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21/05/2018

Une fouine dans le moteur

images-2.jpgA chaque fois que je raconte ce qui est arrivé, à ma voiture, on me demande si c’est un passage imaginaire d’un de mes romans et il me faut me défendre pour expliquer ce qui s’est vraiment passé et comment ça s’est produit.

Un jour, me rendant à Coppet, le témoin lumineux de ma voiture marque en rouge vif qu’il faut rajouter du liquie¨de de refroidissement que je m’empresse aussitôt de mettre. Une heure plus tard, le témoin s’allume à nouveau, inquiète, je m’arrête chez un garagiste au bord de la route pour lui demander de vérifier ce qui se passe, naturellement avec mon imagination débordante, je voyais déjà la flambée du véhicule en une explosion assourdissante, quelque chose de ce genre, épouvantable.

Le mécanicien ouvre le capot et découvre près du moteur, un os, un morceau de pain, une tranche de pizza, bref, le parfait salon d’une fouine qui s’était confortablement installée dans le moteur du véhicule, faisant salon et se réchauffant à la douce chaleur d’un moteur refroidi durant l’hiver, parfois rongeant quelques câbles électriques du véhicule pour se faire les dents. Et voilà la voiture définitivement hors d’usage !

La fouine et pendant tout l’hiver évidemment dès que je mettais en branle le moteur s’éclipsait rapidement pour revenir dès mon retour se réchauffer dans « son nid douillet». Les fils sont fabriqués avec des matières organiques; par soucis d'écologie, des normes européennes obligent les constructeurs à remplacer les traditionnels câbles et durites en plastique classique, par des matériaux faits à base d'amidon de maïs ou de pomme de terre, issus de la canne à sucre, d’arachides, huiles de poisson ou farines contenus dans les câbles recyclés, bref, un vrai garde-manger pour ces adorables rongeurs.

Certains véhicules sont équipés d’appareils à ultras-sons qui les éloignent.

 

Donc, je vous laisse vérifier dans votre moteur qu’il ne soit pas transformé en un « douillet petit coin » à fouines. Au printemps, les mâles sont particulièrement attirés par les câbles et pour marquer leur territoire, ils sont capables de passer après un autre concurrent qui a arrosé les fils et ronger davantage le matériel pour montrer son passage et faire disparaître toute odeur et toute trace du mâle précédent, et en attendant, en ce qui me concerne, marche et vélo, au programme.

 

 

 

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20/05/2018

Miracle!

images-1.jpgPar un mardi pluvieux tandis que le ciel gris se penche sur vous comme une larme immense, je traîne ma douleur dans une jambe droite au point que je décide, au milieu de la journée, de prendre ma voiture et filer chez moi avaler quelques anti-inflammatoires.

Arrivée au rondeau de Carouge, je vois une dame qui doit avoir plus de huitante ans faire  du stop, là, sous la pluie. Malgré, la douleur lancinante, je me dis que je peux sans doute encore faire quelque chose pour elle dans l'état pitoyable dans lequel je me trouve. Je m’arrête.  Tout sourire, elle ouvre la portière lentement, se hisse  péniblement dans la voiture, dépose à grand- peine  son lourd sac à main noir ouvert comme une bouche immense et son parapluie grenat à pois blancs. Une dame bienveillante qui attendait le bus, ferme prestement la portière derrière elle, en m’envoyant un baiser de la main et me remerciant d’avoir eu du cœur de prendre cette pauvre vieille dame sous la pluie.

- Vous allez où ?lui, demandai-je.

- A l’église arménienne.

- Vous êtes arménienne ?

- Non, je suis italienne, mais j’habite à Troinex près de l’église. Vous savez, continue-t-elle, je prie le bon Dieu, lorsqu’il pleut que quelqu’un me prenne en stop et bien sûr, j’explique à Dio ce que c’est le stop; je vais me mettre au bord de la route et tendre mon pouce. Elle roule magnifiquement les « r » en un français hésitant et continue à m’expliquer ce dialogue pré-stop avec Dieu. Je m’en amuse.

- Et surtout, continue-t-elle, j’implore Dieu de bénir celui ou celle qui me prendra.

Arrivées devant l’église arménienne, je lui propose de l’emmener au pied de son immeuble situé à quelques centaines de mètres, elle me demande alors  si je n'ai pas quelques contacts avec des régies parce qu'elle aimerait revenir en ville et se rapprocher des magasins et qu'elle pourrait échanger avec un appartement plus petit,  et qu'elle propose  "due balconcini"; je les imagine fleuris et tout le soin qu'elle peut en prendre puis en partant, elle m’embrasse avec effusion, sort de la voiture et postée quelques minutes, elle me fait de grands gestes d’adieu. Cette vieille dame, là, debout,  sur ce trottoir avec sa masse de cheveux blancs, tout de noir vêtue à l’exception d’un chemisier ton crème, son visage rond avec ses petits yeux bleus rieurs dégage quelque chose de joyeux, tandis qu’elle tient son parapluie à pois blancs. Elle continue à me saluer par de larges geste de la main qu'elle agite de façon énergique  et me bénir jusqu’à ce que je disparaisse de sa vue.

