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08/10/2018

Saint-Exupéry- Au cœur d’un festival berbère

616.jpgLa 9ème édition du Festival Taragalte 2018 qui se déroulera les 26,27 et 28 octobre, sera consacrée à un amoureux du désert et nommée « Sahara, une terre fertile, hommage à Saint-Exupéry ».

Ce festival qui se situe dans la province de Zagora , près de l’Oasis de M’Hamid el Ghizlane au Sud du Maroc trouve ses racines dans les rassemblements d’antan appelés « Moussem » ,  "Anmougar" en Amazigh , un regroupement annuel des habitants du désert pour se retrouver, commercer, se divertir et renforcer le lien social. Musique, chants, contes populaires, compétitions et autres traditions se déroulaient sur plusieurs jours.

Alors je vais profiter de ce « Moussem » pour vous conter moi aussi selon la tradition orale, l’histoire du retour de Saint-Exupéry au Caire suite à son accident d’avion. Un moment magnifique décrit sous la plume de Gabriel Dardaud, autrefois journaliste pour l’Agence France Presse et qui a vécu 30 ans au Caire. Témoin de cette scène très peu connue, il la raconte de manière extraordinaire. Grâce à sa petite-fille Florence que je remercie au passage et qui m’a envoyé ce texte de New-York, je puis à mon tour, au coin d’un feu, dans les brises fraîches du Sahara, le soir tombé, vous conter les retrouvailles avec Saint-Exupéry que l'on croyait perdu, à jamais.

 

Saint-Exupéry perdu et retrouvé

par Gabriel Dardaud

Le lendemain du jour de l’an 1936, clôture du Congrès international de chirurgie, savantes assises qui ont amené au Caire, par centaines, des praticiens d’une vingtaine de pays . Ils remplissent les hôtels, accompagnés de leurs épouses – ou de leurs assistantes préférées. Le tableau de leurs communications (chirurgie des parathyroïdes, chirurgie de la bilharziose, chirurgie de la douleur, etc.) se double d’un programme d’excursions très élaboré. On trouve les participants, leur macaron à la boutonnière, plus nombreux au pied du Sphinx ou de la pyramide de Sakkara ou encore dans les mosquées mamelouks que dans les amphithéâtres de la faculté de médecine de Kasr-el-Aïni, dans la capitale.

A l’un des plus célèbres d’entre eux, le professeur René Leriche de l’Académie de médecine, j’avais demandé : « Que pouvez-vous attendre, monsieur, de vos débats scientifiques ? » Il me répondit : « Jeune homme, lisez l ‘Imitation de Jésus-Christ. Il y est dit : les pèlerinages sanctifient rarement. Nos ancêtres s’en allaient vers Compostelle ou Assise, par piété sans doute, mais aussi pour voir du pays et s’éloigner des soucis familiaux et professionnels ; nous dirions aujourd’hui : faire du tourisme. Nos congrès, ce sont nos pèlerinages. Sans doute y voit-on des confrères et parle-t-on métier. Mais, croyez-moi, nous nous promenons beaucoup, et la science n’y gagne par grand-chose. »

 Ce soir, banquet au Shepheard’s Hôtel offert par la faculté de médecine du Caire et son doyen, le professeur Ali-Pacha Ibrahim. Tenue de rigueur : robe longue, habit et décorations. Près de plans de table protocolairement établis, un avis : « les congressistes qui souhaiteraient effectuer eux-mêmes un splénectomie peuvent s’inscrire ici pour les quinze prochains jours. Des dispositions seront prises pour leur donner toutes les facilités dans les centres hospitaliers. » Conséquence de la bilharziose, très répandue en Egypte, on y trouve, m’explique-t-on, par centaines, des fellah jeunes ou vieux, hommes ou femmes, aux ventres démesurément gonflés par l’hypertrophie de la rate. On les en débarrasse au bistouri, opération peu commune en Europe ou en Amérique. Dans ces contrées les chirurgiens ont rarement sous la main de pareils patients : on leur offre en prime cette occasion d’exercer leur talent pendant leur visite à la vallée du Nil. Au tableau, la liste des candidats opérateurs s’allonge à l’heure de l’apéritif…

Minuit passé, derrière le représentant du roi Fouad d’Egypte et les membres de son gouvernement, congressistes et invités descendent de la terrasse du Shepheard’s. Les drogmans en robe sont toujours là , proposant pour la nuit « une visite au Fish-Market » le trop connu quartier de la prostitution, pittoresque en diable et si proche que pour y pénétrer, depuis, l’hôtel, il n’y a que la rue à traverser. Les voitures des congressistes ont été rangées devant l’Opéra sur la place Ismaïl-Pacha. Cent mètres à peine à marcher sur le trottoir, derrière le ministre de France, Pierre de Witasse, qui a pris la tête de la colonne précédé comme il se doit par son cawas, « suivant » en uniforme « à la turque » et sabre au côté.

