08/04/2017

Les Réverbères de la mémoire (3) – Hrant Dink

4264838968.jpegLe 19 janvier 2007, Hrant Dink est abattu de trois balles dans la nuque alors qu’il quittait les locaux de la rédaction du premier hebdomadaire turco-arménien Agos,  créé par lui, à Istanbul. Sous le drap maculé de sang, une mémoire assassinée, tandis que certains se moqueront de sa chaussure droite trouée et qu’on voit en premier plan sur toutes les photos de presse.

 

hrant dink,les réverbères de la mémoireCette chaussure est devenue le symbole de celui qui arpentait l'histoire, en long et en large en quête de mémoire, celui qui allait des uns aux autres comme un « berger qui surveillerait ses moutons » s’assurant que tout le monde suive son parcours vers la paix, Arméniens et Turcs. Il explique, démontre, interpelle, dénonce, convainc, rassure, insiste tout en répétant inlassablement, tout en s’adressant à la conscience des hommes.

Dans « Deux peuples proches, deux voisins lointains », Hrant Dink ose penser la paix en s’appuyant sur la mémoire commune : "Nous avons vécu très longtemps ensemble sur ces terres, nous avons une mémoire commune. Cette mémoire commune, nous l’avons divisée en mémoires monophoniques. Nous ne jouons , les uns les autres, que les accords que nous connaissons. Pourquoi ne pourrions-nous pas reconstruire notre mémoire commune en transformant le monologue en dialogue ? »

La terre elle aussi a une mémoire, cette Anatolie travaillée durant des milliers d’années, une terre retournée, sur laquelle on a semé, construit, espéré, ce peuple travailleur et loyal auquel le monde a oublié de montrer de la compassion; ce peuple qui a mis sa peine sur le dos et la porte avec fierté où qu’il soit;  peuple déraciné, arraché à la vie et à la civilisation qu'il avait créée. Et Hrant Dink de se souvenir de ce vieil homme sommé de quitter ses terres qui prit le temps de réparer sa planche à battre les céréales, disant à son petits-fils : » Attends un peu, quelqu’un viendra sûrement un jour faire la récolte . »

Remettre en marche l’horloge du temps et arrêter de faire croire que c’est en s’asseyant à l’envers sur un cheval que l’on bat qu'il avancera à reculons, comme l’histoire, il avancera droit devant lui. En aucun cas, on n’avance en reculant.

Hrant Dink, la mémoire assassinée, Hrant Dink, le journaliste, héraut de la paix, héros courageux de la liberté et de la vérité que l’on a voulu condamner au silence, mais la mémoire, elle ne s’efface pas, les criminels ont tenté en vain de la rayer , imperturbable, elle continue à planer au-dessus de tout, immuable et éternelle.

Paix à la mémoire de Hrant Dink, assassiné le 19 janvier 2007,  par un nationaliste turc.

 

Ce billet s’inscrit dans la série « Les Réverbères de la mémoire » oeuvre de Melik Ohanian, Mémorial du génocide arménien  que nous attendons depuis plusieurs années au Parc Trembley, à Genève, sur fond de pétitions anti-installation, tandis que d’autres éclairages proposés par des auteurs tels que Hrant Dink nous offrent une lumière avec autant de nuances contrastées sur une mémoire arménienne infinie.

 

 

Deux peuples, deux voisins lointains - Hrant Dink- Actes Sud , 2009

 

Prochain auteur  : Roland Godel - Dans les yeux d'Anouch

29/10/2012

Colombie - In memoriam du coeur de Sœur Hilda/ Sor Hildegard, In Memoriam

 DownloadedFile.jpegLe 9 septembre 1990,  dans une région pauvre et montagneuse du Sud Ouest de la Colombie;   une  opération militaire contre les Farc, tombe sur une « guérillera » dangereuse,  à savoir, la missionnaire  suisse, Hildegard Maria Feldman.  Missionnaire laïque de la Société Missionnaire de Bethléem, née à Naefels dans le canton de Glaris, et   travaillant dans le cadre du diocèse d’Ipalies. Surnommée affectueusement "Soeur Hilda".

Un communiqué militaire claironne, alors, fièrement  la mise à mort de cette dangereuse  résistante,  enfin abattue.

 Ce jour-là,  Maria Hildegard Feldman se trouvait au chevet d’une malade, à Guachaves (commune de Santa Cruz)  . Les militaires de l’armée colombienne sont entrés dans la case où elle se trouvait et ont tout simplement tiré, sans prévenir, sans vérifier,  un seul coup de feu au cœur; sa seule arme, un coeur au secours du prochain, un coeur solaire empli d'humanité au service de l'Humanité. Sœur Hilda a juste eu le temps en se tenant la tête, de s’exclamer,  quelques secondes auparavant :  « Sainte Vierge qu’est-ce qui nous arrive ? ».  La victime a été aussitôt enterrée, son corps sera exhumé sur demande pour être ensuite  transféré à Samaniego où ont eu lieu les obsèques.  Après coup, le commandant en riant demandera aux rescapés qui est-elle et que faisait-elle là ?

