19/03/2015

Socrate et Spinoza aux pays des barbus

350px-David_-_The_Death_of_Socrates.jpgAbonnée aux cours de philosophie en ligne, mon dernier cours se déroule à l’Université de Copenhague , Faculté de théologie et porte sur Søren Kierkegaard « Subjectivité, Ironie et Crise de la modernité ». On y découvre un Kierkegaard prenant pour modèle Socrate, analysé à travers l’œuvre monumentale de Hegel :  « Histoire de la philosophie .»

Naturellement, les discussions vont bon train sur le forum de philosophie. On redécouvre une Athènes rigide, sous la coupe des traditions, des superstitions et abandonnée aux dieux qui menaient le monde à la baguette via la voix des hommes de loi  dont le seul modèle était celui de la tyrannie, de l’obéissance et de la soumission.

Socrate, révolutionnaire, à sa façon, se campe au milieu de ce décor et commence à planter les racines de ce que deviendront les fondement de la modernité : à savoir l’individuation de la morale. La remise en question des traditions et des fausses croyances. Une maïeutique toute socratique, accoucheuse d’âmes et qui permet de trouver la vérité en soi-même, une réminiscence en lien avec l’immortalité de l’âme.

Vous savez tous comment a terminé Socrate ! Accusé d’hérésie, de blasphème, de non respect des dieux, de s’en être crée de nouveaux et de corrompre la morale de la jeunesse.  Pour cela il mourra en acceptant de boire la ciguë.

Imaginez un tel philosophe en Arabie Saoudite, de nos jours, il finirait flagellé sur la place publique , à Djeddah, là où se trouve le kiosque infâme, au milieu d’un parking, où tous se rassemblent pour se délecter du spectacle, du sang et des hurlements, le vendredi, jour de prières, et si près de la mosquée. 

Le travail de prise de conscience amorcé par Socrate, V siècles avant la naissance de Jésus-Christ et douze siècles avant la naissance du prophète, peut se réaliser quand on veut dans les pays islamiques où il serait temps que la morale devienne  une question d’appropriation individuelle et de conscience personnelle qui  permettra de remettre en doute, car le questionnement reste toujours l’espace d’intelligence, la réponse inéluctable n'en devient que le dogme. La masse de choses que l’on fait gober aux croyants et qui sont comme on s’en doute tous, plus le résultat de fausses croyances manipulées par de mauvais croyants et surtout par des gens ignorants.

hirszenberg-spinoza-and-the-rabbis.jpgBon après Socrate, on pourrait imaginer un Spinoza refaisant sur le Coran, ce qu’il a fait sur la Bible, une étude systématique et rationnelle du texte sacré, pour démontrer qu’il a bien été écrit par la main des hommes, parce que si Dieu était parfait, il n’aurait jamais commis autant d’impairs et exprimé autant d'incohérences.. Le libre-penseur Baruch Spinoza, lui a été  frappé d'un herem en 1656 pour hérésie, puis on a tenté de le poignarder. Jusqu'à ce jour, le plus grand philosophe des temps ne s'est pas vu lever le herem malgré la dernière tentative de Ben Gourion en 1948. Dans son cas, selon le tribunal rabbinique,  il s'agit d'une exclusion définitive. 

Un Spinoza qui terminerait  aussi sur le kiosque du parking de Djeddah, à se faire trancher la gorge. Mais une lecture coranique selon la méthode spinozienne serait exercice admirable pour l'intelligence, et interroger un texte sacré permet la tolérance et surtout l'évolution des esprits.  On y trouvera aussi sans doute plus la main de l'homme à travers des textes rapiéciés que de Dieu, car Dieu est-il si mauvais pour faire égorger autant de gens et  en exploser autant d'autres ? 

Quelques questions admirables à commencer par la toute première, dès la Genèse: 

« Adam et Eve eurent des fils, Caïn et Abel( première génération d’enfants sur terre) , Caïn prend femme» . Mais avec qui interroge naïvement et à juste titre Spinoza , alors encore enfant?

 

Si je termine aussi sur le kiosque du parking de Djeddah, vous m'aspergerez abondamment d'eau de jasmin, ça fleurira bon la Révolution. 

10:09 | Tags : spinoza, socrate, kierkegaard, djeddah | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

Commentaires

A vous lire on comprend que vous n'avez pas attendu les cours et les lectures que vous citez pour prendre conscience de l'abysmale stupidité et hypocrisie de nombre de représentants de l'espèce humaine.

Écrit par : Mère-Grand | 19/03/2015

Et si Ben Gourion était l'un des rares à savoir qui était vraiment Spinoza !

Écrit par : Corto | 19/03/2015

Je viens prendre la douche de jasmin avec vous. Plus nous serons nombreux à résister, plus grande sera les chances de survie pour toute l'Humanité. La Tunisie reste plus que jamais vivante!

Écrit par : pachakmac | 21/03/2015

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