24/01/2017

Appel du Conseil des jeunes Balouches d'Afghanistan à Genève

DSC_0023.JPGMon invité - Abdul Ghafar Batur/Fondateur du Conseil Balouche d'Afghanistan

La minorité balouche en Afghanistan est composée de trois millions de personnes réparties sur 23 provinces.

De 2001 à maintenant, le Gouvernement Afghan et la communauté internationale ne partagent pas le pouvoir avec la nation balouche. Et il y a plusieurs raisons à cet isolement politique et social voulu par  pouvoir en place. La première et que le Pakistan et les Services iraniens jouent un rôle essentiel dans les affaires internes et externes de l’Afghanistan, les deux pays sont concernés par une minorité dont la reconnaissance explicite impliquerait que le gouvernement Afghan serait dans l’obligation de soutenir les droits et l’indépendance de la minorité de ces deux pays. D’autre part, en Afghanistan chaque nationalité a le soutien d’autres pays comme pour les Pashtuns qui ont le soutien des USA, de UK, du Pakistan et d’autres états, tandis que les Tajik et les Hazara ont le soutien de l’Iran et d’autres états, les Uzbek et les Turkmen ont le soutien de la Turquie, de l’Uzbekistan, du Turkmenistan et d’autres états, mais les Balouches n’ont ni relation, ni soutien d’un quelconque pays. La troisième raison est que le gouvernement d’Afghanistan en soutenant certaines nationalités s’opposent à certaines minorités comme les Balouches, les Nuristani, les Pashai, les Aimaq, les Qezel-Bash et encore bien d’autres nationalités ce qui est contraire à la Déclaration universelle des droits humains et contraire à la Charte des Nations Unies

Dans les différents cabinets du gouvernement d’Afghanistan il n’y a aucune représentation de jeunes Balouches qui demeurent sans travail, en raison de cette  discrimination les jeunes rejoignent des groupes séparatistes ou quittent leur pays pour pouvoir nourrir leur famille en partant au Pakistan ou en Iran et dans d’autres pays du monde, une des raisons principales de l’immigration des jeunes vers l’Europe, est la discrimination pratiquée par le Gouvernement Afghan.

Après l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement après les Talibans, il y a 16 ans, aucune stratégie ou aucun programme n’a été établi en ce qui concerne l’enseignement de la langue Balouche. Le seul département balouche actif à l’Université de Kandahar sous l’influence du Pakistan a été fermé. Le 90% des Balouches ne peuvent ni écrire, ni parler leur propre langue.

Les jeunes Balouches ne peuvent pas continuer leurs études dans d’autres pays pour l’obtention du bachelor, master ou PHD. Tandis que le gouvernement afghan jusqu’au plus haut niveau et en étroite collaboration avec le Ministère de l’éducation envoie leurs proches étudier à l’étranger, une fois diplômés, ils ont automatiquement de bons postes en usant de l’influence de leurs proches. Dans les académies militaires, le problème est identique, il n’y a pas de Balouches haut gradé officiel.

C’est pourquoi nous demandons l’appui de votre organisation pour soutenir les droits des Balouches en Afghanistan et qu’une commission d’enquête soit diligentée en respect des principes directeurs des Nations Unies.

Signé Abdul Ghafar Batur/Fondateur du Conseil Balouche d'Afghanistan 

Diplômé en relations internationales, doctorat en cours en sciences politiques et études régionales. En 2013, représentant officiel d'Afghanistan à la Conférence de Montreux.

To Human Rights Commission in Geneva!

The Afghanistan Baluch Youths Council was established on 3th of February, 2015 and was registered in Ministry of Justice of Afghanistan; the registration number is (1341) for expanding the activities there was issued license number (200) on 30th of April 2016 by Youths Deputy Minister of Information and Cultural Ministry of Islamic Republic of Afghanistan. Afghanistan Baluch Youths Council is an independent social, cultural non-political a non-governmental organization founded by educated Baluch Youths of Afghanistan in Kabul province of Afghanistan.

Afghanistan Baluch Youths Council charter was approved by Minister of justice of Afghanistan. The Afghanistan Baluch Youths Council Charter contains 76 articles which was prepared in accordance to applicable legislative documents of Afghanistan and with the respects of Universal Declaration Human Rights.

The reasons of establishment such non-governmental organization was as follow:

1 - To defend from fundamental rights of Baluchs of Afghanistan

2- Promoting and reinforcing capabilities of both female and male of Baluch youths,

3- The council is responsible to take active part on support and improvements of democracy, civil society, social, cultural and improvement of economy of Afghanistan.

4- The council is responsible to build good relations with other non-governmental, International and governmental organizations and civil society for better performance and improvements of activities of the council,

5- The Council is responsible to support the Mass media and press,

6- The Council is responsible to take active part in Media discussions and debates for supporting human rights and council has other specific obligations and responsibilities in accordance to approved charter.

The main office of Afghanistan Baluch Youths Council is in Kabul and the branches of Council are located in Kandahar, Nimroz, Herat and Takhar provinces of Afghanistan.

From first day of establishment of the Afghanistan Baluch Youths council had the following activities without any financial and political supports of Afghanistan Government and International organizations:

1- Registration of the council in Ministries of Justice and Ministry of cultural of Afghanistan.

