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Jamais sans ma mère 

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Unknown-3.jpegCe qui devait arriver est finalement arrivé ! Le fils adopté en devenant père à son tour s’interroge, quel arbre généalogique transmettre à sa descendance, que dire ? Quelque chose le trouble, il ne s’est jamais senti aussi peu en phase avec lui-même, une crise d’identité le frappe. Il a sans doute vu le film inspiré d’une histoire vraie « Lion » qui raconte le périple de cet enfant adopté par une famille australienne et qui retrouve sa mère biologique en Inde. Un film bouleversant et qui a dû l’émouvoir avec tout le flot de questions sur son propre parcours.

Il décide alors de se rendre au centre d’adoption et demande son dossier. Tout y est, sa date de naissance, le nom de sa mère, l’acte d’adoption. Elle vient d’un pays de l’Est et s’excuse longuement dans une lettre maladroite de l’avoir abandonné, issue d’une famille religieuse, elle ne pouvait montrer à tous  qu'elle  était enceinte sans être mariée - ou portait le  fruit d'un viol ?  Pour son bien à lui, elle prit cette décision de le confier à une famille après son accouchement.

Son nom, son prénom, tout y est. Il suffit de remonter la piste. Grâce aux réseaux sociaux et aux amis qui connaissent son pays d’origine, en moins de 24h, il la retrouve. Elle a émigré et vit aux Etats-Unis avec son mari et peut-être ses enfants ? Le fils se tourmente, s’interroge, comment procéder. Il tient fermement, entre ses doigts,  son numéro de téléphone sur un bout de papier plié et déplié mille fois . La première fois, il compose le numéro puis abandonne, la deuxième fois, il entend la voix de sa mère et raccroche en retenant sa respiration.

Deux semaines passent, il a perdu du poids, il ne mange plus, dort à peine. Comment s’y prendre. Puis, il décide de lui envoyer un texto, en Anglais.

Et nous d’imaginer cette femme qui a refait sa vie, qui n’a jamais rien dit ni à son mari, ni à ses enfants et voir débarquer 30 ans plus tard un magnifique gaillard,  beau comme Apollon, à l’esprit vif. Il arrive comme un orage dans sa vie tranquille, sa présence risque de tout chambouler, de réveiller de vieux démons, des souvenirs qu'on croyait endormis à tout jamais. Son mari rentrant à la fin de la journée  lui demande si tout s'est bien passé, qu'elle a l'air préoccupé! et elle de répondre:  "Non, Non, honey, tout va bien ! Juste un peu fatiguée." .... Ou d'imaginer qu'elle attend avec impatience ce fils qu'elle n'a  jamais revu et le serrer longuement dans ses bras.......Ou en  le voyant, le supplier à genoux de pardonner son abandon ! Mille scenarii défilent dans l'imaginaire de cette  rencontre mère-fils et on espère un happy end, parce qu'on aime les contes de fées. 

La réponse tombe tranchante comme la lame d'un couteau, un coup douloureux, profond et qui fait mal.  Dès  la réception  du  sms, elle lui répond immédiatement.  Elle admet être sa mère biologique, mais l’invite à en rester là. Inutile d’essayer d’aller plus loin et de prendre contact avec elle. La déception, puis la colère, le fils abandonné se sent rejeté une deuxième fois.

Toutes mes envolées romanesques tombent comme un soufflé raté. Je reste perplexe. On a envie de lui dire : « Mais acceptez Madame, de rencontrer au moins une fois votre fils, une seule fois, votre enfant, donnez-lui une chance de lui donner le contexte de sa naissance, d’expliquer pourquoi il a fallu renoncer à lui, qui était son père biologique ? » - Il a le droit de savoir et de comprendre qui il est. 

A mon avis, elle ne résistera pas, c’est elle qui demandera à le rencontrer. Si elle a laissé une lettre, c’est qu’elle savait qu’il remonterait le courant et arriverait jusqu’à elle. On imagine le choc qu’elle a dû recevoir à la lecture du texto : »C’est moi, c’est ton fils ! I am your son !»

Des battements de cœur à profusion, un affolement sur le qu’en-dira-ton. Comment expliquer ce secret révélé au grand jour, ce coup de tonnerre dans son petit quotidien réglé comme une horloge. Puis, elle va peu à peu s’habituer à l'idée , se souvenir du bébé, de la tendresse de sa peau, de ses grands yeux noirs, de l’esquisse d’un sourire.

Elle n’y tiendra pas ! On parie ? On n’oublie jamais son enfant, même celui qu’on n’a pas voulu. Et se souvenir aussi que les parents d’adoption ont tout donné, ils se sont entièrement investis dans leur rôle, ils ont aimé ce garçon, l’ont élevé, c’est le leur. Ils doivent craindre le déroulement de l’histoire de cette rencontre pour autant qu’ils le sachent et pour autant qu'il y ait une suite.

La suite………….un jour………..peut-être, bientôt ou jamais………….

 

 

 

 

La suite………….un jour………..peut-être, bientôt ou jamais………….

Lien permanent 4 commentaires

Commentaires

  • Celà me rappelle d'un reportage d'un homme qui a été adopté, et qui recherchait sa mère. Il l'a trouvé, mais elle ne voulait rien entendre de lui, elle ne l'a pas laisser entré dans sa maison. C'était pour lui comme un deuxième abandon.
    J'imagine qu'il a essayé de continuer à essayer de prendre contact.

    Lorsque l'on voit donc, ces enfants adoptés tant en difficultés dû à l'absence d'une filiation connue, je n'ose imaginer le résultat des enfants "fabriqués" pour satisfaire un couple.

    L'humain n'est pas un robot, et ce besoin de connaître ses parents biologiques semblent inné. L'intensité des recherches d'un parent montre que cela va au-delà de la curiosité.

    Dans cette tendance à "fabriquer" un enfant, la règle devrait être de donner les identités biologiques, à l'enfant devenu adulte. C'est le risque d'un 2eme rejet, mais c'est certainement plus facile de l'accepter, que de ne rien savoir.

    Les parents qui élèvent l'enfant et la filiation, participent à l'équilibre humain. Je crois qu'il y a une réflexion sur ce sujet dans plusieurs pays. Il est reconnu que pour le bien de l'enfant, il est nécessaire qu'il connaisse sa filiation.

  • Dans la dernière saison de "Designated survivor" sur Netflix, Seth découvre le produit de sa donation de sperme, une revissante jeune femme débarque dans sa vie. Traitement aussi sobre que romantique qui permet d'éviter les conclusions hâtives.

  • Si cet enfant est le résultat d'un viol, le rejet est compréhensible.
    Et encore une fois la culpabilité retombe uniquement sur la mère...

  • Personne ne trouvera de réponse dans ce genre de situation, personnellement je ne monterai pas trop ce roman en épingle. Le roman est au roman ce que la réalité est à la réalité et les dossiers, lors qu'ils sont analysés individuellement sont bien plus complexes que les romans. Dans le cas présent, nous abordons le choix des libertés individuelles et comme le dit la citation : A chacun sa croix !

    Imaginons un peu le bordel qui va suivre avec les nouvelles lois sur la PMA et la GPA, sans parler des banques de sperme, combien de couples risques de se former dans la fraternité et sororité ?

    Le réel problème de ce garçon aurait été qu'il tombe amoureux d'une de ses demi-soeur, dans le cas où il y en ait une !

    Va-t'il falloir avec tous ces "progrès" devoir imposer des comparaisons ADN à chaque couple qui se forme, en cas de (je ne trouve pas le terme liant les deux sexes) de fraternité et sororité ?

    Il est vrai que ces lois changent en même temps que l'humanité explore les mystères de l'ADN, heureusement !

    Mais si nous allions plus loin dans le romanesque que le garçon illustré dans la note de Djemaa, soit tombé amoureux avec une fille qui ne soit autre que la fille de sa mère biologique et qu'ils aient des enfants ???????

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