20/11/2016

Le Smartphone est devenu un kit de survie

20981531288_44197ece25_z.jpgPlus d’une fois, j’ai entendu cette réflexion qui me paraît indécente : « Regardez les portables et les Smartphones que se paient les réfugiés ! Eux ! »- « Ils ont même des tablettes !"  Certains esprits chagrins sont indignés de les voir avec leur Smartphone à la main et qu'ils utilisent avec des cartes à prépaiement, les plus connues Lycamobile et Lebara. Les réfugiés sont devenus des nomades digitaux et pratiquent sans le vouloir  et sans l'avoir choisi un nomadisme digital qui semble fonctionner.

A Athènes, à l’Hôtel City Plaza, on pouvait voir dans le hall principal où le Wi-Fi se captait bien, de nombreuses personnes  sur leur portable, à pianoter ou parler via Whatsapp, Facetime ou autres outils de communication, écouter la radio ou de la musique, regarder un film. Des jeunes montraient aux plus vieux comment parler à leurs enfants via une application ad hoc. Le Smartphone est devenu un kit de survie.

nomade1587.jpgA Genève, sur la Plaine de Plainpalais, des dizaines de fils sont connectés par des mains inconnues aux bornes équipées de prises électriques  afin de recharger leurs appareils.
Quand on a perdu sa maison, tout laissé derrière, vu sa famille éparpillée dans toute l’Europe, perdu la trace de proches, on ne peut pas encore leur jalouser le fait d’être connectés, car c’est devenu essentiel voire vital, un outil existentiel  pour garder le contact dans cet éclatement généralisé des vies. Le GPS les sauve lorsqu'ils doivent marcher pendant des jours et s'égarer peut signifier la mort. Ils identifient partout où ils arrivent toutes les zones Wi-Fi de l’endroit où ils se trouvent et se les communiquent, heureusement que de nombreuses villes en Europe offrent l'accès gratuit au  Wi-Fi. Rien qu'à Genève, on dénombre 568 point d’accès répartis sur 78 sites. Accéder à l’information et pouvoir communiquer est devenu un enjeu non seulement démocratique mais tout simplement de survie. 
Pour ceux qui ne savent pas encore écrire la langue du pays dans lequel ils se trouvent, ils communiquent volontiers par le microphone Whatsapp et parlent plutôt qu’écrire ou d'autres les plus assidus, choisissent des applications qui leur apprennent la langue du pays d'accueil.

Toutes les applications qui leur permettent de téléphoner gratuitement leur sont connues. Et au lieu de reprocher cela aux réfugiés, le seul fil qui leur reste avec ce qui autrefois tenait lieu de famille, il faudrait s’assurer , bien au contraire, que chacun puisse rester en contact, leur permettre d’identifier comme à l’aéroport les bornes de recharges électriques pour ceux qui sont dans la rue. La communication est devenue un outil de survie dont l’absolue nécessité semble échapper à certains.

 

Aider plutôt les réfugiés à rester connectés pour qu’ils ne déconnectent pas complètement jusqu’à la folie.

 

Vous pouvez vous aussi découvrir les zones couvertes par le réseau à Genève:

http://www.ville-geneve.ch/fileadmin/public/Departement_1/Cartes_et_plans/points-acces-wifi-publics-ville-geneve.pdf

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Commentaires

Bonjour Djemâa très bon billet ! en effet on entend souvent ce genre de propos qui émanent le plus souvent de la part de gens qui sont à l'Ai et qui très souvent pour les plus râleurs utilisent ces remarques pour mieux attirer le regard sur eux
Dans le domaine rouspétances hommes et femmes sont à égalité!
La seule chose qu'on puisse regretter c'est le fait que ces réseaux sociaux permettent aux trafiquants et passeurs de drogues d'agir en toute quiétude puisque reliés entre eux grâce aux nombreux abonnés qui eux sans le savoir participent aussi à ce qui permet d'entretenir un mal tueur
Et que de nombreux abonnés continuent de fustiger les fumeurs qui eux n'ont jamais eut besoin de cacher et leur visage ni leurs véritables intentions
Ce qui prouve qu'en voyant le mal partout on fini par l'entretenir et ne plus rien voir et surtout ne plus savoir différencier le bien du mal
Très bonne journée

Écrit par : lovejoie | 21/11/2016

Bonjour Lovejoie, ce sont plutot des jeunes qui font ces remarques, à notre grand étonnement, ceux pour qui le Smartphone fait la personne.
Quant aux trafiquants et terroristes, la législation va devenir intraitable avec les revendeurs de cartes à prépaiement, en Allemagne dès le 1er janvier 2017.

Écrit par : Djemâa | 21/11/2016

@Djemâa merci de votre réponse mais si vous entendez par jeunes des plus 60 ans et 70 ans alors je suis encore dans la bonne moyenne
Vu mon âge et mon statut de fumeuse il est normal que je ne fraye que des gens de mon âge /rire
Les plus jeunes n'ayant d'humain que "le zombéifiage" qu'ils aiment tant cultiver
Quand aux pré paiements attendons pour voir car nul besoin d'être scolarisé pour arriver à ses fins surtout si elles ne sont pas à buts louables ou peu recommandables
On l'a vu avec les Kenyans et de nombreux autres quand les femmes seules pianotaient sur Internet en 2003
Et comme n0mbre d'anciens fumeurs c'est à dire tous ceux obligés de s'exiler de leurs seuls lieux de rencontres pour faire avancer les choses dans le bon sens ,je n'ai aucun matel ni autres gadgets virtuel excepté internet utilisé avec parcimonie pour conserver ma propre identité et pouvoir dormir sur mes deux oreilles l'âme sereine car non abonnée à des réseaux nommés anti-sociaux dés le début
Très belle fin de journée

Écrit par : lovejoie | 21/11/2016

Merci Djemâa,
Je suis content d'apprendre de ton billet que notre ville est généreuse avec ceux dont la vie pend souvent à un fil.

Il est facile de faire de grands discours mais c'est dans les petites choses qu'on peut vraiment faire que se voit la civilisation et l'humanisme d'un pays.

Écrit par : Ioan Tenner | 05/12/2016

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