Agréablement distraite par cette « auto-stoppeuse », j’en ai oublié ma douleur. En sortant de la voiture, je ne ressens plus rien, toute tension a disparu et carrément, je gambade comme si je n’avais jamais eu mal après des heures de douleurs.

Ses bénédictions semblent avoir porté ses fruits. Miracle !

 

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19/05/2018

Affaire Maudet, affaire maudite

images.jpgA chaque nouvel épisode, dans cette boîte de Pandore qu'est devenue l'affaire Maudet ,  je me gratte la tête car la frontière est ténue entre la sphère privée et professionnelle.
Et voilà ce qui m'interpelle. Invitée en Inde, l'automne prochain avec à la clé une proposition d'un billet réduit payé en partie par les organisateurs, sur Air India, pour assister aux festivités du Millénaire des Rroms,à Kannauj en Inde,  nous partirons avec un groupe de musiciens rroms, de grandes figures de personnes engagées et last but not least,  Brigitte Macron, sous réserve de confirmation.
Sans doute, on nous invitera dans une chambre à plusieurs que je partagerais avec quelques amies Rroms et si par hasard, prise d'une soudaine compassion, Brigitte Macron aurait la bonne idée de me convier à partager sa suite dans un élan de solidarité,  dû à mon dos, souffreteuse que je serais sur un lit d'appoint, je refuserais d'emblée en invoquant mon statut de fonctionnaire suisse.

- Brigitte, merci pour l'invitation que je décline, à mon plus grand regret et pour le resto ce soir, j'ai préféré un plat de dhal et de naan (plat le plus populaire) .

Et se demander jusqu'où on pourra accepter et refuser, quelques centaines de francs vont si vite. Réduction sur le billet, réduction sur la chambre, repas offerts et vous avez déjà dépassé sans doute les 600 frs, alors que la Confédération recommande un cadeau d'une valeur maximum de 400 frs.

Mais le vrai fond de l'affaire, c'est que lorsqu'il y une contre-partie attendue par celui qui paie, ça devient carrément laid et devient tout simplement de la corruption. Affaire Maudet, affaire maudite, on ouvre la boîte de Pandore, accepter jusqu'où et pour quel retour précisément? Lorsqu'on reçoit un cadeau d'un certain montant, il est important d'en connaître les attentes précises, à moins d'être totalement naïf.

Et en conclusion, le plus simple c'est de se prendre en charge et payer en fonction de ses moyens et c'est exactement ce que je compte faire, me payer le billet plein tarif et la chambre et puis c'est se garantir une totale liberté d'expression, dans mon cas. Je pourrais couvrir l'événement en toute liberté pour mes chers lecteurs de cette blogosphère, m'abandonner à une douce impertinence sans que nul ne puisse interférer parce qu'on m'aurait offert qui sait quoi.

C'est le prix à payer pour une entière liberté d'expression ! Cette leçon vaut bien un billet sans doute.

 

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05/05/2018

Quand les ouragans font de la résistance

BANANES-kqE-U101036779693WSH-860x420@lafranceagricole.fr.jpgQuelques bribes de conversations lors de mon séjour en Guadeloupe me reviennent tandis que je continue la rédaction sur la résistance des esclaves africains dont il faudra sans cesse rappeler et marteler que oui, ils ont résisté et déjà en terre africaine, où on y découvre des figures féminines extraordinaires de reines stratèges et guerrières qui négociaient et guerroyaient comme la Reine Anna Nzinga Mbende d’Angola, des royaume de Ndongo et de Matamba (actuel Angola) au XVIIème siècle. Elle savait tirer profit de la concurrence entre les Portugais et les Hollandais se battant pour mettre main basse sur les richesses de son pays y compris sur les humains.On parlait de cette guerrière qui avait appris le Portugais pour communiquer avec ses ennemis,  dans toutes les cours européennes. Autre figure marquante, la prophétesse Yaya Kimpa Vita du Royaume du Congo qui sera brûlée vive par les Portugais, le même siècle et surnommée "La Jeanne d'Arc du Congo".

Des souvenirs qui remontent lentement de mon passage en Guadeloupe et de la posture post-coloniale ou franchement coloniale de quelques français de la Métropole qui donne ce genre de conversation légère et coupable tandis que j’annonçai avoir acheté d’excellents ouvrages d’auteurs guadeloupéens très engagés dans une démarche d’indépendance et qui revendiquent leur créolité.

  • Ils savent si bien écrire lorsqu’ils renoncent à leur langue ampoulée, d’un autre temps et d’une époque révolue. Et ces élans indépendantistes n’ont aucun sens, aucune logique, mais comment vivront-ils sans la France et avec quoi ? Ils exportent tout même leurs bananes quand les ouragans veulent bien leur en laisser quelques unes. Eclat de rire un brin moqueur !

