31/08/2016

Et si le burkini pouvait sauver des vies

353717.jpgExcusez-moi de cette petite incursion entre deux écrits sur le chamanisme, mais une réflexion qui pourrait proposer un autre regard sur le problème du burkini dans lequel s'est noyée la France en se couvrant entièrement des pieds à la tête d'un épais ridicule.

Après avoir vécu en direct le tsunami alors que j'étais au Sri Lanka  à moins de 200 mètres de l'Océan indien, le 26 décembre 2004, je fus surprise mais surtout très touchée de constater par la suite  que parmi les morts on comptait beaucoup plus de femmes et de filles et pour cause.

La plupart ne savaient pas nager et n'avaient jamais appris. En effet, on observe que les femmes et les petites filles restent habillées et au bord de l'eau, sans doute par pudeur et parce qu'elles n'ont jamais appris, elles se rafraîchissent sans s'éloigner, mais aussi le maillot de bain tel que nous le connaissons est un produit d'importation étranger qui coûte  cher. Retournée après le tsunami développer des projets microcrédits,  j'avais insisté sur la construction d'une piscine à Tangalle, au Sud du pays. Menant mon enquête, j'avais interpellé de nombreuses personnes et de m'enquérir comment elles  expliquaient que les  statistiques montraient à l'évidence cette différence, en se dandinant, gênés, d'un pied à l'autre, les hommes me répondaient que c'est parce qu'elles se trouvaient être à la maison, encore tôt le matin,  entrain de préparer le repas et faire le ménage alors que les les hommes étaient déjà hors de la maison et qu'ils ont pu courir vers les hauteurs ou nager.  Il a été difficile de leur faire admettre que les femmes ne savaient pas nager et qu'il était devenu important, voire essentielle de permettre aux filles d'apprendre la natation;  la question séparation fille-garçon se posa, naturellement. Ils finissaient par acquiescer, la tête en bas en la secouant de façon désespérée.

Nous parlons là de bouddhistes, et comme dans toute l'Inde aussi, nous parlons de gens pudiques, en France, on les déshabillerait sur la plage entre deux policiers.

Si le burkini pouvait leur permettre d'apprendre à nager et de ne pas être les premières victimes d'un tsunami, une inégalité criante face au drame,  le fameux burkini tant décrié deviendrait l'habit qui leur permettrait de sauver leur peau. Apprendre à nager est une nécessité et devrait être obligatoire surtout lorsqu'on vit en bord de mer. 

Bon, je vous laisse à cette réflexion et retourne à mes steppes mongoles , bien à vous !

En attendant un peu de musique sur Itsi Bitsi Petit Bikini, quand le bikini débarquait sur les plages 


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Commentaires

C'est un peu limite et vous risquez de déchainer les trolls.
Mais c'est tellement vrai.
Je me suis réjouis de la politique de la commune de Vernier qui permet le burkini à la piscine du Lignon et donc à ces femmes de pratiquer cet art.
Mais faudra arrêter d'emmerder les gamins qui portent des slips sous leur maillots. Histoire d'être cohérent et de rester crédible.

Écrit par : Pierre Jenni | 31/08/2016

Votre perspective est très intéressante, car elle pose le problème de l'éducation des enfants et des filles en particulier.

Quels moyens financiers peut-on vouloir y mettre ? Souvent, dans les pays non-occidentaux, les parents doivent faire de gros efforts pour payer l'uniforme scolaire obligatoire.
Alors, le burkini dans tout ça ?

Il sera forcément bien plus cher qu'un costume de bain à l'occidentale, car sa fabrication va demander plus de temps et de savoir-faire. La quantité de tissu nécessaire est autrement plus importante !

Un burkini d'adulte coûte entre 80 et 200 euros, si je suis bien renseignée. Il se démocratisera certainement, même si son inventrice australienne a déposé des brevets.
On verra donc bientôt même des petites filles en combi sur la plage. Le progrès prend parfois des formes inattendues.
J'espère que le burkini mouillé à l'eau salée et peut-être infiltré de sable ne sera pas trop inconfortable, tout ça peut-être au soleil ?

En voyage, nous pouvons être confrontés à des réalités locales implacables. Impossible de venir donner notre point de vue ou imposer ceci ou cela. Par exemple la natation en petite tenue à de petits enfants.
Peut-être que les petites filles n'auront jamais les moyens d'avoir le burkini exigé par leur culture et qui leur permettrait d'apprendre à nager
En Ecosse et aux îles Shetland, j'ai vu des combinaisons pour enfants en néoprène dans les petits supermarchés de village, à un prix accessible. Pour les eaux froides de l'Atlantique, c'est probablement la seule solution, mais là, c'est pour tout le monde, les filles et les garçons.

Écrit par : Calendula | 31/08/2016

Un burkini coûte nettement plus cher qu'un bikini ordinaire. A moins de 60€, on n'en trouve pas. Heureusement, comme il n'y a pas grosse différence entre se baigner en burkini et se baigner habillée, les femmes hindoues pourront apprendre à nager couvertes de morceaux de sari...

Écrit par : Shiva | 31/08/2016

Elle est bien bonne: donc si on sait nager, on échappe à un tsunami?? On croit rêver à lire des inepties pareilles. Même Michael Phelps n'y résisterait pas, tant c'est violent. Faut vraiment inventer n'importe quoi pour sauver ce burkini et cacher la vérité de ce vêtement ostensible et débile. Faut réellement être maso pour aller se baigner tout habillé. Et en plus, tous les profs de natation vous diront qu'il plus difficile de nager habillé. Par ailleurs, en Inde, au Sri Lanka etc, les hommes ne savent pas plus nager que les femmes. S'il y a eu plus de femmes et de fillettes parmi les morts, c'est en effet parce qu'elles étaient en surnombre, et que certainement elles ont moins de forces pour tenter d'échapper à la violence inouïe d'un tsunami. Quant à la commune de Vernier, cette autorisation n'est qu'électorale, comme toujours.

Écrit par : Christian | 01/09/2016

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