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19/09/2018

Un destin de lapin

IMG_1365.JPGUn fois n'est pas coutume, en été, je vous raconte en général mes déboires avec mes poissons rouges;  le retour de vacances avec le poisson flottant sur le dos,  oublié et non nourri par quelque distrait astro-physicien du CERN ou celui qui s'est suicidé en sautant du bocal ou l'infarctus du poisson rouge. Cette fois-ci, il s'agit d'un lapin ou plutôt d'une lapine. En juillet, une connaissance a débarqué quelques jours chez moi avec toute sa ménagerie, un chien et deux lapins parmi lesquels un lapin en trottinette.

C'est l'histoire de Mel, une lapine de deux ans devenue paralysée de la patte droite après un traitement de stérilisation chez le vétérinaire qui du reste après coup a proposé de la piquer. C'était sans compter sur l'obstination et la sensibilité de Solange et de son fils Léo qui ont opposé un refus absolu. Mais plus encore, non seulement il fallait permettre à Mel de vivre mais aussi de continuer à vivre normalement pour un lapin, c'est-à-dire courater à gauche et à droite, à fureter avec son petit museau et fourrager où bon lui semble. Sans se laisser démonter, ils lui fabriquèrent une espèce de voiturette adaptée au corps de la paralysée et la voilà repartie, libre de ses mouvements.

Une belle histoire pleine d'humanité et Solange me confie que lorsqu'elle enlève la voiturette de Mel pour la laver et la serrer tout fort contre elle tandis qu'elle sèche, elle sent une émotion l'étreindre de tenir ce petit être tout chaud  tout contre elle.

Au-delà de l'anecdote, c'est une réflexion plus large sur notre lien à l'autre qui assurément avec notre propre évolution s'étend à l'animal et aux plantes;  cette altérité sensible qui est un signe de notre conscience du monde. Ce lien qui nous rend plus humains et qui nous permet de franchir un seuil qui nous éloigne encore davantage de notre propre animalité ou même nous la rappelle sous son meilleur jour. 

 

Bravo à Solange et à son fils Léo d'avoir résister aux chants des sirènes du vétérinaire prêt à l'euthanasie.









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