2- Issuing the Baluch Youths Council Magazine by ministry of Information and Cultural of Afghanistan,

3- Actively participation of Afghanistan Baluch Youths Council leadership in debates , discussions ,Conferences and seminars

4- Establishments of Afghanistan Baluch Council branches in Kandahar, Nimruz, Herat and Takhar provinces of Afghanistan,

5- Taking part in High Peace Council of Afghanistan meetings regarding to drafting strategy of peace in Afghanistan, was suggested to senior members of High Peace Council of Afghanistan for providing better positions, responsibilities and opportunities for youths and specially for minority nationalities of Afghanistan in High Peace Council’s structure and other governmental organizations of Islamic Republic of Afghanistan, by implementation of social justice and following human rights we can bring peace in Afghanistan,

6- Attending in meetings and conferences of Deputy ministry of Afghanistan regarding women and children rights

7- Announcement of Afghanistan Baluch Youths council’s support from Afghan National Security Forces of Afghanistan on struggling against international terrorism by arranging a meeting with minister of interior of Afghanistan

8- For defending from Baluch Rights was compliant from Afghanistan Government in UNAMA but unfortunately the organization did not pay attention to voice of the council,

9- Several times were heled conferences and press conferences by the council members for asking the rights of Baluch from the Government but unfortunately there were not any answers from president of Afghanistan,

10- There was sent an official request from Abdul Ghafar Batur the leader and founder of the Afghanistan Baluch Youths Council to President Palace for a meeting with the president of Afghanistan with Baluch Youths to explain their problems but still president did not accept the meeting, it is violation of the human rights and discrimination against human rights.

 

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Abdul Ghafar Batur/Fondateur du Conseil Balouche d'Afghanistan

Diplômé en relations internationales, doctorat en cours en sciences politiques et études régionales.

En 2013, il fut le représentant officiel d'Afghanistan à la Conférence de Montreux.

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23/01/2017

Mieux vaut un bed and breakfast

16265228_10212374858475568_5752745979320546395_n.jpgBombay - Partie en Inde avec ma mère dont c’était le rêve depuis qu’à l’âge de 7 ans, elle vit les films de Shirley Temple jouant des scènes dans un décor indien surimaginé comme ils avaient l’art de les tourner à Hollywood. Elle se souvenait particulièrement d’une corbeille de fruits débordante d’où émergeaient des bananes et l’enfant de se demander quel goût pouvait bien avoir ce fruit extraordinaire ?

A près de 80 ans, nous avons donc exaucé son vœu. Il faut dire que les Indiens furent absolument dévoués, charmants, attentionnés, il aurait été difficile de la gâter davantage. Nous avons opté parfois pour un séjour chez l’habitant, puis un house-boat, un hôtel chic avec soins ayurvédiques, puis finalement je dis à ma mère que dans les 5 étoiles, les gens sont confits dans leur argent au point d’être incapables de vous saluer et que mieux vaudrait opter pour une formule familiale du type bed and breakfast.
Nous voici revenues à Bombay après un séjour dans le sud, dans une mansion, immeuble ancien, légèrement décati et comme il y en a tant dans la mégapole, au charme suranné,  à l'entrée fleurie d'une bougainvillée chétive et poitrinaire asphyxiée par les gaz d'échappement . Les chambres se trouvent au premier étage, une dizaine de chambres réparties dans de longs couloirs, douches et toilettes placées dans le couloir sont attribuées à chacune des chambres.
Ma mère s’installe dans une grande pièce lumineuse qui donne sur cour donc calme, ce qui est un miracle à Bombay. La mienne se trouve côté rue, c’est-à-dire bruyante. En partant faire quelques achats pour les cadeaux qu’on ramène de vacances, par mégarde, j’enferme ma mère dans sa chambre en tirant un verrou à l’extérieur. De retour, elle me dit qu’un « zombie » de type européen en l’entendant frapper est venu tirer le loquet. L’Indien de la réception réduite en une niche dans un mur équipée d’un vieil ordinateur et d’un téléphone branlant, accourt pour vérifier qui tente de s’introduire dans la chambre. On lui explique le tout, il repart rassuré.
La nuit venue, vers 1 h du matin, de grands coups sont frappés contre la porte d’entrée en fer de la pension; des coups assourdissants donnés avec les pieds et les poings. Un homme hurle en anglais : »Ouvrez la porte ! Ouvrez la porte ! Sinon je vais tout casser ! ». Je sors de ma chambre à toute vitesse et m’élance dans le couloir prévenir ma mère qui naturellement s’est réveillée en sursaut : « ne bouge pas de ta chambre quoiqu’il arrive et évite de rester devant ta porte ! »- Le zombie décrit plus tôt par ma mère sort de sa chambre, l’air las, un journal intime dans la main avec une couverture brune en cuir ouvragé, un stylo à l’intérieur entre les pages froissées, un Allemand à la peau d’une blancheur extrême, à croire qu’il est tombé dans un pot de peinture et qui laisse soupçonner qu’il doit sans doute consommer autre chose que des drogues douces. Je l’interpelle tandis qu’une dizaine d’Indiens sont montés rejoindre l’Allemand en colère, artiste-peintre de son état, pour le dissuader de continuer à donner des coups. Alors que l’artiste-peintre à l’extérieur, continuer à hurler, le poète me dit qu’il ne sait plus quoi faire de cet artiste fou qui a été hospitalisé toute la journée dans une unité psychiatrique de je ne sais quel hôpital et qu’il a peur maintenant de dormir dans la même chambre que lui.