Petite bousculade devant l’Hôtel Continental où vont s’arrêter quelques-uns des invités ; deux chaouiches en tarbouche, requis par le portier grec, tentent de soulever un homme affalé sur les marches. Ils l’ont pris pour un ivrogne. Il résiste, répétant d’une voix lasse : « Fichez-moi la paix, je veux une chambre, je suis Saint-Ex… » Le ministre de France l’a entendu. Branle-bas de combat, on écarte les policiers, on soulève l’aviateur, qu’on recherchait partout depuis cinq jours entre le Nil et l’Euphrate et que l’on croyait définitivement perdu dans le désert Arabique, entre le Caire et la mer Rouge. On l’étend sur le canapé du vestibule. Dix des plus grands médecins du monde lui tâtent le pouls, lui soulèvent les paupières, l’auscultent sommairement. "Un whisky… "réclame Saint-Exupéry dans un souffle. Il l’aura.

Quelques instants plus tard, dans une suite de luxe, plongé dans sa baignoire, il se ragaillardit, pas le moins du monde étonné par les personnalités cravatées de blanc et superbement décorées qui se penchent sur son anatomie. Un mirage de plus sans doute.

 

Suite……..2/4

 

*Illustration- L'Intransigeant du 4 février 1936.

 

 

 

 

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06/10/2018

Charles Aznavour, un réverbère de la mémoire pour l’éternité!

img-0296.jpgCharles Aznavour s’en est allé et quel sentiment de vide ! C’est une page de mon enfance qui se tourne avec son départ mais quelle force de souvenirs, quelle puissance d’émotions.

Je me souviens de ma grand-mère d'origine valaisanne et suisse-allemande qui en Tunisie écoutait sans relâche sans doute ce qui demeurera  les plus belles chansons du répertoire français, celles d’un auteur compositeur qui savait soigner l’âme. Âgée de 5 ans, j’observai ma grand-mère attentivement  et connaissais parfaitement le rituel « Aznavour .» Elle mettait un disque vinyl 45 tours, se versait un verre de vermouth, allumait sa cigarette mentholée et pleurait avant la fin de la première chanson. Et là, je savais que je pouvais tout lui demander, elle était sur son nuage romantique, un brin de nostalgie au fond des yeux, et une reconnaissance infinie pour ce chanteur qui la transportait dans un univers tissé d’amour et de beauté.

Lorsque, j’ai lancé ma série sur les « Réverbères de la mémoire », naturellement, Charles Aznavour était en tête de liste parmi les artistes et poètes arméniens ou d’origine arménienne retenus avec  sa chanson "Ils sont tombés» dédiée au génocide arménien , puis la chose ne s’est finalement pas faite.

Or,  à  l’inauguration au Parc Trembley de l’œuvre de l’artiste Melik Ohanian, mémorial du génocide arménien sous la forme de neuf Réverbères, Charles Aznavour y était, en sa qualité d'invité d'honneur, ambassadeur de l'Arménie en Suisse ,   tous se rassemblaient autour de lui, le photographiaient,  il leur adressait un sourire plein de bonté, nous étions tous émus par sa simplicité et la bienveillance   qui irradiait de toute sa personne.

Hier matin, à l’aube, je chantai "La Bohème", ma fille est arrivée en courant : « mais qu’est-ce qui t’arrive ? Elle ne m’a quasiment jamais entendue chanter et encore moins si tôt, puis elle a vu la petite larme au coin des yeux  pour le départ de celui qui m’a accompagnée tout au long de ma vie. Et aujourd’hui de penser à ce grand homme qui a presque traversé un siècle et toute notre vie et  nous pouvons à notre tour, reprendre les dernières paroles de sa chanson "La Mamma"  :

« Y a tant de larmes et de sourires

A travers toi, toi Charles

Que jamais, jamais, jamais

Tu nous quitteras….. »

 

Aznavour, un réverbère de la mémoire pour l’éternité.

 

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19/09/2018

Un destin de lapin

IMG_1365.JPGUn fois n'est pas coutume, en été, je vous raconte en général mes déboires avec mes poissons rouges;  le retour de vacances avec le poisson flottant sur le dos,  oublié et non nourri par quelque distrait astro-physicien du CERN ou celui qui s'est suicidé en sautant du bocal ou l'infarctus du poisson rouge. Cette fois-ci, il s'agit d'un lapin ou plutôt d'une lapine. En juillet, une connaissance a débarqué quelques jours chez moi avec toute sa ménagerie, un chien et deux lapins parmi lesquels un lapin en trottinette.

