18/11/2017

Zimbabwe - Manifestation historique à Harare

23621563_10215453222592747_342520791155455221_n-1.jpgHarare- Le peuple zimbabwéen chante et danse dans les rue de Harare, en ce samedi 18 novembre,  enfin libéré d'un Mugabe sénile et d'une Grace ambitieuse, surnommée "Lady Gaga", une épouse dont le seul but politique était d'amasser un maximum d'argent et de faire du shopping et de rappeler sur la pancarte d'un manifestant qui ne manque pas d'humour que le pouvoir n'est pas sexuellement transmissible. Robert Mugabe âgé de 93 ans est assigné à résidence et est invité à démissionner quant à  son épouse, elle aurait été escortée jusqu'en Namibie (Windhoek dément)  à défaut de pouvoir se rendre en Afrique du Sud où elle risque d'être immédiatement arrêtée pour plainte déposée à son encontre pour violence, il y a quelques mois.  Trois des ministres du vieux président sont détenus. Une situation qui intervient après le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa en faveur de la première dame, ce qui  a précipité ce qui ressemble à un coup d'état militaire ou du moins  un coup de force de l'armée  qui a pris le contrôle du pays.

La manifestation historique anti-mugabe organisée à l'appel des vétérans de la guerre de libération nationale du Zimbabwe a  regroupé des milliers de personnes qui se répartissent entre le stade historique où Mugabe avait prononcé son discours  en 1980 et la State house, vieille résidence officielle mais symbole du pouvoir. Des  pancartes au nom de Mugabe sont décrochées. Même son parti Zanu-PF est prêt à lâcher le "camarade" après 37 ans de pouvoir.

Il semblerait que la police réputée pour être corrompue et qui ne suit pas l'armée fait du zèle en tachant de profiter de l'agitation pour amender un maximum de gens et rançonner à tout va, ceux-ci préfèrent se calfeutrer chez eux depuis mercredi et éviter toute confrontation. Le rapport de force police-armée risque de devenir la prochaine tension majeure dans les jours à venir. 

Une situation fragile qui pourrait basculer  et devenir explosive si l'armée ne contrôle pas de facto immédiatement le pays. Des élections anticipées sont évoquées après cette "révolution de palais" qui rappelle le coup d'état médical en Tunisie, "ni sang, ni cartouches", réalisé le 7 novembre 1987 par Ben Ali et soutenu par l'armée, invoquant la sénilité du feu président Bourguiba alors âgé de 84 ans. Par la suite, on verra le règne corrompu de Ben Ali dont l'épouse Leila sera tout aussi ambitieuse et comploteuse que la Grace Mugabe , en espérant que la suite zimbabwéenne soit plus glorieuse que la Tunisienne. Deux parallèles situés à trente ans d'écart, le même mois et sept jours de différence et dont on peut tirer des leçons, à croire que ce sont les mêmes mains qui oeuvrent ou n'est-ce que le fruit du hasard ? Coincïdence tout hasardeuse ?

Tunisie - 7 novembre 1987

Zimbabwe- 14 novembre 2017

 

Rien de nouveau sous le soleil ! 

 

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21:14 | Tags : zimbabwe, harare | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/11/2017

Le dernier coup de gueule de Noura Borsali, militante tunisienne

1-2.jpgCe matin, ce fut un choc en apprenant le décès de Noura Borsali journaliste et écrivaine et qui a été invitée, autrefois,  sur mon  blog.

Une militante pour les droits de l'homme, de gauche et féministe et qui ne mâchait pas ses mots,  elle était de surcroît, passionnée de culture et de cinéma. Lorsque je lui rendais visite à Tunis et que je logeais chez elle, dans son appartement bourré de livres et d'articles découpés;  le café et le croissant m'accueillaient au saut du lit.  Sur sa  table de travail,  le scrabble déjà installé m'attendait de pied ferme, elle fulminait d'impatience et tout en buvant mon café j'alignais déjà les mots tandis qu'elle commentait les nouvelles du jour.

Elle avait réalisé un travail de mémoire extraordinaire sur mon père , le militant nationaliste Lazhar Chraïti, dans le cadre de la rédaction de son livre et d'un article pour le journal Réalités, "Tentative de coup d'Etat de 1962 en Tunisie "une enquête serrée sur le terrain qui l'avait menée jusqu'à Genève, jusqu'à nous et avec quelle pudeur, elle posait ses questions. Lors de ses passages dans la cité de Calvin, elle adorait filer  acheter des dizaines de bouquins  aux Livres sur les Quais à Morges en s'extasiant sur le paysage tandis que nous déambulions en citant  les derniers livres lus.

Déçue par le Printemps arabe comme la plupart des intellectuels tunisiens, elle espérait quand même le changement. Elle avait démissionné en sa qualité de membre de l'instance Vérité et Dignité en 2014, en claquant la porte et en dénonçant les pratiques douteuses, une femme entière et sans compromis.

Une dernière partie de scrabble où j'inscris son nom en lettres d'or, le nom d'une femme qui s'est battue pour l'élan démocratique du Printemps arabe et qu'elle a vu se transformer en sanglots longs des violons de l'automne. Une figure emblématique tunisienne qui s'en va et qui nous laisse en héritage le courage de dénoncer et de se battre.

Ce qui aurait pu être son  coup de gueule : "salut les amis, je m'en vais  ! Bon vent à vous tous et tenez bon, on finira par y arriver à la démocratie, vive la Tunisie  !"

 

Paix à son âme!

