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01/01/2016

La soupe aux cailloux


image.jpgMorgins - Les vacances sans neige ça peut aussi être sympa, dans un chalet sans wifi pour surfer sur internet, le village qui offre son pot d'accueil aux arrivants pour leur souhaiter la bienvenue, pas de neige, mais que du bonheur! Répondis-je à cette invitation, savoir faire contre mauvaise fortune, bon coeur.  Une  ribambelle de jeunes à occuper entre jeux de sociétés comme le bon vieux scrabble et les concours de toutes sortes, agrémentés de longues marches, il a fallu faire preuve d'imagination.

Les jeunes s'adaptent, même l'épluchage des légumes pour la soupe ne les a pas découragés, ce fut une belle occasion tout en rapant les carottes, de raconter le conte de la soupe aux cailloux qui connaît de multiples variantes dont la suivante:
" Dans un village chinois où tous les habitants s'épient sans s'adresser la parole, se méfiant les uns des autres, débarqua un étranger dont le vêtement laissait paraître une grande pauvreté. Cheminant lentement, il se mit au bord du chemin et prépara un feu, des passants l'interpellent: mais que fais-tu l'étranger? Je prépare une soupe aux cailloux, répondit-il, à laquelle tu peux rajouter un seul légume si tu le désires, s'adressant à plusieurs passants, il les invita à en faire de même. Chacun se mit à apporter quelque chose, après quelques heures de cuisson, un fumet rare se répandit dans tous le village, le soir venu, ils partagèrent leur premier repas ensemble et firent une fête mémorable."

Je vous laisse le soin d'imaginer la symbolique de ce conte qui fait encore rêver des jeunes.

Bonne année 2016 à toutes et à tous!

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21/12/2015

« Nous prenons la rue, car la rue ne veut pas de nous »

images.jpegLa culture devient le parent pauvre, mais un parent pauvre  dont on ne sait plus que faire avec ses mauvaises manières,  son bruit et sa fureur.  On a vu en quelques années disparaître les squatts où se développait une scène alternative rayonnant bien au-delà des frontières genevoises. Des immeubles, aujourd’hui,  transformés en bureaux encore en partie vides , aux façades plus grises que le visage émacié d’un mort rachitique.

La vie s’en est allée de ces façades où on pouvait lire de la poésie sur des banderoles claquant au vent, accrochées à la va-comme-je-te-pousse.  On passait devant, on lisait rapidement, puis parfois même on se posait des questions sur le sens. 

Puis  ce fut au tour de l’Usine  de tendre la main à tout va, pour ramasser quelques miettes qu’on a bien voulu lui octroyer après force négociation. 

Une colère qui a débordé et qui ne justifie pas de tels dégâts, mais une colère dont les racines profondes se sont ancrées dans un terreau où  l’injustice et le désintérêt  flirtent avec l’indécence. Une colère  qui s’est répandue comme un cri dans le fracas des vitrines, une rage qui s’est muée en grosses lettres jetées comme des vociférations en taches rouges, noires, jaunes dégoulinantes pareilles à des larmes.

La culture mérite d’être défendue bec et ongles , elle est l’expression d’une sensibilité commune.  Elle mérite d’être pleinement soutenue et dans l’art alternatif, il y a sans doute plus d’ »alter » que de tif. Porte ouverte sur le monde,  elle s’oppose avec superbe à un monde qui devient de plus en plus froid, de plus en plus normatif.

 

La scène rebelle dérange,  elle démontre le manque de dialogue, alors ces jeunes ont pris la rue, comme on prendrait le train, pour avancer.

« La crise ne doit pas rendre la culture moins nécessaire, bien au contraire elle devient plus indispensable, une nécessité absolue ! »

 Le temps du dialogue est venu.

 

 

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20/12/2015

Le dico du tango

9782021099683.jpgAttablée au Train Bleu, restaurant mythique de la Gare de Lyon, à Paris,  je n’ai de cesse de féliciter  Jean-Louis Mingalon pour la sortie de son « Dictionnaire passionné du tango ». Après l'avoir rencontré au Sénégal, où il passait aussi ses vacances, en 2010, j'ai aussitôt  écris « Le Tango de Popenguine » . Du Sénégal à Paris, le tanguero  passionné est resté fidèle  à sa muse bohème, dévoué à cet ange  d'amour et de rage superbe et volcanique. 