C'est l'histoire de Mel, une lapine de deux ans devenue paralysée de la patte droite après un traitement de stérilisation chez le vétérinaire qui du reste après coup a proposé de la piquer. C'était sans compter sur l'obstination et la sensibilité de Solange et de son fils Léo qui ont opposé un refus absolu. Mais plus encore, non seulement il fallait permettre à Mel de vivre mais aussi de continuer à vivre normalement pour un lapin, c'est-à-dire courater à gauche et à droite, à fureter avec son petit museau et fourrager où bon lui semble. Sans se laisser démonter, ils lui fabriquèrent une espèce de voiturette adaptée au corps de la paralysée et la voilà repartie, libre de ses mouvements.

Une belle histoire pleine d'humanité et Solange me confie que lorsqu'elle enlève la voiturette de Mel pour la laver et la serrer tout fort contre elle tandis qu'elle sèche, elle sent une émotion l'étreindre de tenir ce petit être tout chaud  tout contre elle.

Au-delà de l'anecdote, c'est une réflexion plus large sur notre lien à l'autre qui assurément avec notre propre évolution s'étend à l'animal et aux plantes;  cette altérité sensible qui est un signe de notre conscience du monde. Ce lien qui nous rend plus humains et qui nous permet de franchir un seuil qui nous éloigne encore davantage de notre propre animalité ou même nous la rappelle sous son meilleur jour. 

 

Bravo à Solange et à son fils Léo d'avoir résister aux chants des sirènes du vétérinaire prêt à l'euthanasie.









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18/09/2018

L'ONU obtient la suspension du renvoi de Flor Calfunao Paillalef

cropped13692723_655425894614098_5741261870959963848_n.jpgPetit soupir de soulagement après des semaines d'angoisse: le renvoi de la militante Mapuche Flor Calfunao Paillalef a été suspendu par le Comité des Nations Unies contre la Torture. 

Suite à une décision du Comité des Nations Unies contre la torture (sigle anglais CAT) datant du 23 août dernier, les autorités suisses se sont engagées à ne pas procéder à l'expulsion de Flor, tant que le Comité n'aura pas fini d'examiner la plainte déposée par la défenseure. Une telle procédure pouvant prendre plusieurs mois, celle-ci reste donc en sursis pour quelques temps.

Bien que temporaire, la décision impulsée par le CAT demeure un "soulagement" pour Flor. "J'avais beaucoup d'espoir dans le Comité (contre la Torture) et je ne suis pas déçue. S'ils ont pris cette mesure, c'est que la décision (des autorités suisses) leur est apparue problématique", confie Flor à ISHR. En effet, afin de justifier sa décision de renvoyer Flor au Chili, le Service d'Etat suisse aux Migrations (SEM) avait argué que les exactions visant les Mapuche étaient circonscrites à une seule région, l'Auracanie, où vit ce peuple. Il aurait donc suffi à Flor, selon l'argumentaire du SEM, de s'installer dans une autre région pour être en sécurité. Une perspective inenvisageable pour Flor dont l’intégrité physique et psychique serait menacée au Chili et qui, en plus d'être éloignée des siens, aurait perdu tout moyen de poursuivre son travail de défense des droits de son peuple.

Malgré la mesure adoptée par le CAT, les autorités suisses peuvent encore décider de renvoyer la défenseure au Chili, pays qu’elle a fui en 1996 car les Mapuche, son peuple, y sont la cible d’exactions de toutes sortes: arrestations et détentions arbitraires, harcèlement judiciaire, pillages, voire assassinats. Plusieurs membres de la famille de Flor font ainsi l’objet de mesures de protection de la part de la Commission Interaméricaine des droits de l’Homme, compte tenu des nombreuses attaques dont ils/elles ont été victimes à cause de leur activité de défense de leur peuple et de leur territoire ancestral. 

A ce titre, son seul espoir de poursuivre son travail repose sur l'ONU. "Si je suis là c'est grâce à l'ONU. Oui c'est lent, mais c'est la seule voie que je peux emprunter vu que je n'ai plus aucun recours au Chili", lance Flor. Et en Suisse non plus, étant donné que la défenseure y a épuisé toutes les voies de recours internes. Disposant d'un mécanisme de plaintes permettant à toute personne victime ou témoin de cas de torture de présenter un recours, le CAT peut en effet demander au pays concerné d'adopter des mesures provisoires pendant qu'il enquête sur les faits exposés. Une démarche qu'il adopte en général quand il estime disposer d'assez d'éléments justifiant une enquête de sa part. 

"La Suisse est une terre de refuge pour beaucoup de militantes et militants des droits humains, et plus généralement pour les victimes de persécution" rappelle Vincent Ploton d’ISHR.  "En tant qu’Etat hôte du Haut-Commissariat et du Conseil des droits de l’Homme, il est capital que les mesures adoptées par des institutions comme le Comité contre la torture y soient respectées", ajoute t-il.

Rappelons que Flor est la seule personne à représenter et porter les préoccupations de son peuple auprès du Conseil et autres instances des droits de l'Homme. Son renvoi au Chili mettrait un terme au lien privilégié entre les Mapuche et les Nations Unies.

 

Source : International service for human rights

 

 

Photo: Mission Permanente Mapuche auprès de l'ONU

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09/09/2018

Saïd Mohamed – La tête dans les étoiles

ob_2c6d78_101863-librairienov-e1424106376293.jpgAujourd’hui même, Saïd Mohamed reçoit le prix Coup de cœur Charles Cros 2018 pour son recueil de poésie « Toit d’étoiles », un CD d’accompagnement musical qui lui a valu cette distinction. Une poésie tapie dans l’horreur du monde et qui sait en extraire des joyaux de cristal pur.

Saïd Mohamed, nomade et troubadour est né en 1957 en Basse-Normandie d’un père berbère marocain et d’une mère tourangelle lavandière et asociale au caractère bien trempé. Enfant de la DASS, pourtant il deviendra, à la force de sa plume, un miraculé du quart monde. Celui qui est devenu un simple numéro de matricule - N36 - pour l’administration, se forgera un rêve dans la triste danse des exclus : devenir écrivain. Nomade dans l’âme, il est tour à tour, ouvrier imprimeur, voyageur, éditeur, chômeur, Il est maintenant enseignant dans la prestigieuse école Estienne, à Paris. Il n’en est pas à son premier prix, en 1995, il obtenait le prix Poésimage pour Lettres Mortes et le Prix CoPo en 2014, pour l’Eponge des mots. Il a été plusieurs fois boursier du Centre National des lettres.

Comme son père devenu alcoolique, un chibani*dont le métier était terrassier et qui reconstruisait dans ce nouveau pays devenu alors le sien, les villes bombardées de France, Saïd Mohamed, lui, aussi a appris à creuser, à malaxer dans la veine, au cœur des mots ; il construit des tranchées parmi les étoiles pour nous offrir un ciel lumineux dans la noirceur de la nuit. Son recueil « Toit d’étoiles » nous lance  en brassées généreuses ces étoiles qui nous suivent et que nous rejoindrons tous un jour, destinés que nous sommes à la lumière stellaire, dans le requiem le plus triste naît l’intensité de nos destins, nous sommes voués à embrasser ces astres ad infinitum.

A l’Etoile du Sud, le bar où on fait et défait les rêves, dans cette gloire de vouloir n’être rien où se déploie le fiel du recommencement, ou cette « putain d’étoile » à laquelle croit chacun de ces infortunés cachés sous les essieux du train qui file dans les ténèbres, passagers clandestins, frères d’infortune dont les corps sont rejetés par les flots ; cette fin silencieuse noyée dans les vagues de ceux qui ont cru à leur bonne étoile.

Toutes ces étoiles racontées par Saïd Mohamed, cette quête d’infini qui se broie dans la noirceur du monde et brille d’un éclat étrange. Un subtil mélange dans ces voix superposées qui récitent les poèmes de l’auteur « mosaïque », parce c’est bien ce que nous offre la vie de Saïd Mohamed ; une mosaïque sublime de clair-obscur et qui rappelle les destins croisés de celui qui parcourt le monde, de celui qui dans la richesse de ses mots nous fait découvrir de nouveaux rivages. Mais celui qui sait aussi donner de la voix aux sans-voix, aux exclus, aux opprimés du monde, à ceux devenus fantômes; les voix de la résilience.

 

Bravo à Saïd Mohamed pour son Prix Coup de cœur Charles Cros 2018 et à tous les musiciens de l’ensemble Dounia qui ont accompagné ses textes et à Karinn Helbert cristaliste à la carrière déjà bien remplie qui a joué de cet instrument si rare qu’est le cristal Baschet et en a assuré la direction artistique.

Le CD a été soutenu entre autres par la Factorie, maison de la poésie de Normandie, les éditions les carnets du Dessert de lune son éditeur belge, et la compagnie coquelicot qui est la compagnie de Karinn Helbert.