Ou alors la version frivole d’une autre métro :

  • J’ai vécu longtemps en Martinique et avait un ami très sympathique, il est même venu, à Paris,  me rejoindre un temps et j’ai eu un enfant avec. Maintenant, j’ai pris ma retraite et ne veut plus vivre dans ce pays de "Békés" tout aussi insupportables, finalement les Martiniquais sont racistes et tellement prétentieux et je dirais même arrogants. Je trouve que les hommes guadeloupéens sont, "Ssssi gentils...." (elle insiste sur le "s" comme si elle imitait le sifflement du serpent), ils sont tellement plus drôles et tellement plus faciles à vivre et ils dansent si bien. Ah, la biguine ! A ces mots elle remue,  sur la chaise,  tout son corps replet,  les cuisses généreuses et débordantes engoncées dans un short en coton serré, le visage rond et rose légèrement suant tournoie sur son épais cou pour marquer le tempo du rythme effréné d'un orchestre qui joue sur la terrasse, en plein soleil;  les frisettes blondes de ses cheveux courts sautillent tandis qu'elle parle très fort tout en écarquillant ses yeux vert absinthe luisant comme des billes en vous fixant.  Doudou, dit-elle en levant le bras, apporte-moi encore un rhum.

Côté guadeloupéen, ça grince un peu des dents. L’avis d’une interlocutrice.

- Le mouvement indépendantiste a vraiment pris racine avec un fort ancrage chez les jeunes qui regardent les « ti-blancs » comme une éternelle menace et pour preuve, les postes importants sont laissés aux Métros surtout lorsqu’il s’agit de postes en lien avec l’économie ; on lâche le social ou la santé comme un vieil os rongé aux Guadeloupéens. Ont-ils tort, ces jeunes ? Nous sommes totalement dépendants de l’économie française et les ouragans n’y arrangent rien. Avant, il y avait un ouragan destructeur tous les trois ans, aujourd’hui, vous en avez deux dans la même année, alors que voulez-vous ? Mieux vaut que ce soit la France qui paie la facture car on n’y arriverait pas, il faut être réaliste et pragmatique, soupire-t-elle.

La solution ? Une transition pendant 15 ans qui accompagnerait la Guadeloupe dans son processus d’indépendance et payée par la France ; c’est une façon de continuer un processus de décolonisation et de payer la facture de l’esclavagisme. Nous pourrions nous allier à tous les pays des Dom-Tom, et avec la Martinique ne plus se regarder en chiens de faïence et créer l’équivalent d’un « Mercosur en Amérique latine »; une force économique commune et indépendante. En attendant, les ouragans balaient tous les projets futurs et la seule chose qu’on se dit, c’est que chaque fois qu’on s’en sort, on a bien de la chance ! Il faut être réaliste, on n'a pas les moyens de notre volonté d'indépendance si on ne nous tend pas la main.

 

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03/05/2018

Ethique 4.0

ethique, taopic.com.jpgUn billet co-écrit avec Ioan Tenner   http://wisdom.tenner.org

Il ne se passe pas un jour sans qu'une nouvelle technologie s’annonçant fièrement « disruptive » n'influence notre quotidien et ne change nos façons de travailler et de vivre.

Il ne se passe plus un jour sans que le fossé ne se creuse entre les valeurs morales instituées par ces évolutions technologiques et l’éthique de la masse de gens que nous sommes, qui utilisent ces technologies, s’y intègrent et s’y adaptent sans un débat public sur ce qui se joue en arrière-fond.

Qui entre nous, qui mandaté par nous, c’est donné le devoir et le temps d'évaluer les conséquences de ce que trafiquent les fameux algorithmes quand nous cliquons un like sur Facebook, quand j’accepte de donner mon numéro de téléphone en échange d’une connexion « gratuite » ? Qu'est-ce qu’on me prend quand je fais mes recherches sur Internet ou quand je paie avec ma carte de crédit ? Que se passe-t-il quand je recherche un emploi et je m'inscris sur toutes ces plates-formes ?

A qui sert tout ceci, ces Big Data ? Qui a le contrat social de gouverner ce changement de société ? J’apprends qu’à présent nous nous exprimons tous par "mots-clés". Tout ce que j'écris, je lis, je cherche, se transforme en "mots-clés". Mais des clés pour ouvrir quelle porte et à qui ?

Bien entendu, c’est le progrès, cette chose que nous croyons sacrée et inévitable, une amélioration de notre mode de vie. Tout ce monde veut notre bien, nous aider. Comment assurer pourtant que tous ces logiciels qui nous "veulent tous du bien" nous aident vraiment ? Qu’ils respectent une morale humaniste ?