Jean-Louis Mingalon*, avec deux autres passionnées Gwen-Haël Denigot » et Emmanuelle Honorin *,  nous livre un dictionnaire iconoclaste qui non seulement parle du tango mais de son histoire, de la musique, de la vie, d’une époque, d’un style de vie, de ses faiseurs de miracles.   En parcourant les pages, du dictionnaire  on se laisse séduire par la gouaille, la truculence, l’impertinence d’un monde tissé de sons et de glissements subtils sur des parquets fatigués de grandes salles chargées d’histoires et de passions,  a « fuego lento » se consume la fureur lente et pénétrante des corps enchaînés.

 « Le tango réside entre un pas et un autre, là où s’entendent les silences et où chantent les muses ». Mais le tango, avant tout, c’est l’ abrazo,  et qui font dire avec ironie aux vieux milongueros, : « Pourquoi prends-tu des cours ?Tu ne sais pas prendre une femme dans tes bras ?Alors, prends-là et marche ! » Vous l’aurez compris l’abrazo est l’essence même du tango.

Et de voir comment avec "Mi noche triste", considéré comme le premier tango canción composé en 1916 et chanté par Carlos Gardel fait « monter le tango des pieds aux lèvres ».

Dictionnaire d’un genre nouveau, au-delà des clichés, danse, musique, poésie, mais aussi culture et art de vivre, le tango est un monde que cet ouvrage explore dans toutes ses dimensions - géographiques, métaphoriques, historiques, sociétales... Les 600 entrées font la part belle aux biographies de personnages (musiciens, chanteurs, danseurs, poètes...), pour un tango incarné, mais aussi aux lieux, aux paroles de tango, aux termes techniques, aux concepts qui permettent de reconstituer l'histoire du tango.

Un dictionnaire ébouriffant qui se lit comme un roman.

 

Journaliste de presse écrite et télévision, documentariste, chroniqueur à la radio, *Jean-Louis Mingalon est un spécialiste des musiques du monde. Philosophe de formation et journaliste scientifique de profession, *Gwen-Haël Denigot vit entre Paris et Buenos Aires et organise des événements tango à travers le monde. Ethnologue spécialiste des chants et musiques populaires, *Emmanuelle Honorin est journaliste et productrice de musiques du monde, auteur de Astor Piazzolla, Le Tango de la démesure (Demi Lune, 2011).

 

 Date de parution 05/11/2015 -   Editeur Seuil - 750 pages.

 

Une des plus belles voix contemporaines  du tango :Emma Milan qui a participé au lancement du livre, à Paris.

Milonga triste de Piana y Manzi  

 

 

 

 

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19/12/2015

Comme un petit Air de BNB

1025_gigaombw_airbnb_630x420.jpgLa liste des gagnants du meilleur accueil vient d’être publiée,  et pour cause les heureux élus ont fait preuve d’un dépassement hors normes pour aider leurs voyageurs:

Frans des Pay Bas, toute affaire cessante quitte son travail pour accueillir sa voyageuse à l’aéroport qui vient de se faire faucher les seuls 50 euros en sa possession. Lui-même veuf, élevant seul un enfant de 11 ans  lui transmet sa vision du monde et lui rappelle que le vie est belle.

Christine d’Australie, se retrouve  à accueillir deux grands baroudeurs.  Le couple est exténué, la jeune femme enceinte fait une fausse couche chez elle. Christine, l’hospitalise, trouve du travail au petit ami afin qu’il parvienne à couvrir les frais médicaux. A cette heure, le jeune couple loge encore chez elle gratuitement. Leur logeuse aura remué ciel et terre pour les aider.  Bravo Christine !

Quant à moi, j’ai testé en qualité d'hôte,  Airbnb cet été,  en louant mon appartement, persuadée que j’avais trouvé  là, aussi, la bonne solution pour mon poisson rouge et mes plantes.  Deux astro-physiciens en stage, à Genève.  Ce fut un été pas triste. La première fois que le sac poubelle fut plein, ils m’ont appelée pour me demander ce qu’ils devaient faire. Le second appel, l'oubli de la clé dans la maison. Le troisième,  alors que  j’étais sur la plage en Italie,  pour s’enquérir de savoir s’il fallait mettre un sac  dans l’aspirateur.  N'ayant pas en mémoire, le ventre de l'appareil, je leur ai suggéré d'utiliser le balai, puis nous nous sommes félicités d'être finalement des gens à l'esprit pratique. Les voisins ont remarqué que lorsqu’ils arrosaient les fleurs sur le balcon, tous les balcons en profitaient abondamment. And last but not least, le poisson rouge n’a pas survécu aux soins des deux scientifiques. Il est mort le lendemain de mon retour. A part ça, ils étaient adorables.

Vous souvenez-vous de mon périple  au Danemark et de  comment je me suis retrouvée dehors, à cause d’un chat, coincée,  pieds nus à la tombée de la nuit tandis que mon logeur faisait de la  bicyclette en Suède, vous retrouverez le récit complet sous un "Un chat danois". Aujourd'hui, j'en ris.

Bref, accueillir des personnes chez soi, c’est toujours très sympathique, une amie m’a demandé de loger une jeune stagiaire sud-africaine, depuis je pratique abondamment l’Anglais tous les jours et découvre  l’Afrique du Sud, à travers les récits de la jeune fille,  comme si j’y avait déjà passé trois mois.

La tendance serait de revenir au logement communautaire, on partage ses goûts, ses voyages,  ses habitudes. Idéal comme formule de voyage pour les grands voyageurs et nettement moins coûteux qu'un hôtel où souvent l'accueil fait défaut et rien de tel pour découvrir un pays. En quelques heures, on se glisse dans les charentaises des logeurs et on vit leur vie. Très souvent, ce sont des artistes qui trouvent là un bon moyen de mettre du beurre dans les épinards.

Mon prochain Airbnb sera indien.

10:43 | Tags : airbnb | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

13/12/2015

La peur engendre des monstres

hydre.jpgDans un climat de méfiance, de doute, de manipulation de la peur des uns et des autres, dans un climat de récupération de cette peur, il est temps de se méfier de ses démons qui approchent à grands pas soufflant la haine et l'aveuglement. La peur obscurcit la raison et nous livre à toutes les manipulations traîtresses de notre peur. 

Ses monstres engendrés par la peur qui se transforment en haine, en racisme, en rejet, en "tremblotements existentiels et claquements d'âmes"  et qui finiront par non plus combattre ce que l’on doit combattre, à savoir le terrorisme, mais au contraire nous aurons dans notre peur rejoint le camp de la barbarie, et l’ennemi aura eu raison de nous, entièrement eu raison de nous et de notre raison.

Oui ! Il  faut s’occuper de toute urgence de ceux qui tremblent et dont le discours aussi se radicalise.  Oui ! Il est nécessaire d’écouter  ceux dont le courage manque pour affronter un ennemi réel et dangereux et dont il ne faut pas sous-estimer la capacité destructrice. 

Mais comment me direz-vous donner du courage à ceux qui tremblent et qui ont peur et dont on manipule à souhait cette peur ? De quel courage faut-il se nourrir pour résister à toutes les tentations y compris celles de créer de nouveaux monstres pour nourrir d’autres formes de terrorismes et ressembler tragiquement à ceux que nous aurions dû combattre ?

Une ode à la vie ! Sans doute, c’est la seule façon de reprendre son courage, faire confiance non pas en ce que nous avons de pire en nous, mais ce que nous avons de meilleur en nous, voilà nos vraies armes. Une confiance puissante en la vie, et une confiance puissante en notre fraternité qui elle seule, saura  faire barrage et front commun contre le terrorisme.

Ensemble, dans un esprit profond d’amour pour la vie et pour l’amour de l’autre, nous saurons vaincre sans peur et dans une confiance absolue  ce terrorisme  dont les racines puisent elles aussi, dans la haine et l’ignorance et surtout la manipulation. 

Une ode à la vie pour seule réponse, nous gagnerons ce combat contre les démons  par la confiance entre notre capacité de respecter la vie  et non pas par  la peur destructrice  qui en créera de nouveaux. Avons-nous envie de transmettre la peur aux générations futures? Non! Nous avons envie de leur offrir en héritage une confiance absolue en leur avenir et en leur capacité de construire un monde meilleur. 

Armons-nous de confiance,  comptons sur notre capacité d’aimer, arme absolue contre la haine et combattons sans peur et sans férir notre ennemi : la barbarie sans devenir à notre tour des barbares !

Vendredi- Dans le métro parisien, j’observai un jeune, à peine âgé de 17 ans, tapi dans un coin les yeux exorbités, je m’adresse alors à lui et lui demande ce qu’il a, il peine à respirer, il transpire et me dit : »J’ai peur qu’on me prenne pour un terroriste¨ » un jeune qui faisait une crise d’angoisse en tremblant de tout son corps et paralysé sur place. Avons-nous envie, comme lui,  d'être paralysés sur place terrassés par notre peur immense ? 

 

Si vous avez un doute là-dessus,armez-vous de courage (je n'ai plus dormi pendant 3 jours)  et  revoyez les huit volets de la série "Jusqu'au dernier". la destruction des Juifs d'Europe", c'est une analyse implacable de la construction d'une peur et de sa manipulation  qui aboutira à des millions de morts et cela dans un  silence le plus effroyable. Car la peur crée aussi l'auto-censure, on n'ose plus dénoncer, on se tait et on courbe l'échine, muets devant l'horreur. 

 

MÊME PAS PEUR 

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05/12/2015

Un rêve kazakh

Comme annoncé dans mon billet, cette histoire a été retirée après l'avoir laissée en lecture durant deux jours, mais si quelqu'un souhaite en prendre connaissance, je peux l'envoyer par email en vous priant de ne pas la diffuser car elle reste le matériau d'une prochaine nouvelle.

Merci 

Mon email dchraiti@infomaniak.ch

11:53 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

21/11/2015

Paris - Des vies plus chères que d’autres ou l’indifférence qui tue  

images.jpegUne Algérienne me disait ce matin avec une moue d'agacement sur les lèvres: combien d’Algériens ont été tués par les islamistes, combien de bombes jetées dans les cafés, dans les salles de concert, combien de corps déchiquetés sur les trottoirs, combien de familles entières décimées devant l’indifférence la plus totale et de la France et des autres  depuis plus de vingt ans ? On n’ose plus avancer de chiffres bien qu’aucune statistique ne soit vraiment tenue (1017 morts, 1172 blessés?)  en Europe,  on compte chaque mort comme mille vies d’Arabes.

 En Syrie, idem, des milliers de Syriens tués par DAECH depuis plus de trois ans, ici, on « regrette » cette guerre et on hésite pour savoir combien de réfugiés syriens, il nous faudra accepter. Mais les financements des rebelles islamistes ont été assurés avec plus de volonté et moins d'hésitation  et quant aux morts comme dirait Machiavel……….

 Il se pourrait fort que la France paie aujourd’hui pour son double langage, pour son engagement cynique auprès des forces rebelles en vue de déboulonner Al-Assad, avec l’appui de ses grands copains Saoudiens et Qataris qui financent à tour de bras les rebelles, tandis que les Américains les soutient ouvertement. Il aura fallu 130 morts français dont parmi eux des musulmans pour réveiller une conscience française sur l’horreur de DAECH, jusqu’à présent on composait volontiers avec en Syrie en restant sourd aux cris d’un peuple massacré, mutilé, détruit, contraint à l’exil  !

 La France se réveille car enfin les terroristes qu’elle a appuyés sont arrivés jusqu’à ses portes et menacent directement le pays et ses citoyens. Un effet boomerang prévisible. Des terroristes dont certains sont nés des propres entrailles de cette France qui a su avec superbe entretenir les rapports de colons à colonisés auprès d’une frange de la population qui durant trois voire quatre générations plus tard sont toujours les marginaux d’un pays qui n’a pas encore su revisiter le rôle qu’elle a tenu en Algérie. Une amnésie volontaire et criminelle.

 Dans quelle mesure la France n’est-elle pas responsable de ce qu’elle a semé ? Chacune des victimes des derniers attentats, chacun des proches de ces victimes peut se retourner vers son gouvernement et lui  demander à quel jeu il joue et il a joué et exiger réparations.

La France s’est engagée de manière irréversible dans une spirale infernale à force de manipulation, d’indifférence, et de mépris.

 Il est temps que les citoyens français interrogent leur gouvernement, il est en grande partie responsable de ce qui se passe aujourd’hui. Son indifférence et son implication traîtresse ont nourri la bête devenue immonde, omniprésente et surtout incontrôlable.

 Préparez-vous au pire ! Je le crains, ce n'est que le début.

 

Excusez-moi de ne n'avoir pas fait partie de ces "intellectuels" triés sur le tas qui parlent  d'humanité, de fraternité, du vivre ensemble, il y a d'autres vérités moins agréables à dire, une nécessité de dessillement urgent des yeux. 

 Paix à la mémoire de tous les disparus du 13 novembre de Paris, d'Algérie,  de Syrie, du Mali, de la Tunisie, sans oublier les Kurdes  et de tous ceux à venir,  victimes de la folie de mercenaires financés entre autres par les forces occidentales dont les intérêts passent outre le respect des vies humaines. 

 

Billet posté sur le facebook de François Hollande  et censuré 

https://www.facebook.com/francoishollande.fr/?fref=ts

23:09 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

11/11/2015

ConSéquences

image3_consequences.jpgSans un mot, un humour qui transpire plus noir que l'encre et invite à un éclat de rire au milieu d'une veillée funèbre sans que la pudeur en soit véritablement agressée . Un défi que relèvent avec brio Mathieu Van Berchem et Eric Druel dans un spectacle de clown de la compagnie Paraconteurs.

Deux hommes en costard qui passeraient inaperçus dans la vie tant ils sont dans la norme, un petit, à côté d'un grand qui miment la vie avec ce qu'elle a de plus banal et de plus affligeant et pourtant au fond de la tristesse, il peut encore subsister cet éclat de rire solaire déclenché par la mise en exergue d'un détail qui prouve qu'on peut rire de tout même du pire. 

Mathieu Van Berchem vient jouer dans sa ville, l'ancien journaliste, historien de formation, qui vit en grande partie à Paris, a lâché le journalisme pour s'adonner à sa passion, faire rire et devenir ce clown subtil qui d'une baguette invisible mène le spectateur à regarder dans un silence absolu ce qui ne peut plus lui échapper; une dérision espiègle au milieu du chaos existentiel. 

Un spectacle à ne pas manquer  

ConSéquences

de et avec 

Mathieu van Berchem et Eric Druel

Compagnie Les Paraconteurs

 

samedi 14 novembre à 20h

et dimanche 15 novembre à 19h

 10 avenue Industrielle, 1227 Carouge

 

 

Les Paraconteurs, deux clowns infiltrés dans la société moderne.

 

Deux hommes en costard. Deux VRP lambda. A première vue, ils ont l’air parfaitement adaptés. L'un est grand, l'autre petit. Rien ne les distingue du commun des mortels. Pourtant, confrontés à des situations délicates de la vie en société -­ une soirée en discothèque, une cérémonie funèbre, une séance de psy -­ ils vont se révéler d'une inadaptation déso(pi)lante.

 

« Le spectacle distille un humour noir et absurde, sans une seule parole mais plein de trouvailles, de facéties, avec une démesure parfaitement retenue.»  Télérama

 

« Une évocation de la mort qui réussit à être hilarante sans provocation. »  La Tribune de Genève

 

 

Page du spectacle 

http://www.alchimic.ch/index.php?id=61...

 Réservations

Plein tarif : 25.-     Tarif réduit : 18.-     Moins de 20 ans : 12.-

 par téléphone : 022 301 68 38

en ligne : http://www.alchimic.ch/index.php?id=25&spect=997...

 

 

 

Flyer.jpg

07:36 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

04/11/2015

La radio? Mais c'est très simple ! (2)

3447786819.3.jpgUn immense bureau plongé dans une vive lumière et qui crée un contre-jour tel qu'il ne perçoit que vaguement le visage du Kommandant Herr Von Wekker*, mais d'un simple coup d'oeil, il reconnaît la radio qu'il a réparée dans l'atelier. Le gradé, d'un air satisfait tapote sur le bois de son appareil, et le félicite en un excellent français tout en roulant les"r".
 
"Jeune homme! Vous m'avez beaucoup aidé, en réparant ma radio, maintenant j'aimerai aussi, à mon tour vous aider! Que puis-je faire pour vous?  Le jeune homme hésite, il a fini par apercevoir caché par la pénombre, un visage avenant et jovial, il se lance, jouant sa vie sur les mots qu'il allait dire, une roulette russe implacable: vivre ou mourir. 
- Je suis déserteur et du coup clandestin à Paris, j'aurais dû partir en Allemagne.
 
Grand silence, le sourire disparaît du visage de l'Allemand, sans mot dire, d'un air grave, il ouvre un tiroir, le coeur du jeune ingénieur résonne dans ses oreilles, il l'imagine sortir un revolver pour le menacer en attendant que des soldats viennent le chercher.
 
Lentement, le commandant extrait une 20aine de feuillets, ce sont des Ausweis, des laissez-passer dont il signe le premier et lui tend le paquet en lui précisant qu'il saura se débrouiller avec le reste, c'est-à-dire imiter parfaitement sa signature. C'est ainsi que le jeune traversa la guerre et sa clandestinité, en tendant aux soldats des Ausweis à la signature de Herr Kommandant Von Wekker imitée par lui, et c'est en bruit de bottes sec et synchronisé à la lecture du nom du gradé qu'on le laissait poursuivre son chemin.
Herr Von Wekker qui aimait tant écouter la musique sur sa radio et qui a avait une maîtresse française,  féru d'art et de vin français finira par mourir sur le front russe.
 
 * Nom fictif
 
Depuis Monsieur Strauss est devenu un grand artiste peintre,  et si vous voulez entendre cette histoire racontée par l'ancien ingénieur, vous pouvez assister à sa prochaine exposition dans son atelier lors des 
 
JOURNEES PORTES OUVERTES DU SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015
de 11h à 20h non stop
LES LAQUES DE JACQUES STRAUSS
1163 route de Bonnaz, 74250 Fillinges

 

 

 

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03/11/2015

La radio?mais c'est très simple! (1)

image.jpgWladimir Sorokine persuadait en encourageant son étudiant, le jeune Strauss, alors ingénieur en formation, "la radio? mais c'est très simple! ", si facile que la TSF (télégraphie sans fil) changera sa vie.
 
Il a alors 20 ans, nous sommes en 1942, l'année de la rafle du Vélodrome d'Hiver, c'est-à-dire en pleine guerre, il est appelé à partir en Allemagne pour un STO (service du travail obligatoire) qui l'aurait immédiatement conduit dans un camp de concentration avec son nom juif. 
Le jour du départ, il est à la gare avec un ami appelé comme lui, tous deux placent leur valise dans les filets du train, au-dessus des banquettes en bois. Ils retournent sur le quai rejoindre leurs amies, s'asseyent, une petite faim leur rappelle le pic nic  de Strauss. Adorablement emballé dans une serviette à carreaux blancs et rouges, à l'intérieur quelques délices mitonnés par sa grand-mère, un parfum subtil se dégage de ce trésor qui chatouille délicieusement les narines. Tout à leur joie, les deux jeunes se demandent finalement ce qu'ils vont faire en Allemagne, alors qu'il fait si bon vivre. Leur décision est prise, ils décident de laisser le train filer avec leurs bagages condamnés aussitôt à la clandestinité.
Strauss trouve un emploi de réparateur de radio, dans l'arrière-boutique d'un magasin dont le mari de la gérante est prisonnier en Allemagne. 
Elle lui donne les clés de l'atelier, le jeune homme se glisse sans bruit dès minuit et travaille jusqu'à l'aube à dépanner les postes de radio des clients du magasin. Pour communiquer, ils se glissent des billets. Par ailleurs, l'ingénieur radio se faufile dans les sous-sols d'une villa pour réparer les récepteurs-émetteurs des résistants et poser sur les radios des  anti-brouilleurs, des cadres Goniot leur permettant d'écouter Radio-Londres.
Durant deux ans, il se tapit et ne sort que la nuit en rasant les murs. Il étouffe dans cet univers confiné à échapper au contrôle de l'armée allemande et de la milice française.
En se rendant au travail, la gérante  du magasin lui a gribouillé un mot d'une écriture maladroite:"un client très content de la réparation de sa radio aimerait te rencontrer et te remercier, voici son nom: "Herr Kommandant Von Wekker, à la kommandatur". Le jeune reste interloqué à la lecture du nom. Une folie ! Il décide de se rendre en personne au QG allemand et de se présenter , il n'en peut plus de se cacher jour et nuit.
Il se tient debout devant les soldats qui font le guet à l'entrée de la commandature. Il prononce le sésame : "Herr Kommandant Von Wekker",  les hommes se raidissent comme des piquets en claquant leurs bottes et désignent l'étage et le bureau du gradé. Notre jeune monte lentement les escaliers comme pour se rendre à l'échafaud!
 
(suite à venir) 

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