 

 * chibani - Travailleurs maghrébins venus en France entre 1945-1975. En arabe signifie "sages, vieux, vieillards", "ceux qui ont les cheveux blancs"

 

http://www.charlescros.org/

 

Liens sur l’auteur via le blog de Mustafa Harzoune

Tao du migrant

http://letaodumigrant.hautetfort.com/mohamed-said/

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30/08/2018

"Pute, salope, connasse"

images.jpgTitre choquant, n'est-ce pas ? Pas de points de suspension ni "p…", ni "s….." ni "c……" un titre qui vous arrive comme un point dans la figure. Mais ce qui choque le plus, ce sont ces insultes balancées aux femmes en moyenne deux fois par mois, une insulte lancée à la figure et sans ménagement.
Pour un rien, il suffit d'une inattention, d'un homme bousculé par mégarde, d'un coup de frein un peu subit. Mais encore, au-delà des mots chargés de violence, il y a la violence physique et ce ne sont pas les anecdotes de rue qui manquent.
Lors d'une soirée, une jeune fille se dirige vers le bar prendre une boisson, elle frôle un homme qui se retourne et lui envoie un coup de poing dans la figure en la traitant de salope. Un homme à vélo est obligé de freiner parce qu'une femme marche sur le trottoir et que lui-même s'y trouve, il est fou de rage, la suit, la harcèle, l'insulte en la pourchassant sur une longue distance et hurlant "fille de pute", personne ne réagit ! Elle finit en larmes, au milieu,  des passants qui restent indifférents. Une autre femme assise dans un bistrot, la cuisse légèrement dévoilée voit un homme se lever et se planter droit devant elle, le regard chargé de haine et l'accusant de l'"exciter", elle en est sûre, s'ils avaient été seuls, il l'aurait cognée. Une fille à vélo au bord de l'Arve qui se fait interpeller par un groupe d'homme "t'as un gros cul, espèce de salope" et ils font semblant de lui donner un coup de pied, au loin. Dans la file d'attente au service des passeports, un homme souffle à sa voisine "suceuse de bites", par contre, lui, sera sorti par un agent de sécurité. Et le cas des dragues qui tournent mal, en cas de refus et qui fait passer de "tu me plais" à "salope" ou les menaces de viol faites sans complexe. Autant de récits de femmes que j'ai croisées et qui choquent et elles-mêmes  sont choquées.

Un constat réel d'une augmentation de la violence physique et verbale à l'égard des femmes et qui touche des filles de plus en plus jeunes. Les réseaux sociaux permettent aussi une autre forme de violence et de harcèlement, ils participent assurément à la dégradation de l'image de la femme et entraînent une désinhibition totale et sans filtre. Sur dix écrans vidéos que je voyais dans l'avion qui me ramenait de Vancouver à Genève, trois films visionnés par des passagers montraient des femmes battues par des hommes et menacées de mort.
Le drame qui s'est déroulé cet été,- à la sortie du Petit Palace en Vieille Ville de Genève- , des femmes frappées violemment par un groupe de jeunes hommes n'est que la pointe de l'iceberg et nous interroge, au-delà de la récupération politique de tout bord, comment expliquer cette augmentation de cas, cette banalisation de la violence ? Comment en sommes-nous arrivés à "normaliser" cet état de fait,  à le banaliser?
Force est de constater que la société dans laquelle nous vivons perpétue une discrimination à l'égard des femmes et cette discrimination feutrée et sournoise qui est aussi une forme de violence permet une violence encore plus grande;  elle autorise au relâchement sans complexe des plus lâches.
Le remède? Il existe mais il exige une action plus grande que juste créer une plate-forme avec des policières comme suggéré et qui ne suffit évidemment pas , c'est un changement radical de société et de lutte contre la discrimination à l'égard des femmes, un suivi réel de toutes les formes de violence comme dans d'autre pays, exemple au Canada où c'est 0 tolérance pour les insultes ou harcèlement à l'égard des femmes.
Pendant combien d'années encore faudra-t-il subir cette discrimination qui expose les femmes a autant de violence ? A quand une égalité des chances ? A quand des femmes à tous les conseils d'administration? A quand plus de femmes doyennes à l'Université? A quand plus de femmes cheffes d'orchestre? A quand une égalité de salaire? A quand un respect plein et entier ? Une seule femme retenue à la Mostra de Venise.
Tant que la femme restera une citoyenne de seconde zone, on continuera à la violenter et lui faire croire que la rue ne lui appartient pas, qu'on ne lui concède que quelques heures par jour et que la nuit venue, on peut la cogner et l'insulter!
Cessons de se voiler la face et attaquons le problème pour de vrai, en profondeur et sur la durée ! Il faut une volonté et des moyens pour réaliser les changements au-delà du léger frémissement d'horreur hypocrite face à une réalité insupportable et inadmissible. Les femmes attendent le vrai changement qui prouvera qu'on a définitivement réalisé un bond en avant pour vivre ensemble dans  une société moderne et non féodale, poussiéreuse à souhait.

Evoluons tous ensemble pour le bien de notre société, pour une société harmonieuse où il fait bon vivre ensemble, dans le respect de tous, seule condition de notre évolution.

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21/07/2018

Eglise du Sacré-Cœur – « Dieu ne peut rien pour les hommes »

IMG_1920.jpgUne église ravagée par les flammes par un jeudi 19 juillet, de quoi émouvoir. Une odeur âcre plane encore  sur les lieux le lendemain ; cette odeur de fumée refroidie légèrement écoeurante. Je me souviens du jour où elle a brûlé. La rue aussitôt bloquée, pompiers, ambulance, une agitation inhabituelle pourtant dans ce quartier toujours animé qu’est la plaine de Plainpalais où on voyait se répandre, au départ de l’incendie, une fumée blanche quasi immobile au-dessus des gens ; des traînées blanchâtres suspendues dans la chaleur caniculaire où pas un souffle d’air ne les aurait dispersées.

Les pompiers sans relâche se sont battus contre les flammes, de 16h à 19h selon les témoins. Un témoin qui raconte ce qu’il a vu me dit avoir vu le prêtre en soutane courir en criant qu’il y avait le feu dans son église. Sans doute, ajoute-t-il, sous le toit par jour de forte chaleur, les circuits électriques auraient surchauffé.

Un long échalas maigre comme un clou frisant la cinquantaine, s’approche des barrières de sécurité devant lesquelles je me tiens, là, en écoutant les réactions des badauds et tentant de sortir les vers du nez du vigile, muet comme une tombe et qui applique les ordres, à la lettre, pas un mot ! L'homme nous raconte que ses parents espagnols se sont mariés dans cette église, mais comme elle, leur mariage est parti en fumée ! Tandis que lui marié, à la mairie, l’est toujours. De ce pas, il allait appeler annoncer à son père en Espagne que « leur » église avait brûlé, sa mère déjà au ciel a dû apprendre la nouvelle plus vite que quiconque.

Puis un autre intervient en disant sur ce ton désabusé propre aux désillusionnés : « De toutes les façons, Dieu ne peut rien pour personne, même son Fils, il n’est pas parvenu à Le sauver. Que dire de la 1ère Guerre Mondiale avec tous ses morts et de la 2ème Guerre mondiale où des millions de gens ont brûlé ? Là, non plus Dieu n’a rien fait, Il ne peut rien pour les hommes, sinon on s’en serait déjà aperçu. Les pompiers ont fait plus pour sauver ce Sacré-Cœur que le bon Dieu lui-même conclut-il, un brin dépité, pourtant il se présente avec humour "fils de l'esprit éveillé" et pencherait plutôt pour la philosophie bouddhiste.

 

Bravo aux pompiers !

 

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Crédit photo D.Chraïti

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07/07/2018

Un nouvel an Mapuche

calfunao.jpgLes Mapuches , Amérindiens du Chili et de l'Argentine viennent de fêter leur nouvel an.  Un moment privilégié de communion avec la terre, les Mapuches se tournent alors vers leurs champs en s'adressant à eux: avez-vous été bien soignés ? Les remercier pour leur récolte et demander aux arbres fruitiers pourquoi ont-ils si peu donnés : vous manquent-ils quelque chose? Ô terre nourricière, Ô notre mère à tous, sommes-nous dignes de vous ?
Puis élever le chant de la terre aux animaux, se plonger avant le lever du soleil dans les rivières et se sentir en parfaite harmonie avec l'eau et la terre et s'inspirer de l'énergie environnante car tout n'est que vie.
Cette terre tant aimée. Quel prix faut-il payer pour la préserver ? Le prix de sa vie ?

Flor Calfunao Paillalef dont le le prénom fleur évoque la nature en elle, ambassadrice à l'ONU pour le peuple Mapuche et depuis 22 ans  requérante d'asile que je surnomme affectueusement "Doyenne des sans-papiers" et à qui j'ai expliqué,  à sa demande,  que doyenne c'est comme être devenue reine et que nous pourrons dans une même ferveur ceindre son front d'un diadème rutilant et la faire sortir sous cet apparat scintillant du néant administratif. De ce labyrinthe kafkaïen émergera enfin un statut, une reconnaissance celle de "Reine des sans-papiers" .  En souriant de ce nouveau titre affublée, elle   me raconte d'une voix serrée cette triste anecdote au Chili.

Une femme Mapuche, Macarena Valdès,  a dénoncé une firme multinationale RP Global qui installait une centrale hydro-électrique sur leur  territoire  de Tranguil dans la commune de Panguipulli, sans autorisation de leur part et  qui déversait ses déchets toxiques dans la rivière de la communauté. La femme revendiquant leurs droits a tenté de s'opposer et lutter contre l'installation qu'elle considérait comme sauvage . Quelques jours plus tard, on la retrouvera,  son corps pendu au bout d'une corde tandis que ses enfants encore petits sont en train de regarder la télévision sans réaliser que c'est leur mère qui est là sans vie et qui balance dans le vide.  La police conclut au suicide sans mener l'enquête alors que tout prouve que le corps a été suspendu après qu'on l'ait tuée.

Un peuple persécuté depuis la colonisation et l'annexion de leur territoire par le Chili et l'Argentine dans les années 1883-1885. Depuis,   70'000 Mapuches ont été tués en Argentine, du côté chilien, il n'y a pas de chiffre concret.

De nos jours, les colons installés détruisent la terre, se l'approprient puis déforestent, ensuite ils polluent l'eau, tout ce qu'ils touchent est aussitôt contaminé. Flor s'étonne, elle qui avant de boire donne de l'eau à ses plantes parce qu'elle rappelle que sans les plantes et les arbres, nous serions tous morts et d'expliquer pourquoi les Amérindiens marchent en "file indienne" et qui leur vaut d'être la risée de tous. Ils ont appris à marcher ainsi pour éviter de détruire les champs en foulant le sol et faire le moins de dégâts possibles, le moins d'empreintes courbant l'herbe, le passage de l'homme au coeur de la nature doit passer inaperçu, c'est le respect dû à notre environnement et le meilleur moyen de le protéger, le considérer comme du vivant.

Un combat amer tissé de harcèlement, d'emprisonnement, d'expropriation, une lutte sournoise qui fait chaque années des morts. Un peuple harcelé, réduit à la pauvreté. Plus de 1.7 million de Mapuches résistent, "sans la terre nous ne sommes rien, nous appartenons à la terre, comme elle nous appartient, cette terre de nos ancêtres". Un pays qui leur appartenait et ratifié par le traité de Quilin en 1641 et reconnu par le Chili en 1825 avec un tracé des frontières précis , un peuple qui possède une langue, une culture vivante, une mémoire.

Flor Calfunao Paillalef mène son combat d'un pied ferme, la "Doyenne des sans-papiers" a confiance en l'avenir, elle représente un peuple qui a une histoire, "c'est pour la mémoire de nos parents, de nos arrières-grands parents que nous luttons, ils nous ont légué un héritage que nous préserverons, voilà notre fierté et une fierté participe à l'identité d'un peuple", conclut-elle.

Que cette nouvelle année soit une année de paix ! Et peut-être que la Suisse pour montrer son attachement et son respect aux peuples autochtones octroiera enfin l'asile à notre "Doyenne des sans-papiers" en cette 23ème année sans statut.

*photo Thierry Porchet dans l'article à lire:

https://www.evenement.ch/articles/militante-de-naissance

11:06 | Tags : mapuche, chili, flor calfunao, environnement | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

11/06/2018

Ode pour un rhapsode

DSC01401 (4).jpgTaillé comme une armoire, la barbe rebelle,  Yves Gaudin, a plutôt l'air d'un baroudeur, voyageur sans frontières, passeur de mots, passeur de maux, maître en insurrection poétique. 

Je l'ai rencontré dans la petite gare de Saint-Julien par un froid matin de février, par une de ces aubes brumeuses et humides, sous la lumière blafarde d'un réverbère épuisé. Alors qu'il dépose son grand sac à dos, sur le banc, je vois de grosses chaussures de montagne au bout de longues jambes. Je m'assieds à côté du sac, sors mon recueil de poèmes de Hölderlin, il s'excuse et reprend son pesant bagage pour me faire de la place. Curieuse, je lui demande s'il revient d'une expédition à la montagne, en quelque sorte, me répond-il, je reviens des hauteurs poétiques.

Le rhapsode qu'il est passe d'une ville à l'autre, traverse parfois les pays et les continents. Capable de réciter des poèmes en vingt-deux langues, il arpente le monde pour amener la poésie dans les lieux les plus inattendus, prisons, hôpitaux psychiatriques, écoles militaires. Là, où on s'y attend le moins et de préciser que la poésie est fille de bohème, elle ne se cantonne pas, elle ne s'enferme pas, elle se partage, elle touche au plus profond de l'être et c'est pour cela qu’un prisonnier le remerciera avec une sublime maladresse :

- Au moins vous, vous ne nous prenez pas pour des cons. Une phrase de remerciement gauche et maladroite qui dit bien ce qu'elle veut dire; elle a touché là où personne ne va, le moi profond, l'âme, le cœur, la sensibilité.

Autrefois, la rhapsodie était réservée à des poèmes épiques chantés et accompagnés d'une lyre ou d'une cithare, le rhapsode tant aimé des Dieux recousait ensemble les morceaux de l'Iliade. Yves Gaudin , lui, recolle aussi les morceaux , il aide les autres à se reconstruire, il retisse le lien, il recoud l’âme partie en lambeaux.

