19/06/2015

Raconte-moi une histoire - Un hasard surréaliste

Six mois pour un périple Suisse-Inde, en bus, en voiture, à pied, en bateau, à dos d’âne, les pays défilent mois après mois, les rencontres s’égrènent, à l’intérieur de soi  le paysage se transforme aussi.

A Bombay, il était convenu avec la famille et les amis d’y envoyer en poste restante le courrier. Juan arrive enfin après le long périple, il se précipite à la poste de Bombay tend son passeport espagnol, on lui remet quelques lettres. Parmi elles, étrange, la missive d’une jeune femme marseillaise annonçant  la naissance de leur enfant, « beau comme un ange ». Juan avale de travers, il remonte le fil de ses souvenirs, et décidément ne trouve nulle part même dans les soirées les plus  arrosées,  la moindre trace d’une femme marseillaise.

Quelques semaines plus tard, il retourne chercher son courrier, une autre lettre, cette fois-ci accompagnée d’un chèque, un petit mot tendre et suspect : »Chéri, nos affaires vont bien, voici de l’argent". Juan hésite, c’est n’est ni l’envie, ni la nécessité qui manquent pour filer chercher ce trésor tombé du ciel, dont lui et son ami, après six mois de pérégrinations aurait tant besoin. Mais une main semble le retenir, un doute, cet argent envoûté qui pourrait puer la drogue,  le rebute.

Pour la troisième fois, il se rend à la Poste, et pour la première fois réalise  qu’à   arrosées, n agacé. soirées les plus e mble à la poste. Il lui remet  alors le courrier re l'ois qu', après six mois de pérégrinchaque fois qu’il s’y trouvait, il pouvait y découvrir un homme entrain de s’époumoner devant les guichets en gesticulant, moulinant nerveusement des bras dans l’air : »Bande d’incapables, vous avez dû encore une fois égarer mon courrier ! » « Fouillez ! Cherchez ! »

Juan se dirige alors vers lui et lui demande : comment vous appelez-vous ? Juan M..., répond l’homme, sur un ton agacé.  Exactement le même nom et prénom que le premier Juan. Ils ont le même passeport, la même nationalité, le même nom, au même moment, à la même minute, ils étaient ensemble à trois reprises,  à la même poste.

 

Histoire racontée par mon voisin de siège,  sur le vol Genève- Porto. Comme à la chasse aux papillons, je vais à la chasse aux histoires, une histoire bien racontée est aussi rare qu'un phalène aux ailes géantes.  Il ne reste plus qu'à la conserver dans sa malle aux trésors et la chérir. Les histoires sont la mémoire de l'humanité. 

Merci à cet inconnu !

08:29 | Tags : hasard objectif, surréalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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