21/11/2015

Paris - Des vies plus chères que d’autres ou l’indifférence qui tue  

images.jpegUne Algérienne me disait ce matin avec une moue d'agacement sur les lèvres: combien d’Algériens ont été tués par les islamistes, combien de bombes jetées dans les cafés, dans les salles de concert, combien de corps déchiquetés sur les trottoirs, combien de familles entières décimées devant l’indifférence la plus totale et de la France et des autres  depuis plus de vingt ans ? On n’ose plus avancer de chiffres bien qu’aucune statistique ne soit vraiment tenue (1017 morts, 1172 blessés?)  en Europe,  on compte chaque mort comme mille vies d’Arabes.

 En Syrie, idem, des milliers de Syriens tués par DAECH depuis plus de trois ans, ici, on « regrette » cette guerre et on hésite pour savoir combien de réfugiés syriens, il nous faudra accepter. Mais les financements des rebelles islamistes ont été assurés avec plus de volonté et moins d'hésitation  et quant aux morts comme dirait Machiavel……….

 Il se pourrait fort que la France paie aujourd’hui pour son double langage, pour son engagement cynique auprès des forces rebelles en vue de déboulonner Al-Assad, avec l’appui de ses grands copains Saoudiens et Qataris qui financent à tour de bras les rebelles, tandis que les Américains les soutient ouvertement. Il aura fallu 130 morts français dont parmi eux des musulmans pour réveiller une conscience française sur l’horreur de DAECH, jusqu’à présent on composait volontiers avec en Syrie en restant sourd aux cris d’un peuple massacré, mutilé, détruit, contraint à l’exil  !

 La France se réveille car enfin les terroristes qu’elle a appuyés sont arrivés jusqu’à ses portes et menacent directement le pays et ses citoyens. Un effet boomerang prévisible. Des terroristes dont certains sont nés des propres entrailles de cette France qui a su avec superbe entretenir les rapports de colons à colonisés auprès d’une frange de la population qui durant trois voire quatre générations plus tard sont toujours les marginaux d’un pays qui n’a pas encore su revisiter le rôle qu’elle a tenu en Algérie. Une amnésie volontaire et criminelle.

 Dans quelle mesure la France n’est-elle pas responsable de ce qu’elle a semé ? Chacune des victimes des derniers attentats, chacun des proches de ces victimes peut se retourner vers son gouvernement et lui  demander à quel jeu il joue et il a joué et exiger réparations.

La France s’est engagée de manière irréversible dans une spirale infernale à force de manipulation, d’indifférence, et de mépris.

 Il est temps que les citoyens français interrogent leur gouvernement, il est en grande partie responsable de ce qui se passe aujourd’hui. Son indifférence et son implication traîtresse ont nourri la bête devenue immonde, omniprésente et surtout incontrôlable.

 Préparez-vous au pire ! Je le crains, ce n'est que le début.

 

Excusez-moi de ne n'avoir pas fait partie de ces "intellectuels" triés sur le tas qui parlent  d'humanité, de fraternité, du vivre ensemble, il y a d'autres vérités moins agréables à dire, une nécessité de dessillement urgent des yeux. 

 Paix à la mémoire de tous les disparus du 13 novembre de Paris, d'Algérie,  de Syrie, du Mali, de la Tunisie, sans oublier les Kurdes  et de tous ceux à venir,  victimes de la folie de mercenaires financés entre autres par les forces occidentales dont les intérêts passent outre le respect des vies humaines. 

 

Billet posté sur le facebook de François Hollande  et censuré 

https://www.facebook.com/francoishollande.fr/?fref=ts

23:09 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

11/11/2015

ConSéquences

image3_consequences.jpgSans un mot, un humour qui transpire plus noir que l'encre et invite à un éclat de rire au milieu d'une veillée funèbre sans que la pudeur en soit véritablement agressée . Un défi que relèvent avec brio Mathieu Van Berchem et Eric Druel dans un spectacle de clown de la compagnie Paraconteurs.

Deux hommes en costard qui passeraient inaperçus dans la vie tant ils sont dans la norme, un petit, à côté d'un grand qui miment la vie avec ce qu'elle a de plus banal et de plus affligeant et pourtant au fond de la tristesse, il peut encore subsister cet éclat de rire solaire déclenché par la mise en exergue d'un détail qui prouve qu'on peut rire de tout même du pire. 

Mathieu Van Berchem vient jouer dans sa ville, l'ancien journaliste, historien de formation, qui vit en grande partie à Paris, a lâché le journalisme pour s'adonner à sa passion, faire rire et devenir ce clown subtil qui d'une baguette invisible mène le spectateur à regarder dans un silence absolu ce qui ne peut plus lui échapper; une dérision espiègle au milieu du chaos existentiel. 

Un spectacle à ne pas manquer  

ConSéquences

de et avec 

Mathieu van Berchem et Eric Druel

Compagnie Les Paraconteurs

 

samedi 14 novembre à 20h

et dimanche 15 novembre à 19h

 10 avenue Industrielle, 1227 Carouge

 

 

Les Paraconteurs, deux clowns infiltrés dans la société moderne.

 

Deux hommes en costard. Deux VRP lambda. A première vue, ils ont l’air parfaitement adaptés. L'un est grand, l'autre petit. Rien ne les distingue du commun des mortels. Pourtant, confrontés à des situations délicates de la vie en société -­ une soirée en discothèque, une cérémonie funèbre, une séance de psy -­ ils vont se révéler d'une inadaptation déso(pi)lante.

 

« Le spectacle distille un humour noir et absurde, sans une seule parole mais plein de trouvailles, de facéties, avec une démesure parfaitement retenue.»  Télérama

 

« Une évocation de la mort qui réussit à être hilarante sans provocation. »  La Tribune de Genève

 

 

Page du spectacle 

http://www.alchimic.ch/index.php?id=61...

 Réservations

Plein tarif : 25.-     Tarif réduit : 18.-     Moins de 20 ans : 12.-

 par téléphone : 022 301 68 38

en ligne : http://www.alchimic.ch/index.php?id=25&spect=997...

 

 

 

Flyer.jpg

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04/11/2015

La radio? Mais c'est très simple ! (2)

3447786819.3.jpgUn immense bureau plongé dans une vive lumière et qui crée un contre-jour tel qu'il ne perçoit que vaguement le visage du Kommandant Herr Von Wekker*, mais d'un simple coup d'oeil, il reconnaît la radio qu'il a réparée dans l'atelier. Le gradé, d'un air satisfait tapote sur le bois de son appareil, et le félicite en un excellent français tout en roulant les"r".
 
"Jeune homme! Vous m'avez beaucoup aidé, en réparant ma radio, maintenant j'aimerai aussi, à mon tour vous aider! Que puis-je faire pour vous?  Le jeune homme hésite, il a fini par apercevoir caché par la pénombre, un visage avenant et jovial, il se lance, jouant sa vie sur les mots qu'il allait dire, une roulette russe implacable: vivre ou mourir. 
- Je suis déserteur et du coup clandestin à Paris, j'aurais dû partir en Allemagne.
 
Grand silence, le sourire disparaît du visage de l'Allemand, sans mot dire, d'un air grave, il ouvre un tiroir, le coeur du jeune ingénieur résonne dans ses oreilles, il l'imagine sortir un revolver pour le menacer en attendant que des soldats viennent le chercher.
 