Une autre femme sort de sa chambre, élancée et élégante dans sa petite nuisette vert pistache, arborant des petites lunettes rondes d’intellectuelle, sans doute une Anglaise. Elle s’adresse au réceptionniste en expliquant d’une façon très scientifique et d'un ton précieux que l’Inde est un tel choc culturel et que certains décompensent et que le pauvre artiste ferait mieux de rentrer chez lui.
Toujours tournée vers le poète dont les épaules se sont littéralement affaissées et qui baisse la tête, dépassé par la situation, je lui dis qu’ils devraient mieux se comporter à l’étranger tous les deux. Que ça leur fait une drôle de réputation de faire un tel scandale. Comme un homme qui va à la guillotine, il descend les deux étages récupérer son ami qui a été entraîné hors de l’immeuble. A un moment donné, j’ai vu cette grande armoire germanique en rage, soulever de dix centimètres du sol, un petit Indien en le soulevant par la peau du cou d’une seule main, pareil à un chat. Les Indiens pour leur part, sont restés zen et ont tenté de le contenir, sans violence.
De retour dans nos chambres respectives, on peut entendre, les deux Allemands remonter les escaliers, d'un pas lent, en chuchotant. Le poète s’adresse à l’artiste-peintre comme à un grand malade qu’on ne veut pas contrarier : »Genau, natürlich, Ja, Ja ! »
Tout est retombé dans le silence, il est presque deux heures du matin.
Le lendemain, pour me faire pardonner de la brillante idée du bed and breakfast, j’invite ma mère épuisée, à prendre le petit-déjeuner à l’hôtel Taj Mahal qui est en fait un palace.
Dans de grandes salles aux parquets rutilants donnant sur la mer d’Arabie, un serveur sikh au ruban rouge en soie semble glisser sur le sol en se déplaçant avec ses plateaux d'argent ciselés sur lesquels trônent de lourdes théières. A côté de nous, une famille d’Indiens dont les trois filles sont obèses, mangent mécaniquement comme par ennui, sans rien se dire. Comme si la richesse fatiguait, ils ont l’air ennuyé, affalés dans de profonds canapés en cuir, parfois un long soupir rompt le lourd silence.
Je m’adresse à ma mère : » tu ne trouves pas que l’ambiance d’un bed and breakfast est plus sympathique ? «

 

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21/01/2017

La marche des femmes "anti-trump", une marche pour la dignité

16195290_10212352594718988_1932408889946276354_n.jpgMes amis s'activent à Washington comme à Genève et presque partout ailleurs, une longue nuit sans sommeil à préparer les pancartes et s'activer sur les réseaux sociaux. 500'000 personnes défilent à  Washington, 100'000 à Londres, 2'500 à Genève. 

La Women's March, est un mouvement qui a été initié par une avocate à la retraite Teresa Shook, une grand-mère de 60 ans, qui a lancé un appel sur Facebook contre l'investiture et surtout les propos obscènes du nouveau président américain. Une marche pour la dignité des femmes.

A Genève, ce matin, la Geneva Women's March a rendez-vous à -2 degrés, départ à 11 heures du Jardin Anglais, la Genève internationale a été largement représentée, on pouvait à vue d'oeil compter plus de 2'500 personnes qui défilaient dans une ambiance bon enfant.

 

Un grand merci à Florence Martin qui vit à New-York et qui s'est déplacée pour l'occasion à Washington et à Edouard Musy photographe professionnel d'avoir participé à ce reportage en me mettant à disposition leurs photos prises et à Genève et à Washington.

A quoi sert de manifester ? Pour quel résultat ? Pour seule réponse la légende du colibri : Un jour dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre.

Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit:"Colibri ! Tu n'es pas fou? Ce n'est pas avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu!"

Et le colibri lui répondit:"Je le sais, mais je fais ma part."

 Au rendez-vous par ce froid de canard,  Murielle Budry figure genevoise du féminisme.

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C'est sur vos yeux qu'il faut mettre un voile  


 

 

Un Afghan m'a interpellée pour me demander comment faire pour parler de la minorité Balouchi en Afghanistan, peu considérée et discriminée, il est venu à Genève pour dénoncer des exactions commises à leur encontre aux Nations Unies et n'a jamais pu y entrer. 

Il se disait que si on parlait des femmes, minorité maltraitée, on pouvait aussi parler des Balouchi.

Il m'a tendu sa carte et de constater qu'il a été un ancien cadre du Ministère des affaires intérieures, depuis à la tête d'une ONG à Kabul.

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 Crédit photo : Djemâa Chraïti prises depuis mon Iphone 5

 

 

Geneva Women’s March for Dignity », le 21 janvier 2017 à Genève,

Photos libres de droit et gratuites mais le copyright © Orbisswiss Photos doit être mentionné, svp.

Un grand merci à Edouard Musy

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EN DIRECT DE WASHINGTON

 

Les femmes se préparent au grand rassemblement à 9h15, à Washington,  à Genève nous avons terminé à 13h, heure locale.

UN GRAND MERCI A FLORENCE MARTIN, JURISTE SPECIALISEE DANS LE DROIT DES ENFANTS DIRECTRICE D'UNE ONG ET QUI NOUS ENVOIE CES PHOTOS

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10:57 Publié dans Femmes, Genève, Résistance, Solidarité | Tags : women's march geneva | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook | | |

18/01/2017

Viol en Inde - Dans la nuit, tous les chats ne sont pas gris

Mathura-rape-case.jpgEn Inde, avec plus de 1 milliard 336 millions d'habitants, dont la moitié a moins de 25 ans,  la population masculine à hauteur de 51.6 % est plus importante. Il y a donc plus d'hommes que de femmes.

Ce qui fait dire à certains Indiens agacés par l'étiquette de "pays de violeurs" qu'ils ne leur semblent pas statistiquement que les viols soient plus importants dans leur pays qu'ailleurs, avec un pays dont la  superficie est équivalente à celle de l'Europe et que la comparaison doit bien se faire à ce niveau-là.

A défaut de parler de statistiques et pour éviter de se lancer dans une bataille de chiffres et d'experts, il y a d'autres constatations bien plus parlantes, celles que l'on fait dans tous les pays où le statut des femmes n'est pas l'équivalent de celui des hommes. Par exemple quand Il suffit d'une bousculade, pour sentir des mains qui vous touchent et qui vous pincent. Dans les bus, des corps se collent à vous.

Un autre signe encore plus inquiétant est quand la rue, dès la nuit, n'appartient plus aux femmes. Comme si après avoir toléré leur présence toute la journée, la nuit venue,  il fallait qu'elles disparaissent; ou alors, si elles se risquent sur des territoires qui leur sont interdits, elles deviennent des proies à chasser .

