19/06/2009

Le "Bazar" de Patricia Plattner

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C'est une Patricia Plattner radieuse que je croise à Carouge, elle vient d'achever son 4 ème long métrage - Bazar - en cours de montage.  Tourné durant huit semaines dont une partie à Genève, entre autres dans le magasin d'antiquités Angélic'Art rue de l'Arquebuse.  au marché aux puces de la  plaine de Plainpalais ,  dans le tram 12, ce tram qui relie Genève à la France;  métaphore du passage entre les frontières et qui met en exergue aussi les frontières entres les âges,  les milieux, les pays.  Une autre partie   a été  tournée  à Annemasse et à Peniche entre Lisbonne et Porto, au bord de l'Océan.  La productrice et réalisatrice  genevoise traverse  aussi volontiers les frontières pour les besoins du film. Comme dans la vie on passe d'une étape à une autre parfois même sans s'en apercevoir.

C'est en parlant avec Bernadette Lafont qui se plaignait de ne jouer que dans des rôles de grand-mère que l'idée lui est venue de planter notre sexagénaire dans un magasin d'antiquités,expulsée de celui-ci, dorénavant indécise, flottant entre deux incertitudes,  se sentant inutile, bientôt proche d'une  retraite forcée, avec pour horizon qu'une série de points d'interrogation, elle rencontre Fred (Pio Marmaï),  un jeune sculpteur d'origine portugaise, de trente ans son cadet et qui vit dans un loft à Annemasse. Non ! ce n'est pas le vieux cliché du jeune qui rencontre une dame aisée, elle deviendra plutôt son Pygmalion. Elle l'encourage, il se nourrit au contact de cette belle  énergie, elle de son talent. Un moment heureux volé à l'existence, miracle des hasards. A priori ces deux êtres n'avaient aucune raison de se croiser. Cette co-production avec Arte sortira en France à fin octobre et  en novembre en Suisse de cette année.

Pour l'été prochain, elle prévoit en sa qualité de  co-auteure de participer à une nouvelle série "Dix" pour la TSR  , dix épisodes de 26 minutes sur une idée originale de Christophe Marzal, le tournage débutera en octobre.

Ce parcours atypique lui a bien réussi, études de Lettres et Arts plastiques,  elle enseignera quatre ans et après une année sabbatique, c'est la fracture, il ne sera plus question d'enseigner. Elle travaillera dans l'hôtel de son oncle à Montana Crans, puis grâce à une bourse elle file à Vancouver où elle se frotte à la vidéo d'art et à la photo. De retour à Genève, elle lance les Studios Lolos en 1980  - atelier de graphisme -  et tourne Campo Europa avec le réalisateur genevois Pierre Maillard, elle mettra la main à la pâte, polyvalente,  elle apprend son métier sur le tas. En 1985, elle lance sa propre maison de production Light Night Production.

Cette carougeoise qui se trouve être dans le quartier sarde depuis 35 ans, ne regrette rien, peut-être juste de n'avoir pas pu faire une école de cinéma.  Elle aime écrire ses propres scénarios et décrit son métier avec passion : il faut être éponge et capitaine à la fois;  être sensible et avoir un solide sens de l'organisation. Il faut gérer des aspects très différents du métier et  elle rit volontiers d'être  têtue comme une mule et si persévérante, d'origine valaisanne et grisonne, ses racines de montagnarde l'ont bien prédisposées à cela.

 

Pour en connaître plus sur sa filmographie

http://www.lightnight.ch/PatriciaPlattner.html

 

 

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18/06/2009

Et les enfants Stern alors ?


Pendant un moment, je me suis imaginée être la maman de ces enfants qui ont subi le déballage de la vie intime de leur père dans ses détails les plus privés, les plus sordides. Des journalistes à l’affût, les amis qui vous regardent et qui soit n’osent rien vous dire, soit commettent des maladresses en pensant bien faire. La honte, la souffrance, l’incompréhension, la colère, un amour intense pour leur père, la haine de la maîtresse, passer de la rage à la tristesse, de l’abattement à la révolte, ils ont tout ressenti certainement en passant d’un sentiment à l’autre, parfois tous confondus.

Si j’étais la mère de ces enfants-là que leur dirais-je ? D’abord que s’il n’y avait pas eu de meurtre en bout de course le déballage n’aurait jamais eu lieu, que sa vie intime ne devait en rien les concerner. Que le père qu’ils avaient était un père qui les a beaucoup aimés, “leur héros” et que cette image rien ne pourra jamais la changer.

Héros, il le restera définitivement à leurs yeux, les années passeront, les souvenirs les plus pénibles s’éloigneront et le meilleur restera, les forts moments qu’ils ont partagé avec lui, fermer les yeux et entendre “Papa t’aime très fort, ma chérie”- “Bonne nuit, fiston, papa qui t’adore”- il ne restera que les mots tendres d’un père, ces mots qui construisent l’enfant, qui le rend si fort, si sûr de lui.

Et ils ont été solides et courageux de traverser cette tempête, et c’est cet amour-là qui leur sert de pilier aujourd’hui.

Tout ce qu’ils ont dû entendre était une part de la vie de leur père qui leur a été révélée par la force des choses, mais si j’étais leur mère je leur rappelerai qu’on leur a décrit la vie d’un homme pris dans les filets de la passion et que ce volet de sa vie n’aurait jamais dû les concerner . Ce qu’ils partageaient avec lui est intouchable, inviolable, permanent, qu’aucun scandale, qu’aucune éclaboussure ne viendra jamais entacher.

Comme une maman, je sers très fort ces enfants contre mon coeur et que le temps fasse son oeuvre, ils trouveront  finalement un jour, peut-être, la puissance du pardon libérateur , qui sait  ?

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25/05/2009

A chacun son tsunami- Les deux roseaux de Tangalle

 

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Ils sont assis côte à côte, ils forment un couple, ils mesurent environ 1m95 et 1m97 et me font penser à deux roseaux fragilisés par la tempête. Ils habitent dans un village au Sud de Tangalle, le Français est longiligne et très souriant, l'Allemand, costumier de décors de films,  tout aussi mince a un beau visage harmonieux mais sérieux. Dès les premières minutes, ils me racontent l'horreur du tsunami. Tandis que le Français parle, l'Allemand reste silencieux mais suit intensément ce que dit son ami. Le Français, peintre, raconte avoir à peine entamé sa tartine lorsqu'il voit la vague arriver. Ils s'enfuient et se réfugient dans une maison en construction plus loin, ils sont restés là , recroquevillés , toute la journée à trembler de peur. Le Français se penche vers moi, avec une grande pudeur de sentiments je deviens le réceptacle de ses émotions, je l'écoute en hochant la tête entièrement concentrée sur ce qu'il me raconte. Parfois, il interrompt son récit, il inspire longuement, la gorge serrée, il est gêné de me balancer tout son flot de craintes, de peurs, sa voix tremble légèrement,  je me penche encore davantage vers lui et j'acquiesce et l'encourage à continuer :"Je ressens exactement ce que vous me dites ! Continuez ..." Il soupire puis lâche "ça m'a fait du bien de vous parler, on sent que vous comprenez ce que je vous raconte !"- Oh ! oui, bien sûr que je le comprends et ô combien " je le sais aussi bien que lui pour l'avoir vécu, ce manque d'écoute attentive, cet instant où les interlocuteurs veulent coller à tout prix votre récit aux images qu'ils ont vues en boucle et qui du reste étaient loin de la réalité parce qu'entièrement et uniquement mortifères.

En réalité, au coeur du drame les gens s'entr'aidaient, se tenaient par la main, par les épaules, se consolaient. Quelques heures après le tsunami, le pays tout entier s'organisait pour envoyer des vivres, des médicaments. Les étudiants de fac de médecine de première année,  dès le lendemain,  avaient improvisé des stands, les plus avancés foncaient vers le Sud prêter main forte. De longues files d'attente se créaient devant les pharmacies où tout le monde achetait des médicaments de première urgence pour les collectes. J'ai même vu un mendiant cul-de-jatte faire la queue pour acheter du désinfectant pour contribuer lui aussi à sa manière avec les quelques pièces qu'il avait réussi à mendier. Nous étions dans une dynamique plus saine et plus constructive que le téléspectateur qui engloutissait les images au kilomètre de façon morbide jusqu'à l'écoeurement, passif, lui-même victime d'une surmédiatisation d'images-chocs qui finissaient par créer une apathie émotionnelle encore plus grande que ceux qui avaient vécu la tragédie en question.

Chacun  racontait avec une telle urgence, avec un tel  besoin irrésistible de se libérer  ce qu'il avait vécu sans pouvoir même avoir la force d'écouter l'autre, sans entendre le vécu de chacun si différent par rapport à  ce qui s'était produit.  Il y a eu autant de réactions différentes pour un seul événement. Chacun réagissait en fonction de son vécu, de son passé, de sa capacité de résistance émotionnelle, psychologique, de son histoire, de sa capacité à survivre.

Il y a eu autant de tsunamis que d'individus touchés par le drame.

 

Durant 3 jours, il leur a été  impossible de contacter leurs proches et ceci en raison d'un problème de réseau. Leurs parents quant à eux appelaient partout craignant le pire. Ils ne rentreront à Paris qu' un mois plus tard. Le Français a perdu depuis 10 kg - il est maigre- l'Allemand  admet avoir aussi pendant des mois fait des cauchemars. Puis de retour de France, il faut en sus confronter l’incompréhension, expliquer le choc,  personne ne peut vraiment partager avec eux ce qu'ils ont vécu.  Ils y renoncent et même décident alors de fuir les images atroces qui défileront pendant des semaines.
Plus tard, lors d'une nouvelle alerte au tsunami annoncée à la TV française, ils se trouvaient être alors au 5 ème étage d'un immeuble à Montmarte, instinctivement ils ont regardé par la fenêtre pour voir si l'eau ne montait pas jusque vers eux.

09:59 Publié dans Genève | Tags : sri lanka, tsunami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/05/2009

Etes-vous sûr de n'avoir rien oublié ?

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20:01 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/05/2009

Un Meuhhhhhhhh vachement anarchique

 

P1000290.JPG24 ans , 118 tags, 25 plaintes de régies immobilières. Des meuh qui ne laissent pas indifférents ces « meuhsieurs » pour une petite facture qui avoisine les 118'000 francs. Après un apprentissage de charpentier, un passage par le cirque, Meuhsieur le tagueur a travaillé pour  des décors d'un film qui a été présenté à plusieurs festivals réputés. «Quant aux graffitis, il aime ça depuis l'adolescence» d’après son père.

A Vieusseux,  ses dessins font presque partie du quotidien: «Oh oui, il est connu comme le loup blanc», nous dit-on. «Là-bas, le long de la route, vous verrez son travail. Comme une comète.

Ailleurs on apprécie ces « meuh » insolents, cette révolte indolente qui ne cherche même plus ses mots mais un long soupir bovin pour exprimer un état d’esprit plutôt qu’un discours. Ce meuh qui sort du fond de ce visage dépité où tout semble glisser inexorablement. Mais à côté de ce visage si surprenant un  cœur amoureux avec son point d’interrogation, le premier d’une longue série assurément. Et lorsque la police parle de déprédation, l'auteur artiste  mentionne l'art.

 

Quelque politicien « Maudit » s’érige contre ces « salissures » que d’autres appellent de l’art et avec justesse. Mais c’est un art libre qui ne se prostitue pas pour payer le discours, et tout le monde sait que le pouvoir réside dans le contrôle du dire  , tandis que ce « meuh » qui s’installe sans passer à la caisse, qui interpelle, dérange, démange l’œil, est un art gratuit comme doit être l’art et  on en redemande. Et en termes de salissures la pub tient le pompon, la dernière de la banque Saxo est juste crasse - des hommes assis qui regardent une femme debout sur une estrade juste entre les jambes. Et Michel Serres, le philosophe,  parlant de la pub et des marques les compare à des prostituées qui se pavaneraient dans la rue, telles celles d'Alexandrie,  autrefois, qui gravaient  leur nom sous leurs sandalettes et aussi pareilles à des chiens,  les marques via la pub tracent leur territoire; elles pissent dans la ville, dans le pays, sur la terre entière, elles polluent la tête et le monde. Bonjour la salissure !
A cela on préfère l'art, habiller la ville de sens, inciter à poser un regard urbain sur des questions qui se résument en des « MeuH » beuglant de force et  d’art .

Meuhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

18:42 Publié dans Genève | Tags : meuh | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

12/05/2009

POUR SE RENDRE AUX URGENCES


P1000281.JPGVOUS TRAVERSEZ  LE DESERT

 

P1000278.JPGvous passez devant  un champ de fleurs et il vous suffit de suivre la ligne  et vous y êtes !

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18:28 Publié dans Genève | Tags : hôpital | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

Ce n'est pas incompatible !

 

P1000283.JPG FAIRE DE LA BICYCLETTE ET SES COURSES

18:23 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |