné ?

images-2.jpgDerrière le voile, la volonté de cacher le corps à la concupiscence masculine, ou le découvrir et l’affubler d’un string pour l’offrir à cette même concupiscence ? Entre les deux, où se trouve réellement la liberté de la femme. Femme muselée, femme objet ?

En Europe, on demande à la femme d’enlever son voile, sur les plages des pays arabes et d'ailleurs on les prie de cacher ce string qu’on ne saurait voir, parfois les seins, ou on  les invite à  ne plus se balader en short à raz le bonbon dans les villages .

Le corps de la femme, lieu de tous les débats, de toutes les passions, bonnes comme mauvaises

images-1.jpgLe débat est ouvert !

22:32 Publié dans Société - People | Tags : string, voile | Lien permanent | Commentaires (30) | |  Facebook | | |