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18/01/2016

Une amitié improbable ou le courage qui sauve

Tigre-chevre-russie.jpgLa chèvre Timur qui aurait dû être le repas du tigre de Sibérie, Amur est devenue sa meilleure amie, à ne plus rien y comprendre. Le responsable du Zoo russe Far Eastern Safari Park en perd son russe et va même jusqu’à dire, que la chèvre est devenue « sa collègue ».

Dorénavant inséparables, le zoo a décidé par respect pour la chèvre de ne plus donner en pâtures des chèvres à manger au tigre, elle ne supporterait pas la vue de ses congénères mangées vivantes sous ses yeux, par son meilleur ami, ceci pourrait aller jusqu'à induire un conflit de loyauté.

Le tigre assure même sa protection, il n’hésite pas à feuler lorsqu’un gardien s’approche trop près de sa nouvelle amie. Le fait le plus marquant et ce qui a changé le comportement du tigre résiderait  dans le fait que lorsqu’on lui a mis cette chèvre vivante dans l’enclos, elle n’a pas eu peur, sa témérité l’a sauvée, dorénavant elle est surnommée « Assurance ».

 Cela fait plus d’un mois qu’ils vivent en harmonie.

 La morale de l’histoire : avoir du courage peut sauver la vie ! 

 


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17/01/2016

Robert Mugabe serait-il mort d'une crise cardiaque?

image.jpgGrande agitation sur les réseaux sociaux du Zimbabwe et de l'Afrique du Sud et dans la presse anglo-saxonne, rumeur que le gouvernement essaie tant bien que mal de démentir ou fustiger le hoax pour autant qu'il en soit un. L'agence Reuters quant à elle  a exigé un démenti formel.

Robert Mugabe serait-il  mort d'une crise cardiaque ? Information aussitôt démentie par le porte-parole du Président zimbabwéen, George Charamba, et qui maintient que Mugabe passerait ses vacances à Singapour en compagnie de sa famille et des ses amis.  L'affaire est partie du journal en ligne Zim Eye qui publiait une lettre reçue mardi et envoyés par une personne anonyme faisant état du fait que le président passant des vacances avec sa famille aurait eu une crise cardiaque et que ses proches devaient s'attendre au pire. 

Après plusieurs appels au Zimbabwe cet après-midi, c'est un peu la confusion et une hésitation entre, l'information est  tenue secrète en vue de préparer la succession et éviter le chaos ou elle est carrément erronée.

Mais on reste surpris par le fait que Mugabe ne viendra pas démentir cette rumeur puisqu'il est en vacances jusqu'à la fin du mois selon son porte-parole. L'homme de 91 ans,  en réalité reste bien muet devant cet affolement sur la toile.Bref ! Il se passe quelque chose dont on ne perçoit pas encore exactement la teneur. On reste perdu dans le bush.  Mais au cas contraire, il soufflera sa 92 ème bougie, le 21 février prochain. 

Sur les starting-blocks, un nom circule déjà, c'est celui du vice-président Emerson Mnangagwa, un très proche du président mais Grace Mugabe saura assurer sa place au soleil et il faudra composer avec elle. 

Les internautes s'en donnent déjà à coeur joie : Le coeur de Mugabe ne le supportait plus.  Mugabe ne peut pas souffrir du coeur, c'est le coeur qui souffre des attaques de Mugabe.  Ah bon ? mort d'une attaque cardiaque? Mais depuis quand avait-il un coeur ? 

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16/01/2016

Triste börek

epibrek.jpgCe matin,  en regardant par la fenêtre,  la plaine enneigée qui s’étend sous mes yeux, j’attends une amie kurde,  elle était si désespérée de la situation en Turquie et si déprimée que dans un élan de solidarité, je l’ai invitée à passer le week-end chez moi.

Elle m’a proposée de préparer des börek, et moi de l’assister. Je  ne sais comment elle s’est arrangée, de retour récemment de Turquie,  pour traverser toutes les douanes sous haute surveillance avec 10 kg de feuilles à börek.

