27/01/2017

Le passage à niveau

le-choc-s-est-produit-mercredi-soir-a-19h30-au-passage-a-niveau-du-centre-bourg-photo-le-dl-sabine-pellisson-1483107930.jpgUn fait divers qui secoue Collonges/Sous/Salève depuis le 29.12.2016 et qui s'est produit, ce soir-là,  à 19h30. Il ne se passe plus un jour sans qu'on entende des bribes sur ce drame inexpliqué. Comment une femme de 50 ans se retrouve bloquée entre les deux barrières du passage à niveau et voit venir sur elle, le monstre d'acier en provenance d'Annemasse direction Saint-Julien.

Le gérant de la pizzeria, située à deux pas des rails,   me décrit la scène, en me la brossant minutieusement depuis la fenêtre qui donne sur le passage à niveau, encore choqué par ce qu'il a vu, le restaurant étant à moins de 20 mètres de la scène où s'est déroulé le drame :"Nous faisions le service du soir quand un bruit fracassant a fait trembler tout le restaurant, on aurait cru un tremblement de terre, nous sommes  les premiers à être arrivés sur les lieux du drame. La pauvre dame qui venait des hauts de Collonges et se dirigeait en direction de la douane de Croix-de-Rozon a été projetée du siège conducteur aux sièges arrières, la voiture totalement explosée, elle paraissait endormie, morte sur le coup.  Imaginez ! Le train, un TER qui arrive à 110 km heures et transportant 272 voyageurs fonçant sur elle". Un client ajoute très peiné, la voix chavirant :" elle a dû la voir venir, Ô pour sûr,  elle a vu sa mort venir."

Tétanisée qu'elle était,  incapable de prendre une décision et pour cause, entre l'abaissement de la barrière et l'arrivée du train, il n'y a que 8-10 secondes. Tout le monde maintient que ce passage à niveau n'est pas adapté ni conforme, les barrières devraient être abaissées bien avant l'arrivée du train, au moins deux ou trois minutes avant.

Il y a encore autre chose qui chagrine et interpelle. Plusieurs personnes aussi bien hommes que femmes prétendent que si ç'avait été un homme, il aurait foncé dans les barrières pour échapper au danger, tandis que les femmes n'osent pas détruire un bien public; cette réserve qui s'explique par  une éducation de l'ordre et du respect plus grand de la propriété et qui aurait été un frein majeur. Alors vous comprendrez que chaque fois que vous passez le passage à niveau, la question vous taraude. Vraiment ! L'instinct de survie ne prendrait-il pas le pas ?  Conditionnement contre instinct de survie ? Un doute  qui tarabuste et qui exige l'urgence d'une vérification.
On finit par se dire qu'il faudrait confronter la théorie en fixant droit dans les yeux le monstre en acier. Ne pas être égaux devant un tel danger est déstabilisant, sous prétexte que les femmes sont éduquées pour le maintien, l'ordre, la chose bien rangée.

Alors voilà, on aurait comme une envie de se mettre un "pussy-hat" d'avoir une dizaine de ballons roses accrochés à la voiture et de foncer contre les deux barrières, deux secondes après qu'elles soient baissées et 6 secondes avant l'arrivée du train. Juste pour mesurer la théorie de la différence. Prendre son élan et à toute vitesse fracasser en un bruit extraordinaire les schémas accablants de la "femme qui n'ose pas".
Et expliquer ensuite au juge dans un procès Kafkaïen que ce n'est pas un acte gratuit dans la mouvance gidienne où Lafcadio dans les Caves du Vatican, précipite un vieil homme hors du train en marche. Non, dans ce cas précis, ce serait un exercice de la liberté pour mesurer la capacité immédiate du déconditionnement , mettre au défi le détachement au déterminisme. Il y aurait motif existentiel, agir par un acte volontaire qui n'a pas pour but de détruire, mais d'exploser l'idée conventionnelle que l'on se fait des femmes sur qui un train peut rouler tant elles ont le goût de l'ordre.
Tentation sublime, brèche dans le stéréotype social et dans une mécanique du monde. Devant un parterre médusé expliquer que c'est un pur acte de philosophie, une philosophie en mouvement, une philosophie rebelle qui au-delà des barrières explose les idées faites, un acte de liberté totale et en aucun cas gratuit.

C'est bien la thèse après enquête de  l'incident technique d'une voiture bloquée sur les rails et qui ne veut pas redémarrer qui a été retenue.

 

Paix à son âme.

 

Par  expérience, et après avoir vécu le tsunami en direct, ne pas regarder le danger incommensurable en face, il vous paralyse aussitôt, tout de suite analyser les chances de s'en sortir."Ne vous retournez pas, sinon vous serez transformés en statue de sel!" vaut pour le très grand danger qui entraîne une sidération qui fige sur place et nous transforme véritablement en statues. 

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Commentaires

Bonjour,
Si la voiture de cette malheureuse dame a calé, et qu'elle ne voulait pas redémarrer, je ne vois pas comment un homme, au volant, aurait pu foncer dans la barrière!
Dans ce genre de situation, il y a toujours des gens pour énoncer des propos sexistes.
Par contre j'ai une autre explication à cet arrêt de la voiture, chose qui m'est déjà arrivée, heureusement pas dans un passage à niveau, mais juste avant le rond point à la sortie de St Julien! Au bout de 5 minutes, il y avait une monstre queue et je m'apprêtais à téléphoner à un garagiste, quand au dernier essai, la voiture à redémarré! les voitures actuelles sont toutes connectées, et il est possible qu'un haccker, de l'extérieur, puisse faire marcher les essuies-glace ou arrêter le moteur d'une voiture. les experts ont-ils envisagé cette hypothèse?
Merci de le leur suggérer, si vous le pouvez ...
cordialement
martine GD

Écrit par : Martine Doll | 30/01/2017

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