25/04/2017

"Los pobrecitos venezolanos" - "Les pauvres petits Vénézuéliens"

venezuela.jpgBogota - Dans le parc Usaquén, un groupe de jeunes avec leur sac à dos parlent fort et rient. L'amie avec qui je marche me demande si j'ai reconnu-là, les Vénézuéliens, identifiables à leur accent.  Certains dorment dehors dans des sacs de couchage, d'autres visages attristés fixent le sol.
Plus de 1.200.000 Vénézuéliens fuient la plus grave crise qu'ait connue le pays, parmi eux de nombreux Colombiens d'origine ou binationaux qui autrefois échappaient au conflit armé et qui reviennent pour échapper à un autre mal, la faillite d'un pays tout entier et son lot de misère.
Et les Colombiens de rappeler qu'eux aussi ont émigré vers d'autres pays , presque 5 millions à l'étranger dont une grande partie aux Etats-Unis.
Les 2'200 kilomètres de frontière ont créée des synergies, des familles se partagent entre les deux pays, les relations avec ce pays voisin sont très fortes depuis toujours.
Et les Colombiens se lamentent "¡ pobrecitos!, à notre tour de les aider, ils ont aussi su nous tendre la main lorsque nous en avions besoin. Enfin, c'est l'occasion de leur montrer notre reconnaissance.
Je suis étonnée et vérifie cette générosité jamais démentie par personne. "Ils viennent chercher du travail !C'est normal pobrecitos , leur pays est en faillite!" Et de demander :"Vous avez peur pour vos emplois ?"- Pas du tout ! Les Vénézuéliens n'avaient pas peur de nous lorsqu'il fallait nous tendre une main secourable.
Toutefois, de nombreux Vénézuéliens vivent de façon clandestine et ne s'annoncent pas aux autorités de peur d'être renvoyés vers leur enfer. Les associations demandent à ce qu'on puisse leur délivrer un visa humanitaire qui leur permettrait d'accéder à tous les services sociaux et leur garantir un minimum vital. Des écoles ont été accusées d'avoir accepté des enfants de clandestins bien que l'article 100 de la Constitution colombienne confère aux étrangers le même droit qu'aux Colombiens.

Cette générosité me paraît magnifique et d'imaginer les Genevois tendre une main secourable à leurs voisins frontaliers avec qui ils partagent 110 km de frontière commune et qui seraient en grande difficulté m'interpelle, lorsqu'on entend tout ce qu'on entend. Mais sans doute, des circonstances particulièrement graves comme celles de la crise au Vénézuela, où on y meurt de faim, pourraient donner l'occasion à de meilleurs sentiments que la perpétuelle guéguerre de voisinage.  Assurément, on découvrirait une générosité insoupçonnée en temps de paix.

Pobrecitos!

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Commentaires

Et vous leur dites quoi, aux 3 à 4 personnes de plus de 40 ans de mon entourage (plus moi) qui ne trouvent plus d'emploi depuis des années, et pour moitié à l'aide sociale ? Pobrecitos también ?

Écrit par : Djl | 26/04/2017

Il est bon de rappeler quelques vieux principes européens à certains nouveaux arrivés...
"On est ici non dans le domaine de la philanthropie mais dans celui du droit. L'hospitalité est le droit d'un étranger de ne pas être maltraité en arrivant sur un territoire étranger. L'Etat garde le droit de ne pas l'accueillir mais s'il l'accueille, il doit le traiter sans hostilité. Il n'existe pas de droit à émigrer dans un autre pays, droit qui pourrait fonder des réclamations. Il n'existe qu'un droit de visite, valable pour tous les êtres humains. Le droit de visite comprend celui d'échanger des biens et des services de façon pacifique. C'est à cette condition d'accepter le droit de visite mais de refuser le prétendu droit d'immigrer que l'on pourra maintenir des relations pacifiques entre les peuples qui doivent se tolérer l'un l'autre."

Kant / Vers la paix universelle, 1795

Écrit par : Géo | 26/04/2017

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