En observant les arbres habillés de blanc, j’attends de pied ferme, les nouvelles des Kurdes de Turquie. J’imagine mon amie arriver avec ses deux paquets, lourdes cernes sous les yeux,  chargée comme un portefaix, la tristesse pesant autant sur son âme, une démarche lente, les épaules légèrement voûtées, allégorie vivante de la situation des Kurdes sous le régime Erdogan.

Un oiseau  de proie tournoie au-dessus des montagnes glacées.   J’imagine ses mains qui travailleront rapidement avec rage,  pas besoin de sel, ses larmes suffiront, tandis qu’elle me décrira dans le menu détail ce que les Kurdes subissent en Turquie,  elle écrasera les épinards et le fromage émietté,  le tout  ne formant plus qu’un amas difforme.  Dans l’effritement de la feuille légère produisant un  bruit  ténu d’émiettement, elle me résumera la situation d’un  peuple éclaté , d’un revers de main, on ramassera les miettes éparses .

Dans le ciel gris tournoie la buse au-dessus de la rivière gelée,  puis elle plonge en se laissant tomber sur sa proie.

 

 

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11/01/2016

"Ces putains qui marchent dans la rue"

I8B.jpgUne stagiaire d'une ONG me racontait lors de son stage en Ethiopie, dans la petite ville de Mekele que lorsqu'elle marchait seule dans la rue, c'est-à-dire non accompagnée d'un mari, on la traitait de putain. Les enfants tentaient de soulever sa jupe longue  en riant et les adultes naturellement laissaient dire les insultes lorsqu'ils n'y participaient pas  eux-mêmes. Pour les habitants de cette petite ville du nord du pays, seules les putains ou les mendiantes déambulent non accompagnées dans la rue. Une femme considérée comme  bien reste chez elle, invisible au regard des inconnus, cachée derrière de hauts murs.

Une autre fonctionnaire d'une ONG me disait, encore sous le choc,  il y a plusieurs années de cela, que deux Américaines qui faisaient de l'auto-stop en short en Afghanistan ont été emmenées par des Talibans  et violées pendant une semaine, une est rentrée morte sur une civière,  le corps affreusement mutilé et l'autre folle et muette,  à tout jamais enfermée dans un silence qui ne trouvait plus ses mots pour décrire l'horreur subie.

Puis plus proche, il y a eu les évènements récents en Allemagne, la violence, les viols, les insultes, tout ce que les femmes connaissent déjà bien et pas seulement en Allemagne. Lorsque vous conduisez, même en Suisse, à n'importe quel moment on vous lance "salope" ou "connasse" pour un rien, il a suffi d'une fausse manœuvre, d'une distraction légère. Violence verbale, violence physique, le lot de trop nombreuses femmes partout dans le monde. Femmes dont le corps est devenu un terrain de guerre, un enjeu de pouvoir, de soumission et d'humiliation.

Alors que dire ? Que répéter sans relâche? Que marteler encore ? Que l'on cesse d'institutionnaliser le corps des femmes, il n'est ni le lieu de la morale, ni le lieu d'une sacralisation exacerbée, il n'est pas non plus cet objet à vendre que l'on véhicule nu sur de grandes affiches, ni cet objet qu'on couvre et cache comme la chose possédée par un propriétaire jaloux. Qu'on laisse les femmes se réapproprier leur corps et qu'elles en disposent comme bon leur semble, il lui appartient entièrement et en aucun cas ne peut devenir un lieu de culte. 

Le vocabulaire même doit être revu lorsqu'il s'agit de l'habillement des femmes qui les rendent : avec du sex-appeal qui signifie littéralement qui "appelle du sexe", séductrices, provocatrices, tentatrices. Lieux de tous les fantasmes projetés.

Qu'on laisse les femmes se vêtir et se promener de jour ou de nuit dans le vêtement qui leur plaît et que l'on cesse de les  considérer comme des putes et des salopes dont le salaire et les postes à responsabilité ne sont pas encore égaux à celui des hommes même dans les pays dits les plus civilisés en 2016.

