30/05/2015

NFF- NO FUCKING IN THE FACTORY

amour-travail.jpgNFF ou No Zob in the Job

Un consultant me disait avant toute chose  lorsque tu arrives dans une entreprise, tache de comprendre qui couche avec qui, ça t’évitera des déboires et de me conter l’anecdote suivante : après trois mois d’audit,  le consultant se rend compte qu’une secrétaire prend trop de décisions et sème la terreur auprès des employés, il propose  au directeur de la compagnie, entre autres mesures, de virer cette personne. A sa grande surprise, il apprend que la secrétaire est sa maîtresse depuis deux ans, le patron   décidera de la renvoyer quand bien même et sans état d’âme.- peut-être même qu’il a engagé le consultant pour faire le sale boulot !

Les Anglo-Saxons  dont une partie de la vie se  passe en entreprise, pensent qu’y voir fleurir  l’amour,  c’est bon pour la dynamique globale et pour autant que les choses se déroulent bien, lorsque ça tourne au vinaigre les équipes casquent qui pour la femme, qui pour l’homme. Et tout dépend de savoir si les amoureux se retrouvent dans le même service ou pas, dans ces cas-là mieux vaut que l’un des deux demande une affectation ailleurs.

Mêler sexe et rapport de pouvoir n’est  jamais très sain,  il y a un petit côté pervers  et dans tous les cas, ça se termine souvent mal pour les femmes, c’est elles qui sont forcées de  partir  ou accepter en silence les  attouchements.   Dans le cas inverse, les femmes aussi savent user de leur pouvoir, sans doute différemment.  Plus le  niveau des travailleurs est bas plus le risque est fort, il suffit de voir les chefs d’équipe de maison de nettoyage qui pratiquent un droit de cuissage avec leurs femmes de ménage clandestines qui se retrouvent entièrement à leur merci. Un refus et  elles se retrouvent dénoncées, plus d’une m’ont raconté leur calvaire.

Naturellement, si vous travaillez 15 heures par jour , comment voulez-vous  rencontrer quelqu’un hors du boulot ?  Une des raisons du succès des agences de rencontres en ligne,  ce sont souvent des personnes qui n’ont pas le temps de chercher l’âme sœur. Selon une étude, un tiers des couple se rencontrerait au travail, Cupidon s'active partout. Et attention aux soirée de Noël ou aux  sorties de bureau bien arrosées, le fils de Vénus repart aussi vite qu'il est arrivé.

Votre avis sur la question serait intéressante  pour ma part, je reste mitigée , jeu de séduction et attirance  met un peu de sel dans le quotidien et peut  créer de bonnes relations de travail  , au-delà ,bonjour la galère !

Pour ceux qui seraient tombés dans le piège, quelques recommandations  :

- ne pas s'embrasser dans l'open space

- éviter de l'appeler par son surnom (chouchou)

-s'accorder des pauses avec d'autres collègues

- pas parler de boulot à la maison

- ne pas se disputer devant tout le monde

- le  ou la tromper si ça doit absolument arriver, ailleurs que dans la même boîte

 

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27/05/2015

Les riches aiment-ils l'art ?

 

Chemin des sérénités prose.jpg

La question que nous sommes tous amenés à nous poser un jour lorsqu'on voit des ventes spectaculaires  à plusieurs centaines de millions, une interrogation toute légitime. Les riches aiment-ils  l'art pour l'art ?

Sur internet, on peut lire fréquemment "parier" sur l'art ou l'immobilier.  On imagine un tableau de maître transformé en cheval de course et sur lequel on mise en espérant qu'il deviendra gagnant un jour.  On investit pour spéculer, 274 millions de dollars pour les Joueurs de Cartes  de Paul Cézanne acheté par la famille royale du Qatar et qui se vendra encore plus cher au prochain coup; acheté par un multimilliardaire chinois?   Parfois, lors de vernissage on observe  quelques malheureux artistes bien vivants, eux,  qui attendent de pied ferme le riche client prêt à succomber sous le charme de leur talent, rat de galerie qui  au lieu de mettre la main à la poche, la glisse furtivement d'un air dégoûté dans le bol de cacahuètes grasses devenues légèrement collantes accompagné de quelque femme éthérée poussant des cris perçants et s'excusant de ne trouver les mots pour exprimer ce qu'elle ressent……….c'est-à-dire pas grand-chose.

