18/08/2015

ADIEU L'AMERIQUE !

b18ad432-99be-486e-9d24-4147eedfaa9e-2060x1236.jpegAprès 12 ans passés aux Etats-Unis, Gary Younge, le correspondant et chroniqueur  du quotidien britannique The Guardian fait ses valises et rentre à Londres. Il s'explique dans un long article, relayé dans la presse internationale et  qui pointe les racines du mal et montre combien elles sont profondes; ancrées jusque dans l'inconscient collectif des Américains pour qui abattre froidement un Noir tient de l'évidence. 

Un article qui pose les vraies questions et qui nous prouve une fois de plus que Obama, président,  n'a en rien changé la donne et peut-être même empiré la situation. Pour une frange de la population blanche, avoir un président noir était une insulte à la suprématie blanche et dont la devise est dorénavant :  "Frappons!". Et d'un point de vue économique le fossé s'est encore creusé, selon  une étude récente de la  Banque Mondiale, le revenu médian des populations noires et hispaniques a diminué de 9 %, contre 1 % seulement pour la population blanche.

Selon le correspondant, chaque été, il y a des ouragans qui portent les prénoms de Katrina ou Floyd, maintenant ils portent un nom complet, aux effets aussi dévastateurs: Trayvon Martin ou Michael Brown.  A l'avenir on peut les prévoir. Sur qui s'acharnera l'ouragan la prochaine fois ?  Sur celui qui est assis là  entrain de  trimer pour payer les études de ses enfants. Il est le prochain sur la liste, mais il n'en sait encore rien. 

Pour chaque noir des Etats-Unis il faut vivre au quotidien avec cette épée de Damoclès sur la tête : Who is the next ? 

Une autre question aussitôt qui nous vient à l'esprit : Où sont les milliers d'Américains intellectuels et engagés qui résistent ? Où sont ceux qui comme un seul homme étaient capables de se soulever pour une cause juste ? Où sont ces personnes engagées ? Nous n'entendons pas votre voix ! Mais criez donc plus fort !  On songe à l'observation de  Amos Gitaï qui souligne "L'éclatement du projet commun" qui touche sans doute tous les pays lorsqu'il s'agit de résister ensemble pour une cause commune. 

Mais moi, j'ai envie de résister, je ne sais pas avec qui ni comment, mais j'ai envie de dire à l'Amérique qu'on les surveille, que chaque innocent noir tué sera inscrit dans notre âme et conscience, qu'on ne les laissera pas faire sans bouger. On crie notre révolte et on imagine le pire pour  nos amis  noirs qui partiront dorénavant aux States et la crainte de se retrouver à devoir lire leur annonce de décès par un   titre de presse  laconique comme : "Tué par la police pour avoir sorti trop rapidement son mouchoir de sa poche ! "

 

 

L'article de Gary Younge: Farewell to America

http://www.theguardian.com/us-news/2015/jul/01/gary-young...

Les US ont de la peine à recenser le nombre de personnes innocentes tuées par la police. Voici  donc     une base de données  créée par le quotidien londonien  et qui recense le nombre  de gens tués  par an. 

http://www.theguardian.com/us-news/ng-interactive/2015/ju...

 

A lire : Letter to my son de TA-NEHISI COATES - correspondant à The Atlantic 

"Here is what I would like for you to know : In America, it is a traditional to destroy the black body- it is heritage."

http://www.theatlantic.com/politics/archive/2015/07/taneh...

10:52 Publié dans Résistance | Tags : adieu l'amérique, farewell america, gary younge | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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