Au hasard des rencontres, bien qu’il n’y ait que des rendez-vous dans la vie, il croise une enseignante en CM2 qui l’encourage devant toute une classe,  à dire son poème. La magie prend pour le petit dyslexique dont le parcours scolaire sera celui du combattant. Mais la poésie, elle, ne le lâche pas, elle le tient hors de l’eau. Aux Etats-Unis, il y créera et dirigera un service clientèle pour une entreprise manufacturière de broyeurs industriels en sa qualité de mécanicien tout en déclamant des vers le soir, il est approché par Zénobia Stockton, l’amie, la sœur, la marraine, elle lui ouvre les portes des universités. L’ancienne interprète de Charles de Gaulle auprès l'ambassade des Etats-Unis à Londres qui connaissait aussi bien Churchill que Einstein lui dira « I trust you ! I believe in you ! ». A Charleston, en Caroline du Sud, il enseignera à l’université notamment auprès d’élèves de l'académie militaire The Citadel dont personne ne veut. Les plus grandes universités l’invitent, à dire et à faire dire des poèmes aussi bien en russe qu’en espagnol ou en anglais. Les langues ne sont pas une barrière, elles ne sont que de la musique pour une oreille exercée.

Autre rencontre solaire, Michel Guggenheim lui ouvre les portes d’Avignon via le programme de Bryn Mawr College, où il a carte blanche. Le décor pour rue, Yves Gaudin court avec ses étudiants en déclamant du Césaire ou du Antonin Artaud, des draps blancs donnés par l’hôpital font office de voiles.

Citoyen du monde, féru d’esthétique nomadique, le parcours du poète est celui des rencontres, passeur de mots, il nous revient avec des énigmes. Une femme qui a connu les camps nazis , lui traduit dans un train , un proverbe yiddish qui se disait dans les camps :

« Le meilleur de tous les tailleurs parmi les artisans c’est Yankel le boulanger ! ». Une énigme à interpréter qui pourrait convenir parfaitement à Yves Gaudin, derrière l’artisan mécanicien, se cache le plus pur des poètes. Une autre façon de dire, qu’on ne sait jamais où et comment se cache le meilleur en nous et qui est le meilleur.

 

 

 

 

 

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10/06/2018

Appel à témoin, appel au courage

IMG_1801.jpgUne affiche qu'on voit un peu partout en France voisine, côté Collonges-sous-Salève et Saint-Julien-en-Genevois. Les parents dont le fils a été renversé alors qu'il roulait à vélo sur la route de Presilly au Châble, le vendredi 1er juin, ont lancé un appel à témoin.

Le jeune Maxime, âgé de 17 ans entre à 22h40 à vélo, un chauffard le heurte par l'arrière et le laisse pour mort au bord de la route, dans un fossé. Un autre conducteur le trouvera inanimé et appellera les secours. Maxime dans le coma, meurt le lundi 4 juin, son enterrement a eu lieu le samedi 9 juin, à l'église de Neydens. Un dernier adieu à cet adolescent dont la vie a été fauchée par un chauffard.

Mais il y a la suite, celle à laquelle on s'attend tous. Un chauffard planqué et qui a de la peine à respirer, à manger, à  dormir depuis la fuite, nerveux, les mains qui tremblent. Il a dû sentir le choc, voir le corps plonger dans le ravin, malgré cela, il  a continué sa route en regardant dans le rétroviseur le vélo couché, le feu de vélo avant encore allumé, puis il a accéléré en croyant oublier, il a imaginé qu'il pourrait tout effacer, en quelques secondes.

Oui, on peut imaginer la terreur, l'angoisse, la panique. Descendre de la voiture les jambes flageolantes, les mains moites, le coeur battant, et se pencher sur le blessé, dans la nuit noire. Mais c'est ce courage qu'il aurait fallu pour assumer un acte, c'est la capacité d'être responsable de ses actes mêmes les plus affreux qui fait de nous ce que nous sommes, à savoir des êtres libres et responsables. La capacité de répondre de ses actes nous donne le pouvoir d'être libre, elle nous confère de la grandeur, oser dire c'est se libérer du poids de la culpabilité.

Songez à cet homme ou cette femme qui continuera à se cacher sans oser assumer l'accident, un manque de courage qui condamnera à perpétuité. Quelle tranquillité après ça ? Quelle vie après ? Mieux vaut assumer les conséquences de ses actes.

Que le chauffard fasse acte de courage et de responsabilité !

 

Paix à l'âme de Maxime ! Avec toute notre compassion aux parents.

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Pour toute information contacter la gendarmerie de Saint-Julien en Genevois 00334 50 49 20 44

 

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