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05/01/2019

Hommage à Amos Oz

IMG_1460.JPGCe matin, à l’aube, je me suis dit que ce grand écrivain israélien dont la mort récente m’a touchée méritait un billet. Péniblement, je me suis extirpée de mon lit dans la grisaille d’un jour laiteux pour le retrouver dans le fouillis de mes livres et chercher ses œuvres. Derrida, Diderot, Stefan Zweig, Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf, Kundera, Maupassant, Voltaire, Jorge Amado, Antonio Lobo Antunes, Yourcenar, Lessing, mais où est donc Amos Oz ? Je fouille et  farfouille, Ô le voilà ! Je le tiens et mets la main sur « Seule la mer » - Depuis le temps qu’on me dit de construire un vrai meuble pour mes livres, et j’en ai encore plein la table de travail et des valises à déborder de ces bouquins. Qu'ils sont indisciplinés !  Ils se baladent librement dans la pièce, et, même dans toutes les pièces de la maison, aucune d’elles n’est épargnée, ils vont et viennent à leur guise, mais quel vent de liberté leur prend-il?

Tout ou cherchant, je songe à cet homme de paix, à cette colombe, tout ça de moins pour l’humanité et Dieu sait, si elle en a besoin d’hommes comme lui cette humanité meurtrie, cette humanité meurtrière, ils sont rares ces hommes-là. Mais regardez un visage se refléter dans une petite cuillère, voilà à quoi ressemble l’humanité passé minuit me répond l'écrivain.

L'auteur le répète à l'envi,  on est seul, la vie continue. De toute manière, on est toujours seul. Inutile d’aller voir, à la rue Bostros, le cartomancier grec, celui qui évoque les morts. Même si on ne les voit qu’un bref instant, ensuite la mort reprend ses droits. En fait, nous sommes tous prisonniers, condamnés à attendre la mort, chacun dans sa cellule. On a la prison qu’on peut . Des barreaux nous séparent les uns des autres. L’errance sied à ceux qui sont égarés. Nous allons et venons, nous regardons et désirons. Jusqu’à ce que le moment vienne de fermer et de partir. Tout se recouvre de poussière avec le temps, tout s’effrite et se désagrège, poussière à la poussière retournera.

Dans le noir engourdie de sommeil, sur la pointe des pieds, la neige étend silencieusement et peureusement une couverture sur lui. Amos, vous serez serein mais pas silencieux, profundo de profundis, votre chant d’outre-tombe touchera notre cœur et nous nous souviendrons du conseil de Zelda votre professeur : »Si tu t’arrêtes de parler de temps en temps, les choses pourraient te parler de temps en temps. »

La mer a donné la mer a repris. Le silence est là, absolument pur. Le silence se résume au silence.

 

Amos, merci pour ta recette d'olives décrite dans "Seule le mer" , tes conseils seront suivis à la lettre. Dans ma salaison, je rajouterai l’huile, l’ail, du piment et du laurier et je l’appellerai Oz et Ô toi,  l’éternel vivant,  je me souviendrai avec délice du piment et de la douceur de ta pensée.

 

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