Cet être magnifique, qui dès mai 1983,  décida de se mettre au service des plus pauvres, des plus démunis en Colombie . Dès juin 1990, on la vit œuvrer  à El Sande en qualité d’infirmière et sage-femme et  qui avait pour charge pastorale de donner des cours pour sage-femmes et auxiliaires de santé et des soins pour  enfants et maladies infantiles .

El Sande, c’était le bout du monde, il fallait y parvenir à dos de cheval par des sentiers caillouteux pendant une douzaine d’heures. Et c'est bien là, dans cette région, oubliée du monde, qu'elle planta ce coeur d'un amour absolu. 

Dans cette région abandonnée et montagneuse, ce cœur généreux a totalement investi sa mission, celle de soulager la misère des plus pauvres, des damnés de la terre dépossédés de leurs biens sous la menace des armes. Forte de 20 ans , en Inde, aux côtés de son frère malade, de dévouement aux côtés des plus démunis, elle continuait à se ranger aux côtés des plus nécessiteux, en Colombie.  Une vie d’amour et de don, un sacerdoce d’une existence entière au chevet des malades et des mourants.

 Tuée d’une balle en plein cœur, à  16 h 30, le 9 septembre 1990, par les troupes de la troisième brigade de l’armée qui tira sans discrimination des coups de feu contre la population civile et qui visèrent celle qui, à ce moment-là , soignait une paysanne malade. Sœur Hilda se plaisait à dire que « la mort conduit à la résurrection. La souffrance, la destruction et l’humiliation débouchent sur la joie, la victoire, et la vie ». Dieu merci, elle était prête à mourir, même de la façon la plus injuste qui soit.

Elle offrait ce visage radieux et patient, d’une femme, alors âgée d’une cinquantaine d’années. Son aspect fragile,  d’une douceur extrême, amoureuse de la musique classique et des plantes auxquelles elle vouait une attention particulière, contrastait avec la rudesse  de la région.  Elle soignait les plaies les plus purulentes avec une attention particulière sans montrer le moindre  dégoût et il n’y avait pas meilleure arracheuse de dents qu’elle. Même les paysans forts,  ouvraient la bouche sans broncher pour laisser extraire une méchante dent de sagesse et la remerciaient d’un souffreteux: »Muchas gracias ! »

Les soldats de l’armée colombienne ont beau eu retourner tous ces effets, ils n’ont guère trouvé les armes de la « guérillera », mais ils n’ont trouvé que son cœur.  Ce cœur d’une beauté cristalline, au service d’une  justice pour tous. Un cœur accroché à l’espoir d’une vie meilleure pour chacune des créatures de Dieu. 

 Une âme sensible et riche d'une foi immense qui a donné sa vie, pour combattre auprès de ces  damnés de la terre à qui on arrachait la terre.  Une vie au chevet des plus pauvres et qu’il faut prendre en exemple et ne pas oublier. C’était là son humble résistance, à cette "guérillera",   alléger la souffrance d’un peuple opprimé par l’injustice et la prévarication. Il est de ces êtres croyants ou pas qui offrent  leur existence à soulager la misère du monde, pour une plus grande justice, au nom d'une plus grande égalité sociale.

 Son sang est là, il paraphera comme tant d’autres victimes l’accord de paix en Colombie. Ce crime est resté à ce jour impuni.

Paix à l'âme de tous ces humanistes

Source : http://www.alterinfos.org/archives/DIAL-1536.pdf

 

mon site http://www.djemaachraiti.ch

 

Sor Hildegard, In Memoriam

 

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El 9 de septiembre de 1990, en una región montañosa y muy pobre del sur-oeste de Colombia fue dada de baja una “peligrosa guerrillera”, María-Hildegard Feldman, en el marco de una operación militar contra las FARC-EP. Un airoso comunicado militar dio cuenta por entonces de la eliminación de tan peligrosa subversiva.

 

Se trataba en realidad de una misionera laica de nacionalidad suiza, nacida en la comuna de Naefels, Cantón de Glaris, y perteneciente a la sociedad misionera de Belén, que por aquel entonces trabajaba bajo los auspicios de la diócesis de la ciudad de Ipiales en Colombia.

 

El día de su muerte, Sor María-Hildegard Feldman asistía a una mujer enferma, en la vereda Guachavés, municipio de Santa Cruz. Los militares del Ejército colombiano entraron a la modesta casucha y simplemente dispararon en su contra, sin verificar, sin prevenir a nadie… Sor Hildegard apenas si tuvo el tiempo de tomarse la cabeza y exclamar: "i Virgen santísima! ¿Qué es lo que nos está pasando? ”, antes que un solo tiro certero en el corazón, que era su única arma, segara su vida para siempre.

 

La víctima fue enterrada de inmediato. Gracias a las muchas peticiones llegadas desde su tierra natal el cuerpo fue exhumado y llevado hasta la localidad de Samaniego, donde poco después se realizó la ceremonia de exequias.

 

Hoy se sabe que pasados los acontecimientos el Comandante del operativo militar retornó al lugar del crimen para interrogar a los sobrevivientes de aquel ataque y conocer más de cerca la vida de esa monja extranjera... Muchos de los testigos lo oyeron susurrar para sí, en medio de una risita nerviosa,"¿Qué carajo hacía esa monja por estos parajes?".

 

Corazón magnifico el de Maria-Hildegard, que a sus 20 años partió a la India, al lado de su hermano enfermo, para trabajar codo a codo entre los más pobres. Años después continuó esa noble misión en Colombia, poniéndose al servicio de aquellos colombianos que no tienen nada. Desde 1990 se le vio trabajar sin descanso como enfermera y partera en la municipalidad de El Sande. Parte de su responsabilidad pastoral era justamente esa, formar comadronas y auxiliares de salud para trabajar en el acompañamiento de enfermedades infantiles.

 

El Sande es un rincón olvidado del mundo y para llegar allí, desde el pueblo más cercano, hay que cabalgar a lomo de mula o de caballo al menos 12 horas por caminos rocosos. Fue justamente allí, en ese resguardo negado del mundo, donde ella sembró su corazón con un amor absoluto y se dio a su misión sin reparos: aliviar en su pobreza a los miserables, a los olvidados de la tierra, a los que fueron desposeídos de sus bienes bajo la amenaza de las armas.

 

Sor Hilda, como le decían, cayó abatida por una bala que le dio en pleno corazón el 9 de septiembre de 1990, a las 4 y media de la tarde. La bala fue disparada por unidades especiales del Ejército colombiano, adscritas a la tercera brigada, que abrió fuego indiscriminado contra la población civil, pero que tuvo en la mira solamente a aquella que, en esos momentos, curaba en su lecho a una pobre mujer enferma.

 

Esta misionera solía decir que “la muerte conduce a la resurrección. El sufrimiento, la humillación o la destrucción, desembocan indefectiblemente sobre la alegría y la victoria de la vida”… Gracias a Dios ella se hallaba preparada para morir, incluso de esa manera tan injusta como fue truncada su vida.

 

Ella tenía uno de esos rostros radiantes, de mujer paciente que toca a la cincuentena; era una mujer de aspecto frágil, de una extrema dulzura a quién le encantaba la música clásica y las plantas, miles de plantas a las que consagraba una gran atención, ternura esta que contrastaba con la agreste región en donde vivió sus últimos años.

 

Sor Hildegard, además, curaba las heridas, incluso las más purulentas, con una atención especial, sin retroceder. Se dice, incluso, que ella era la mejor dentista empírica de toda la región -con los medios de a bordo en aquellas lejanías- y que hasta los campesinos mas rudos le abrían sin prevención la boca para que los librara de sus males, o les arrancara las muelas del juicio… y luego hasta le daban las gracias.

 

Los militares del Ejército de Colombia que la asesinaron escudriñaron todo lo que quisieron entre los efectos personales de la que equivocadamente llamaron “guerrillera”, pero no hallaron nada, solo su corazón. Un corazón de belleza cristalina al servicio de una idea de justicia para todos, un corazón atado a la esperanza de una vida mejor para los elegidos de Dios.

 

Hilda-Hildegard fue una mártir que dio la vida en su “combate" por los pobres, una vida consagrada a los desposeídos. Ese fue su humilde acto de Resistencia: aliviar el sufrimiento de un pueblo oprimido por la injusticia y la corrupción.

 

Su sangre esta aún ahí, junto a la de tantas otras victimas y su rastro firmará también ese posible acuerdo de paz en Colombia, pero su crimen, recordémoslo, sigue en la más absoluta impunidad… Como el de tantos otros y otras, todos colombianos.

 

i Paz para el alma de todos esos mártires !

 

Source : http://www.alterinfos.org/archives/DIAL-1536.pdf

 

 *Traducido del francés por: Paz&Salvo

 

 

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04/10/2012

Ecrire pour séduire - Du SMS au Haïku

141-1560932097-image2.jpgRien de tel que des SMS pour faire renaître l’art du Haïku . A un feu rouge qui durerait  trop longtemps, pendant une réunion ennuyeuse.  Une pratique simple .  Idéalement, le haïku se compose de 17 syllabes réparties en trois séquences  ou trois lignes : 5-7-5.  La règle veut qu’il comporte au minimum un mot –saison (kigo) ou du moins l’évoquer. Il est rédigé au présent. 

