02/09/2015

Réflexion : "Le corps des femmes, terrain de guerre "

Forte de ce titre, je l'annonce lors d'une séance de travail comme thème proposé pour l'année 2016, dans le cadre d'une de mes activités engagées. Une Rwandaise ayant vécu le génocide se retourne vers moi et me dit, "pas seulement le corps des femmes, mais celui des  hommes aussi".

Elle me donne pour exemple ce qui s'est passé lors du génocide au  Rwanda et me démontre que le corps de l'homme en temps de guerre est aussi un terrain entièrement miné.  J'insiste et mentionne les  viols en masse, l'esclavage des femmes achetées et vendues, des fétus arrachés aux entrailles des mères et utilisés comme ballons de foot, autant d'exemples de corps meurtris, démantibulés, estropiés; une sauvagerie dont le  théâtre de guerre se déroule sur l'acharnement des corps. 

Elle hoche la tête ! Pas convaincue…… Je réfléchis, à la torture, aux sévices sexuels entre hommes dans les prisons, me souviens de Octavio Paz qui explique comment la sexualité peut aussi être  un rapport de force entre hommes, à savoir "qui est derrière qui est devant" , qui est le dominé qui est le dominateur,  lors des conflits on soumet aussi l'homme en l'humiliant  : matraques et tessons de bouteilles dans l'anus, fils électriques sur les parties sensibles.

Lors d'un conflit, peut-on dire que le corps de la femme transformé en  "objet de l'ennemi" est véritablement traité différemment  de celui de l'homme?

 En marchant et réfléchissant à mon titre, finalement, tout simplement peut-être :

 "Le corps, terrain de guerre".

 

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Commentaires

Ce qui se passe à l'intérieur du corps est aussi brutal que le cri permanent de la mer. C'est une des conditions de la vie. Le plus gros ou le plus fort bouffe le petit et le faible. Parfois un microbe devient plus fort et provoque la mort. La guerre, ce n'est pas seulement l'abomination que vous décrivez, c'est le combat permanent de l'humanité, son statut.
Les bouddhistes tentent de sortir de ce cercle infernal des incarnations. Ceux du grand véhicule font le voeux de revenir pour aider. L'enfer est sur terre. Mais le paradis aussi.

Écrit par : Pierre Jenni | 02/09/2015

Je ne résiste pas à vous communiquer un des délires en zig-zag de mon regretté père.

Apologie de la guerre

"La paix soit avec vous !". Cette formule de salutation, parmi les plus répandues dans toutes les langues, aurait-elle encore un sens si, sur notre
terre, pouvait régner une paix universelle capable de nous faire perdre
jusqu'au souvenir de la notion de guerre?

Qu'est-ce que la paix ? Se conçoit-elle autrement que par l'absence de tout
conflit? La paix, prise dans son sens absolu, n'est-elle pas un état statique,
une immobilité totale par l'exclusion de toute lutte, de tout changement en
devenir, de quelque progrès que ce soit ?

En somme, la paix des morts ! Morts à la guerre ou morts… à la fin d'une
longue lutte pour l'existence ! Qu'est-ce que cela change? Tous ne se sont-ils
pas battus, d'une manière ou d'une autre ? À présent nous croyons qu'ils ont la paix; du moins le souhaitons nous.

Réhabiliter la guerre. Quel singulier défi. Et pourtant tout le monde fait la
guerre avec la meilleure conscience du monde. Guerre à la guerre clament les
pacifistes. Les ingrats ! À qui doivent-ils donc le sens qu'ils peuvent donner
à… leur combat pour la paix ?

Faisons donc un peu la paix… avec la guerre, en lui rendant justice et en lui
témoignant un peu de la reconnaissance que nous lui devons.

Merci, donc, à la guerre pour tout ce qu'elle nous a apporté de positif; pour tout ce qu'elle nous apporte encore; pour ce qu'elle nous apportera demain.

Merci pour l'Iliade et pour l'Odyssée, pour Roland de Roncevaux et toute la
littérature épique. Merci à Napoléon premier pour "l'Aiglon" d'Edmond
Rostand. Pour le sucre de betteraves et tant de progrès techniques suscités
par son blocus.

Merci, à Messieurs Hitler et Mussolini, à Joseph Staline. Grâce à eux, tant de
héros se sont révélés pour notre exaltation. Merci, pour le trop plein de haine ainsi catalysée en la déversant en toute-bonne conscience sur ces effroyables fauteurs de guerre. Pour l'énormité des atrocités commises grâce auxquelles nous pouvons toujours nous croire meilleurs, par comparaison.

Merci à tant de Nations d'en avoir férocement décousu.
Merci, entre autres, aux Français, d'avoir battu les Autrichiens à Solferino, tout juste pour révéler Henry Dunant et sa Croix-Rouge.

Grâces soient rendues à Yahvé-Sabaoth, le Dieu des armées qui commanda
aux Hébreux de passer tous leurs prisonniers au fil de l'épée.

Loués soient : Le Dieu qui inspira les croisades et l'inquisition, Allah le Grand au nom duquel est décrété le Djihad qui promet le paradis aux auteurs
d'attentats terroristes et aux preneurs d'otages innocents.

Merci à Monsieur Sadam Hussein pour le divertissement de la guerre du
Koweit et celle du Kurdistan chaque jour renouvelé à l'heure du repas et des
informations. Merci à Monsieur le Président des Etats-Unis d'Amérique pour
avoir retenu son général Schwarzkopf juste à temps pour nous réserver la
perspective d'une nouvelle série télévisée d'épisodes aussi divertissants.

Merci à tous les méchants (les autres, évidemment) de nous faire bons par
comparaison et de nous donner ainsi (aux uns et aux autres, évidemment)
bonne conscience dans la juste guerre que nous leur faisons.

Merci à certains patrons exploiteurs qui donne un sens à la vie des secrétaires syndicaux. Merci aux grévistes, surtout ceux qui abusent et détruisent l'économie qui les fait vivre, ménageant ainsi un champ d'action sans cesse renouvelé aux constructeurs.

Merci, donc, à la guerre sous-toutes ses formes qui tue certes beaucoup…
mais qui fait vivre tant de gens, y compris les politiciens qui s'entre
assassinent, le sourire aux lèvres, amis et adversaires confondus.

La vie a du goût grâce à la guerre. Une paix totale la rendrait fade et, pour
ainsi dire, inexistante. Appelons de nos voeux l'Apocalypse future qui détruira totalement notre engeance, osons l'espérer avant que, devenu trop
nombreuse en dépit des saines exterminations, elle n'en vienne à s'entredévorer, tant par nécessité que par raffinement culinaire.

Est-il donc innocent, cher lecteur, le souhait que je formule à ton égard en
concluant : " La Paix soit avec toi! " ?

Le Lignon, le 14 février 1992
Hermann JENNI

Écrit par : Pierre Jenni | 02/09/2015

En temps de guerre le corps des femmes violées puis laissées sur place ou enlevées est butin.

Quant à la mer en rapport avec les femmes, ou vice versa, attention aux "dents" de la mer!

Femmes objets de convoitise, certes. Mais également aux mâles, selon lesquels (imaginatifs, sans doute) inspirant une trouille intense.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 02/09/2015

Sauf que ce supplice n'intervient pas seulement en temps de guerre. Dans toutes les prisons françaises (et peut être ailleurs)au début des années 2000 et je ne sais pas maintenant, tous les hommes incarcérés, devaient garder leur caleçon ou slip, pour aller prendre LA DOUCHE ! D'une part, pour que les hommes ne se reconnaissent pas entre eux comme circoncis : juifs, musulmans ou non circoncis chrétiens notamment et éviter ainsi des différends. Mais aussi, parce que "celui qui est le chef a le plus long zizi" ; mais aussi, outre certaines pulsions liées à l'enfermement (les viols dont il est question dans le spot), qu'ils ne songent pas à sodomiser ou autres le codétenus et enfin, finalement, parce qu' en prison, l'identité, la sexualité "gérée" n'existent pas. En castrant un mâle, on est sûr qu'il ne pourra plus jamais procréer, que toute ardeur sera avortée et que cette amputation l'affaiblira. Ce sera une "lopette" avant de l'achever, content de l'avoir fait souffrir "sans retour" ! De la cruauté "instiguée" ou "motivée" mais par quoi ?

Écrit par : Nambikkai | 04/09/2015

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