A ce jour, on tâtonne dans un monde nouveau, numérique et artificiel, on le dit même post-humain. Nous y sont proposées comme "normales" des valeurs nouvelles, apparemment sans rapport aux valeurs morales désuètes des siècles passés. Tout ce qu’on peut dire on a le droit d’exprimer, tout ce qu’on peut imaginer on a le droit d’inventer, tout ce qu’on invente on a le droit de produire, vendre et appliquer. Il semble aussi se créer une nouvelle cassure sociale, une forme d'élitisme qui n’a plus rien à voir avec la démocratie libérale; les maîtres de technologie qui l'appliquent décident au-dessus des Etats ; tous les autres, les petits peuples qui font l’objet et qui utilisent ces progrès sans vraiment les comprendre le subissent plutôt que de le choisir. 

On l'a compris déjà, c'en est fait de la forme de liberté individuelle qui est la vie privée, de la confidentialité, le temps de se rendre compte on est arrivé à la transparence sans limites, apparemment inévitable. Les générations suivantes devront s’habituer à vivre nues. Mais regardez la dérive, comment Facebook a vendu déjà ces mêmes données à qui veut mieux influencer les présidentielles de ce monde. Vous croyez qu’on va s’arrêter en si bon chemin ? Qui va les utiliser en quelques années ?

Avez-vous remarqué ? La cybersécurité si prospère de nos jours, ne s'est jamais donné pour mission plus haute de protéger ou défendre la sphère privée ou l'identité des internautes mais travaille plutôt sur la protection des machines, des ordinateurs, des données économiques et des institutions.

Les intérêts personnels des individus ne comptent pas, c'est l'individu lui-même qui ne compte plus.

Que faire ?

Il est temps de regarder venir mais aussi de se manifester en citoyens. A quoi servent donc ces Big data, moniteurs de tout ce qui bouge? Des drones autonomes seront bientôt là pour nous suivre partout, pour notre "plus grand bien" encore. La vie privée aura-t-elle quelque valeur? Nous appartient-elle encore ? C’est quoi  être libre ?

Il ne se passe pas un jour sans qu'une nouvelle technologie remplace encore plus de ce que nous faisons normalement avec simple bon sens entre humains. Il semble que les Big data savent déjà mieux que nous ce que nous préférons, bientôt ce que nous déciderons et ce qui sera le mieux pour nous…

D’où la nécessité de poser la question suivante  : Quelle éthique sied à cette superbe technologie et au monde qui vient maintenant ? N’est-il pas le temps de redéfinir l’éthique de notre société ?

Existe-t-il encore quelque chose qui ressemble un tant soit peu à de la vieille éthique universelle apprise dans nos enfances; humaine, de Bien et de Mal, d’honnêteté, de conscience, d'humanisme, de compassion, de ce qui est bon, juste, beau et non seulement efficace, profitable et opportuniste ? Où est la Nature dans la société tout-technologique ?

Ceci nous force à réfléchir : Qui contrôle et qui décide cette évolution? Qui se sent responsable ? Qui veille ? Qui nous protège ? Au niveau de la Ville, de l’Etat et du Monde ?

Quelles règles éthiques assurer pour le monde présent et futur ? Ce n'est pas à nous de décider ? Et pourquoi pas nous? Si ce n’est pas, nous c’est qui ? Si pas maintenant, quand ?

Oui, nous pouvons voter et décider; pour cela, nous pouvons initier des observatoires et commissions d'éthique de la société civile et de notre Etat, habilités à discuter et agir démocratiquement. Pour cela, il faut pourtant commencer par faire quelque chose, commencer quelque chose comme dirait Hannah Arendt.

Et de paraphraser une vieille question philosophique… et sa réponse :

- Que faut-il faire pour perdre ; son bien, sa santé, ses droits, sa liberté, et même sa vie ?

- Rien

 

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08/04/2018

Alléluia, les Réverbères de la Mémoire sont là !

2225092882.jpegHauts et élancés, dans leur forme majestueuse, les Réverbères de la Mémoire de Melik Ohanian sont déjà installés au Parc Trembley et seront inaugurés,  le vendredi 13 avril. Pour finir ma série sur un poète ou auteur par Réverbère, neuf au total, je clôture avec un invité et pas des moindres – Serge Venturini- poète philosophe, traducteur arménien-français, passeur de cultures et  qui nous présente le poète résistant : Missak Manouchian.

 

 

manouchian1.jpgMissak Manouchian ne nous est connu que par l'ignoble et infamante affiche rouge, placardée à Paris au printemps 1944 et stigmatisant les 23 résistants du FTP-MOI (Main d'œuvre Ouvrière Immigrée). Cette affiche tirée à 15 000 exemplaires voulait dresser la France contre les juifs (douze étaient juifs), et en fait tous des étrangers. Le groupe Manouchian fut l'un des fers de lance de la résistance, il fut l'honneur de la France.

Louis Aragon en fit un poème-symbole, en empruntant d'ailleurs beaucoup à la dernière lettre de Manouchian à sa femme Mélinée.

 

Tout avait la couleur uniforme du givre

À la fin février pour vos derniers moments

Et c'est alors que l'un de vous dit calmement

 

Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre

Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

 

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses

Adieu la vie adieu la lumière et le vent

Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent

Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses

Quand tout sera fini plus tard en Erivan

 

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline

Que la nature est belle et que le cœur me fend

La justice viendra sur nos pas triomphants

Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline

Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant... (Louis Aragon)

Qui était Missak Manouchian ? Qui se cachait derrière ce front étendu, sourcils épais, ces yeux noirs et profonds pleins de défis, ce nez puissant, cette bouche hardie aux lèvres fermes, ce menton expressif, cette vigoureuse figure taillée à la serpe, cet énergique visage massif tout pétri de tensions saillantes ? Homme au cou large, visage à la peau mate qui me fait penser à celui de l’homme d’Orihuela, Miguel Hernández mort en 1942 ; faciès de terre, de fils de paysans endurcis qui auraient tant plu sans doute au sculpteur Camille Claudel.

Un homme fier d’un seul bloc —, un hardi dur à cuire, un inflexible résolu ; à la fois un insurgé, un stratège, un militant ouvrier, un poète et surtout, — un homme rude et chaleureux. Un homme d’abord, un humain sans haine. Ses derniers mots à Mélinée le prouvent, s’il faut encore des preuves.

Son itinéraire a été celui d’un errant entre le génocideur turc et le bourreau nazi, d’un orphelin déchiré certes, mais sans cesse entreprenant, intrépide et déterminé, et ceci dès l’enfance, en raison du génocide arménien perpétré par le gouvernement des Jeunes-Turcs en 1915. Si son dernier regard s’est tourné vers l’Arménie car il était Arménien, il mourut pour son pays d’accueil, en vrai patriote. « Bonheur à ceux qui vont nous survivre, a-t-il écrit, et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. »

Même si « la mort n’éblouit pas les yeux des partisans », je le vois, je l’entends crier, ce 21 février à midi, au Mont Valérien, à l’ultime instant de quitter ce monde, avec ses camarades : « Vive la France ! » La France était selon Missak la « Terre de la Révolution et de la Liberté. »

Suite ..................................................

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/manouchian....

 

Biographie fugitive de Serge Venturini

Serge Venturini n’est pas homme ou poète à s’épancher sur ses repères biographiques. Certes son sang corse ne fait pas qu’un tour, et sa passion pour les lettres arméniennes et russes éclate vite au grand jour.

Aussi il sera juste cité ici par ces quelques lignes.
Il est né à Paris le 12 octobre 1955, d'une mère de Figline di Prato dans la province de Florence et d'un père de Rutali, du Nebbiu, en Haute-Corse.
Etudes supérieures à Paris, Jussieu Paris VII.
Longs séjours au Liban, au Maroc, en Arménie, en Russie et en Pologne.
Professeur de Lettres dans le Val-d'Oise depuis 1996, date de son retour en France après quelques séjours à l'étranger.
Comme un frère en fureur, Alain Suied, il fut un «enfant-poète», et tôt reconnu par André du Bouchet, Yves Bonnefoy. A nous de le reconnaître maintenant car il est « plus qu’une lumière blanche comme la page », il est une voix qui éclaire, lucide, solaire, buisson ardent.

 Gil Pressnitzer

 

 

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30/03/2018

Lee Bae – Les 50 nuances de charbon

large_1497992964.jpg24 mars 2018 - Saint-Paul-de-Vence- Fondation Maeght

Une cinquantaine de personnes s’agglutinent devant l’entrée de la Fondation pour le vernissage de l’artiste coréen Lee Bae et parmi elles quelques Coréens. Je m’approche de l’artiste et l’interpelle en anglais, puis constatant qu’il parle parfaitement le français, je le félicite dans cette langue sur son œuvre et lui demande comment prononcer son nom correctement: 

- Libé comme libération,  lâche-t-il,  un brin pince-sans-rire. Il se tient droit et demeure parfaitement serein face à l'agitation qui l'entoure comme si c'est un autre qui était l'objet de toute cette attention; un vague sourire sur les lèvres, d'un calme olympien, trônant au-dessus de la mêlée.

 Derrière nous deux personnes disent à haute voix:

- Ah ! Il y a beaucoup de Chinois.

- Mais non répond un autre, ce sont des Coréens et tu n’as pas intérêt à confondre, ils se sont fait la guerre.

- Je ne vois aucune différence, lui rétorque l’autre, on pourrait croire des Japonais.

- C'est encore pire, ne dis plus rien !

Je parle un peu plus fort pour couvrir de ma voix ces aberrations.

Pour ma part, je lui raconte notre rapport culturel au noir et notre appréhension face à cette couleur qui n’entraîne que des expressions négatives comme  : broyer du noir, travailler au noir*, l'humour noir, et de rappeler la chanson de Johnny « Noir, c’est noir. Il n’y a plus d’espoir… » 

Mais Lee Bae, lui, a décidé de faire du noir une couleur de lumière et montre les centaines de couleurs du charbon et d’énumérer : des noirs froids, des noirs chauds, des noirs un peu gris comme la cendre, des noirs brillants comme le métal, des noirs mats, le noir n’est pas seulement une couleur mais une profondeur.

1-8.jpgLee Bae décline le charbon sous toutes ses formes, après de grands tableaux, plus loin on peut apercevoir des fagots de troncs calcinés pendant quinze jours comme une céramique à plus de mille degrés puis refroidis durant quinze autre jours et ramenés de Cheongdo d’où est originaire le peintre sud-coréen. C’est la rencontre des pins de Corée et des pins de Saint-Paul de Vence, selon lui.

Dehors, dans la cour où les sculptures immenses de Giacometti se profilent longues et filiformes, un couple prend des photos ; l’homme arborant un pantalon rouge pétard, imite la démarche de la statue et Madame le photographie. Elle même est vêtue de rose, des chaussures à la tête, ça va du rose bonbon, au rose framboise, en passant par du fuchsia. Ils portent tous deux des lunettes d’intello, rondes. Je me dis qu’une démarche artistique reste toujours un effort pour les gens qui ne sont pas artistes. Tandis que sur le toit au-dessus de leur tête,  un banc est installé et invite ceux qui savent voler à s’y asseoir.

L’artiste m’annonce que son catalogue paraîtra le 6 avril et je l’invite à passer au Carrousel du Louvres - à Paris où il habite aussi, lui qui fait des allers-retours entre la Corée et la France - , où j’aiderai un artiste peintre à exposer ses laques et me prépare déjà à entendre quelques « absconsités » et cela sur trois jours, je me réjouis d’écrire quelques billets sur mon passage au  Louvres, à fin mai.

 

*L’origine de l'expression  travailler au noir : À une certaine période du Moyen Âge les artisans exerçaient sur la place publique et y vendaient leurs produits. Les professions étaient très réglementées, il était interdit de travailler après la tombée de la nuit. Ceux qui transgressaient la règle travaillaient donc "au noir", c'est-à-dire à la nuit tombée.

 

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21/03/2018

La pizza connectée

Un exemple de la surveillance numérique  pêché sur le net et qui mérite le détour :

 

Allô, Giovanni Pizza ?

HI HI HI.jpg- Non Monsieur, c'est Google Pizza.

- Ah je me suis trompé de numéro ?

- Non Monsieur, Google a racheté la pizzeria.

- Ok, prenez ma commande donc

- Bien Monsieur, vous prenez comme d'habitude ?

- Comme d'habitude ? Mais vous me connaissez ?

- Compte tenu de votre numéro de téléphone qui s'affiche ici, vous avez commandé ces 12 dernières fois une pizza 3 fromages avec supplément chorizo.

- Ok, c'est exact....

- Puis je vous suggérer de prendre cette fois la pizza avec fenouil, tomate et une salade ?

- Non vraiment, j'ai horreur des légumes.

- Mais votre cholestérol n'est pas brillant....

- Comment vous le savez ?!

- Par vos emails et historique Chrome, nous avons vos résultats de test sanguins de ces 7 dernières années.

- Ok...mais je ne veux pas de cette pizza, je prends des médicaments pour traiter mon cholestérol.

- Vous ne prenez pas votre traitement suffisamment régulièrement, l'achat de la dernière boîte de 30 comprimés habituels date d'il y a 4 mois à la pharmacie Robert au 2 rue Saint Martin.

- J'en ai acheté d'autres depuis dans une autre pharmacie.

- Cela n'est pas indiqué sur votre relevé de carte bancaire.

- J'ai payé en espèces !

- Mais cela n'est pas indiqué sur votre relevé de compte bancaire, aucun retrait en espèces.

- J'ai d'autres sources de revenus ailleurs !

- Cela ne figure pas sur votre dernière déclaration d'impôts, ou alors c'est que vous avez des revenus illégaux non déclarés ?

 

- Bon, vous me livrez ma pizza ou bien je vais ailleurs ?

 

- Certainement, monsieur, toujours à votre service, nos remarques sont uniquement destinées à vous être agréable. Pour quelle heure doit- on la livrer ?

- Mon épouse revient de chez sa mère au Mans et rentre vers 19 heures. Disons 20 heures serait idéal.

- Puis je me permettre une suggestion, avec votre accord bien sûr ?

- Je vous écoute.

- Votre épouse ne pourra sans doute pas être à 19 heures chez vous. Il est 18 heures et elle vient d'effectuer l'achat d'une Rolex dans une bijouterie de la Baule, il y a 6 minutes.

- Comment êtes-vous au courant ?