 

Imaginez ce tableau acheté au prix le plus fort qu'un mécène admire et fait admirer à la cantonade, qu'il a fait assurer, protéger, mettre sous alarme et un jour,   apprendre à sa plus grande stupéfaction  que c'est un faux, une triste copie et aussitôt dévalué;  ce n'est plus qu'un triste regard de chien battu qu'il posera sur la toile traîtresse, comme si la beauté du tableau résidait en  son prix astronomique. Un Goering n'a émis qu'un  seul regret dans sa vie en avalant sa capsule de cyanure, se retrouver avec un Han Van Meegeren,au lieu d'un Vermeer (IV Meer) un "Christ et la Femme adultère " que le Maréchal cacha dans un mine de sel avec des milliers d'autres oeuvres pillées dans toute l'Europe. Le faussaire se vantera devant ses juges d'avoir été le seul à réussir à rouler Goering dans la farine, ou plutôt dans ses pigments meegeriens, des faux devant lesquels s'extasieront les plus grands spécialistes, béats d'admiration "devant ces purs chefs-d'oeuvre de Vermeer". 

Pour ma part, je viens d'acheter un quintryptique et me demande pourquoi l'avoir acheté ? Habiller le mur blanc de mon salon ? Parce qu'à la troisième coupe de champagne, on finit par se dire que tout est beau……. le poème qui accompagne le tableau est aussi d'une grande beauté? Le gris souris se mariet parfaitement avec le rouge coquelicot ?   Parce que le peintre est un descendant du créateur du Golem et que je trouve que sa quête intense de sens dans l'exaspération de la matière pétrie  doit livrer un message essentiel sur la folie du monde. L'art, acte de résistance?  J'observe les formes étranges du tableau et me laisse aller à une  douce rêverie. Pourquoi acheter de l'art ? Simplement parce que c'est beau, il flatte notre sens de l'esthétique, et nous souffle un  avant-goût  d'infini reproduit par des formes qui proposent de nouveaux horizons;  l'art renferme quelque chose d'intangible et d'infini. 

Et se poser une autre question, les pauvres ont-ils  aussi le droit d'aimer l'art ? L'art n'est-il pas le symbole de la réussite la plus accomplie, tout posséder permet de se tourner vers l'objet qui ne sert à rien, la chose superflue  qui vient bien après tout ce dont on a besoin et qui s'inscrit tout en haut de la pyramide de Maslow à laquelle s'ajoutera une sixième  catégorie; une cerise sur le gâteau qui vacillerait au sommet d'un trop plein dont on ne sait plus que faire ? 

 

Et pour revenir à quelques questions qui méritent réflexion, les vôtres seront rajoutées à cet arbre qui trônera devant l'exposition. Pourquoi un arbre? Parce que l'arbre de vie et poser des questions c'est rester vivant !

L'arbre à questions

Les  riches, aiment-ils  l'art ou surtout l'argent ?

L'art ça sert à quoi ?

L'art subventionné est-ce encore de l'art ou de la soumission ?

Comme Platon, exclure sensation contre raison de la Cité idéale ?

L'art doit-il toujours être beau ? Francis Bacon décrivait l'horreur

Y-a-t-il un art sans transgression ?

Les artistes reconnus sont-ils les meilleurs ?

Pourquoi les artistes morts ont plus de succès que les vivants?

Les artistes , sont-ils  à l'avant-garde ? 

Les artistes sont-ils visionnaires

La beauté d'une oeuvre change-t-elle avec le temps?beau aujourd'hui, laid demain

Les grands faussaires sont-ils aussi de grands artistes?

La cote d'un peintre l'apparente-t-elle a de la marchandise qui prendrait de la valeur?

La beauté est-elle universelle et intemporelle?

Les artistes doivent-ils se sentir malheureux pour être créatifs?

Pourquoi les écrivains jalousent les peintres?

Les écrivains sont-ils des peintres ratés ?

Les femmes peintres sont-elles moins reconnues ou moins nombreuses?

Les galeries vampirisent-elles les artistes?

 Est-ce que l'art est intemporel?

L'art induit-il nécessairement une réflexion?

La reconnaissance est-elle nécessaire à l'art pour qu'il existe?
 
Art et génie sont-ils indissociables?
 
Peut-on être artiste par intermittence?
 
Comment se définit la cote d'un artiste?
 
L'intérêt pour l'art est-il un effet de mode?

Autant de questions sur  mon arbre à questions que vous retrouverez à l'exposition du peintre Jacques Strauss, 

 

 

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17/05/2015

Les artistes délaissés

IMG_0018.jpgUn entretien intéressant  avec un peintre, Jacques Strauss,  qui a plus de 70 ans de peinture derrière lui et qui a vu l'évolution de la peinture sur un presque siècle bouleversée par l'histoire et le changement de mentalité.

Il se souvient avoir suivi les cours du soir  de l'Ecole des Beaux-Arts de Genève, car après des années de peinture en amateur, il ressentait le besoin d'une technique. A 45 ans, il apprend entre autres la peinture à la laque, une technique qu'il fera dorénavant sienne. Après avoir mis au point un procédé particulier d’utilisation de la Laque, il est sans doute actuellement le seul en France à présenter des œuvres réalisées à partir de cette méthode.  Un art en soi, qui lui permet de se démarquer, un procédé de peinture exigeant parce que plus délicat;  la matière est plus sensible, elle peut parfois se superposer en couches épaisses, alors, les sous-couches encore humides forment des plissés étonnants ou carrément des cloques si c'est raté.

Le grand changement, note-t-il,   c'est après la guerre, 39-45, les goûts changent, autrefois, on mettait tout son argent dans son intérieur, meubles, tapisseries, vaisselles fine, rideaux tenus par de larges embrasses satinées, tapis, tableaux. Puis, peu après la guerre, on verra apparaître des agences de voyage, les gens vivent plutôt dehors que dedans comme si la guerre les avait définitivement jetés dans la rue. On investit moins sur un coquet chez soi, une tendance qui ne fera que s'accélérer. Entre un tableau et un voyage, les petits budgets n'hésitent pas, les plus riches achètent des tableaux « cotés »  pour investir.  Et pour ceux qui veulent voir des tableaux, ils intègrent ces  queues infinies qu'on peut observer  devant les musées.

Naturellement, on peint pour le plaisir, durant ces heures devant la toile, on oublie tout, le monde extérieur n'existe plus. Mais le peintre comme l'écrivain a besoin de reconnaissance. Jacques Strauss, hausse les épaules, parfois, il hésite, à  quoi bon continuer à peindre, la peinture n'intéresse plus grand monde. Un Renoir ou un Van Gogh, de nos jours, se noieraient dans l'indifférence la plus absolue. Parfois même, lorsqu'il est très dépité, il se demande s'il ne serait pas préférable de tout détruire, de tout oublier, d'effacer ces traces d'éternité qui tâtonnent dans le néant d'une indifférence douloureuse.

 

Et de se remémorer ce  projet magnifique, Les Artistes de France, créée en 1981 par Maurice Schoppig. l'Association organisait des expositions dans toute la France, elle nommait des ambassadeurs qui recrutaient des artistes et mettaient sur pied des vernissages. Avec les années, les galeries d'art attirent de moins en moins de monde, les visiteurs les désertent. Ils préfèrent rester assis sur leur sofa devant un ordinateur ou un grand écran de TV. Actuellement, la mode s’exprime par des installations éphémères. De l'art qui passe devant les yeux et qui ne laisse plus aucune trace. Un signe des temps, l'éphémère ! On consomme du sport et loisir, un plaisir immédiat qui passe constate Jacques Strauss.

 Il est vrai que les artistes se sentent délaissés, pas seulement les peintres, on est dans un univers où la chose doit être utile, l'art reste assurément utile mais pas dans le sens matérialiste, c'est une esthétique qui fait du bien au sens, mais elle ne se consomme pas.  Les crédits pour une voiture, des vacances, des chaînes Hi-Fi coulent de source, mais qui irait emprunter de l'argent pour un tableau ?

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Tout en méditant, Jacques Strauss reprend son pinceau et prépare ses fonds de toile pour plonger dans ce doux silence de la créativité. Une rencontre avec l'imaginaire qui laisse le monde à sa fureur et à son bruit.

Visite exceptionnelle de l'atelier de l'artiste, à Arpigny près de Fillinges,  les samedi et dimanche 13 et 14 juin.  Poèmes et autres performances artistiques en vue. Un week-end pour montrer que l'art résiste au temps et aux modes. 

 http://www.acad-strauss.com/

 

 

 

 

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08/05/2015

Genève - De force en force

En se baladant près des Bastions, deux affiches situées à moins de deux mètres l'une de l'autre , des nouvelles forces qu'on s'efforce de décortiquer.   A part ce clin d'oeil, en déambulant je constatai combien Genève était une belle ville, lorsqu'on revient de l'étranger, on demeure surpris par son charme. Bon week-end à tous ! 

 

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06/05/2015

Les oliviers de la colère

BANZAILIQSOLD1_2015040916382139.jpgUne épidémie de Xylella Fastidiosa sans précédent qui décime  en silence les oliviers par milliers ; une maladie transmise par un insecte suceur de type cicadelle  qui se déplace aussi vite que la lumière et peut ravager en un rien de temps, une région entière.  La  seule mesure est l’abattage systématique des arbres atteints par ce mal et ensuite incinérés, et parfois pour contrer le mal il faut aussi arracher des arbres sains, multiséculaires sous les yeux de leurs propriétaires qui refusent de se rendre à l’évidence, des arbres plantés de pères en fils sur plusieurs générations.

La région de Salento, dans le sud de l’Italie est touchée de plein fouet,  le mal a déjà été identifié en octobre 2013, depuis il s’est répandu et pour réduire le risque de contagion ce ne sont pas moins d’un  million d’oliviers abattus sur les quelques 9 millions que compte cette région connue pour fournir une des meilleures huiles d’olive du monde.

Une menace qui plane sur le pourtour méditerranéen et qui pourrait s’étendre non seulement aux oliviers, mais menacer 200 espèces dont des vignes, des chênes, des amandiers, d’autres agrumes. Les arbres se dessèchent, entraînés vers  une mort lente par la dessiccation de leurs  feuilles.

Dès lors, toute plante d’ornement doit  être strictement interdite d’entrée dans les pays producteurs, la bactérie est venue d’un caféier costaricain repéré  d’abord à Rungis chez un revendeur de plants et  introduite via les Pays-Bas.

veglie_2.jpgSalento vit les pires heures de son histoire, les oléiculteurs  s’enchaînent à leurs arbres pour éviter qu’ils ne soient abattus. Certains n’hésitent pas à utiliser des mots aussi forts que « la Shoah des oliviers », « un véritable génocide », tant ils ne font qu'un avec eux, on voit l’agriculteur Gino Ancona en état de choc devant ses arbres décimés tandis qu’une femme hurle et refuse qu’on touche à ses oliviers. D’autres mentionnent  une « guerre bactériologique » menée par sait-on qui, le nom de Monsanto court sur les lèvres, une autre façon pour elle d’imposer ses arbres génétiquement modifiés et capables de résister à la Xylella Fastidiosa.

 

 

veglie_1.jpgLe drame d’une région, la caméra néo-réaliste d’un De Santis serait passée du  « Riz »  à « L’olivier amer »,  un film lancé comme un pavé au milieu du néant.  Cette épidémie met à mal une région déjà frappée par la pauvreté et qui sait par expérience que le pire est sans fin.

Les artistes de toute l’Italie se rendent, actuellement,  dans les Pouilles et font don des recettes de leurs spectacles aux organismes qui viennent  en aide aux oléiculteurs touchés par ce fléau. Des Suisses aussi participent à cet effort, parmi eux, Jacques Berthet, photographe genevois passionné par les  oliviers exposera ses photos d’arbres millénaires pris sur le pourtour Méditerranéen. 

 

Si certains d'entre vous souhaitez aussi faire un geste, je m'enquerrai auprès de Jacques Berthet pour voir si vous pouvez vous associer à son action ou à celle d'une association. 

 

Un grand merci à Fabrizio pour m'avoir organisé la revue de presse italienne sur ce brûlant sujet.

22:19 | Tags : pouilles, salento, xylella fastidiosa | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

04/05/2015

Raconte-moi une histoire - La couturière

Il n’y a pas plus attachant que des ambiances d’atelier de couture quand l’organza et le taffetas tapissent le sol par bouts éparpillés et que la diamantine file sous les mains expertes de la couturière.  Lieu de confidences  qui  se mêlent aux froissements délicats de la soie sauvage quand le récit s'entrelace dans le brocart de  fils d'or et d'argent d'un tissu chamarré. Le bruit de la machine à coudre en un rythme régulier flirte avec le silence magique d’un lieu clair et spacieux où la fureur et le bruit du monde s'estompent dans les mousselines légères et nacrées des robes de mariée vaporeuses.

 La couturière me parle entre deux séries de surpiquage :

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-       Je suis Albanaise, avant je vivais à Pristina et j’avais un grand atelier avec beaucoup de couturières et une belle maison.

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- Quand j’ai quitté mon mari, il s’est installé avec sa maîtresse dans la même ville que là où j’habitais. Il était directeur d’une entreprise générale qu’il avait de la peine à gérer, il avait des problèmes d’argent, il dépensait trop avec sa nouvelle maîtresse qui deviendra après sa femme.

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- Comme il avait besoin d’argent, il a kidnappé notre fils, à la sortie de l’école, le pauvre petit avait  7 ans,   contre une forte rançon menaçant de le tuer si je ne lui donnais pas l’argent.

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-    J’ai tout vendu pour payer la somme demandée,  il m'a laissée sur le tapis, je n'avais même plus de quoi manger, j’ai repris mon fils et me suis enfuie d’abord à New-York où je connaissais un designer, puis Milan où j’ai travaillé dans les plus grands ateliers.

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 - Maintenant, je vis ici et je travaille toujours comme couturière, je ne sais rien faire d’autre, voilà  les patrons que je dessine moi-même ! (elle me les montre, des croquis qui prouvent l'excellence de la couturière) 

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- Vous dites quoi ? Parlez Plus fort!  Dénoncer à la police ? Mais vous n’y pensez pas  à Pristina on s’en fout des femmes, surtout si elles se plaignent de leur mari, la police pense que ce sont des problèmes de couple qui ne les regardent  pas. Et c’est facile de payer le silence !

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- Aujourd'hui, ça va, j’ai un ami  très gentil, mais mon fils qui est grand maintenant a beaucoup souffert, il était choqué, j’ai dû l’emmener longtemps chez les médecins pour oublier…….oublier que son père voulait le tuer pour de l’argent.

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- C’est comme ça, c’est la vie ! C’est pas facile ! Mais heureusement que j’aime mon métier , je ne pourrais pas vivre sans, c’est grâce à lui que je me sens heureuse………….

 

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03/05/2015

L’empathie, une profession de foi universelle

Parmi les rêves qui me sont les plus chers, celui d’une croyance universelle qui souderait les êtres au lieu de les séparer. Toutes les religions ont pour dénominateur commun la règle d’or déjà conseillée par les plus Anciens (1000 ans et plus avant J.-C)  « Ne fais pas à autrui, ce que tu n’aimeras pas que l’on te fasse » ou « traite les autres comme tu voudrais être traité », « aucun d’entre vous ne croit vraiment tant qu’il n’aime pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même », « tout ce qui te répugne, ne le fais pas non plus aux autres«, « ne blesse pas les autres par des moyens que tu trouverais toi-même blessants.»

Que nous propose-t-on depuis la nuit des temps, si ce n'est autre que de l'empathie ? 

Selon la définition du Larousse : l’empathie est la faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent, on pourrait l’étendre à tout ce qui ressort du vivant, plantes, animaux, la nature dans son ensemble. Vous avez tous ressentis le sentiment de tristesse devant un cours d’eau asséché et jonché de détritus ou devant un Océan qui se meurt.

Nul besoin de se rendre dans des lieux de culte, car nos églises, nos synagogues, nos temples, nos mosquées deviennent des lieux entièrement ouverts où la pratique de notre profession de foi se réalise au quotidien. Une empathie qui ne connaît plus de frontières, ni de races, ni de religions. Un fil tendu entre tous qui partageons cette sensibilité tournée vers les autres et le monde qui nous environne.

L’empathie est infinie, elle enrichit celui qui la pratique sans jamais l’appauvrir, elle rase les peurs infondées de la rencontre avec l’autre, car cet autre, n’est que le prolongement de qui je suis, l’autre est mon miroir et plus encore, il me révèle à moi-même. L’intelligence n’en est que renforcée, au lieu de s’enfermer on s’ouvre, notre intelligence émotionnelle basée en grande partie sur l’empathie permet d’évoluer et de maîtriser un environnement en perpétuel mouvement. Les grands mystiques, ces "êtres-photophores" nous démontrent que notre relation au divin est de l'ordre de l'expérience intime. Eux tous ont un commun, une empathie ad infinitum et ab imo pectore, du fond d'un coeur d'or et de lumière. Avant tout dogme, c'est leur expérience qu'ils partagent. 

Source de justice, l’empathie ne fait pas de distinction entre les êtres, elle s’applique de façon équitable et sur tous les fronts, économie incluse.