Décrire brièvement, plus légères que les ailes d’un papillon, un moment d’émotion à  lire en une seule respiration. L'art de séduire par les mots consiste à  tracer un trait simple, intense et court.  Tout peut être suggéré en trois lignes. Rajoutez donc les vôtres ! 

 

 

Le jet d’eau défait

Sa mantille de dentelle

Rosée turlurette 

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Dans les yeux du soir

La  lumière  aspire

Le jour lumineux

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 Les heures s’égrènent

Si longues si profondes

Temps immobile

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  Magie des  mots

Emportés par le vent chaud

Se déposent sur les lèvres

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 La lune  éclaire

Les rêves éphémères

Bouquets étoilés

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Sur la mer s’emporte

La vague ô déchaînée

L’écume des jours

 

Photo Bruno Toffano "Coucher du soleil à Genève" plus de photos  http://aphroditepixart.blog.tdg.ch/

 

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23:14 Publié dans Culture, Genève, Lettres, littérature | Tags : écrire, haïkus, sms | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/11/2009

L’infarctus du poisson rouge


555166955.JPGCes nageoires rouges-oranges si fines, translucides, dentelées sur les extrémités pendent misérablement.  Il  touche presque le fond de l’aquarium, légèrement  arc-bouté. Un spectacle affligeant qui vous coupe le souffle,  une fraction de seconde. La vie s’en est allée, sans bruit, bue par l’eau, aspirée tout entière. Pauvre bête ! Le héros de mon roman s’est fait la belle avant la fin, il a clos un chapitre à sa manière, il a marqué le point final, tiré le rideau sur sa courte vie de poisson rouge. Une amie à qui je racontai ce triste évènement, très attentionnée  me transmettra ses condoléances sur un ton grave, d'une voix profonde.

D’abord bouleversée, je constate que dans mon roman, les poissons rouges flottent le ventre  à l’air à la surface de l’eau et ce que je vois-là sous mes yeux m’offre un spectacle très différent affreusement pathétique. Le passage de la littérature à la réalité est nette, tranchant comme une lame de rasoir.

Le deuxième cyprinidé se retrouve seul, il tourne en rond, solitaire. En l’espace de quelques heures, je passe de croque-mort de poisson rouge à agente matrimoniale. Au magasin d’aquariophilie, je décris le drame. Le vendeur, peu loquace conclut à un infarctus. Il m’en propose un autre rouge, minuscule. De toute urgence ne surtout pas laisser l’autre seul, il risquerait aussi de passer l'arme à gauche.  Il n’y a peut être pas que les humains qui meurent de solitude.

En suivant les instructions du vendeur, j’acclimate peu à peu la nouvelle ou le nouveau venu, comment distinguer le genre,   j’observe la rencontre qui se déroule dans une indifférence parfaite. Puis, la vie semble reprendre son cours, tranquille, lente, silencieuse.  Ils nagent  côte-à-côte, s’ignorent superbement.

Mariage de raison, c’est sûr !

Les pages de Marguerite Duras sur la mort d’une mouche et qui m’avaient beaucoup impressionnée me reviennent peu à peu et je pense que ces lignes sont aussi bien adaptées  à la mort d'un  poisson rouge.

"La mort d'une mouche, c'est la mort. C'est la mort en marche vers une certaine fin du monde, qui étend le champ du sommeil dernier. On voit mourir un chien, on voit mourir un cheval, et on dit quelque chose, par exemple pauvre bête....Mais qu'une mouche meure, on ne dit rien, on ne consigne pas, rien.

Le bruit des élytres a cessé. La mouche était morte. Cette reine. Noire et bleue.

Celle-là, celle que j'avais vue, moi, elle était morte. Lentement. Elle s'était débattue jusqu'au dernier soubresaut. Et puis elle avait cédé. Ça a peut-être duré entre cinq et huit minutes. Ça avait été long. C'était un moment d'absolue frayeur. Et ça a été le départ de la mort vers d'autres cieux, d'autres planètes, d'autres lieux.

Je voulais me sauver et je me disais en même temps qu'il me fallait regarder vers ce bruit par terre, pour quand même avoir entendu, une fois, ce bruit de flambée de bois vert de la mort d'une mouche ordinaire.

Oui. C'est ça, cette mort de la mouche, c'est devenu ce déplacement de la littérature. On écrit sans le savoir. On écrit à regarder une mouche mourir. On a le droit de le faire."


Marguerite Duras (Écrire 52-53)

22:10 Publié dans littérature | Tags : poisson rouge, marguerite duras, ecrire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |