26/07/2017

Var - Dans le rougoiement des flammes

IMG_1315.JPGPrès de la Sainte Victoire, dans la nuit, à 23h00,  on peut observer aux jumelles, le rougoiement vif des flammes hautes de trois ou quatre mètres sur une étendue de  deux kilomètres. Un feu que l'on devine ravager la nature; le monstre de feu a tout brûlé sur son passage, toute la journée des Canadair ont survolé la région. Le vent est tombé, enfin, après trois jours d'une extrême violence, un mistral à décorner les boeufs.

Le tuyau d'arrosage est près de la maison, prêt à l'usage, l'incendie paraît loin mais il suffirait que le vent se lève à nouveau pour imaginer le monstre se réveiller et envoyer ses petits dévorer la garrigue, braises incandescentes. 

Je surveille de mon balcon l'évolution des feux  que je repère au loin depuis le début des incendies.  La Croix Balmer, le Lubéron, Bormes Les Mimosas. J'ai passé le mot d'ordre à la maisonnée  sur un ton un brin autoritaire : " On ne sort pas de la maison quoiqu'il arrive, on mouille les draps, on les pose devant les portes pour empêcher la fumée qui asphyxie, on éloigne la voiture pleine d'essence". Je lis de l'incrédulité dans les regards et rappelle la  tragédie de la famille de Martin Gray , en 1970,  une épouse et quatre enfants rattrapés par les flammes alors qu'ils pensaient fuir en voiture. On croit s'échapper en fuyant et nous voilà encerclés par les flammes, devant, derrièe, impossible d'échapper à l'enfer du feu.

Parfois, une légère brise transporte  l'odeur âcre du feu, elle vous chatouille le nez de façon désagréable. Dans l'obscurité,  au loin, le drame se joue et d'imaginer des hommes et des femmes lutter encore une fois toute la nuit durant contre le caprice du feu et du vent qui dansent leur macabre sarabande. 

 Allez ! Je reprends  mon poste d'observation avec mes jumelles et surveille le monstre de feu qui s'agite là-bas au loin et se contorsionne dans tous les sens, on ne sait jamais quand, ni où il frappera et comment, le vent semble à nouveau souffler, le feu est plus rougoyant qu'avant mais ne paraît pas s'être étendu.

Au loin, les cloches de l'église du village sonnent minuit!  

 

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Commentaires

Madame, Bonjour
La référence à Martin Gray est LA référence littéraire liée à la perte d'une famille par un incendie, une histoire vraie. Vous êtes cultivée et n'avez pas manqué de la rappeler.( je vous retrouve ...)
Je voudrais juste en journaliste poser une référence plus récente : la soixantaine de morts au Portugal récemment, des familles en voiture qui voient arriver l'enfer et meurent. Dont ceux que les forces de police ont autorisé le passage !!!!
Les autorités n'avaient pas prévu les vents contraires et la direction changeante du vent et ont laissé des voitures partir à la mort. C'est inouï.

Sur le fond du dossier portugais en cause structurelle : les bois dont les sous bois ne sont plus nettoyés par les animaux. L'émigration, l'exode rural ont aussi atteint le Portugal. Ces sous bois avec des essences inflammables sont des bombes en période de sécheresse, et chaleur. Dès que le vent se lève dans ces conditions, le drame surgit.
Bonnes vacances tout de même au pied de la blanche Sainte Victoire dans cette magnifique garrigue!
Sylvie Neidinger

Écrit par : Sylvie Neidinger | 28/07/2017

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