28/04/2016

Enfants de pauvres : enfants volés, enfants exploités, enfants oubliés

NMA-Child-Migrants-girls-scrubbing-havilah_web.jpgParfois il ne faut pas avoir peur des mots, les enfants pauvres anglais placés dans des institutions entre 1920 et 1967 ont bien été déportés au Canada, en Australie, ou en Afrique du Sud. 130'000 bambins pas plus hauts que trois pommes pour la plupart , filles et garçons placés dans des institutions publiques, surtout  religieuses, où ils furent victimes de mauvais traitements, accompagnés d'abus sexuels. Un scandale caché durant des années, il aura fallu attendre 2010 pour que le Royaume Uni accepte de lever le voile sur une période sombre de son histoire et s'en excuse. On trompait les parents pauvres en leur faisant croire que leurs enfants avaient été placés dans des familles riches. Les mères célibataires se voyaient retirer leur enfant pour  le faire rejoindre, par la suite,  des programmes de "migrant children" en vue de peupler de souche blanche ces différents pays.

Que dire des enfants autrefois  placés dans des fermes en Suisse, destins tragiques d'enfant exploités et maltraités comme ailleurs. Souvenez-vous du film "Kinder der Landstrasse", (Les enfants de la Grand-Route, - nom de l'oeuvre d'entraide créée par Pro Juventute et soutenue par les autorités) témoigne de ces  enfants qui par centaines et Roms principalement ont été placés dans des fermes et des institutions par la Pro Juventute entre 1926 et 1973, en vue de les "sédentariser". Episode peu glorieux de cette institution qui l'a reconnu du reste et le reconnaître véritablement aurait dû entraîner la disparition du ledit organisme.

La Suisse a commencé un travail de mémoire douloureux et de réparation et l'a bien compris; pas de justice sans réparation. On ne peut que féliciter la volonté de faire toute la lumière sur ce sombre passé et en assumer les erreurs. Les victimes ont effectivement besoin de réparation pour parvenir à tourner cette  page sordide de l'histoire suisse.

 A l'heure où on tente de réparer, de reconnaître, encore sous d'autres formes, d'autres enfants,  ailleurs,  continuent d'être victimes du trafic humain. Une amie spécialiste des droits de l'enfant travaillant à New-York, me disait comment l'adoption représentait un véritable et odieux trafic humain, pour mémoire l'Arche de Noé, -  et comment il fallait expliquer aux grandes stars qui adoptent des enfants et se pavanent devant les caméras  que souvent et malheureusement les enfants qu'ils ont adoptés avaient des parents, mais que ces parents-là était pauvres et n'auraient jamais souhaité l'adoption de leurs enfants quand bien même les parents adoptifs étaient riches et qu'il aurait été préférable qu'avec leur argent ils soutiennent plutôt les parents, moins intéressant pour l'effet paillettes.  Que dire de cette star récemment qui devant les caméras embarque un enfant syrien sous les yeux de son frère qu'elle laisse derrière, au milieu du chaos.

Autant d'exemples qui laissent songeurs. Des institutions qui sous prétexte de charité participent à un véritable trafic d'enfants, et de rappeler que ce sont aussi des institutions "charitables et bienveillantes" qui ont permis de déporter ces milliers d'orphelins et d'enfants pauvres vers l'Australie. 

 Mais encore, on peut s'interroger sur la protection des enfants pauvres et orphelins. Le cadre légal ne les protège pas suffisamment. Le rôle des institutions de "bienfaisance" qui souvent participent à une forme de trafic d'enfants devraient être soumises à un contrôle drastique.

Et se souvenir que l'enfant orphelin ou et l'enfant pauvre ont droit à notre protection la plus absolue et à notre respect le plus entier, il s'agit de les aimer et de les soutenir, pas de les exploiter. Aujourd'hui, dans de nombreux pays comme en Inde et en Indonésie, on opte d'aider les familles précaires  à élever leurs enfants plutôt que de les leur arracher pour les "exporter" en Europe. 

Saviez-vous que les pauvres eux aussi aimaient leurs enfants ?

Liens suisses

Enfants placés les dossiers de la honte

http://www.rts.ch/emissions/temps-present/justice-crimina...

Enfants placés : La Suisse doit-elle payer

http://www.infrarouge.ch/ir/2073-soiree-speciale-%ABenfan...

Coup de projecteur : scandale d'enfants placés.

http://www.letemps.ch/suisse/2014/10/29/coup-projecteur-bbc-scandale-enfants-places

 

SERIE DE PHOTOS LES ENFANTS DE GRANDE-BRETAGNE  OUBLIES  EN AUSTRALIE

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Le revenu inconditionnel de base, une vision humaniste ou comment évoluer vers un meilleur

ConstruireLeFutur.jpg4 heures du matin, il y a des sujets pour lesquels, il faut se lever tôt ; pour accueillir la promesse de l’aube d’une humanité en devenir.

Au-delà du sujet politique, il s’agit d’envisager le thème sous l’angle philosophique, sous l’angle d’une société en devenir dans la plus pure tradition des grands courants de pensée qui ont contribué à l’essor de notre civilisation. 

Revenue récemment d’un voyage au Canada, je m’étonnai de voir un nombre considérable de gens couchés par terre soit jeunes, vieux, étrangers ou pas . Sous des couvertures, sous des cartons, une valise en guise de coussin et de s’étonner. Etre capable de s’étonner que dans des sociétés dites civilisées, on trouve encore des gens qui n’ont plus rien ; jetés dehors dans la rue comme des chiens, bien qu’on n’admette plus les chiens errants. Constater qu’une économie dite libérale ne permet pas encore à des gens de vivre en toute décence. S’étonner qu’au XXIe siècle, à l’heure de toutes les avancées technologiques dont on se gausse tant, de missions sur Mars, de performance numérique, de transports toujours plus rapides, des enfants, chaque jour meurent encore de faim.

Cette capacité d’étonnement démontre que la misère de l’autre n’est pas dans le cours naturel des choses, comme pour les cellules d’un corps, une cellule malade finit par contaminer les saines et nous évoluons tous dans ce même corps géant que représente cette planète sur laquelle nous nous trouvons. Trop de misère finit par influencer l'environnement bien portant et impacter sur lui. Force est de constater que nous formons un tout, dans une interactivité incontestable, nous sommes aussi interdépendants, on l’ a constaté avec les évènements, ce qui se passe dans le monde nous concerne, nous en ressentons les effets et parfois, voire plus souvent en payons les conséquences qu’on le veuille ou pas.

Partir du postulat que tous doivent et peuvent bénéficier d’un revenu minimum qui permette un minimum de décence n’est pas un luxe, mais une nécessité. Comment continuer à croire de façon si naïve que lorsqu’une partie de la société vit en-dessous du seuil de pauvreté que nous allons continuer à évoluer. Comment continuer à croire que des personnes qui ne trouvent pas de travail parce qu’elles ne remplissent pas les critères ou sont objets de discrimination que leur exclusion ne finira pas par pencher dans la balance. Comment continuer à croire qu’il y a des côtés les plus faibles et de l’autre les plus forts qui s’imaginent dans leur forteresse protégés de toutes parts, à juger de l’échec des autres et à condamner et se croire à l'abri. 

De Erasme à Spinoza et de Spinoza à Voltaire, les grands philosophes nous ont tracé les voies d’un humanisme ; ils nous ont préparé à la lumière contre l’obscurité.

Comme une évidence, comme une intuition, une société en évolution intègre de façon durable et juste tous ses sujets y compris les plus fragiles.

Le revenu de base inconditionnel pratiqué dans chaque pays, -  pratiqué à long terme partout- ,  offrira à chacun de vivre avec un minimum auquel ils n’accédera jamais sans aide et réduira le nombre de personnes qui fuient pour chercher de meilleures conditions de vie ailleurs. Un revenu de base minimum qui permettra de mieux participer à une dynamique de société qui ne laisse pas des gens à la traîne mais les intègre afin qu’à leur tour, elles amènent leur pierre à l’édifice, celui d’une société en devenir ; d’une société en progression.

Nous sommes les bâtisseurs d’un futur qui ne peut tendre que vers plus d’égalité et vers un meilleur partage des ressources. Un futur qui voit la disparition du travail au profit des nouvelles technologies, il est temps de penser aux alternatives et de préparer de nouveaux modèles économiques, changer de paradigme;  les nôtres s'essoufflent et ne résistent plus au changement. Nous sommes arrivés à un tournant qui exige des adaptations, mieux vaut les anticiper et s'y préparer que les subir. 

Une vision humaniste, sans doute, la seule vision vers un devenir, la seule vision vers une société plus juste. 

 

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26/04/2016

Erdogan, à dos d'âne

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Cahin-caha sur le dos de l'âne
La Turquie d'Erdogan
Monte la garde
Jusqu'à Genève

Place des Nations
Lieu de dénonciation
L'art trublion

Dérange le vibrion
Qui attelé à sa monture

Déverse sa vomissure
Et croit prendre en otage
L'art en gage
L'art en-gagé

En mémoire de Berkin Elvan
Adolescent innocent
Le cliché bravant
La menace bruyante
Censure du Levant
A Demir Sönmez
Point impressionné
Libre expression
Oblige !

 

A dos d'âne
Erdogan enfourche
Sa triste monture
Et s'en retourne
Devenu l`âne
Estourbir la liberté
Museler la fierté
Des artistes exacerbés

 

Mais pas à Genève ! Je vous en prie ! Mais tiens où sont donc passés les "Réverbères de la mémoire"  de l'artiste Melik Ohanian :  dans les oubliettes du diktat turc ?


Djemâa Chraïti, blogueuse,  soutient l'artiste engagé Demir Sönmez

 

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24/04/2016

De l'esclavage chez les Amérindiens

Natives-2-KiustaPotlatch.jpgVictoria – Vancouver - Plongée dans un recueil d’histoires mythiques du peuple Haïda, « The Raven Steals the light » (Le Corbeau qui a volé la lumière) , ouvrage préfacé par Claude Lévi-Strauss ; une référence fréquente aux esclaves m’amène à investiguer pour découvrir une forme d’esclavage que l’on retrouve en Afrique et dans les pays arabes, à savoir une position spécifique de certains membres de la tribu ou du clan, dans l’organisation du travail du groupe familial. L’esclavagisme lignager.

Une conception qui ne s’applique qu’en lien avec la distribution des tâches selon s’il s’agit d’un jeune, d’une femme ou d’un quelconque autre membre de la famille, soumission d’un jeune frère à son aîné. L’esclavage permettait de se consacrer à des activités plus prestigieuses comme chasser l’animal pour sa fourrure qui se négociait très cher tandis que d’autres se consacraient à des taches importantes mais de moindre portée. l'esclavage non lignager pouvait être la capture d’un ennemi transformé en esclave. Corvée d’eau et de bois, réparation et construction de maison, préparation du poisson et du gibier. Les nobles tâches et les tâches ingrates formaient d’une part des « nobles » appartenant à la caste supérieure , et dont la plus noble des missions  consistait à personnifier les ancêtres et de ce fait devenaient les personnes les plus importantes de la tribu, leur dimension spirituelle au sein de la communauté les conduit au sommet du groupe. La répartition des rôles et l’importance du statut et selon l’animal mythique qu’on représente place l’individu et détermine sa position. 

Concernant les tribus amérindiennes vivant dans les forêts comme les Haïdas, la répartition des tâches est une organisation économique en lien direct avec l’environnement. Présenté pour la première fois en 1935 par une ethnologue russe I.P Averkieva, par une thèse «  L’esclavage patriarcal chez les Indiens d’Amérique du Nord », on découvre une organisation sociale autour du travail créant des hiérarchies, inhérentes à la distribution des tâches.

Des potlachs, distribution cérémonielle de richesse selon la définition la plus courante pouvaient être organisés pour récupérer un parent fait prisonnier et esclave. La valeur du cuivre pouvait se chiffrer en nombre d’esclaves chez les Tlingits . Echanges de canots, couvertures tissées, masques, coffres pliés, chapeaux cérémoniels, armures, bâtons de parole, huile d’Eulachon, fourrures. De grandes pratiques cérémonielles permettaient de récupérer des personnes, mais aussi d’effacer l’humiliation. L’esclavage de guerre était en général de courte durée, car les membres d’un clan donné faisaient tout pour racheter rapidement les leurs, pris en otages.

A la notion d’esclaves venaient parfois s’ajouter la notion d’ "étrangers » qui induisaient des attitudes discriminatoires lorsque l’esclave venait carrément d’une autre région, exemple des indiens Salish (Flatheads) du Sud faits prisonniers sur la Côte Nord-Ouest.

 Ce qui paraît intéressant dans cette forme d’esclavagisme est la fluidité d’un passage à l’autre, « libre »-« esclave » ce qui induit que les rapports domination/subordination ne sont jamais figés car toujours en mouvement .

Une organisation sociale passionnante qui montre les prémisses du rapport de production auquel s’attache la notion d’interdépendance. Il n’y a pas d’organisation sociale sans hiérarchisation des liens. L’esclavagisme existe depuis la nuit des temps mais prend des significations diverses au fil du temps. Ce qui est certain c’est que toute organisation sociale présuppose la distribution des rôles qui peut engendrer un rapport de supériorité, dominant-dominé.

 

10:19 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

02/04/2016

RÊVERIES CHAMANES

Unknown-1.jpegC’est le titre de mon prochain recueil en cours d’impression sur du papier de fabrication artisanale réalisé à Pérouges, près de Lyon, fait de lin et de chanvre, un grimoire dont les feuilles cousues main et retenues par un fil, accueilleront aussi des illustrations réalisées par une artiste genevoise, Gloria Antezana. Des rêveries corrigées par un correcteur corse qui signe ses lettres par : "Dans l’espoir d’une réponse proche et alliée, je vous demande de croire, Madame, en l’assurance de ma parfaite estime et de mon réel dévouement. « 

50 exemplaires qui seront offerts de main à main; le résultat d'un  travail artisanal lent et patient où même les mots ont été ciselés patiemment durant des mois. 

Mais plus que cela, ces « Rêveries chamanes » m’invitent déjà en Mongolie auprès de quelques unes des 18 tribus chamanes, cet été. J’imagine le son du tambour résonner sec, une psalmodie qui traverse l’air , à coups réguliers. Imaginer, ce souffle musical qui traverse l’air comme notre propre souffle, comme le souffle de la vie. Un souffle géant qui traverse les montagnes, arrose les plaines, caresse les pierres, glisse sur les feuilles des arbres, porte les ailes géantes des aigles. Un souffle immense qui nous rappelle que nous sommes tous attachés sans distinction à cette inspiration géante qui nous lie, sans distinction , ni de couleurs, ni de races, sans frontières, sans frein, libre et universelle.

A devenir à notre tour, ce souffle, on se souviendra que tout est vivant, que tout respire, que le courant spirituel le plus fort c’est notre souffle de vie, c’est ce que nous avons tous en commun, animaux, humains tous les humains, végétaux, minéraux. Ce souffle qui nous porte, nous voilà infinis et sans entraves.

Tout est vivant, même nos rêves immenses d’un souffle unanime.

Un courant spirituel qui balayera les religions mortifères et nous amènera à nous souvenir que nous sommes les enfants du vivant, et que nous respecterons dès lors tout ce qui est vivant ; les forêts, les montagnes, les pierres, les rivières, les fleuves, les mers, l’espace, les animaux, les enfants, les femmes, les hommes.

Nous nous tiendrons par la main et en écoutant le son du tambour et la voix puissante d’un chamane, nous inspirerons profondément la vie insufflée qui nous maintient vivants, si vivants et si semblables  !

 

Une respiration immense gonfle nos poitrines

Un souffle plus régulier que le son du tambour

Une brise qui caresse nos visages

La musique vibrante

Berce nos âmes

Fermez les yeux !

Tenons-nous par la main

Inspirons profondément

La vie est là ,

Sentez-la !

Si profonde et si puissante

Nous sommes la vie.

 


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