- Elle a effectué le paiement par carte sur son compte bancaire personnel numéroté en Suisse. Elle a d'ailleurs réglé sa note d'hôtel

4 étoiles, en chambre double pour 3 jours ainsi que des repas dans des restaurants étoilés pendant la même durée, toujours avec la même carte.

- Puis je connaître la somme débitée ?

- Non monsieur, nous respectons avant tout la vie privée des gens, nous n'avons pas le droit de dévoiler ce genre de renseignements.

- ÇA SUFFIT ! J'en ai ras le cul de Google, Facebook, Twitter, ... je me barre sur une île déserte SANS internet, SANS téléphone et SURTOUT personne pour m'espionner !!!

- Je comprends monsieur...mais vous devez donc refaire faire votre passeport dans ce cas car la date d'expiration est dépassée depuis 5 ans et 4 jours.

 

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17/03/2018

« Vous m’avez rendu toute ma dignité »

uk35lu-HC.jpgFait étrange, j’ai toujours aimé raconté des récits fabuleux à des inconnus pour tester la puissance de l’histoire que je m’apprête à écrire. Je teste les mécanismes, identifie l’instant où les gens vibrent, à quel moment ils posent des questions, puis lorsqu’ils hésitent et finalement sont émus, puis silence….un ange passe !

Le dernier exercice en date était avec un Malien. Je lui raconte l’épopée incroyable de l’esclave Benkos Bioho,  né vers la fin du XVIIe siècle et tombé dans les filets portugais en Guinée-Bissau. Il  est alors emmené pour le commerce transatlantique avec des milliers d’autres vers la  Colombie. Arrivé dans ces terres inconnues, il résiste, puis se rebelle, s’enfuit avec d’autres marrons et crée une armée de résistants réfugiés dans les Montes de Maria. Reconnu comme chef du palenque par les Espagnols qui demandent la trêve, ils sont reconnus libres, ce qui ne les empêchera pas de pendre Benkos Bioho après l’avoir écartelé sur la place publique quelques années plus tard.

 

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Je lui raconte l’esclavage africain dont on parle si peu, ce deuxième génocide survenu après le massacre des Indiens d’Amérique; le plus grand holocauste de l’histoire de l'humanité avec 100 millions de personnes exterminées ou mortes de maladies importées par les colons.

 

Quant aux Africains, 55 millions d’entre eux seront kidnappés dont plus de la moitié noyés en mer ou morts pendant le trajet. Encore un génocide à peine effleuré, un de plus frappé d’amnésie.

Mais imaginez, en ce temps-là, faire disparaître 55 millions de jeunes, femmes et hommes de l’Afrique ce que ça pouvait impliquer ? demandé-je , à mon interlocuteur . Mais imaginez des villages entiers vidés de leurs habitants et ce pendant des siècles. Des larmes, des cris, des angoisses, une désolation face à ces absences et constater qui a perdu un fils qui a perdu une mère, un oncle, un père, enlevés pour qui sait où.

Et il ne faut pas se leurrer ou l'oublier,  les esclaves ont résisté et quelle résistance, insisté-je . Tiens ! Pour exemple, au cours du XVIIIe siècle, celui qu’on surnomma la Capitaine Tomba qui s’opposa à la traite des siens en brûlant les huttes avant l’arrivée des Blancs et en s’attaquant aux négriers. Pris en capture et embarqué sur un navire anglais, il est décrit par le négrier John Leadstine, surnommé le « Vieux Pirate » , chef de la foire aux esclaves en Sierra Leone comme  : « Grand et fort, l’air à la fois sévère et hardi » , si hardi qu’il organise son évasion sur le navire Robert. Lors de la traversée qui doit l’amener en Jamaïque, il attaque des marins qui en plus grand nombre ont le dessus, le captif se fait torturer tandis que l’esclave qui l’a aidé est « hissée par les pouces, fouettée et dépecée, les autres esclaves seront forcés de manger son cœur et son foie » . Le capitaine Tomba dont la valeur marchande était élevée compte tenu de se force exceptionnelle ne sera pas condamné à mort mais débarqué et vendu en Jamaïque après avoir été puni et torturé. Une résistance très détaillée qu’on retrouve dans le journal de bord du Capitaine Harding, impressionné par cette capacité de rébellion voire même admiratif.

Non ! Ils n’ont pas été ces moutons qu’on imagine emmenés à l’abattoir, il y a eu des résistances incroyables. On craignait les connaissances en herboristerie des esclaves qui savaient non seulement se soigner avec des poisons mais empoisonner et savoir si les victimes allaient mourir, en quelques heures, en quelques jours ou en quelques mois.

On craignait la magie des femmes capables d’ensorceler et qui menaient une résistance qui leur était propre;  il leur fut interdit d’utiliser des breuvages et de les vendre. Ils étaient craints par leurs maîtres, ces esclaves capables de se soulever et de s’organiser pour s’enfuir.

