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14/09/2015

Tous les chemins mènent à Albert Memmi

article_stocker1.jpgUn enseignant allemand, aujourd'hui retraité, Frank Helzel, m'envoie un email me demandant l'autorisation de traduire un des billets sur mon blog en lien avec Albert Memmi (photo de gauche ). A priori, pourquoi pas ! Je l'invite à se présenter et dans quel cadre, quel but , etc. Question usuelles ! Force est de constater que les blogs connectent aussi les personnes curieuses et passionnées.

Herr Dr. Frank Helzel me répond en un parfait français et se présente; professeur de langues, allemand-français-espagnol, né dans les Monts Sudètes, aujourd'hui, situés en République tchèque. Expulsé, en 1945 et réfugié avec sa famille, en  Allemagne de l'Est, il se réfugiera une deuxième fois en Allemagne de l'Ouest.

Enseignant à Fritzlar, petite ville de Hesse. En 1999, en grande pompe pour le 1275 ème anniversaire, on voulait ériger monuments et statues en l'honneur du premier roi de Germanie, Heinrich 1 er , Roi des Germains, couronné à Fritzlar, déjà génocidaire, menant batailles contre les Slaves pour les vendre entre autres à l'Espagne musulmane. Le grand Roi esclavagiste et génocidaire deviendra le modèle de notre autre Heinrich, un Himmler prêt à massacrer jusqu'à l'Oural les peuples orientaux et tous les Juifs, Slaves et Rroms.   Helzel écrit une lettre de lecteur au journal local soulignant le parallèle. Scandale! Mais on laisse tomber le monument envisagé pour ce roi que les Allemands prirent longtemps pour le fondateur de leur empire au Moyen Âge et le remplace par Boniface de Mayence. Depuis lors,  c'est lui qui trône en monument devant la cathédrale de Fritzlar.


index_html_m522e252d.jpgAvant cela, en 1956, le roi de Germanie était déjà devenu patron du Lycée, là où travaille précisément notre Herr Frank Helzel.  Professeur d'une honnêteté absolue, il se rend alors dans le bureau du proviseur et explique le lien étroit entre Heinrich 1er et "Himmlers Heinrich" ( le "S" à Himmler qui correspondrait à notre petit Himmler) devenu le grand SS que nous connaissons tous. Du reste, le prenant pour modèle dans sa ruée colonisatrice vers l'est, Himmler l'imitera jusque dans son "Spleen".

Le proviseur n'apprécie pas le parallèle déniché par Frank Heizel (photo de gauche) . Il a des ennuis  à son lycée de sorte qu'il change de lycée  pour travailler dans la ville voisine. L'université de Marburg lui propose une thèse sur Henri 1er qu'il écrit spontanément. Puis il développe ses recherches sur les processus de colonisation et décolonisation et évidemment choisit l'incontournable Albert Memmi, puis entre autres thèmes se penche sur l'esclavage des Indiens et des Noirs aux Caraïbes via la correspondance de deux grands moines déjà révolutionnaires. L’Aragonais Francisco José de Jaca et le Jurassien Epiphane de Moirans, précurseurs des droits humains, les deux capucins arrosent l'Espagne et la Papauté de lettres sur les esclaves et leur traitement inhumain, le quart des esclaves se noyait en mer. Des revendications d'une modernité redoutable envoyées au Roi d'Espagne et au Pape suivies de demandes de réparations.

Sur la lancée Herr Frank Helzel après sa passion pour les deux Capucins révolutionnaires, se penche sur le grand livre de Eduard Douwes Dekker, surnommé Multatuli (du latin multa tuli : « J'ai beaucoup supporté »), auteur du roman pamphlétique « Max Havelaar » qui dénonce le colonialisme hollandais aux Indes orientales néerlandaises en 1860.

 

Donc j'accepte qu'il traduise la page de mon blog et lui propose d'écrire quelques billets et en vue de cela lui demande le nom de son site .

On pourrait presque percevoir un sourire ironique entre les lignes lorsqu'il me renvoie :

 

Le petit Himmler (celui qui lui a valu son poste au Lycée)

 

http://www.himmlers-heinrich.de/

 

Site en cours de construction.

 

 

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09/09/2015

Pas touche à la Mapuche

Unknown.jpegDans un des  billets précédents, je mentionnai la violence à l'égard du "corps des femmes, terrain de guerre".

