28/01/2015

L’Outback australien - Un paysage qui vous hante

mayne-ranges-north-of-diamantina-np.jpgAustralie - On habite des terres qui finissent par vous habiter. Malaxées, pétries, triturées, nos âmes s’abreuvent de ces paysages arides et les nourrissent de notre imaginaire pour se réapproprier ce qu’il y avait d’humain en nous, lorsque le vent, la sécheresse , la solitude nous réduisent à épouser le  néant. Face à soi, il ne reste plus que le champs de nos interrogations et de nos incertitudes.

 Un Outback dont nul ne revient indemne !

 

 

 

william-ricketts-sculptures8.jpgArtistes, peintres, écrivains se sont abreuvés à la source de ce Bush,   où pour le première fois,  ils côtoyaient  les populations aborigènes;  ébranlés par la force de leurs croyances, par les visions des anciens qui errent en quête des terres qui étaient les leurs, disparues, détruites par les premiers colons australiens. Massacres qui ne cessent de se perpétuer.  L’Alchera, le profond moi qui résonne dans tout ce qui nous entoure et qui fera dire à William Ricketts (1898-1993) , sculpteur et poète : «  J’ai découvert l’essence de l’amour, de la beauté et de la liberté.Tout ce qui existe partout et pour toujours ne fera qu’un avec nous; oiseaux, forêts, montagnes, désert, rochers, eau."

Installé dans le Mount Dandenong près de Melbourne, dès 1934,   tout en continuant à fréquenter les aborigènes et devenu leur meilleur ambassadeur, William Ricketts décide, à travers ses œuvres,   de chanter la poésie divine.  Il  crée un sanctuaire et les représente avec leurs totems sacrés à travers 92 statues que l’on découvre au pied des eucalyptus géants, deux fois centenaires,  d’une hauteur frôlant les 100 mètres.

Sa philosophie radie ces lieux magiques et comme une litanie, il raconte la  beauté sacrée, pour nous qui sommes  les frères des arbres et des oiseaux, notre fraternité doit rayonner à travers notre beauté . Notre amour offert sans compter  nous sera rendus au centuple. Un sanctuaire qui mêle poésie et sculpture pour rendre hommage à nos rêves les plus profonds parce que ce sont eux, selon les croyances aborigènes, qui nous révèlent à nous- mêmes et nous renvoient le souffle profond du monde ; on revient à notre origine, dans l’Alchera, l’Une. Et de prévenir,  les aborigènes sont aussi les gardiens de l'environnement. 

 

DM_72.jpgUn autre peintre australien  frappé par ces paysages de sable, de roches et de désert, revient avec sa série singulière nommée «La Mariée  » .  Mélange de réconciliation et de fureur;  l’œuvre se nourrit de cauchemars où les êtres ne font qu’un avec le paysage torturé.  Arthur Boyd représente des scènes métaphoriques qui dénoncent la violence, la ségrégation, l’impossible union. Il découvrira lors de ces voyages dans cet arrière-pays,  les rites indigènes et exprimera toute sa compassion pour  cette  culture opprimée.

 Un Outback source d’inspiration, un paysage qui vous engloutit et vous hante.

21:26 | Tags : outback, australie, william ricketts, arthur boyd | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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