La seule chose à enseigner à des hommes et à ceux qui les élèvent, c'est-à-dire des femmes aussi , consiste à rappeler que nous tous méritons du respect et s'unir à l'universel "ne fais pas à autrui, ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse." Ces hommes et ces femmes sont issus de sociétés violentes où on attend des hommes qu'ils démontrent leur force virile, voire bestiale, eux-mêmes sont pris au piège de cette même violence  non seulement qu'ils ont subie mais qu'ils perpétuent de façon aveugle. Apprenons à vivre ensemble en toute fraternité, c'est une éducation entière à revoir et il faut continuer à tout prix à éduquer les uns et les autres au respect.

Que les auteurs de violences soient sévèrement punis ! Ici et ailleurs comme en Inde.

Zéro impunité pour la violence à l'égard des femmes, zéro impunité à l'égard des fillettes et garçonnets  abusés.

C'est moins un combat homme femme qu'un combat contre la violence

 Stop à la violence sur les femmes

Stop à la violence sur les hommes

Stop à la violence sur les enfants 

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Le Paradis des artistes

image.jpgNew-Delhi - Depuis mon passage, le nom de la villa est passé de Villa 33 à Villa 33, « Artist's Paradise». Je suis un peu gênée d’avoir notamment influencé ce changement, il s’avère que lorsque j’avais choisi cette chambre à New-Delhi, j’avais  demandé d’avoir une table de travail et une lampe. Cette demande toute naturelle en soi a provoqué un séisme, les propriétaires ont donc réaménagé la chambre en conséquence et l’ont appelée la "chambre des écrivains" ; une chose en amenant une autre, ils ont tout simplement décidé que les six  autres chambres qu'ils louent, sept autres restent privées ,  dorénavant ne seraient consacrées qu’à des artistes et écrivains. 

Il est vrai que les propriétaires sont eux-mêmes de grands voyageurs, ils ont passé, entre autres voyages en Europe,  un mois à Montreux et parlent avec enthousiasme de la Suisse avec une petite réserve sur la fondue indigeste, à leur goût. L’idée de mettre à disposition des chambres leur permet de recevoir des voyageurs et d’étendre cette idée du voyage et rappeler que le voyage n’est pas qu’une déambulation des corps dans un  espace géographique donné, mais il a pour but surtout de créer du changement à l’intérieur de soi et de modifier nos propres frontières intérieures.  Recevoir un étranger c’est encore voyager , dans la culture et les traditions de l’autre. Le voyage et ses voyageurs sont des portes ouvertes sur le monde.

Donc, forte de cette nouvelle idée, toute la famille portée sur le mécénat, se consulte et pense que leur maison est idéale pour devenir une maison d’artistes. Tout en buvant mon chai au petit-déjeûner, je suggère en marchant sur des œufs, que la première chose à faire, ne voyant aucun livre,  serait de constituer une bibliothèque avec les plus grands écrivains indiens traduits en français et en anglais. Comme piqué par un aiguillon, Anil  le co-propriétaire saute sur sa chaise et jure que la prochaine fois que je viendrais,  une partie du rez-de-chaussée sera transformé en bibliothèque.

Pour ma part, je réfléchis et me demande combien d’auteurs indiens j’ai lus dans ma vie. Pas plus de dix, parmi eux, le plus grand, à mes yeux, Rabindranath Tagore ; je partage cette réflexion avec mes  hôtes et leur  suggère d’inviter des auteurs indiens dans leur maison et d’organiser des rencontres avec les voyageurs de passage. Dans un élan créatif, ils proposent aussitôt de mettre à disposition leur ferme située à l’extérieur de New-Delhi pour des ateliers d’écriture et permettre aux écrivains-voyageurs, aux peintres et aux cinéastes  de disposer d’un lieu calme et d’un grand espace.

 Tonee, le deuxième co-propriétaire qui s’est reconverti dans le cinéma après la création de mode me parle de son prochain scénario , une histoire d’amour et ses trois protagonistes : un jeune prêtre à gauche du Gange, au milieu le Gange, et de l’autre côté du fleuve, la tentation sublime, une prostituée qui doit être vendue dans les trois mois. Je reste bouche bée, à l'écoute de ce scénario légèrement "soap movie"  et imagine la fin possible, le Gange avale la prostituée et le prêtre et les purifie aussitôt; un amour sacrificiel noyé dans le Gange, « un fleuve qui macule toutes les âmes » selon Voltaire.

Et pour conclure, dans ce beau projet, on pourrait aussi proposer de diviser la bibliothèque en deux parties, une partie indienne et une partie internationale. Pour ma part, j’ai proposé que chaque voyageur laisse au moins une ou deux de ses oeuvres et au minimum trois ouvrages de ce qu’il considère comme les plus grands écrivains de son pays, et sur cette lancée, je proposerai, Ramuz, Ella Maillart  et le Suisse mal-aimé, d’expression française et anglaise, John Knittel , auteur de Via Mala. Pour la Tunisie, je la représenterai par l'auteur franco-tunisien, Albert Memmi, le plus grand penseur tunisien contemporain. Les écrivains sont les enfants du monde. 

 

Quelques noms et titres de la littérature indienne  contemporaine:

Shashi Deshpande – La nuit retient ses fantômes

Amitav Ghosh - Les Feux de Bengale/Le pays des marées

Kamala Markandaya – Le riz et la mousson

Anita Nair – Compartiment pour dames

Vikram Seth - Un garçon convenable

Arundhati Roy- Le Dieu des petits riens

Shashi Tharoor - Le Grand Roman indien 

Salman Rushdie - Les versets sataniques

Akhil Sharma- Un père obéissant

Upamanyu Chatterjee – Les après-midi d’un fonctionnaire très déjanté (satirique et drôle)

Hari Kunzru- L’illusionniste

Jhumpa Lahiri – L’interprète des maladies (très beau et émouvant)

Rohinton Mistry – L’équilibre du monde

 

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10/01/2016

Une amitié karmique

bfbd3a01-a0e3-48a7-b0d8-24d4ff401b90.jpgNew-Delhi - Dans la villa où je loge , chez une famille indienne de la plus hospitalière, se trouvent vivre deux amis, leur épouse et leur fils, chacun des amis n’ayant eu qu’un seul enfant né à trois mois d’écart. Les deux garçons considèrent avoir deux pères et deux mères et les appellent ainsi, ce qui plante immédiatement le décor. 

Les deux amis se sont rencontrés pour la première fois en vacances à la montagne, alors à peine âgés d’une dizaine d’années, là où chaque été, ils se retrouveront avec joie durant des années. Au fur et à mesure du temps, leur amitié devint légendaire.

Ils se lancèrent dans les affaires ensemble et firent fortune dans la création de mode qui comme le cinéma est une industrie en Inde. Neil se confie volontiers sur cette amitié qui surprend même les Indiens : « nous avons traversé les épreuves ensemble car nous nous sentions plus forts à deux. Nos équipes de travail, nous les avons choisies et formées ensemble, nous étions toujours d’accord sur le profil des personnes sélectionnées. » Sans doute, la répartition s’est faite naturellement;  le premier prenait en charge la partie financière et administrative, le second plutôt la partie artistique.

 Lorsque l’argent est arrivé, il a fallu comme tout un chacun éviter l’écueil , l’argent arrivant à flot, l'homme me  précise en levant l'index au ciel comme la plus grand menace pour leur amitié :  » nous n’avons ouvert qu’un seul compte pour tous,  où nous puisons lorsque nous en avons besoin. Puis nous avons acheté, une ferme et un hôtel. « 

Les épouses naturellement, savaient qu’en épousant l’un, il faudrait composer avec l’ami et mieux valait s’entendre aussi avec son épouse. Non seulement, elles devinrent amies, mais leurs fils furent élevés comme deux frères et les belles-mères qui ont vécu avec eux sont devenues les meilleures amies du monde.

Anil me confie avec un sourire heureux, le dernier jour, tout doucement en se penchant vers moi : »Mon ami, c’était mon frère, ou mon jumeau dans une autre vie, aujourd’hui, il est mon meilleur ami, tel est mon Karma ! »

 

(suite projet d'une résidence pour écrivains à New Delhi) 

 

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07/01/2016

Rajasthan- des léopards et des hommes

image.jpgDes histoires de léopard courent aussi vite que le félin dans tout le Rajasthan.

Hier, c'est une fillette de 12 ans qui a disparu, elle marchait dans la forêt avec sa mère près d'un village situé à quelques kilomètres du fort de Kumbhalgar.  Le léopard a littéralement disparu avec l'enfant sans laisser aucune trace, la mère hurlait de terreur sans pouvoir stopper l'animal ou lui faire lâcher l'enfant. Des hommes recherchent encore des restes de la petite victime, en vain.

 

Puis cette autre aventure du léopard assoiffé  qui se prend la tête dans un pot d'eau dans la cour d'une maison et se la coince définitivement. Pendant 4 heures il tenta vainement de se débarrasser de l'ustensile, finalement un garde est venu et après l'avoir endormi et retiré l'objet, il l'a relâché dans la jungle.

On m'a proposé un tour en jeep ouverte de tous les côtés pour avoir la chance de voir ce magnifique animal, j'ai gentiment décliné l'invitation en précisant que je préfère nettement lire les nouvelles de l'écrivain Shantaram en sirotant du masala chai et admirer depuis la terrasse la nuée de perroquets verts.

 

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03/01/2016

New-Delhi - Tentative de solution contre la pollution

image.jpgDepuis vendredi passé, on passe à la solution des voitures aux deux derniers numéros de plaques paires et impaires, un jour sur deux, les tuk-tuk et les taxis ne sont pas concernés par cette mesure exceptionnelle pour cette mégapole qu'est New-Delhi composée de 16.3 millions d'habitants et qui s'étend sur 80km.

Il est vrai que l'air y est irrespirable, on voit à peine le soleil à travers le smog, tant il est voilé par une brume épaisse d'un léger brun, les feuilles des arbres sont surchargées de poussière et si bien que le vert des feuilles est carrément passé au  gris, les roses sont à peu près de la même couleur. Comment empêcher les sans-abris qui vivent dans la rue de se faire des feux avec toutes sortes de matériaux récupérés et qui empestent et empoisonnent l'air ambiant ?  On ne peut s'empêcher de se couvrir pour éviter de respirer les micro-particules. New-Delhi est la ville dont la pollution atmosphérique est la plus élevée au monde. Les maladies respiratoires sont les premières causes de mortalité.

A cela vient s'ajouter en hiver,  de novembre à février, la brume épaisse du matin et du soir,  amenée par la proximité des courants d'air froid de l'Himalaya à proximité et  capable de paralyser  la circulation et clouer les avions au sol tant la visibilité est mise à mal.

Une tentative qui laisse perplexes  les Indiens chez qui je loge, c'est un premier pas, mais il reste encore toutes les entrepises polluantes à déplacer le plus loin possibe, celles qui traitent entre autres le charbon. Mais encore selon eux, c'est par l'éducation dès le plus jeune âge qu'il faut sensibiliser les gens au respect de l'environnement. Le co-voiturage  est impensable dans un pays où posséder une voiture participe à l'ascension sociale tandis que les vélos restent le moyen de transport des pauvres. Il faudra encore une génération pour rappeler que la voiture n'est qu'un moyen de locomotion alors que la classe moyenne peut posséder quasiment un véhicule par personne dès l'âge de conduire, les plus riches ont voiture avec chauffeur et conduisent rarement eux-mêmes. 

En attendant l'air est lourd, la moindre bise donne l'impression de respirer mieux mais ce n'est qu'une impression passagère, on préfère se couvrir la bouche et les narines, en respirant péniblement pareils à des poissons dans un aquarium en manque d'oxygène, il est temps de  de quitter la mégapole pour des régions moins polluées. 