 

 

13:27 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

06/11/2017

Catalogne – Jusqu’au bout…..la liberté

DSC01275.jpgBarcelone - « Le mercredi 8 novembre vous aurez la plus grande grève générale en Catalogne qu’on ait jamais connue de mémoire de Catalans ». L’homme se tient dignement devant moi, une moustache et un bouc taillés à la Diego Velázquez ornent un visage émacié. Il parle posément, de petite taille  mais d'une grandeur certaine. Il est planté au milieu d'un décor étrange, composé  de masques et d'arlequins fabriqués de façon artisanale depuis plusieurs générations dans son atelier. Tous ses masques et figurines semblent nous observer et nous écouter parmi lesquels des têtes d’animaux, tout le bestiaire humain est là , témoin de ce monde fantasque qui est le nôtre.

- " Ce qui arrive en Catalogne est grave.  Nous, gens si pacifiques avons été battus par la police qui a laissé infiltré des casseurs, à savoir des policiers en civil, pour donner une raison de nous frapper. Les racines du mal sont historiques, nos liens avec Madrid ont toujours été difficiles. Franco est mort, mais le franquisme,  lui, a survécu. Nous sommes revenus plusieurs siècles en arrière avec ce qui s’est produit; le gouvernement espagnol s’est assis sur la volonté populaire des Catalans. Il n’y a pas de justice indépendante mais une justice politisée qui a permis de jeter nos politiciens en prison, et c’est inacceptable.

- Le roi qui aurait dû rester neutre et mesuré a repris le discours mot à mot de Rajoy, du copier-coller d’extrême-droite ! et de secouer la tête tristement en lâchant ces mots. 

- Jamais l’Espagne n’a voulu, ni écouter, ni dialoguer, ni trouver des solutions et encore moins entrer en matière. Héritière du franquisme, elle continue une autre forme de dictature, du reste la constitution rédigée en 1978 et son article 155 qui permet de suspendre l’autonomie de la Catalogne sont une émanation du régime dictatorial encore vivant après la mort du « caudillo » en  1975 et qui a imprégné toutes les institutions jusqu’à ce jour.

- La Catalogne est sous tutelle de l’Espagne, alors que nous sommes une région riche, une région culturelle. Toutes nos lois sont balayées par Madrid, nous voulions soulager les familles pauvres en leur épargnant certaines taxes, refusé ! Le projet du couloir méditerranéen,  véritable levier économique pour la région et les habitants est quasiment à l’arrêt ! Pieds et mains liés,  nous sommes.

- Nos élus sont emprisonnés, véritable action contre la démocratie. Après cela, nous n’avons plus le choix, nous les Catalans, nous devons dorénavant nous battre jusqu’au bout, nous battre jusqu’à la liberté."

 

Affiché sur la mairie de Barcelone (Ayuntamiento de Barcelona)

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©  Crédit photos D. Chraïti

16:38 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

05/11/2017

Crème catalane à la sauce suisse

Unknown-1.jpegBarcelone - Miquel est gérant d'un restaurant à la plaça Reial, quartier très animé où promeneurs, jongleurs, acrobates, mendiants, cracheurs de feu, lanceurs indiens ou pakistanais  d'objets volants non identifiés et luminescents projetés dans le ciel,  à 10 mètres, se croisent pêle-mêle. A deux pas de là, proche d'un hôtel chic, une scène de la drogue classique; chiens bandanas, cabas plastiques, chariots de magasin remplis d'affaires récupérées, deal traité sur fond de voix éraillée et caverneuse; des visages creux et translucides sur des corps décharnés où le cuir clouté et les tatouages s'entrelacent entre piercing et autres scarifications quand ce n'est pas tout bonnement des traces de bagarres pochant l'oeil et striant les lèvres. Un petit commerce sous le regard indifférent des policiers assis dans leur fourgon blindé bleu, concentrés plutôt sur Les Ramblas entre deux textos. 
Miquel est intarissable sur le sujet de l'indépendance de la Catalogne, tandis qu'il m'enduit de pommade grasse mes petits doigts brûlés par les anses en acier du plat à paëlla et sans savoir que je viens de Genève. Il se lance sur les bienfaits du fédéralisme suisse, modèle à suivre pour la Catalogne.
Il explique comment les Catalans en sont arrivé là.
- Que pouvait-on espérer de plus après 18 demandes de référendum rejetées par Madrid.
- Des centaines d'entreprises parties, vous dites ? C'est de la manipulation d'information, certes Madrid a rappelé un certain nombre de succursales, mais on les compte sur les doigts de la main, se défend-il. 
- Une guerre civile? Vous n'y pensez pas, les Catalans sont des pacifistes qui évoluent dans une économie saine, mais  regardez-les donc, (il désigne la place d'un geste ample pour montrer les badauds) cette bonhommie ambulante les transformerait en guerriers? Jamais !
- Non, maintenant, il faudrait des médiateurs, des Suisses par exemple et qui viennent nous expliquer comment il faut  faire pour sortir de cette impasse imposée par Madrid qui remet en question le processus démocratique après avoir jeté en prison nos ministres. C'est de la dictature, tout simplement!
Ça brûle moins? La sensation douloureuse disparaîtra d'ici quelques minutes, vous verrez. Ici aussi,  en Catalogne, ça chauffe!
- Laissez-moi vous offrir le dessert, une  crème catalane, c'est la meilleure de Barcelone! Des médiateurs suisses, voilà ce qu'il nous faut pour nous en sortir.  Ce qui se passe actuellement, n'est absolument pas démocratique, c'est révoltant, nos élus sont jetés en prison, ce sont des prisonniers politiques tout simplement ! 
 
Suite prochain billet -Catalogne, jusqu'au bout...la liberté !
 

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 La démocratie plus fragile que des bulles de savon 
 

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UN AUTRE DEFI POUR LA DEMOCRATIE, LA PAUVRETE

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©  Crédit photos D. Chraïti 

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