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30/08/2018

"Pute, salope, connasse"

images.jpgTitre choquant, n'est-ce pas ? Pas de points de suspension ni "p…", ni "s….." ni "c……" un titre qui vous arrive comme un point dans la figure. Mais ce qui choque le plus, ce sont ces insultes balancées aux femmes en moyenne deux fois par mois, une insulte lancée à la figure et sans ménagement.
Pour un rien, il suffit d'une inattention, d'un homme bousculé par mégarde, d'un coup de frein un peu subit. Mais encore, au-delà des mots chargés de violence, il y a la violence physique et ce ne sont pas les anecdotes de rue qui manquent.
Lors d'une soirée, une jeune fille se dirige vers le bar prendre une boisson, elle frôle un homme qui se retourne et lui envoie un coup de poing dans la figure en la traitant de salope. Un homme à vélo est obligé de freiner parce qu'une femme marche sur le trottoir et que lui-même s'y trouve, il est fou de rage, la suit, la harcèle, l'insulte en la pourchassant sur une longue distance et hurlant "fille de pute", personne ne réagit ! Elle finit en larmes, au milieu,  des passants qui restent indifférents. Une autre femme assise dans un bistrot, la cuisse légèrement dévoilée voit un homme se lever et se planter droit devant elle, le regard chargé de haine et l'accusant de l'"exciter", elle en est sûre, s'ils avaient été seuls, il l'aurait cognée. Une fille à vélo au bord de l'Arve qui se fait interpeller par un groupe d'homme "t'as un gros cul, espèce de salope" et ils font semblant de lui donner un coup de pied, au loin. Dans la file d'attente au service des passeports, un homme souffle à sa voisine "suceuse de bites", par contre, lui, sera sorti par un agent de sécurité. Et le cas des dragues qui tournent mal, en cas de refus et qui fait passer de "tu me plais" à "salope" ou les menaces de viol faites sans complexe. Autant de récits de femmes que j'ai croisées et qui choquent et elles-mêmes  sont choquées.

Un constat réel d'une augmentation de la violence physique et verbale à l'égard des femmes et qui touche des filles de plus en plus jeunes. Les réseaux sociaux permettent aussi une autre forme de violence et de harcèlement, ils participent assurément à la dégradation de l'image de la femme et entraînent une désinhibition totale et sans filtre. Sur dix écrans vidéos que je voyais dans l'avion qui me ramenait de Vancouver à Genève, trois films visionnés par des passagers montraient des femmes battues par des hommes et menacées de mort.
Le drame qui s'est déroulé cet été,- à la sortie du Petit Palace en Vieille Ville de Genève- , des femmes frappées violemment par un groupe de jeunes hommes n'est que la pointe de l'iceberg et nous interroge, au-delà de la récupération politique de tout bord, comment expliquer cette augmentation de cas, cette banalisation de la violence ? Comment en sommes-nous arrivés à "normaliser" cet état de fait,  à le banaliser?
Force est de constater que la société dans laquelle nous vivons perpétue une discrimination à l'égard des femmes et cette discrimination feutrée et sournoise qui est aussi une forme de violence permet une violence encore plus grande;  elle autorise au relâchement sans complexe des plus lâches.
Le remède? Il existe mais il exige une action plus grande que juste créer une plate-forme avec des policières comme suggéré et qui ne suffit évidemment pas , c'est un changement radical de société et de lutte contre la discrimination à l'égard des femmes, un suivi réel de toutes les formes de violence comme dans d'autre pays, exemple au Canada où c'est 0 tolérance pour les insultes ou harcèlement à l'égard des femmes.
Pendant combien d'années encore faudra-t-il subir cette discrimination qui expose les femmes a autant de violence ? A quand une égalité des chances ? A quand des femmes à tous les conseils d'administration? A quand plus de femmes doyennes à l'Université? A quand plus de femmes cheffes d'orchestre? A quand une égalité de salaire? A quand un respect plein et entier ? Une seule femme retenue à la Mostra de Venise.
Tant que la femme restera une citoyenne de seconde zone, on continuera à la violenter et lui faire croire que la rue ne lui appartient pas, qu'on ne lui concède que quelques heures par jour et que la nuit venue, on peut la cogner et l'insulter!
Cessons de se voiler la face et attaquons le problème pour de vrai, en profondeur et sur la durée ! Il faut une volonté et des moyens pour réaliser les changements au-delà du léger frémissement d'horreur hypocrite face à une réalité insupportable et inadmissible. Les femmes attendent le vrai changement qui prouvera qu'on a définitivement réalisé un bond en avant pour vivre ensemble dans  une société moderne et non féodale, poussiéreuse à souhait.

Evoluons tous ensemble pour le bien de notre société, pour une société harmonieuse où il fait bon vivre ensemble, dans le respect de tous, seule condition de notre évolution.

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Commentaires

Et le pire c’est quand votre propre fille de 14 ans vous traite de « sale pute » car elle-même entend ça à l’école, à longueur de journée.
Que faire?

Écrit par : Tizia | 31/08/2018

On va le répéter : ce sont les femmes d'ici qui militent avec ferveur pour l'ouverture totale des frontières à tous les migrants. Alors, après, il faut un peu assumer les conséquences de ses actes. Vous vouliez des étrangers en masse ? Vous les avez. Mais ils se comportent comme ils ont appris chez eux...

Écrit par : Géo | 31/08/2018

Une fille de quinze ans traita sa mère en publie, à mi-voix, de conasse.

Mais de sa mère, exactement en même temps, elle disait qu'elle était "super mais froide"!

Ne devons-nous pas nous interroger sur ce que depuis la victoire (sur le papier) du féminisme nous n'apportons plus assez autour de nous comme en famille?

Ce... dès la plus dite "tendre" enfance de nos enfants?

Pas éternellement nous victimiser!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 31/08/2018

@géo, hier en garant ma voiture, un gars bien de chez nous m’a traitée de « pauvre merde » parce qu’il trouvait que je ne m’étais pas bien alignée. Désolée de vous décevoir, les étrangers n’ont pas l’apanage du machisme.

Écrit par : Christine | 31/08/2018

Bonjour Djemâa en est 'il de même chez les Roms ? j'en doute fort
Cependant la similitude est frappante quand on sait qu'au niveau gynécologique ,on parle des trompes de Fallope
Il suffisait juste d'échanger la première lettre ce que certains n'ont pas manqué de faire il y déjà belle lurette
Entre la vieille et les vieux pour les parents d 40 ans ,le monde a peu évolué semble t'il
Et je suis certaine que parmi ceux critiquant à juste titre ces doux surnoms sont parmi tous ceux qui savent dire à d'autres ,faut savoir vivre avec son temps
Supprimons les réseaux sociaux et le calme reviendra
Bonne soirée

Écrit par : lovejoie | 31/08/2018

Christine@ Bien sûr que les étrangers n'ont pas l'apanage du machisme. Mais il y a 50 ans, cela ne se passait pas comme ça. Après, il y a la force de l'exemple. Un tonneau contient ce que retient la douve la plus basse. Si tout le monde jette ses détritus dans la rue, plus personne ne va les mettre dans la poubelle. Allez voir au Flon à Lausanne de nuit. Enfin non, n'y allez pas, c'est beaucoup trop dangereux...

Écrit par : Géo | 31/08/2018

C'est tout de même curieux que la daube nommée "50 nuances de Grey" ai eu autant de succès auprès de la gente féminine et que paradoxalement, elles n'assument pas les insultes.

Écrit par : Laurent Lefort | 31/08/2018

Laurent Lefort, une femme est libre d'accepter des insultes dans le cadre d'un jeu érotique et celui d'une relation sexuelle pour autant qu'elle en ait donné son consentement. Les êtres humains sont complexes, les femmes comme les hommes. Les jeux de domination et de soumission peuvent s'exercer sous la couette dans le cadre d'une complicité réciproque. Chacun et chacune est libre de tester ses limites et ses désirs. Mais en dehors de la relation intime, aucun homme, aucune femme non plus d'ailleurs, ne peut utiliser un langage vulgaire, grossier, et décomplexé, voir haineux et extrêmement négatif si en face de lui ou d'elle la personne visée n'a pas elle-même transgressé et utilisé des mots inappropriés à la situation.

Bonjour Djemâa. Merci de publier ce commentaire.

Écrit par : jean-marie gumy | 31/08/2018

Jean-Marie, et bien entendu. l'attrait du bad boy n'est qu'une légende urbaine, toujours au détriment des hommes respectueux. Je l'ai appris de nombreuses fois à mes dépends. Alors à d'autre.

Écrit par : Laurent Lefort | 31/08/2018

Laurent, ce n'est pas parce qu'une femme visionne La Vie Secrète de Madame Yoshino qu'elle va piquer le petit ami de sa fille et jouir sous la torture d'un tatouage sanguinolent. Les femmes ont aussi droit à leurs phantasme sans forcément les voir se réaliser dans leur crudité la plus nue.
Bravo à Jean-Marie pour son intervention.

Écrit par : Taka | 31/08/2018

C'est tout de même enrichissant de croiser deux cocus qui s'ignorent... merci Messieurs.

Écrit par : Laurent Lefort | 01/09/2018

Bien dit @Laurent Lefort,
En principe un(e) cocu(e) ne doit pas trop se plaindre quand il/elle découvre, enfin, le pot aux roses (ce dernier terme date du 13 ème siècle, vous voyez ce que je veux dire!). Il/Elle ne devrait trop se plaindre parce qu il/elle n a rien vu venir ni entendu ni senti...Alors?!

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 01/09/2018

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