20/02/2014

Naoto Matsumura –« Le dernier homme de Fukushima »

Naoto chiots.jpgOn le surnomme le « dernier homme de Fukushima » celui qui refusa  de quitter la ville de Tomokia proche de Fukushima et devenue ville fantôme.  Agriculteur âgé de 54 ans, au  lendemain de la catastrophe nucléaire du 12 mars 2011, il s’oppose, en avril,  à son évacuation pour s’occuper des survivants ;  des animaux laissés à l’abandon, enfermés dans leur enclos, expirant lentement, livrés à eux-mêmes.

Des étables transformées en mouroirs, où seuls les rapaces s’agitent  pour déchiqueter à même les corps,  les chairs, à peine putréfiées.

« Laisser agoniser des centaines d’animaux est un crime ! » s’insurge Naoto Matsumura.






naoto matsumura,fukushima,tomokiaResté seul dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Daii Ichi,  son action de résistance s’organise au milieu du chaos, dans un désert humain.  Il décide alors de libérer les animaux enchaînés ou enfermés, et de s’occuper de 400 vaches, de cochons, de chats, de chiens et même d’autruches. Profondément shintoïste, Naoto  nous rappelle que la nature est sacrée;  le rituel  shinto consiste à  offrir des aliments aux dieux et en nourrissant les bêtes, Naoto  nourrit les Dieux, à travers elles. Il lance son association « Ganbaru Fukushima »  Ganbaru signifiant en japonais « persévérer, tenir bon ».

 « La centrale nucléaire m'a tout pris, ma vie et mes biens. Rester ici, c'est ma façon de combattre pour ne pas oublier, ni ma colère ni mon chagrin. » Et il tiendra bon.

Un irradié dont on craint de serrer la main ? Un rejet,  ô combien douloureux et qui nous ramène, à un autre souvenir, encore empreint d’émotion;  la stigmatisation de ceux qui ont survécu à la bombe nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki. Des victimes doublement exclues, qui voient après le premier drame, surgir un  autre danger aussi grand et insidieux ; l’exclusion, le vide qui se crée autour d’elles, la crainte de contamination  les associant  à des pestiférés des temps modernes, des parias ostracisés. A croire qu’on n’a rien appris, ni rien retenu des leçons précédentes, une peur qui trouve sa source aux racines de l’ignorance. Après les "hibakusha" de Nagasaki et Hiroshima, voilà les nouveaux "burakumin" de Fukushima, avec pour  dénominateur commun : la discrimination ! 

 « Lorsque j'ai vu les visages de ma tante et sa famille, j'y ai lu la peur panique d'être contaminé. Cette épouvante était incontrôlable ; à tel point que leur première réaction a été de nous laisser dehors. Nous y sommes restés un long moment. Une fois entrés, la conversation tournait autour d'un seul sujet : celui de notre départ immédiat vers un centre d'évacuation. » (Naoto Matsumura p.62)*

 Témoin de la catastrophe nucléaire, le combat de Naoto, devenu figure emblématique pose la brûlante question  de l’existence même des centrales nucléaires. A l’heure,  où  les conséquences de l’accident de Fukushima sont encore difficilement évaluées avec pourtant  des morts par milliers, un impact sur la santé des personnes touchées,  des enfants jouant au milieu des déchets radioactifs, une agriculture contaminée, un Pacifique qui chaque jour qui passe est davantage pollué, la question du déni  reste entière. Fermer les yeux, faire semblant de rien, jusqu’à quand ? Jusqu’au dernier homme ?

 A l'occasion du 3ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima, Naoto Matsumura est invité en Europe. A Paris,  dès le 4 mars, après 10 jours, il continuera son périple  jusqu’à la Centrale nucléaire de Fessenheim.

Puis la Suisse : 

 18 mars :  conférence à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne

19 mars :  matin, vigie devant l’OMS avec Independant Who à Genève

 

 pour en savoir plus :

http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com/

http://www.fukushima-blog.com/

 

*  : citations issues du livre d’Antonio Pagnotta : « le dernier homme de Fukushima » publié aux éditions Don Quichotte en mars 2013


PHOTOS DE ANTONIO PAGNOTTA AUTORISEES PAR L'AGENCE COSMOS 

21:03 Publié dans Développement durable, Résistance, Solidarité | Tags : naoto matsumura, fukushima, tomokia | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/01/2013

EQUATEUR - CHEVRON-TEXACO , LA FIN DE L’IMPUNITÉ

images.jpegC’est le jugement du siècle, 19 200 000 000 de dollars d’amende confirmée en appel en Equateur, et  exigée par les 30 avocats qui représentent les intérêts des indigènes et paysans qui composent l’Assemblée des victimes de Texaco. Une somme difficile à recouvrer en Equateur d’où l’entreprise a retiré ses fonds, mais possibe au Canada,  Brésil, Argentine et Colombie.

Le 7 novembre 2012 , l’Argentine a été la première à  décréter la saisie des fonds mettant en colère les investisseurs. Une colère qui ne peut être  plus grande que celle des victimes qui ont  vécu le plus grand épandage toxique de l’Histoire. Quarante ans après l’installation de l’entreprise, la région de Quito est devenue la région la plus pauvre de l’Equateur avec un taux de cancer le plus élevé du pays.

L’essence a tout envahi, l’air, la terre, l’eau, la peau, les poumons des gens, asphyxié la nature, étranglé les forêts. Comme une main géante aux serres dévastratrices, la compagnie américaine a tout dévasté sur son passage. Adieu l’eau potable, poissons en abondance, forêts aux remèdes ancestraux.

Dans la région de Sucumbos, on voit apparaître des maladies de peau, des allergies, des enfants qui avaient pour habitude de se baigner dans la rivière dès lors contaminée et qui quelques jours plus tard, avant de mourir, vomissent du sang.

Un lent processus de destruction qui amène en 1993 un groupe d’avocats, Colons et indigènes à  porter  plainte, à New York.  Comptant sur la corruption en Equateur, le groupe Texaco transfère la plainte vers ce pays. C' était sans compter sur la résistance populaire. Une lutte juridique inéquitable contre les milliards que pouvaient engager la société américaine et faire passer l’Association de  victimes pour « association criminelle », intimidation parmi tant d’autres et qui a échoué. 

L’avocat Pablo Fajardo se réjouit de la décision du Tribunal Equatorien qui par son  deuxième jugement  confirme l’amende colossale : « Nous sommes en train de démontrer que c’est possible et que ça peut se faire, qu’il est possible d’aller beaucoup plus avant, qu’on peut changer les choses, qu’elles ne sont pas intouchables, qu’ils ne sont pas invincibles ».»

Il s’agit de l’amende la plus importante de l’histoire du droit de l’environnement. Elle dépasse  celle infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l’Alaska en 1989, de 4,5 milliards de dollars et pourtant à peine déstabilisée, car le groupe ExxomMobil nous remet ça en Papouasie Nouvelle Guinée identifiée comme "zone riche en ressources" pour l'extraction de gaz, un projet qui démarrera en 2014 et qui a déjà transformé la société papoue en la divisant. A combien se montera la facture dans 30 ans pour les dégâts sociaux et environnementaux causés  ? 

 

Annexe:Une note importante sur le souci environnemental de  Chevron sur son site officiel 

Environment and Safety

"As a company and as individuals, we take great pride in contributing to the communities where we live and work.

We also care about the environment and are proud of the many ways in which our employees work to safeguard it.

Our persistent efforts to improve on our safe work environment continue to pay off. In 2011, Chevron achieved significant levels of safety as measured in days-away-from-work ratings in both Upstream and Downstream operations.

.............We're committed to helping meet the world's need for energy in a safe and environmentally responsible manner. We believe that is the right thing to do and that it is critical to our success in a world in which energy sources should be compatible with an environment that's clean, safe and healthy.

That's why we are continually working to improve our processes to reduce pollution and waste, conserve natural resources and reduce potentially negative environmental impacts of our activities and operations.

and some more lies about : fresh Water, climate change, social investment, Health&Safety, Human Rights, Diversity, Business Ethic, Corporate Responsibility

 

source

http://www.diagonalperiodico.net/global/30000-indigenas-y...