Autant d’exemples à frémir sur toute la surface du globe. Arrêt sur images, il me paraissait important de montrer le rôle des femmes Mapuches, souvent guides de leur communauté, guérisseuses et  conseillères. Leur position est centrale dans l'organisation sociétale, ce sont elles qui indiquent les rituels et les moments-clés de l'année, tous les regards se tournent vers ces chamanes étroitement connectées à la nature dont elles révèlent les secrets et connaissent les mystères. L'organisation matriarcale de ce peuple de plu d'un million de personnes  est un défi au cœur d'une culture machiste comme celle qui existe au Chili et de surcroît proches de la nature, les Mapuches sont des écologistes avant l'heure soucieux de la protection de leur environnement ; garants du respect de la nature.

Dans un contexte de discrimination à l'encontre des Mapuches, la violence policière est monnaie courante. Mise à sac des maisons, arrestations arbitraires avec charges montées de toutes pièces. Harcèlement psychologique et physique. Les femmes compte tenu de leur position privilégiée au sein de leur groupe sont les premières cibles visées.

Elles qui tiennent leurs cheveux pour sacrés, se les voient arrachés puis enroulés autour du cou et avec lesquels elles sont étouffées, une torture policière parmi d'autres. Jouant avec leur pudeur on leur fracasse le bassin à coups de matraque, ou les parties intimes rouées de coups.  Les agresseurs  comptent sur leur grande pudeur pour s'assurer qu'elles ne diront rien.

Ailleurs, cette pudeur de femmes victimes de violences contraintes à se taire! Une chape de plomb lourde et épaisse, posée comme un linceul sur une vie, construite de peur et de honte, celle d'être stigmatisées par une société qui juge du corps d'une femme comme d'un bien qui serait dévalorisé et sur lequel se tisse l’obscurantisme, le pouvoir et le contrôle.  Ces femmes violées qui restent muettes pour ne pas encore être jugées par leurs semblables. Le souvenir tragique de cette mère violée en Bosnie par l'ennemi, depuis traitée de "putes" par son fils qui lui crache au visage chaque fois qu'il la voit et qui regrette qu'elle n'ait pas été tuée.

Les femmes Mapuches, elles ont décidé que la plus grande des pudeurs ne peut pas supporter  la plus grande des violences, elles ne peuvent  pas se faire complices de la barbarie.  Dénoncer la violence doit  primer sur la pudeur, se taire participe à camoufler les violences policières voire les encourager.

Une plaie ouverte qu’elles  jettent  à la face de l'agresseur , miroir de leur lâcheté. La longue histoire de la résistance Mapuche s'égrène d'un emprisonnement à l'autre supporté avec courage et détermination à ne jamais renoncer à leurs droits. 

 

Mapuche.pngLa guide dite " Ñizol" Juana Calfunao de la Communauté Juan Paillalef, grande figure de la résistance Mapuche,  en lutte pour la rétrocession des terres volées continue à se battre. Depuis   la cellule de sa prison à Temuco, elle a su malgré l'isolement faire entendre sa voix au-delà des barreaux et sans relâche.  Aujourd'hui, en liberté surveillée depuis 2011,  après quatre années fermes, elle enseigne aux femmes à garder la tête haute et digne même lorsque leur corps est brisé.

 

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05/09/2015

Keep calm and drink bubble tea

Une fois n'est pas coutume, la rencontre de deux image.jpgjeunes entrepreneurs de 22 ans méritait le détour. Steph et Mike, suisse et français, ont économisé durant leurs études pour lancer leur première petite affaire "Bubble dream", très en vogue dans les pays asiatiques où les bubble tea shops fleurissent partout. Il s'agit de thé aux différents parfums dans lequel on rajoute des perles de tapioca et d'autres perles fruitées "popping bobas" qui éclatent délicieusement dans la bouche après les avoir aspirées avec une paille.

Steph, après avoir empoché son bachelor en économie et management à l'Université de Genève s'est empressé de mettre en pratique ses études; business plan, étude de marché, sondage qui lui permettent de constater qu'il pourrait y avoir une forte demande auprès de la communauté asiatique de Genève. Il s'associe à son meilleur ami d'enfance qui lui s'est formé dans la restauration pour lancer ensemble le premier Bubble shop du canton.

 

image.jpgPour la pub , c'est facebook, les réseaux sociaux et le marketing viral. La seule difficulté reconnaissent-ils en souriant ce sont les longues et fastidieuses démarches administratives qui  décourageraient plus d'un entrepreneur.

Félicitations et encouragements à nos deux jeunes entrepreneurs et pour voir à quoi ça ressemble vous pouvez aller sur le facebook "bubble dream", ça pétille, tout fruité!

https://www.facebook.com/pages/Bubble-Dream/1562660190630...

Bubble dream

7, rue de Carouge/tout au fond du passage de 13h à 19h 

 

 

image.jpg

00:34 | Tags : bubble tea, bubble dream | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

02/09/2015

Réflexion : "Le corps des femmes, terrain de guerre "

Forte de ce titre, je l'annonce lors d'une séance de travail comme thème proposé pour l'année 2016, dans le cadre d'une de mes activités engagées. Une Rwandaise ayant vécu le génocide se retourne vers moi et me dit, "pas seulement le corps des femmes, mais celui des  hommes aussi".

Elle me donne pour exemple ce qui s'est passé lors du génocide au  Rwanda et me démontre que le corps de l'homme en temps de guerre est aussi un terrain entièrement miné.  J'insiste et mentionne les  viols en masse, l'esclavage des femmes achetées et vendues, des fétus arrachés aux entrailles des mères et utilisés comme ballons de foot, autant d'exemples de corps meurtris, démantibulés, estropiés; une sauvagerie dont le  théâtre de guerre se déroule sur l'acharnement des corps. 

Elle hoche la tête ! Pas convaincue…… Je réfléchis, à la torture, aux sévices sexuels entre hommes dans les prisons, me souviens de Octavio Paz qui explique comment la sexualité peut aussi être  un rapport de force entre hommes, à savoir "qui est derrière qui est devant" , qui est le dominé qui est le dominateur,  lors des conflits on soumet aussi l'homme en l'humiliant  : matraques et tessons de bouteilles dans l'anus, fils électriques sur les parties sensibles.

Lors d'un conflit, peut-on dire que le corps de la femme transformé en  "objet de l'ennemi" est véritablement traité différemment  de celui de l'homme?

 En marchant et réfléchissant à mon titre, finalement, tout simplement peut-être :

 "Le corps, terrain de guerre".

 

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30/08/2015

Raconte-moi une histoire - La triste carrière politique de la chienne Biscotte

La douceur du Midi baignée par le chant des cigales et la beauté des paysages piquetée du vert tendre des oliviers  n’exclut ni la haine, ni la jalousie des villageois âpres aux gains et suspicieux.

Chaque été, nous étions habitués à voir débouler toute joyeuse et frétillante dans notre jardin , un terrier à poils ras, d’un brun luisant, au petit museau noir  cavant à souhait les truffes nichées au pied des chênes centenaires; une adorable chienne  prénommée Biscotte, au bon caractère, sociable et amusante. Elle faisait partie intégrante de notre décor estival, nous savions qu’elle viendrait réclamer, aussitôt débarqués,  quelques caresses et friandises que nous lui accorderions sans hésiter, du plus grand, au plus petit.

Cet été, je vis un terrier en pensant que c’était un des petits de Biscotte , je suis la laisse et découvre au bout, la propriétaire , une dame avenante, d’un certain âge,  et lui pose la question : »est-ce un petit de Biscotte ? » aussitôt les yeux de la pauvre dame se remplissent de larmes et elle me raconte cette histoire sordide.

Son heureux maître eut l'étrange idée de se lancer dans la politique et briguer le poste de maire, en parallèle, il créa une organisation pour la protection de l'environnement et s'assurer que des constructions sauvages ne viennent pas entacher la beauté du village.

Biscotte, suite aux nouvelles activités de son maître, vit en l'espace de quelques semaines sa vie changer. Certains lui prodiguaient mille caresses, en se disant que mieux valait commencer par être en bons termes avec le futur maire en se mettant son chien dans la poche ; d'autres pour se venger du refus de construire s'acharnaient lâchement sur l'ami à quatre pattes de l'empêcheur de tourner en rond en lui bourrant le flanc de mauvais coups de pied.

La pauvre chienne ne savait pas à quoi attribuer ce changement mais constatait avec surprise combien les hommes sont bizarres. Pendant la période des élections, elle dût aboyer à maintes reprises, à l'encontre de figures patibulaires qui venaient menacer le futur maire en se postant, sombres et silencieux,  aux alentours de leur maison et de celles des membres de l’association de protection pour l’environnement.

Tandis que Biscotte vaquait à ses occupations favorites, par une belle journée d'automne, embaumée par l'odeur de champignons qu'elle adorait,  occupée à explorer de son fin museau toute odeur intéressante pour sa gourmandise devenue légendaire, elle vit, à sa grande surprise et sans même qu'elle eût besoin de le réclamer, une main leste lui tendre un bout de gâteau dont elle raffolait.

Elle l'engloutit avec joie et ferveur et s'en revint  toute gambadante  à la maison bien que...... un point étrange sur le ventre......la  sensation lourde de porter une  pierre....... sa course libre au vent ralentit et se transforme en démarche gauche et titubante......des douleurs insoutenables aussitôt suivies  par de l’écume autour de sa petite gueule noire, des selles ensanglantées accompagnées de petits cris perçants qui s’essouffleront au fur et à mesure des heures. Le vétérinaire accouru sur les lieux, ne put que constater devant les maîtres  affolés que Biscotte avait été empoisonnée par de la mort au rat.  Un diagnostic qui fit effet semblable à la lame de la guillotine qui tomberait sur le cou des condamnés.

 

Biscotte mourra dans des souffrances atroces. Le futur maire, alors se retire de la politique, son association sera dissoute par crainte des autres membres, à la retraite,  qui ne tenaient pas spécialement  à se pourrir la vie.

Victime de la politique dans ce petit village, victime de la haine et de la jalousie Biscotte s'en est allée dans des douleurs innommables.

 

 

 

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29/08/2015

NATY - Quand le cancer nous frappe : "tu n'es pas seul!"

Une chanson émouvante pour tous ceux qui sont touchés par ce mal du siècle ou qui ont des proches atteints du cancer. L'originalité de la chanson réside aussi dans parfois sa traduction en langage des signes par entre autres personnes,  Arnaud Quarré de Champvigy, partiellement sourd,  ex-candidat Mister Suisse et mon neveu de surcroît, porte-parole (porte-signe) des sourds dont je suis très fière.

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26/08/2015

NATY - LA GUERRE DES MONDES

 

 

Ma sélection des chansons de Naty, un engagement à toute épreuve : la haine ? pourquoi faire?

 

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25/08/2015

Naty -"Olga, ma mère de coeur"

image.jpgAvec Naty, ce fut une rencontre inoubliable dans une petite cuisine chez des amis où sa voix tendre et suave emplit la pièce se déployant pareille à des ailes de papillon. Une voix dont la douceur sait aussi se montrer engagée et dire des choses fortes. J'ai choisi une série de chansons que je vous présenterai sur plusieurs jours, rap ou reggae.

Née à Paris, « Naty » de son vrai prénom Nathalie, d’origine Antillaise, a grandi et fait ses études dans la banlieue parisienne où elle obtient son baccalauréat.

Dès l’âge de 15 ans, Naty commence à écrire ses premiers textes. Elle laisse Epinay-sous- Sénart, pour s’installer en Suisse; Lausanne deviendra son nouveau port d’attache.

Toujours aussi passionnée par le milieu du Hip-Hop, elle continue à écrire ses propres textes et à rapper. En parallèle, elle poursuit ses études dans une école Sociale et Pédagogique où en 2000 elle obtiendra son diplôme d’Educatrice Sociale HES.

"Olga" est un hommage à sa mère adoptive de Martigny, endroit où, enfant, à peine âgée de 5 ans et grâce à une association française Feu et Joie, elle put bénéficier de vacances à Martigny, une histoire d'amour et de reconnaissance qui durera 30 ans.

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23/08/2015

Série de poèmes courts - La dernière nuit

Mon invité Lazhar Cader, jeune poète 

 

"La vie est comme

une rivière qui coule...

Jamais les mêmes poissons"

 

"La plaine est silencieuse

Surtout depuis cette dernière guerre"

 

"J'ai rêvé d'un monde que nos esprit construisaient

Malheureusement nous recherchions tous la même chose"

 

"La vie...

La vie me semble interminable

D'ailleurs elle vient de commencer"

 

"L'araignée se baladait sur un fil

Elle était somnambule

Mais personne ne le lui disait"

 

"La police bloquait la rue

Un enfant courait pour traverser la route

Au même moment une pierre éclata une vitre

La foule était enfin réunie"

 

"La vie sans l'Amour

ressemble au fond des mers

où,

même en plein jour, la nuit règne

comme le cycle des astres

sur le vautour"

 

"Le ciel est vert pâle

Je ne connais plus mon nom

Je ne retrouve plus mon chemin

Et pourtant la mort sait comment me retrouver"

 

"Le silence est muet

le silence est à la fois obscur et étincelant

Jamais je n'en parlerais comme un ami

Jamais je n'en parlerais comme un ennemi

Mais il sait me convaincre

Comme jamais la parole ne m'a convaincue"

 

"Quand on ne peut pas traverser le mur

On utilise la porte."

 

"Même la blanche colombe n'atteint pas le soleil"

 

"J'ai ouvert la porte à d'autres mondes

Qui d'autre que moi peut la refermer?"

 

Publication d'un recueil de poèmes "HÔTE" 

 

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18/08/2015

ADIEU L'AMERIQUE !

b18ad432-99be-486e-9d24-4147eedfaa9e-2060x1236.jpegAprès 12 ans passés aux Etats-Unis, Gary Younge, le correspondant et chroniqueur  du quotidien britannique The Guardian fait ses valises et rentre à Londres. Il s'explique dans un long article, relayé dans la presse internationale et  qui pointe les racines du mal et montre combien elles sont profondes; ancrées jusque dans l'inconscient collectif des Américains pour qui abattre froidement un Noir tient de l'évidence. 

Un article qui pose les vraies questions et qui nous prouve une fois de plus que Obama, président,  n'a en rien changé la donne et peut-être même empiré la situation. Pour une frange de la population blanche, avoir un président noir était une insulte à la suprématie blanche et dont la devise est dorénavant :  "Frappons!". Et d'un point de vue économique le fossé s'est encore creusé, selon  une étude récente de la  Banque Mondiale, le revenu médian des populations noires et hispaniques a diminué de 9 %, contre 1 % seulement pour la population blanche.

Selon le correspondant, chaque été, il y a des ouragans qui portent les prénoms de Katrina ou Floyd, maintenant ils portent un nom complet, aux effets aussi dévastateurs: Trayvon Martin ou Michael Brown.  A l'avenir on peut les prévoir. Sur qui s'acharnera l'ouragan la prochaine fois ?  Sur celui qui est assis là  entrain de  trimer pour payer les études de ses enfants. Il est le prochain sur la liste, mais il n'en sait encore rien. 

Pour chaque noir des Etats-Unis il faut vivre au quotidien avec cette épée de Damoclès sur la tête : Who is the next ? 

Une autre question aussitôt qui nous vient à l'esprit : Où sont les milliers d'Américains intellectuels et engagés qui résistent ? Où sont ceux qui comme un seul homme étaient capables de se soulever pour une cause juste ? Où sont ces personnes engagées ? Nous n'entendons pas votre voix ! Mais criez donc plus fort !  On songe à l'observation de  Amos Gitaï qui souligne "L'éclatement du projet commun" qui touche sans doute tous les pays lorsqu'il s'agit de résister ensemble pour une cause commune. 

Mais moi, j'ai envie de résister, je ne sais pas avec qui ni comment, mais j'ai envie de dire à l'Amérique qu'on les surveille, que chaque innocent noir tué sera inscrit dans notre âme et conscience, qu'on ne les laissera pas faire sans bouger. On crie notre révolte et on imagine le pire pour  nos amis  noirs qui partiront dorénavant aux States et la crainte de se retrouver à devoir lire leur annonce de décès par un   titre de presse  laconique comme : "Tué par la police pour avoir sorti trop rapidement son mouchoir de sa poche ! "

 

 

L'article de Gary Younge: Farewell to America

http://www.theguardian.com/us-news/2015/jul/01/gary-young...

Les US ont de la peine à recenser le nombre de personnes innocentes tuées par la police. Voici  donc     une base de données  créée par le quotidien londonien  et qui recense le nombre  de gens tués  par an. 

http://www.theguardian.com/us-news/ng-interactive/2015/ju...

 

A lire : Letter to my son de TA-NEHISI COATES - correspondant à The Atlantic 

"Here is what I would like for you to know : In America, it is a traditional to destroy the black body- it is heritage."

http://www.theatlantic.com/politics/archive/2015/07/taneh...

10:52 Publié dans Résistance | Tags : adieu l'amérique, farewell america, gary younge | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |