23/06/2016

Destins en mains

13346488_1315243181843435_1247326174700220600_n.jpgDes mains qui façonnent, pétrissent, cousent, découpent, trient, sèment, sarclent. Des mains qui font et qui défont et au bout...la Vie.
Sur les Quais Wilson du 1er au 31 juillet, un hommage aux femmes et aux hommes qui, à travers le monde, travaillent de leurs mains pour améliorer leurs conditions de vie. Des portraits magnifiques de ces faiseurs de destins y seront exposés, composés de  femmes et d'hommes de 12 pays répartis sur les trois continents : Afrique-Asie-Amérique latine.

Un projet présenté par Helvetas, une exposition en forme de carte blanche donnée à Jean-Pierre Grandjean, voyageur inlassable, épousant  les traces d'un Nicolas Bouvier et d'une Ella Maillart  et  dont l'objectif scrute intensément la force de vie. Pas de misérabilisme à travers ses images mais des instants fugitifs volés à l'instant présent en quête d' éternité ; une vie tissée d'espoir qui détricote le temps sous parfois un ciel de plomb.

J'ai croisé rapidement Jean-Pierre Grandjean lors d'un vernissage, ce qui m'a étonnée est sa capacité non seulement d'observer et immortaliser des instants, mais tandis qu'on parle au photographe, il tend l'oreille, absorbe les mots, recueille les phrases. Ses photos sont une autre façon d'écouter le murmure du monde. Une magie qui se lit d'un portrait à l'autre, une tentative de décrypter dans le chaos du monde, le bruit ténu des mains qui s'activent pour se tricoter une existence digne et décente.

 

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1 ère photo : Les mains de Zeneb Wondemagegn Takele, 32 ans, agricultrice, Wonchet,
Éthiopie, 22 juin 2015
Crédits photos : Jean-Pierre Grandjean

www.grandjean-photo.com
https://www.facebook.com/grandjean.destins.en.mains
https://www.helvetas.ch/fr/news___services/destins/

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21/06/2016

Voile noir sur Bruxelles

IMG_0427-2.JPGBruxelles - A l’aéroport de Bruxelles-Zaventem , le temps retient son souffle après l’attentat, des parties sont encore interdites d’accès au public pour cause de travaux, une odeur étrange et surannée faite d’un mélange de fer et de feu plane dans l’air.

Visages fermés dans le métro, soldats déployés dans toutes les zones sensibles, un silence épais où chacun murmure et observe un sac ouvert, un ordinateur oublié quelques secondes sur un siège et tout de suite, la tension est palpable. Des sirènes dans toute la ville vrillent les oreilles. Des gyrophares soudain s'allument sur le toit de plusieurs voitures banalisées qui filent à toute vitesse vers un même endroit désigné par quelqu'un. Une frénésie tentaculaire touche la ville, chacun le ressent de façon sournoise et ceci crée une profonde  sensation d'être constamment sur le  qui-vive.  

Sur la ligne de métro de Maelbeek entre les stations Arts-Loi et Schumann, des jeunes filles sont assises à côté de moi, âgées entre 15 et 18 ans à peine, tout de noir vêtues, portant un voile intégral, une d’entre elles exhibe un masque médical, est-ce pour remplacer le niqab qui couvre le visage en forme de provocation ? Elles parlent fort, des garçons les accompagnent dont certains portent la barbe,  et l’une d’elles se fait insulter par un des jeunes de son groupe; petit, sec et nerveux, d'une nervosité quasi maladive et  qui ne cesse de s'agiter sur son siège,  le visage contracté,  dévoré de tics et de haine: »T’es conne !Tu comprends rien ! Mais t’es ......conne ! Euh! Euh! t’es vraiment....conne ! Il cherche d'autres mots, en vain, son vocabulaire est  très limité.  La fille ne bronche pas, ni  les autres du reste . Les insultes glissent sur le voile. La fille encaisse, en un silence assourdissant.

 

IMG_0424.JPGJ’observe ce groupe, assurément tous nés en Belgique, enfants de la troisième génération sans doute, ce sont bien des belges malgré les apparences, ils sont fiers et sûrs d’eux tout en soulignant leur différence qu'ils affichent pareille à un étendard. Les gens les observent et dans leur regard de l’incrédulité. Comment est-ce possible ?

Une volonté de non-intégration affichée, un parler qui montre le vide abyssal de têtes vides remplies à la hâte. Force est de constater, durant des années, patiemment, systématiquement,   un travail de sape, des prédicateurs dangereux aux prêches radicales, une lente dérive de jeunes des quartiers pauvres laissés en proie, livrés au wahhabisme et au salafisme et qui s’étend dorénavant sous nos yeux dans tout son éclat et dans tout son cynisme.

Le groupe sort du métro, nous sommes en plein centre de Bruxelles, sur une ligne très fréquentée. On reste interpellé . Mais que s’est-il passé ? Combien d'entre eux  deviendront de la chair à canon en Syrie et en Europe  et qui feront autant de victimes ? A qui profite le crime ? A qui profite le crime.....qui manipule......qui tire les ficelles.......qui orchestre.......qui profite de cette déstabilisation de l'Europe....qui sauvera l'Europe  ?