09/09/2015

Pas touche à la Mapuche

Unknown.jpegDans un des  billets précédents, je mentionnai la violence à l'égard du "corps des femmes, terrain de guerre".

Autant d’exemples à frémir sur toute la surface du globe. Arrêt sur images, il me paraissait important de montrer le rôle des femmes Mapuches, souvent guides de leur communauté, guérisseuses et  conseillères. Leur position est centrale dans l'organisation sociétale, ce sont elles qui indiquent les rituels et les moments-clés de l'année, tous les regards se tournent vers ces chamanes étroitement connectées à la nature dont elles révèlent les secrets et connaissent les mystères. L'organisation matriarcale de ce peuple de plu d'un million de personnes  est un défi au cœur d'une culture machiste comme celle qui existe au Chili et de surcroît proches de la nature, les Mapuches sont des écologistes avant l'heure soucieux de la protection de leur environnement ; garants du respect de la nature.

Dans un contexte de discrimination à l'encontre des Mapuches, la violence policière est monnaie courante. Mise à sac des maisons, arrestations arbitraires avec charges montées de toutes pièces. Harcèlement psychologique et physique. Les femmes compte tenu de leur position privilégiée au sein de leur groupe sont les premières cibles visées.

Elles qui tiennent leurs cheveux pour sacrés, se les voient arrachés puis enroulés autour du cou et avec lesquels elles sont étouffées, une torture policière parmi d'autres. Jouant avec leur pudeur on leur fracasse le bassin à coups de matraque, ou les parties intimes rouées de coups.  Les agresseurs  comptent sur leur grande pudeur pour s'assurer qu'elles ne diront rien.

Ailleurs, cette pudeur de femmes victimes de violences contraintes à se taire! Une chape de plomb lourde et épaisse, posée comme un linceul sur une vie, construite de peur et de honte, celle d'être stigmatisées par une société qui juge du corps d'une femme comme d'un bien qui serait dévalorisé et sur lequel se tisse l’obscurantisme, le pouvoir et le contrôle.  Ces femmes violées qui restent muettes pour ne pas encore être jugées par leurs semblables. Le souvenir tragique de cette mère violée en Bosnie par l'ennemi, depuis traitée de "putes" par son fils qui lui crache au visage chaque fois qu'il la voit et qui regrette qu'elle n'ait pas été tuée.

Les femmes Mapuches, elles ont décidé que la plus grande des pudeurs ne peut pas supporter  la plus grande des violences, elles ne peuvent  pas se faire complices de la barbarie.  Dénoncer la violence doit  primer sur la pudeur, se taire participe à camoufler les violences policières voire les encourager.

Une plaie ouverte qu’elles  jettent  à la face de l'agresseur , miroir de leur lâcheté. La longue histoire de la résistance Mapuche s'égrène d'un emprisonnement à l'autre supporté avec courage et détermination à ne jamais renoncer à leurs droits. 

 

Mapuche.pngLa guide dite " Ñizol" Juana Calfunao de la Communauté Juan Paillalef, grande figure de la résistance Mapuche,  en lutte pour la rétrocession des terres volées continue à se battre. Depuis   la cellule de sa prison à Temuco, elle a su malgré l'isolement faire entendre sa voix au-delà des barreaux et sans relâche.  Aujourd'hui, en liberté surveillée depuis 2011,  après quatre années fermes, elle enseigne aux femmes à garder la tête haute et digne même lorsque leur corps est brisé.

 

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Commentaires

Sur ce sujet des peuples qui se soulèvent et luttent de manière indépendante,
je te signale un film à voir à tout prix,


https://www.youtube.com/watch?v=sDcMzIq_wwQ

http://www.lesfilmsdici.fr/fr/films-projets/4977-on-est-vivant.html

salutations mon amie

Luzia

Écrit par : luzia | 18/09/2015

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