21/10/2012

Quand les marques s’approprient notre espace public

get_attachment.php.jpegEn déambulant dans les rues genevoises , je songeai à la place que les marques prennent dans notre  champ visuel;  une pollution optique imposée et contre laquelle on demeure impuissant, si ce n’est juste pouvoir constater que l’espace public devient des lieux d’appropriation qui se monnaient.

Récemment le pont Hans-Wilsdof construit en forme de boîtier de montre et qui nous projette la marque Rolex en grand sur firmament de ciel genevois.  Les Genevois se sont laissé bercer d’illusions en croyant que ce pont leur était offert.  Il est bel et bien un hommage à la marque et financée par elle via sa Fondation, elle nous le rappelle au quotidien sur fond vert pétard et criard.

Imaginez que Coca-Cola nous financerait la réfection de la machinerie du Jet d’eau, elle pourrait alors en compensation  nous inonder de sa marque écrite sur  fond de jet d’eau  illuminé la nuit,  aux couleurs rouge sang et noir. Ou Mac Do qui ferait jaillir du lac un M envahissant,  jaune  (voir la photo plus bas) 

Mais encore, Pampers qui financerait  la rénovation de l’ONU qu’elle métamorphoserait  en Pampers géant et qui ferait dire aux mauvaises langues que plus rien ne fuit, plus rien n'en sort.  On ne  sait pas ce qui s’y trame mais  ça pue ! Comme à l’accoutumée ! répondront d'autres impertinents. 

Entre Hôtel Richemond et Hôtel Beau-Rivage, deux hôtels historiques, on peut lire placé entre deux, sur un  large panneau « Generali »  pareille à une verrue.  Ou Macumba qui surcharge  le ciel de ses faisceaux lumineux croisés, à l’heure où on préfèrerait observer les étoiles et qui plongent dans une confusion totale les volatiles nocturnes et les humains qui appellent  la police pour leur annoncer l'arrivée d' extraterrestres. 

Comme le clame, haut et fort,    Michel Serres, le philosophe  français;  les marques sont héritières de cette tradition des prostituées d’Alexandrie qui gravaient,  en caractères gras,   leur nom sous la semelle de leurs sandalettes afin que les clients les reconnaissent.  S’afficher pour être identifiées et consommées contre monnaies sonnantes et trébuchantes.  Michel Serres a raison , quelle différence entre les marques et les prostituées ?

Mais l’art souffre et nous avec, de cette constante incursion dans notre champ visuel. L’art pour être art doit rester  un acte gratuit. Une récupération quelconque  marchande vicie cette forme sublime d’expression et la corrompt dans son trait de génie.  C’est ramener tristement à la dimension humaine ce qui appartenait aux Muses célestes et éternelles. Le promeneur se voit constamment interpellé, jour et nuit,  par une marque qui semble lui dire "Tu viens chéri, t'as un peu d'argent sur toi ?" avec le clin d'oeil d'une marque allumée dans la nuit genevoise. 

 

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Un grand merci pour ces photos  à Bruno Toffano, la suite des photos  sur son blog Tribune de Genève

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13/10/2012

Salève - L'OURS

0438.jpgLa forêt exhale cette présence sacrée ; cette énergie puissante que dégage la nature dans un silence absolu en forme de révélation, une symbiose parfaite entre la nature et l’homme où chacun se reconnaît en l’autre.

Une tranquillité à peine effleurée par le craquement d’une branche de pin de laquelle un Engoulevent vient de s’envoler; un écureuil monte prestement le long d’un arbre, tandis qu’une musaraigne tremblante de peur montre discrètement son museau pointu.

Un souffle puissant, une chaleur près du visage inattendue et pourtant il n’y a  rien aux alentours. Tout est désert, le chien se met à gémir en regardant l’entrée de la Grotte aux Ours, gueule noire déserte, à l’intérieur de laquelle ne cohabitent que papillons trogloxènes  et chiroptères enveloppés dans leur cape de velours noir, profondément endormis, la tête en bas, les pattes ventousées contre la roche calcaire.

Le chien recule en montrant les dents, il semble voir une apparition effarante tandis que l’humain reste désemparé, surpris de constater, une fois de plus que les animaux ont une mémoire ancestrale qui leur rappelle les dangers, cette peur génétique transmise de génération en génération depuis des millénaires, une présence, une odeur suffisent à la réactiver.  Le chien,  instinctif pressent la présence de l’ours brun, imaginaire,  encore tapi au fond de la grotte. Il n'est plus que tremblement épileptique et gémissement sourd.

Le vagabond marcheur et solitaire, d’un poids moyen de 120 kg, paraît se tenir debout du haut de ses 1m10. Il ouvre sa mâchoire large avec ses 20 dents supérieures menaçantes, tandis que ses griffes longues de 5 à 7 centimètres paraissent prêtes à se planter sur sa proie,  derrière laquelle il peut courir jusqu’à 55 km/heure. Dérangé dans son sommeil, le plantigrade sait que les hommes et leurs chiens sont devenus dangereux.

Les chasseurs français forts d’un arrêté préfectoral en 1844,  signalant que considérés comme nuisibles  «"les ours pourront être détruits partout, en tous temps et par tous moyens et en tous lieux..." leur permet  dorénavant des battues afin de les pourchasser sans relâche,  jusque dans leur tanière, oursons inclus.

Le fantôme du dernier ours brun semble planer encore sur la forêt qui, elle,  dans un frémissement ténu, déroule le long parchemin de son histoire. Elle se souvient du temps où lynx, loups, (le dernier observé en avril 2012), ours, cerfs, chamois vivaient paisiblement dans cette forêt Salèvienne, si tranquille.

Un Eden, où l’ours confortablement assis sur couche tendre de fougère, méticuleusement préparée, observait, paresseux, la salamandre avancer lentement. Tandis que sous le saule près de l’étang de Crevin, il chassait les libellules de sa large patte qui fendait l’air d’un coup sec et rapide pour engloutir cette délicieuse friandise,  à laquelle,  il ajoutait, ensuite quelques myrtilles et framboises. A la belle saison, notre vagabond solitaire courait dans les champs au milieu des  crocus et des gentianes printanières pour chasser quelques beaux papillons sous le regard médusé d’un milan noir soupçonneux face à cette concurrence en forme de poil brun si  encombrante.

pretre.jpgLe dernier ours, au grand regret du philosophe suisse, Jan Marejko, aurait été tué en 1875 par l’association genevoise des étudiants en philosophie. Tandis qu’un autre chasseur se vante, lui d’avoir tué le dernier plantigrade du Salève en 1821, celui-là même qui trône dans les vitrines du muséum.

Le patois savoyard et les noms de lieux attestent d'une forte présence de l'ours qui a passé dans le vocabulaire, les expressions populaires et dans les noms de lieux et par là-même dans l'inconscient collectif:

Quelques exemples de la présence l'ours dans le patois savoyard  : 

tagnia - tanière  de l’ours 

 

Kolyo orse -  couloir de l’ours

 

Tenir l’orse par le cotzon (par la nuque)

Shandèluza n f Chandeleur. la Shandèluza : si l ours vaè lèvò l solaè l matin, u retournè sè kashiyè dyè sa tan-na pè karanta zheur : la Chandeleur : si l’ours voit lever le soleil le matin, il retourne se cacher dans sa tanière pour 40 jours. (patois de la Lattaz)

 

 

Noms de lieux en Haute-Savoie 

Méan de l’Ours

 

Couloir de l’Ours

 

Bois de l´Ours,

Creux à l´Ours,

 

Fontaine à l’Ours

 

Gouille à l’Ours

Grotte à l'Ours

 

Pré de l’Ours

 Tête du Pas de l'Ours

 

Plan des Ours 

 

Photo couverture du  livre de Bernard Prêtre 


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10/10/2012

BFM - HISTOIRE D'EAU

get_attachment-1.php.jpegLe Bâtiment des Forces Motrices, monument historique,  situé près de  la place des Volontaires,  garde un peu de cette dignité sereine,  de cette gloire passée et surannée au milieu du bruit et de la fureur moderne.

Avec ses hautes fenêtres imposantes, ses statues ornant la façade du bâtiment; témoins d’un temps révolu,  et qui voient paresser un fleuve nonchalant, aux allures changeantes,  revêtant tantôt sa houppelande sertie d' émeraudes et de diamants, tantôt sa cape d'un noir encre . Parfois devenu si calme, le monstre marin se mue en miroir et se reflète  dans le ciel pour en  épouser les couleurs chatoyantes.  

Dans les bras du Rhône, le monument « turrettinien »  un brin nostalgique, bercé par le doux bruissement de l'eau, se souvient du temps où il turbinait,  s’essoufflant, pressant, hoquetant , pompant,  investi de la plus haute mission , Ô combien noble,  qui était la sienne ;  fournir la ville en eau potable, abreuvant les habitants du fruit de son rude labeur. Une eau claire bénie par Neptune, Cérès et Mercure. Cette eau qui devint le rendez-vous des Dieux.

Après plus d’un siècle de bons et loyaux services, les turbines sont devenues muettes.  On a tenté de consoler les lieux fantomatiques  avec des pièces de théâtre, de la musique, on y a crée de grands évènements entre ces murs, autrefois si gais et devenus si  tristes ;  spectateurs de cocktails mondains, de  rencontres cérémonieuses et profondément ennuyeuses.

Soupirant d’ennui, rongé par le cafard,  frappé d’un mal « hydraulâtre », le monument sait que son destin n’est pas encore entièrement joué, qu’il a encore de grandes heures devant lui. Que l’eau ne se remplace par rien, ni musique, ni fanfaronnade.

L’eau qui coule et que l’on purifie  est  le plus gros enjeu du XXI ème siècle, en passe de devenir une richesse rare.  Les passants nostalgiques viendront, alors  admirer les turbines en souvenir de l’eau qui coulait et que l’on buvait. Ah ! La belle époque penseront-ils, des fontaines, de la transparence à flot, sans compter. Ils soupireront , de voir combien d’enfants ne connaîtront plus que l’eau en bouteille, privatisée, vendue à prix d’or. Et les pauvres marmots s'enquerront du chuintement que produisait l'eau en coulant :"Papa, imite-moi le bruit de l'eau qui coule, celle que tu as entendue quand tu étais petit!"

Le Bâtiment des forces motrices, attend patiemment son heure, transformé en haut lieu d’échanges où on racontera des histoires d’eau, des histoires d’antan quand il y a en avait de l’eau et qu’on se la partageait sans hésiter.

Neptune alors nous brandira son trident, ses yeux crachant le feu, nous maudissant de n'avoir pas su respecter notre source de vie, de l'avoir transformée en bien marchand auquel on appliquera les règles de l'économie : rare, donc cher. Et on la retiendra pour mieux la vendre au compte-gouttes. Neptune nous invectivera du haut de sa colère :"Maudits, soyez les hommes! Mille fois maudits, vous n'avez même pas su protéger ce qui est l'essence de votre existence. L'eau à laquelle vous puisez votre vie de tous les jours !"

 

Ce bâtiment pourrait accueillir des congrès internationaux, des associations, des débats, des films sur l’eau dans le monde et comment partager cette source de vie entre nous tous et comment surtout la préserver. "C'est quand le puits est sec que l'eau devient richesse."


 

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01/10/2009

TSUNAMI ET TERMITIERE


TermitPlanCoupe_432.jpgAprès les images de destruction suite au passage du tsunami dans le  Pacifique récemment, la vision des termitières qui résistèrent au tsunami au Sri lanka me revint d’emblée. Quelle surprise alors de constater que des immeubles entiers s’étaient  effondrés tandis que les termitières avaient résisté au tsunami et étaient demeurées intactes. Ceci m’a amenée à m’intéresser à la construction des termitières.

Insectes aveugles, les ouvrières construisent leur édifice en mortier dur et résistant qu’elles élaborent en mélangeant leur salive avec de la terre. La structure des termitières est labyrinthique et largement ventilées par des alvéoles. Ses propriétés de résistance sont exceptionnelles,  elles  résistent très bien aux vents et pluies des zones tropicales, et à la chaleur du soleil .La muraille de ces termitières, très dure, faite ainsi d'un mélange de terre et de salive est cuit par le soleil. Véritables bâtisseuses, excellents ingénieurs thermiques, elles maîtrisent la régulation de la température. L’arrondi architectural fait que l’eau tourne autour de la termitière sans pouvoir saisir un angle d’attaque.

 

 

 

pt38168.jpgDSCF0087.JPGsrilanka051.jpgCe qui nous amènerait à dire que les constructions au bord de l’eau devraient en fait être rondes  sur le modèle aussi de la mosquée de Banda Aceh où  dômes, voûtes, kiosques aérés ont épargné l’édifice, resté quasi intact.

 

 

Au milieu de ce gravas qui était autrefois un hôtel, seules les termitières ont tenu au choc de l'impact des vagues de 12 mètres.

 

Les termites sont capables d’anticiper les grands désastres naturels, elles possèdent des capteurs et des détecteurs sismographiques. Elle sont aptes à analyser les séismes d'origine terrestre, les tremblements de terre, les tsunamis, les éruptions volcaniques. Non seulement, elles les détectent mais peuvent déceler leur niveau d’importance et les classer selon leur origine. A l’annonce d’un séisme elles montrent une activité intense, il suffirait  à l'homme d’observer une termitière pour comprendre qu’un événement majeur va se produire, elles ressentent les ondes avant même que les sismographes les aient enregistrées.

Que l'humain  observe donc  la nature et s’inspire de modèles  de constructions adaptés de manière parfaite à l' environnement.

 

Au Zimbabwe l'Eastgate building réalisé en 1996,  par l’architecte Mike Pearce,  a été construit sur le principe  de la termitière: de nombreuses cheminées créent un courant d’air rafraîchissant et rend inutile toute climatisation dans ce pays où la température journalière peut dépasser les 35°C.


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A: lamelle d'argile; B: base; C: cavité centrale; F: champignons spongieux; G: galerie souterraine; PA: piliers d'argile; R: cellule royale; S: amas de particules filandreuses.
(Graphique : Grassi B. e Sandias A/ Domaine public)

21:53 Publié dans Développement durable | Tags : tsunami, construction, termitière | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/08/2009

De l’écologie au chamanisme – Il n’y a qu’un pas, suffit-il encore de le faire !


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Les premiers grands écologistes sont assurément les chamans et ce depuis la nuit des temps. Le sens de la nature encré en nous comme parcours spirituel qui nous relie au monde, à la nature, aux autres.  Le fil tendu entre nous et notre environnement.
Cette responsabilité que nous avons d’assurer et perpétuer l’harmonie indispensable qui doit régner entre l’humain et son univers dont il est issu et dépendant.
Les écologistes d’aujourd’hui sont-ils les chamans des temps modernes ? - On en doute, leurs descendants peut-être le deviendront-ils . Les écologistes ne se sont pas encore départis des discours dominants à tendance néo-libérale. L’écologie représente davantage un nouveau marché porteur, aux normes dogmatiques. La veille environnementale et les freins qu’ils imposent a presque parfois des allures de religion, une nouvelle religion dont les préceptes ne sont pas encore clairement définis et mal intégrés, on ne peut toutefois par totalement la rejeter. Les écolos se moulent sur des schémas classiques et matérialistes en reprenant les discours quasi religieux de leurs parents en brandissant le mot “pollution” comme on brandirait le “diable” pour effrayer les âmes crédules et les enrôler dans cette dernière forme de croyance.

L’écologie et le chamanisme ont toutefois une vision identique quant à la conception du monde dans lequel nous sommes supposés évoluer , en accord avec cette nature qui est la nôtre et dont on dépend. Il faudra s’attendre à un retour aux pratiques chamaniques avec le développement d’une écologie spirituelle, se voir de l’intérieur pour projeter durablement sa vision du monde, un monde qu’il nous faudra respecter et pratiquer comme une religion pour ne pas sombrer avec lui.

L'Ecologie,  la nouvelle religion du XXI ème siècle ? Carl Gustav Jung préconisait  de vivre et accepter le chaman qui est en  nous et qui nous permet d'être en symbiose avec l'univers et par extension avec nous-même. Porter le regard en soi, vers les profondeurs afin d'intégrer des énergies archétypiques qui nous rattachent au monde.

22:44 Publié dans Développement durable | Tags : ecologie, chamanisme | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |