19/01/2016

« Si je ne la tue pas, j’en fais quoi ? »

bath21-600x450.jpgJe l’ai plongée dans la baignoire, nue, je lui ai tendu une  lame tranchante, et là sous mes yeux, elle s’est tailladée les veines et je me dis avoir bien fait, c’était la seule chose à faire ! La suite de sa vie n’aurait eu aucun sens, lorsqu’on tombe si bas, on ne se relève plus, parfois mieux vaut partir, mettre fin à un destin insurmontable, si tourmenté.

Camilla est là, le visage enfin libéré de toute crispation, ses traits si fins sont détendus pour la première fois depuis des années. Ses bras allongés le long de son corps, elle fait penser à ces princesses qui dans les contes se tuent   par amour. Ses cheveux encadrent son visage, déjà translucide, quelques boucles légères paraissent, elles bien vivantes, et, dansent autour de sa tête, la folle farandole d’une danse funèbre.

Oui, il n’y avait aucun choix, c’était la seule issue ! J’en suis persuadée.

Elle s'appelait Camilla, prostituée cubaine, clandestine à Melbourne en Australie.

 Et alors quoi ? Que voulez-vous que je fasse, je la sors de la baignoire, encore dégoulinante d’eau, je lui arrache la lame des mains, je la rhabille et puis ? Quoi ?

Telle fut ma réponse à une maison d’édition de la place genevoise qui aurait éventuellement publié mon roman        « L’Irradié «  si entre autres observations, je n’avais pas tué mon héroïne principale.

 

 

 

 

 

 

 

 

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