Cet espace public qui devient l'apanage des hommes est frappant dans les pays où dans le paysage mental masculin le lieu de la femme est chez elle, à la maison -  ni dans la rue, ni dans les hautes sphères. C'est l'espace qu'on leur dédie qui annonce le traitement qu'on leur réserve pour le cas où elles essayeraient d'étendre les limites du territoire qu'on a bien voulu leur concéder.

En lisant la presse indienne, les faits divers au quotidien ne manquent pas, telle chercheuse scientifique attaquée la nuit tombante par un cycliste, elle hurle, il s'enfuit. Telle autre femme qui a soupçonné le gardien de son immeuble de lui avoir volé son parapluie; pour se venger, il s'introduit chez elle, la viole et la tue. Une vidéo qui circule et qui montre comment une jeune fille est violée en pleine rue, le soir de Nouvel An. Dans un courrier du lecteur, une lectrice se plaignait qu'un politicien paternaliste fustigeait les femmes violées en leur reprochant de l'avoir cherché en portant des habits européens qui excitent les sens des hommes qui, les pauvres, ne peuvent plus se contrôler! La lectrice reprochait à la police qu'elle-même pratique des viols à large échelle sur des femmes de tribus minoritaires sans qu'elle soit condamnée. Un laxisme qui démontre que la violence faite aux femmes est encore un sujet tabou, mais aussi normale, les violeurs sont encore rarement condamnés, les dépositions à la police se négocient encore aisément à coups de billets pour effacer tout témoignage susceptible de condamner un violeur.

Une condition de la femme que l'on reconnaît aussi ailleurs et trop souvent en diverses variantes locales. C'est intéressant de constater que c'est à plusieurs ou en bandes que les hommes attaquent les femmes, en Inde. Comme des animaux en meute, ils arpentent le territoire qu'ils s'approprient et ils sont prêts à déchiqueter toute personne qui brave un interdit silencieux et tacite : la rue n'appartient pas aux femmes, ou alors jusqu'au couvre-feu, qui commence à la tombée de la nuit !

Vous pouvez visionner une vidéo rediffusée par la plupart des journaux indiens en ligne, sur l’attaque d’une femme dans la rue à Bengaluru (Bangalore)  où de nombreux cas de viols ont été déclarés, le soir de Nouvel-An surnommé "La nuit de la honte".

LES INDIENNES ONT DECIDE DE RESISTER  ET ON LANCE LE MOUVEMENT "I WILL GO OUT" https://www.facebook.com/iwillgoout/?hc_ref=SEARCH&fr...

I WILL GO OUT


 

NUIT D'HORREUR A NOUVEL AN APPELEE NUIT DE LA HONTE
 

 



A Bangalore, le soir de Nouvel An, malgré le déploiement de 1500 policiers de nombreuses femmes ont été tirées par les cheveux, battues et déshabillées, certaines repartaient en pleurs et traumatisées. Un Ministre a déploré les tenues vestimentaires européennes en cause créant une levée de boucliers. La police a nié tout fait de violences et affirme n'avoir enregistré aucune plainte. La presse indienne a largement couvert cette "soirée de la honte."

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19:39 | Tags : i will go out | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/01/2017

Lettres de Gandhi à Hitler

15941438_10212268948867894_7289637724124515237_n.jpgBombay- En visitant le musée Mani Bhavan, l’ancienne maison de Gandhi transformée en monument commémoratif et qui y vécut de 1917 à 1934, je fus surprise de découvrir,  exposée,  la première lettre de Gandhi à Hitler. Par la suite, la bibliothécaire, à ma demande, me montrera la seconde lettre dans un des nombreux volumes de correspondance du Mahatma. 

Ces lettres soulèvent de nombreuses questions, d’abord le ton très amical de la première qui donne du « My dear friend » et se conclut par un « I remain, Your sincere friend » , ensuite Gandhi explique qu’on l’a pressé d’écrire cette lettre au nom de l’humanité. Le « on » pourrait être entre autres personnes,   Kallenbach Hermann, un juif allemand d'origine lituanienne, la plus grande passion de Gandhi, architecte et body builder avec qui il vécut eux ans en Afrique du Sud. Une amitié extraordinaire, la rencontre de deux hommes d’exception qui  travaillèrent côte à côte après avoir fondé la ferme de Tolstoï près de Johannesburg.  La correspondance quasi amoureuse de Gandhi à Kallenbach, laisse croire qu’il y aurait pu avoir entre les deux hommes plus qu’une simple amitié, du reste l’Inde s’est empressée de récupérer toute la correspondance de Kallenbach et Gandhi en 2012, à Londres,  pour plus d'un million de dollars.  La biographie de Gandhi par le journaliste américain Joseph Lelyved’s qui penchait pour la thèse homosexuelle in  :  Great Soul – Mahatma Gandhi and his struggle with India publiée en 2011 a fait des vagues, il est interdit de vente dans le Gujarat, pays natal de Gandhi, difficile de toucher au mythe ! Quant à Gilbert Sinoué, il  en a fait un roman dans "La nuit de Maritzburg" et confirme que Kallenbach est la personne que Gandhi a le plus aimée de toute sa vie.  Or, à la  lecture de l'autobiographie de Gandhi, on constate qu'il portait un amour immense et infini pour les gens de manière générale et ce qui devrait nous amener à une certaine prudence.

Mais sans doute, ces liens bien que très antérieurs avec Kallenbach (1909-1910) ont dû rendre Gandhi attentif à la situation de l'Allemagne en 1939 et l'inciter à écrire au Führer, voire même à la demande pressante de son ami qu'il portait sur son coeur et avec qui il correspondra jusqu'à sa mort. 

Cette première lettre écrite le 23 juillet 1939, n’est sans doute jamais parvenue à Hitler ayant été interceptée par les Britanniques auparavant. Elle constitue un appel étonnant à la veille de la seconde guerre mondiale d’un homme pour qui la guerre peut réduire l’humanité à l’état sauvage. Et il termine en sollicitant le pardon de Hitler pour le cas où il aurait commis une erreur en lui écrivant.

Dans la deuxième lettre, à Hitler, datée du 24 décembre 1940 comme pour se justifier après avoir reçu de nombreuses critiques quant au « Cher Ami »,  Gandhi lui écrit, en s’adressant encore une fois au « Dear Friend » qu’il s’adresse à lui sans aucune formalité, et que depuis 33 ans, il s’applique à s’engager dans l’amitié pour la terre entière et chérir l’humanité sans distinction de race, de couleur ou de religion. Mais Gandhi rappelant qu’il n’avait pas d’ennemi, pouvait sans autre s’adresser à Hitler comme à un ami. Toutefois, le chantre de la non-violence n’hésitera pas à accuser Hitler même s’il n’ose pas croire qu’il est le monstre qu’on décrit, que ses actes et ceux de ses amis et admirateurs sont monstrueux et peu compatibles avec la dignité humaine et que depuis petit, on nous a appris à les regarder comme des actes dégradants pour l’humanité. Il explique dans cette seconde missive à Hitler que ses résultats obtenus par la non-violence sont probants et qu’au nom de l’humanité, il lui demande d’arrêter la guerre et que cette lettre vaut aussi pour Mussolini que Gandhi avait rencontré à Rome.

Le courrier de non-violence de Gandhi, a dû véritablement tomber des mains de  à Hitler, alors que lui suggérait à Lord Halifax en 1938 , de tuer Gandhi et tous les leaders nationalistes indiens.

Deux lettres que je vous laisserai découvrir et qui a parfois inspiré du mépris pour un Gandhi taxé de naïf, et celui qui croyait n’avoir aucun ennemi alors que Hitler avait recommandé sa mise à mort, en a trouvé un autre sur son chemin, un nationaliste hindou qui le 30 janvier 1948 le tuera de trois balles, à Delhi.

Quoiqu’il en soit on ne pourra jamais reproché  à Gandhi d’avoir tenté d’empêcher la seconde guerre mondiale et cela à deux reprises tout en respectant sa ligne éthique qui était la non-violence. Mais avec Hitler, la Satyagraha connaissait ses limites, la non-violence et la Force de la Vérité  qu'il suggéra à la communauté juive allemande pour vaincre Hitler par la résistance passive était une utopie, une utopie dangereuse.

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Sources : The Collection Works of Mahatma Gandhi LXX (July 16- November 30, 1939)/The Publication Division/Ministry of Information and Broadcasting Government of India.

Vous trouverez toute la correspondance  de Gandhi dans les 98  volumes du Gandhi Ashram Collected Works of Mahatma Gandhi

 

EXCELLENTE ANALYSE PLUS DETAILLEE DES DEUX LETTRES DE DR.KOENRAAD ELST dans  Les lettres du Mahatma Gandhi à Adolf Hitler

 

La grandes étapes de la vie de Gandhi reproduites par des figurines dans le musée Mani Bhavan 

 

Gandhi à Genève avec Romain Rolland en 1931. A la demande de Gandhi, Romain Rolland joue

la V ème symphonie de Beethoven. 

Romain Rolland publia la première biographie de Gandhi en 1924. Celui qu'il surnomma le Jésus Christ de l'Orient. Gandhi lui aurait rétorqué :"Non seulement vous m'avez rendu célèbre, vous avez aussi inventé un homme appelé Gandhi."

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L'assassinat de Gandhi 

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Sa chambre à coucher avec le métier à tisser le charka 

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Crédits photo : Djemâa Chraïti

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12/01/2017

La démonétisation en Inde : entre cris et larmes

Unknown-1.jpegBombay- Le chauffeur de taxi peste contre ce maudit Modi, il baisse sa vitre et crache très fort en un raclement de gorge puissant pour marquer son dégoût, sa colère et sa rage. « Il va tous nous tuer ce Modi, plus d’argent, plus de salaire, un Président qui tue son peuple ! »- Quelques minutes plus tard, il crache à nouveau devant le monument imposant de la Banque Centrale de l’Inde, là où la presse à billets a de la peine à livrer les nouveaux billets de 500 et 2000 roupies, parce qu’elle n’arrive pas à suivre se retrouvant rapidement à sec et devant laquelle manifestent les mécontents.

Le retrait des billets de 500 et 1000 a provoqué un véritable raz-de-marée, ces billets représentaient le 86% de l’argent liquide en circulation dans un pays où le 80% des transactions sont effectuées en espèce, une façon d’identifier l’argent sale, et l’argent non déclaré et les faux billets. « Une bonne idée, mais une mauvaise gestion» selon un banquier avec qui je discute : « on va tous souffrir, mais c’est un mal pour un bien. Notre Président est courageux, à long terme, nous serons gagnants avec une économie plus saine. »

Les Indiens de l’étranger avaient eux aussi, un délai pour ramener les coupures en voie de disparition, au préalable il fallait les annoncer à la douane et payer le fisc.

Mais résultat des courses, la période de transition qui dure déjà plus de 60 jours, n’a pas anticipé toutes les difficultés. Les gens sont restés des heures à attendre devant les banques pour ramener les anciens billets, la presse a même mentionné le cas de personnes qui seraient mortes à attendre pendant parfois plusieurs heures. En investiguant, j'entends les Indiens s’esclaffer:   « La presse exagère toujours, ces gens-là, ils seraient morts même en restant chez eux ! ». Les plus malins ont engagé des gens pour faire la queue à leur place, ils suffisaient ensuite de les appeler, leur tour venu. Par contre, l’information n’a pas été comprise par tous, et certains croyant que leur argent n’avait plus aucune valeur se sont suicidés comme le cas d’une fermière de 55 ans.

Pour les touristes, c'est aussi la douche froide, comme tout le monde, on le comprend aussitôt arrivés à l'aéroport, on ne peut pas retirer ou changer plus de 2000 roupies par jour, l’équivalent de 33 frcs. J’ai croisé un couple d' Australiens qui s'est retrouvé  le bec dans l’eau avec leurs trois enfants et la mère du mari, pris de court. Ils ont fait appel à des amis en Inde pour les aider.

Mais plus grave, les salaires ne peuvent être encore versés fragilisant les plus faibles. Pour exemple, des tribus de la réserve naturelle du Wayanad au Kerala qui vivent exclusivement de ventes de produits récoltés dans la forêt comme des plantes médicinales ou comme les « Black Stone-flower , un lichen appelé localement Kalpasam (en latin parmotrema perlatum) et qui pousse sur les arbres et les pierre, utilisé comme épice pour agrémenter les plats . A 300 roupies le kilo, ces tribus récoltent pour plus de 60000 roupies d’herbes et d’épices au quotidien. Les sociétés elles, ne pouvant retirer que 24'000 roupies par jour ne peuvent plus payer ces cueilleurs ou alors que pour des quantités moindres.

Coup de folie ou coup de génie ?

Lutte contre la corruption sans doute efficace, mais un ralentissement économique est perceptible, des détracteurs de Narendra Modi l’ont accusé d’un « saccage organisé de l’économie indienne ».

En attendant chacun se débrouille comme il peut, comme nous ne pouvons que retirer 2000 roupies par jour et que le nouveau billet rose est devenu le cauchemar de tous, car plus personne n’arrive à rendre la monnaie, on fait tous preuve de créativité en trouvant des arrangements du style dans un resto : «  ne me rends pas la monnaie, je reviens manger chez toi du « rice and dal » demain  et les autres jours ! » 

Il faut reconnaître à Modi le courage de sa décision, les gens dans l’ensemble comprennent le sens de la mesure et patientent entre cris et larmes mais toujours dans la douleur, en réalité c’est la gabegie !

 

UNE CHANSON SUR LA DEMONETISATION


 

Je vous propose tout au long du mois de janvier une chronique indienne, un travelogue sur plusieurs billets. Bon début d'année à  vous tous !

 

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19/12/2016

Paris, dortoir à ciel ouvert

IMG_1740.JPGPour ce dernier billet de l’année, je l’aurais voulu plus léger, plus joyeux plus insouciant.

Mais la réalité est plus forte que les rêves. Et moi, ce soir, j’ai envie de parler des trottoirs de Paris, ni de Manille, ni d’ailleurs, je ne parlerai pas du Pont Mirabeau où la joie venait toujours après la peine, mais je vous parlerai de cette peine qui vient toujours après la peine.

Ces trottoirs qui accueillent des corps las d’enfants dont le regard neuf ne sauve même plus les trottoirs de l’usure, de vieux, de femmes fatiguées d’un voyage sans fin, qui attendent dans la nuit que les magasins tirent leur grille métallique pour aussitôt près d’une bouche d’aération d’où s’échappe un air chaud, poser pêle-mêle tout ce qu’ils ont sous la main pour fabriquer des semblants de matelas. Les enfants se frottent les yeux, ils tombent de sommeil. Les visages sont gris, on pourrait entendre des claquements de dents, il est 22h30. Ces visages hâves scrutent la noirceur du soir, échapperont-ils à cette nouvelle nuit qui devrait frôler les -1 ou -2 degrés ? Ce sont des familles entières qui s'allongent,  les uns à côté des autres,  pour dormir quelques heures dans la nuit glaciale. Des trottoirs gelés, prêts à accueillir la misère du monde. 

Des réfugiés s’agglutinent sur les trottoirs, des SDF se collent à leur chien pour se tenir chaud.  Un autre, plutôt jeune, se prépare à dormir par terre, il a posé son anorak à même le sol, il va se couvrir de cartons,  à la sortie de la station de métro, il a comme l'air hébété, de ses deux mains, il se gratte les genoux durant cinq longues minutes, un temps interminable, si fort qu'on pourrait craindre qu'il ne se blesse, quelque chose semble terriblement le démanger, le faire souffrir encore davantage que le froid : la gale  ?  Des trottoirs parisiens qui racontent nos défaites et nos barbaries. Des trottoirs d’où les prières même ne s’élèvent plus, Dieu est devenu sourd dans ce chaos du monde.

Un corps dans la station de métro est enroulé dans une grande affiche publicitaire qui vantait la vision d’un politicien, sans doute, une affiche tout juste bonne pour s’en recouvrir comme d’un linceul, tout le reste ne sont que vaines promesses.

Les hordes de désespérés sont devenues légions, comme autrefois, au Moyen-Age, lorsque les gueux prenaient la route pour tenter d’échapper à la misère, à la famine, aujourd’hui, ils tentent d’échapper à la guerre.

Nous sommes au XXIème siècle, aussi sanguinaires et primitifs qu'autrefois, les trottoirs de Paris en témoignent.

 

Bonne fin d'année à vous tous, continuons à oeuvrer pour la paix, elle en a grand besoin. 

 

 

 

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16/12/2016

Une affaire de pendue

Unknown.pngIl pleut, le soir est presque tombé encore entre chien et loup , un homme aux cheveux blancs fait de l'auto-stop juste après la douane de Veyrier côté français, je pense : le pauvre bougre, il va prendre froid, à son âge ce n'est pas raisonnable.

Je freine, m'arrête, il ouvre la portière et m'annonce vouloir se rendre à Saint-Julien, aussitôt entré dans la voiture, un regret me submerge arrivé avec l'étrange odeur de cet homme qui s'assied à mes côtés; une odeur subtile faite de feuilles mortes, de transpiration refroidie, de chaussures en cuir mouillées, de sac à dos rempli de nourritures entremêlées, sans doute. Une odeur animale de rance légèrement fétide.

Je l'observe rapidement et découvre dans la pénombre un visage rond et tané, un nez légèrement couperosé, étonnament gros pour son visage, l'homme est petit et replet, un brin nerveux.  Il soupire, je m'enquiers de savoir si tout va bien, il soupire encore mais plus fort cette seconde fois  : Ah! si vous saviez ce qui m'arrive ! Je n'ose pas le dire. Si, si osez! Je vous en prie, mais parlez donc plus fort, je vous entends à peine, lui répondis-je.

Et il raconte d'une traite: " Ma femme originaire de Lourdes s'est pendue et m'a laissé seul avec trois enfants. Dépressif, j'ai perdu mon travail et le juge veut placer mes enfants à la DASS si je ne prouve pas que je peux les entretenir. Je suis venu discuter avec les parents de ma femme qui ne veulent pas me donner l‘argent nécessaire d'ici demain, car  je dois comparaître devant le tribunal. Ma voiture est parquée à Saint-Julien, je dois me rendre rapidement à Lourdes et pour cela il me faut l'argent pour l'essence et pour l'autoroute."

Tout en roulant, je réfléchis et lâche un " Mon pauvre monsieur! Quel drame!". On arrive à mi-chemin, je lui demande combien ça coûte tout ça, immédiatement, sans hésiter, il annonce  140 euros. Je trouve que ça fait cher la course. Je lui dis être contente de l'avoir un peu aidé en le rapprochant de sa voiture, pour seule réponse, il m'engueule de ne lui pas donner  la somme nécessaire et pourquoi alors avoir demandé le coût de l'opération. Non  è vero ma ben trovato ! 

N'ayant pas envie d'argumenter, je lui rétorque : "Même à Lourdes, on ne fait plus de miracles!"

Une semaine plus tard, je le vois faire du stop mais en sens inverse, direction Saint-Julien-Annemasse et le reconnaissant, j'arrête la voiture, lui, ne se souvient pas de moi. Il me répète la même histoire, mais cette fois-çi, il a laissé sa voiture, à Annemasse, c'est-à-dire dans le sens opposé. Il mentionne deux enfants au lieu de trois, je lui demande si un enfant s'est pendu avec la mère  depuis la dernière fois.

Je le dépose avec la même formule que la fois précédente : "Même à Lourdes, on ne fait plus de miracles " . Je songe qu'avec son récit, et plusieurs allers-retours par jour, il doit arriver à se faire au bas mot, 5'000 euros par mois, non déclarés.

 

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27/11/2016

Chronique d’une passion

  • _G2A7776.jpgLe destin de certaines personnes vous laissent béats d’admiration et aussitôt de se demander de quelle trempe faut-il être fait pour se hisser au-dessus de tout : les épreuves, les défis, la barrière de la langue, et surtout être capable à Genève de venir de Colombie et proposer des montres aux horlogers suisses, il fallait soit avoir du génie, soit être fou.

Alvaro Moya-Plata, nous démontrera qu’il faut beaucoup de génie et un brin de folie.

Né dans la cordillère des Andes, à Zapatoca, d’une fratrie de 24 enfants et pénultième, Alvaro s’est très vite distingué par une force de caractère particulière. Enfant de paysans, il accompagnait son père vendre fruits et légumes au village, son père lui demanda alors, un jour, de ramener les mulets, l’enfant savait déjà qu’il n’y a pas plus têtu qu’une mule. Il refuse ! Son père le menace, l’enfant décide pour échapper à la sentence paternelle de s’enfuir.

Alvaro a scellé son destin. Petits boulots, cireur de chaussures jusqu’à ce qu’on lui vole sa boîte de cirage tandis qu’il dort à poings fermés, vendeur de cigarettes, de tickets de loterie. Homme à tout faire d’une vieille dame étrange, vendeur, livreur après avoir passé son permis en trichant un tout petit peu sur l’âge. Survie oblige ! Il voyage et découvre le pays de long en large et surtout voir la mer, pour cet enfant né dans les montagnes.

Désireux de se rendre aux Etats-Unis, il part à pied et se prépare à marcher , marcher sans crainte, droit devant lui avec ses compagnons de voyage, rencontrés au fur et à mesure des périples, traverser les jungles, les déserts. La police lui met la main dessus, il accomplira 33 jours de prison au Mexique et la main d’un ange lui offre un billet retour pour la Colombie.

Il reprend les jobs, mais il a grandi entretemps, chauffeur-livreur, il rencontre un Colombien qui lui propose de travailler pour lui comme garde dans une mine d’émeraudes. Les pierres non achetées par les propriétaires peuvent être revendues au personnel. Il en accumule une petite quantité, économise, et pour un autre vendeur d’émeraudes, il commence à venir à Genève essayer de les vendre.

Coup de foudre, la ville l’enchante, tout est propre, tout est tranquille, les gens si avenants, si polis. Il s’installe à Genève, - les ressortissants colombiens pouvaient venir alors en Suisse sans visa - il reprend les petits boulots, ménage, livreur, chauffeur-livreur pour une grand compagnie horlogère, au fur et à mesure des aller-retour Genève-Le Sentier, il tisse des liens, reconnaît le travail des artisans. Un sertisseur lui propose de lui enseigner le métier.

Emballé, il se lève à l’aube et fait le trajet Genève-Le Sentier pour rentrer à 19 heures, tous les jours, sans salaire. Celle qui est devenue sa femme en 1993, rencontrée dans le bus 3, et avec qui il a une petite fille,   se désespère, comment faire sans argent ? Alvaro multiplie les pièces, au-delà de 20, le sertisseur le payera, il en réalise 40, 60, 80. On le reconnaît doué, d’une habileté extraordinaire, il apprend les différentes techniques.

Puis engagé chez Piaget comme sertisseur, après 3 ans chez eux, il part dans la charrette des licenciés. Qu’à cela ne tienne ! Il se lance à son compte, en 2008, il crée sa bijouterie avec un atelier de sertissage à l’arrière : Moya, à la rue Kléberg. Son réseau il l’a déjà, tous les artisans du Sentier à qui il livrait des pièces autrefois et qui le connaissent bien et surtout qui lui font confiance.

Deux ans plus tard, il lance sa propre montre le Cundur – qui signifie le condor en langue quechua. Sa carrière d’horloger est lancée couronnée d’un savoir-faire exceptionnel dans le sertissage de cadrans de montres.

Assis en face de moi dans son atelier qui ne cesse de s’agrandir par l'arrivée de nouveaux établis et installé à Meyrin, créateur d’emplois aussi, il ne peut s’empêcher de sourire, avec ses yeux constamment rieurs. Des mèches rebelles noires dansent tandis qu’il parle, seules ses mains sont impassibles, on voit qu’il a entièrement appris à les maîtriser. Tout bouge en lui, sauf elles, on croirait des prêtresses dignes et fières qui laissent leur maître s’amuser un peu avant de se remettre sérieusement à la tâche. Ses doigts habiles qui sertissent, patiemment, tout le métier est là. Pour savoir vraiment qui est Alvaro Moya-Plata, il faut regarder ses mains et vous aurez tout compris, ce sont elles qui sont maîtresses de son destin. Elles, mais aussi, le rêve, la passion, ne jamais renoncer à ses projets quoiqu’en disent les autres. Et surtout, comme il le prouve, ne pas avoir peur de travailler, et beaucoup travailler, sans relâche.

Et il part d’un dernier éclat de rire «  Il faut du courage pour créer une montre en Suisse, et oser la vendre à des Suisses quand on est d’origine colombienne, plus, il faut avoir des couilles ! »

Et la crise de l’horlogerie, elle vous fait peur ? Et en souriant de répondre : » à chaque crise, j’ai eu moins de travail et donc avais plus de temps pour concevoir des modèles. Il ne faut pas avoir peur des crises, elles nous permettent de nous remettre en question et de faire encore mieux. »

 

Et à lui de conclure en citant Coco Chanel : «  La beauté commence avec la décision d’être soi-même » et plus vrai, plus nature et authentique que Alvaro Moya-Plata, ce serait difficile.

Mais aussi une grande reconnaissance à la Suisse de m'avoir permis d'être qui je suis aujourd'hui. 

 

Vidéo complète de l’interview, produite par Djemâa Chraïti et réalisée par Andrey Art.

 


 

 

 Photo Andrey Art

 

 

 

 

 

 

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20/11/2016

Le Smartphone est devenu un kit de survie

20981531288_44197ece25_z.jpgPlus d’une fois, j’ai entendu cette réflexion qui me paraît indécente : « Regardez les portables et les Smartphones que se paient les réfugiés ! Eux ! »- « Ils ont même des tablettes !"  Certains esprits chagrins sont indignés de les voir avec leur Smartphone à la main et qu'ils utilisent avec des cartes à prépaiement, les plus connues Lycamobile et Lebara. Les réfugiés sont devenus des nomades digitaux et pratiquent sans le vouloir  et sans l'avoir choisi un nomadisme digital qui semble fonctionner.

A Athènes, à l’Hôtel City Plaza, on pouvait voir dans le hall principal où le Wi-Fi se captait bien, de nombreuses personnes  sur leur portable, à pianoter ou parler via Whatsapp, Facetime ou autres outils de communication, écouter la radio ou de la musique, regarder un film. Des jeunes montraient aux plus vieux comment parler à leurs enfants via une application ad hoc. Le Smartphone est devenu un kit de survie.

nomade1587.jpgA Genève, sur la Plaine de Plainpalais, des dizaines de fils sont connectés par des mains inconnues aux bornes équipées de prises électriques  afin de recharger leurs appareils.
Quand on a perdu sa maison, tout laissé derrière, vu sa famille éparpillée dans toute l’Europe, perdu la trace de proches, on ne peut pas encore leur jalouser le fait d’être connectés, car c’est devenu essentiel voire vital, un outil existentiel  pour garder le contact dans cet éclatement généralisé des vies. Le GPS les sauve lorsqu'ils doivent marcher pendant des jours et s'égarer peut signifier la mort. Ils identifient partout où ils arrivent toutes les zones Wi-Fi de l’endroit où ils se trouvent et se les communiquent, heureusement que de nombreuses villes en Europe offrent l'accès gratuit au  Wi-Fi. Rien qu'à Genève, on dénombre 568 point d’accès répartis sur 78 sites. Accéder à l’information et pouvoir communiquer est devenu un enjeu non seulement démocratique mais tout simplement de survie. 
Pour ceux qui ne savent pas encore écrire la langue du pays dans lequel ils se trouvent, ils communiquent volontiers par le microphone Whatsapp et parlent plutôt qu’écrire ou d'autres les plus assidus, choisissent des applications qui leur apprennent la langue du pays d'accueil.

Toutes les applications qui leur permettent de téléphoner gratuitement leur sont connues. Et au lieu de reprocher cela aux réfugiés, le seul fil qui leur reste avec ce qui autrefois tenait lieu de famille, il faudrait s’assurer , bien au contraire, que chacun puisse rester en contact, leur permettre d’identifier comme à l’aéroport les bornes de recharges électriques pour ceux qui sont dans la rue. La communication est devenue un outil de survie dont l’absolue nécessité semble échapper à certains.

 

Aider plutôt les réfugiés à rester connectés pour qu’ils ne déconnectent pas complètement jusqu’à la folie.

 

Vous pouvez vous aussi découvrir les zones couvertes par le réseau à Genève:

http://www.ville-geneve.ch/fileadmin/public/Departement_1/Cartes_et_plans/points-acces-wifi-publics-ville-geneve.pdf

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