Lentement, le commandant extrait une 20aine de feuillets, ce sont des Ausweis, des laissez-passer dont il signe le premier et lui tend le paquet en lui précisant qu'il saura se débrouiller avec le reste, c'est-à-dire imiter parfaitement sa signature. C'est ainsi que le jeune traversa la guerre et sa clandestinité, en tendant aux soldats des Ausweis à la signature de Herr Kommandant Von Wekker imitée par lui, et c'est en bruit de bottes sec et synchronisé à la lecture du nom du gradé qu'on le laissait poursuivre son chemin.
Herr Von Wekker qui aimait tant écouter la musique sur sa radio et qui a avait une maîtresse française,  féru d'art et de vin français finira par mourir sur le front russe.
 
 * Nom fictif
 
Depuis Monsieur Strauss est devenu un grand artiste peintre,  et si vous voulez entendre cette histoire racontée par l'ancien ingénieur, vous pouvez assister à sa prochaine exposition dans son atelier lors des 
 
JOURNEES PORTES OUVERTES DU SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015
de 11h à 20h non stop
LES LAQUES DE JACQUES STRAUSS
1163 route de Bonnaz, 74250 Fillinges

 

 

 

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03/11/2015

La radio?mais c'est très simple! (1)

image.jpgWladimir Sorokine persuadait en encourageant son étudiant, le jeune Strauss, alors ingénieur en formation, "la radio? mais c'est très simple! ", si facile que la TSF (télégraphie sans fil) changera sa vie.
 
Il a alors 20 ans, nous sommes en 1942, l'année de la rafle du Vélodrome d'Hiver, c'est-à-dire en pleine guerre, il est appelé à partir en Allemagne pour un STO (service du travail obligatoire) qui l'aurait immédiatement conduit dans un camp de concentration avec son nom juif. 
Le jour du départ, il est à la gare avec un ami appelé comme lui, tous deux placent leur valise dans les filets du train, au-dessus des banquettes en bois. Ils retournent sur le quai rejoindre leurs amies, s'asseyent, une petite faim leur rappelle le pic nic  de Strauss. Adorablement emballé dans une serviette à carreaux blancs et rouges, à l'intérieur quelques délices mitonnés par sa grand-mère, un parfum subtil se dégage de ce trésor qui chatouille délicieusement les narines. Tout à leur joie, les deux jeunes se demandent finalement ce qu'ils vont faire en Allemagne, alors qu'il fait si bon vivre. Leur décision est prise, ils décident de laisser le train filer avec leurs bagages condamnés aussitôt à la clandestinité.
Strauss trouve un emploi de réparateur de radio, dans l'arrière-boutique d'un magasin dont le mari de la gérante est prisonnier en Allemagne. 
Elle lui donne les clés de l'atelier, le jeune homme se glisse sans bruit dès minuit et travaille jusqu'à l'aube à dépanner les postes de radio des clients du magasin. Pour communiquer, ils se glissent des billets. Par ailleurs, l'ingénieur radio se faufile dans les sous-sols d'une villa pour réparer les récepteurs-émetteurs des résistants et poser sur les radios des  anti-brouilleurs, des cadres Goniot leur permettant d'écouter Radio-Londres.
Durant deux ans, il se tapit et ne sort que la nuit en rasant les murs. Il étouffe dans cet univers confiné à échapper au contrôle de l'armée allemande et de la milice française.
En se rendant au travail, la gérante  du magasin lui a gribouillé un mot d'une écriture maladroite:"un client très content de la réparation de sa radio aimerait te rencontrer et te remercier, voici son nom: "Herr Kommandant Von Wekker, à la kommandatur". Le jeune reste interloqué à la lecture du nom. Une folie ! Il décide de se rendre en personne au QG allemand et de se présenter , il n'en peut plus de se cacher jour et nuit.
Il se tient debout devant les soldats qui font le guet à l'entrée de la commandature. Il prononce le sésame : "Herr Kommandant Von Wekker",  les hommes se raidissent comme des piquets en claquant leurs bottes et désignent l'étage et le bureau du gradé. Notre jeune monte lentement les escaliers comme pour se rendre à l'échafaud!
 
(suite à venir) 

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