04/05/2015

Raconte-moi une histoire - La couturière

Il n’y a pas plus attachant que des ambiances d’atelier de couture quand l’organza et le taffetas tapissent le sol par bouts éparpillés et que la diamantine file sous les mains expertes de la couturière.  Lieu de confidences  qui  se mêlent aux froissements délicats de la soie sauvage quand le récit s'entrelace dans le brocart de  fils d'or et d'argent d'un tissu chamarré. Le bruit de la machine à coudre en un rythme régulier flirte avec le silence magique d’un lieu clair et spacieux où la fureur et le bruit du monde s'estompent dans les mousselines légères et nacrées des robes de mariée vaporeuses.

 La couturière me parle entre deux séries de surpiquage :

 Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

-       Je suis Albanaise, avant je vivais à Pristina et j’avais un grand atelier avec beaucoup de couturières et une belle maison.

Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

- Quand j’ai quitté mon mari, il s’est installé avec sa maîtresse dans la même ville que là où j’habitais. Il était directeur d’une entreprise générale qu’il avait de la peine à gérer, il avait des problèmes d’argent, il dépensait trop avec sa nouvelle maîtresse qui deviendra après sa femme.

 Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

- Comme il avait besoin d’argent, il a kidnappé notre fils, à la sortie de l’école, le pauvre petit avait  7 ans,   contre une forte rançon menaçant de le tuer si je ne lui donnais pas l’argent.

 Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

-    J’ai tout vendu pour payer la somme demandée,  il m'a laissée sur le tapis, je n'avais même plus de quoi manger, j’ai repris mon fils et me suis enfuie d’abord à New-York où je connaissais un designer, puis Milan où j’ai travaillé dans les plus grands ateliers.

   Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

 - Maintenant, je vis ici et je travaille toujours comme couturière, je ne sais rien faire d’autre, voilà  les patrons que je dessine moi-même ! (elle me les montre, des croquis qui prouvent l'excellence de la couturière) 

 Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

- Vous dites quoi ? Parlez Plus fort!  Dénoncer à la police ? Mais vous n’y pensez pas  à Pristina on s’en fout des femmes, surtout si elles se plaignent de leur mari, la police pense que ce sont des problèmes de couple qui ne les regardent  pas. Et c’est facile de payer le silence !

 Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

- Aujourd'hui, ça va, j’ai un ami  très gentil, mais mon fils qui est grand maintenant a beaucoup souffert, il était choqué, j’ai dû l’emmener longtemps chez les médecins pour oublier…….oublier que son père voulait le tuer pour de l’argent.

Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

- C’est comme ça, c’est la vie ! C’est pas facile ! Mais heureusement que j’aime mon métier , je ne pourrais pas vivre sans, c’est grâce à lui que je me sens heureuse………….

 

Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

Clic-clic-clic-clic-clic –clic –clic-clic-clic-clic-clic-clic-clic

 

 

19:39 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.