29/11/2014

Genève - « Au secours, on va nous déporter ! »

17955059-rusty-barbeles-dans-la-main-d-un-homme-fort.jpgLe SOS d’un jeune réfugié des pays de l’Est, en Suisse depuis plus de 15 ans. Son parcours est intéressant et met en exergue une politique absolument incohérente et pour lequel les Suisses sont les premiers à payer pour ce maelström de contradictions si contradictoires et si représentatives du  désaveu  d’une politique volontariste sur la question des migrants. Intégrer ou désintégrer ?  Assumer ou se déresponsabiliser ?

Le jeune qu’on appellera Vladimir * est venu en Suisse comme requérant, à l’âge de 19 ans. Il reçoit un permis humanitaire, puis un N. Il bénéfice d’une formation dans un secteur à fort besoin,  à savoir l’hôtellerie, une semaine avant ses examens finaux, son Permis N lui est retiré donc il ne pourra pas travailler dans la branche, où il faut sans cesse délivrer des permis de travail, et le transformant aussitôt en  NEM, non entrée en matière. Quant au fait de rester ou partir, personne ne se prononce véritablement là-dessus. Donc, il reste, passe d’un foyer à l’autre, et termine dans les flammes récentes du Foyer des Tattes.

Vous le décrire ? Un jeune au visage rayonnant, toujours un sourire au coin des lèvres , parlant et écrivant couramment le français, prêt à donner un coup de pouce, il sait réparer toutes sortes choses, adore cuisiner. Il est capable de réaliser des documentaires extraordinaires, poète et artiste, à ses heures. Il prend avec enthousiasme le travail qu’on lui donne. Il s’est fait un cercle d’amis extraordinaires du reste qui signent actuellement  une pétition et pour montrer sa capacité d’intégration, il annonce fièrement : »J’ai même un ami policier ! »

Alors il faut se poser la question, cela fait plus de 15 ans qu’il souhaite s’activer comme tout le monde, travailler, payer son loyer, ses assurances, Bref ! passer à la caisse comme vous et moi . Au lieu de cela, il a vécu d’assistance sociale et après la perpétuelle litanie « ces étrangers qui ne travaillent pas et qui profitent du système, pendant que nous on bosse comme des cons ! » tandis que le système fait  son maximum  pour les empêcher de travailler et ensuite comme j’ai pu le lire dans la presse, un permis C n’est pas délivré parce que la personne est à l’assistance publique tout en sachant que certains requérants peuvent être au bénéfice d’un Permis F pendant 15 ans et qui fait que les patrons au vu d’un statut  infiniment longuement "si précaire" préfèrent ne pas les engager !

Alors maintenant on tente de faire croire  que les étrangers polluent, donc moins d’étrangers moins de pollution. Et si c’était notre politique,  l’agent pathogène qui pourrit l’ambiance et empoisonne l'air , et envenime l’économie et finalement qui se moquent des Suisses et des étrangers ?  

Pour revenir à ce jeune, on fera tout pour qu’il ne soit ni « déporté » ni incarcéré au Centre de détention de  Frambois comme un criminel, ce n’est pas à lui à porter tout seul le poids d’une schizophrénie administrative et de l'incompétence des politiques publiques. 

 Ce  billet n'a pas pour but de faire   appel à votre  compassion, mais à votre  raison ! Ni gauche, ni droite, restons raisonnables et pragmatiques; un peu de bon sens bon sang de bon sang ! 

 

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Photo Andrey Bortnikov (source 123RF Images libres de droit) 

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Commentaires

Ayant accompli mes études à Genève, avec un permis B,C et en tout dernier lieu la nationalité, n'ayant jamais trouvé un poste correspondant aux études, mais ayant travaillé dans le domaine à mon compte, je dois dire que vous avez bien raison de dénoncer cet état de fait.

"perpétuelle litanie « ces étrangers qui ne travaillent pas et qui profitent du système, pendant que nous on bosse comme des cons ! »"

Cette crasse ignorance dont font preuve (désormais) mes propres concitoyens me répugne.

Que ce jeune qu’on appellera Vladimir * est venu en Suisse comme requérant, à l’âge de 19 ans, puisse bénéficier d'une aide, rien de plus normal.
Qu'il puisse rester en Suisse aussi.
Pour qu'il trouve un emploi, il devrait être frontalier ... ou alors être natif d'un pays estampillé UE.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 29/11/2014

Cette effarante situation que vous décrivez comme elle se présente est inacceptable. La loi l'exige-t-elle vraiment? Sans doute la permet-elle, tous en réservant des solutions alternatives, comme la plupart des disposition de cet infernal "droit des étrangers".
L'administration la veut-elle? Sans doute même pas. Mais veut-elle quelquue chose?
Un climat bien plus étouffant que le stratus impose cette réalité, il faut le dissiper, il faut se mobiliser,et c'est plus facile à dire qu'à faire, mais est-ce que cela ne peut pas se faire?
Alors solidarité avec Vladimir*, et vivement le retour des beaux jours!

Écrit par : Karl Grünberg | 29/11/2014

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