Et attention à celui qui resquille, il est sorti de sa voiture sans ménagement prêt à être battu par des passants qui pensent qu'il est temps de se préoccuper de la santé des enfants et des vieux et quant à ceux  qui auront plus de moyens, ils posséderont deux plaques de voitures interchangeables, paires et impaires ce qui leur permettra de conduire tous les jours.  Ainsi va la vie ! 

 

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01/01/2016

La soupe aux cailloux


image.jpgMorgins - Les vacances sans neige ça peut aussi être sympa, dans un chalet sans wifi pour surfer sur internet, le village qui offre son pot d'accueil aux arrivants pour leur souhaiter la bienvenue, pas de neige, mais que du bonheur! Répondis-je à cette invitation, savoir faire contre mauvaise fortune, bon coeur.  Une  ribambelle de jeunes à occuper entre jeux de sociétés comme le bon vieux scrabble et les concours de toutes sortes, agrémentés de longues marches, il a fallu faire preuve d'imagination.

Les jeunes s'adaptent, même l'épluchage des légumes pour la soupe ne les a pas découragés, ce fut une belle occasion tout en rapant les carottes, de raconter le conte de la soupe aux cailloux qui connaît de multiples variantes dont la suivante:
" Dans un village chinois où tous les habitants s'épient sans s'adresser la parole, se méfiant les uns des autres, débarqua un étranger dont le vêtement laissait paraître une grande pauvreté. Cheminant lentement, il se mit au bord du chemin et prépara un feu, des passants l'interpellent: mais que fais-tu l'étranger? Je prépare une soupe aux cailloux, répondit-il, à laquelle tu peux rajouter un seul légume si tu le désires, s'adressant à plusieurs passants, il les invita à en faire de même. Chacun se mit à apporter quelque chose, après quelques heures de cuisson, un fumet rare se répandit dans tous le village, le soir venu, ils partagèrent leur premier repas ensemble et firent une fête mémorable."

Je vous laisse le soin d'imaginer la symbolique de ce conte qui fait encore rêver des jeunes.

Bonne année 2016 à toutes et à tous!

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21/12/2015

« Nous prenons la rue, car la rue ne veut pas de nous »

images.jpegLa culture devient le parent pauvre, mais un parent pauvre  dont on ne sait plus que faire avec ses mauvaises manières,  son bruit et sa fureur.  On a vu en quelques années disparaître les squatts où se développait une scène alternative rayonnant bien au-delà des frontières genevoises. Des immeubles, aujourd’hui,  transformés en bureaux encore en partie vides , aux façades plus grises que le visage émacié d’un mort rachitique.

La vie s’en est allée de ces façades où on pouvait lire de la poésie sur des banderoles claquant au vent, accrochées à la va-comme-je-te-pousse.  On passait devant, on lisait rapidement, puis parfois même on se posait des questions sur le sens. 

Puis  ce fut au tour de l’Usine  de tendre la main à tout va, pour ramasser quelques miettes qu’on a bien voulu lui octroyer après force négociation. 

Une colère qui a débordé et qui ne justifie pas de tels dégâts, mais une colère dont les racines profondes se sont ancrées dans un terreau où  l’injustice et le désintérêt  flirtent avec l’indécence. Une colère  qui s’est répandue comme un cri dans le fracas des vitrines, une rage qui s’est muée en grosses lettres jetées comme des vociférations en taches rouges, noires, jaunes dégoulinantes pareilles à des larmes.

La culture mérite d’être défendue bec et ongles , elle est l’expression d’une sensibilité commune.  Elle mérite d’être pleinement soutenue et dans l’art alternatif, il y a sans doute plus d’ »alter » que de tif. Porte ouverte sur le monde,  elle s’oppose avec superbe à un monde qui devient de plus en plus froid, de plus en plus normatif.

 

La scène rebelle dérange,  elle démontre le manque de dialogue, alors ces jeunes ont pris la rue, comme on prendrait le train, pour avancer.

« La crise ne doit pas rendre la culture moins nécessaire, bien au contraire elle devient plus indispensable, une nécessité absolue ! »

 Le temps du dialogue est venu.

 

 

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