Non, assurément ils n’ont pas été ce qu’on voulait faire croire durant des siècles, des objets que l’on déplace, ils ont été des humains qui se sont battus au prix de leur vie et pour leur liberté, des êtres qui ont su s'organiser et mener des actes de bravoure.

Le Malien , à la fin du récit, me remercie en me disant très ému : vous m’avez à moi et à mes enfants rendu toute notre dignité ! Je compte vraiment  sur vous pour l’écrire l’histoire de cet esclave magnifique : Benkos Bioho !

 Attablée, ce matin, devant l'histoire de cet esclave rebelle, Benkos Bioho,  je songe à offrir ce récit à ce Malien inconnu et qui avait tant besoin de dignité comme tous les Africains vivant en Europe et à qui ont a fait oublier la plus grande injustice !

L’esclavage de 55 millions d’entre eux. Il n'y a pas d'histoire sans mémoire et se souvenir c'est participer à rendre la dignité perdue aux victimes.

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10/03/2018

Les Réverbères de la mémoire – Yéghiché Tcharents (8)

2012968554.jpegRaconter pour se souvenir et se souvenir pour ne plus oublier;  les écrivains et les poètes sont les réverbères de la mémoire. Mais plus encore, les poètes sont le bruissement de l’âme d’un peuple;  une métaphore qui sied parfaitement à celui qui est considéré comme le plus grand des poètes arméniens : Yéghiché Tcharents (1897-1937).

Le héraut de la nouvelle nation arménienne créée en 1920 fut témoin du génocide de son peuple alors enrôlé dans les unités de volontaires arméniennes qui combattaient sur le front du Caucase aux côtés des armées russes, en 1915. Celui qui croyait dans les valeurs communistes bonnes pour cette jeune nation, finira par comprendre que Staline n’est qu’un dictateur et un oppresseur. La seule voie de salut devient pour le poète, le nationalisme et surtout lorsqu’il voit la Russie passer des accords avec la Turquie au détriment des Arméniens.

 Un désenchantement qui se traduira par l’urgence de s’unir : 

« Ô peuple arménien, ton seul espoir de salut réside dans ton unité ». Staline n’apprécie plus les vers du poète et malgré son :  « le nom de Staline se lève comme l’ombre du soleil au-dessus de l’Océan » le poète n’arrivera plus à lever les soupçons qui pèsent sur lui, considéré dorénavant comme l’ennemi de la révolution, taxé de terroriste et de nationaliste. Le système répressif s’acharnera sur lui.

Des vers nostalgiques qui redonnent un espoir nouveau au peuple arménien et l’invitent à revenir aux sources de sa mémoire collective :

De ma douce Arménie, j’aime la parole à saveur de soleil,

De notre lyre aux sons de deuil, j’aime la corde aux sanglots,

L’étincelant parfum de nos roses, - pareilles au soleil,

Et des filles de *Naïri, j’aime la danse pudique et

gracieuse.

*Naïri, lieu de légende et nom poétique de l’ancienne Arménie transformé en paradis perdu du poète.

 

Un poète, victime des purges et dont la fin tragique laisse entr’apercevoir ce qu’il a subi dans les geôles soviétiques d’Erevan: « un cadavre vivant qu’on dirait déchiqueté par des bêtes fauves » et dans sa cellule crasseuse, l’amoureux du verbe ensoleillé sombrera dans la pire des noirceurs. Mort en martyr, ses vers l’ont rendu immortel.

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J'ai proposé une démarche poétique pour soutenir l'installation des Réverbères de la mémoire qui consiste à présenter, un écrivain ou un poète par Réverbère dans le cadre de l'installation des neuf Réverbères de la mémoire qui auraient dû prendre place dans le Parc de Trembley, à Genève et oeuvre de l'artiste Melik Ohanian.

Et se demander, que savons-nous du génocide arménien?  Que connaissons-nous de  la culture arménienne, que savons-nous de ses écrivains et de ses poètes ? Un travail de déni sur le génocide semble avoir totalement occulté ce que nous devrions tous connaître, à savoir l'histoire d'un peuple et sa mémoire qui est devenue nôtre car je ne souhaite pas contribuer à l'amnésie générale et je m'y oppose par ces billets sur "les Réverbères de la mémoire", chacun résiste avec ses armes qui sont les siennes, pour moi,  les mots ! Et je ne me laisserai pas impressionner par les menaces, bien au contraire!

 

Les autres écrivains déjà présentés dans le cadre de cette performance poétique :

Valérie Toranian (1)

Harry Koumrouyan (2)

Hrant Dink (3)

Roland Godel (4)

Franz Werfel (5)

Zabel Essayan (6)

Parouïr Sévak (7)

Yéghiché Tcharents (8)

Missak Manouchian présenté par Serge Venturini (9)

Et le plus grand des Réverbères de la Mémoire hors série des neuf poètes et écrivains précités  et pour clore la série sur les Réverbères de la mémoire :

Charles Aznavour 

 

 

 

 

 

 

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