Ni dogme, ni théorie, chacun bâtit son propre lieu de culte à l’intérieur de lui-même, ni autel, ni encens, ni sermon, une profession de foi qui se développe en un silence sacré ;  elle ne se révèle que par l’action et son résultat. L'histoire nous a prouvé que des religions peuvent se vider de toute empathie, elles n'offrent plus qu'un cadre rigide vidé de tout contenu, l'histoire n'en peut plus de compter ses morts au nom de la religion qui achève en son nom des êtres, ces fractions du divin. 

Un rêve que je partage avec vous car il est important de rêver d’un monde meilleur et dessiner les prémisses d’une sagesse valable pour tous autour d’une règle d’or universelle telle que l’empathie, base de toute morale, et condition sine qua none d'un mieux vivre ensemble. Etre bien avec les autres signifie aussi être bien avec soi-même, être heureux, le bonheur est déjà au rendez-vous au coeur de l'empathie. 

être heureux, c'est être généreux; l'empathie implique aussi la notion de  générosité. 

 

Un billet excellent à lire  "Variations on a Golden Rule"  par Ioan Tenner :
"Do not do to others what you do not want them to do to you"

http://wisdom.tenner.org/blog/variations-on-the-golden-rule

09:41 | Tags : l'empathie, règle d'or | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

02/05/2015

L’Irlande, comme un goût de nauséabond

Dublin - (écrire, c'est oser dire) - Une soirée qui aurait dû démarrer dans la joie et la bonne humeur, une soirée organisée pour moi par des amis curieux de parler de littérature, celle-ci à peine entamée, un Irlandais verre à la main, lâche à son interlocuteur « Hitler aurait dû finir son travail jusqu’au bout et exterminer tous les Juifs », j’interromps ma conversation avec ma voisine et demande à l’Irlandais au fort accent de répéter  plus lentement ce qu’il vient de dire.  Hilare, très fier pensant faire un bon jeu de mots, il le répète haut et fort à l’assemblée qui soudain se tait.

Très énervée, je jure « what the f…g are you talking about ? » . L’ambiance, en quelques secondes est devenue glaciale, tous les regards sont posés sur moi.

De jeunes universitaires me regardent avec un grand intérêt.  Dans un silence de plomb, je souligne : « Inacceptable, je ne peux pas accepter ce discours, il est contre ma morale, il est haineux et j’ai honte d’être parmi des gens qui peuvent et le dire et l’écouter sans broncher».  L’Irlandais baisse la tête, il est gêné, il s’excuse, « je disais ça comme ça » et comme tu es Arabe, je pensais que ça te conviendrait.  Non ! Je suis d’origine arabe et quand bien même je n’accepte pas ce discours, croire  que j’allais l’accepter est un stéréotype ! " J'ai le droit d'être arabe, sans être antisémite, n'est-ce pas ? insistai-je et j'ai le droit de ne pas pas être obligée d'écouter et endurer ces insanités, n'est-ce pas ? 

Je me retourne vers mon interlocutrice qui a collaboré de très loin à l’enquête sur les  800 bébés découverts en 2014, dans une fosse commune près d’un foyer catholique,  Saint Marie des Sœurs du Bon Secours de Tuam, destiné aux  mères-célibataires.  Tous admettent que cette histoire a véritablement traumatisé les Irlandais.  Je me retourne vers l’antisémite et lui demande si lui aussi est traumatisé, il confirme encore être sous le choc de cette histoire.  Et je profite de l’occasion, et selon la méthode socratique pour lui demander si ces bébés et nouveaux-nés avaient été juifs serait-il aussi traumatisé ? Tous les convives retiennent leur respiration et attendent sa réponse.

Il est mal à l’aise, il se balance d’un pied sur l’autre, après quelques secondes qui paraissent être des heures, il répond :

Oui !J’aurais aussi été traumatisé.

 Finalement, il préfère s’éclipser, un autre convive me dit être étonné de l’entendre parler ainsi car son patron qui l’a le mieux payé et le mieux traité était  de confession juive et qu’il l’a toujours adoré et respecté   et rajoute que sans doute ce sont des discours de poivrots tenus dans les pubs.

Et justement, c’est bien ça qui fait peur, une Guiness, deux Guiness, trois Guiness, on tient des discours haineux  de poivrots, noyés dans l’alcool, on sort bourrés et pour s’amuser  encore un peu on décide de casser du « negro, du bougnoul ou du youpin ! » 

Lorsqu’on me demande comment c’était l ‘Irlande, je ne puis m’empêcher de faire une moue un brin dégoûtée : « Hateful » ! Détestable !

 

 

 

 

 

 

 

 

10:17 | Tags : irlande, antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |