02/08/2014

UN CHAT DANOIS

image.jpgBruxelles, Londres, Copenhague, je réserve des logements via AirBnB, c'est une autre façon de voyager, on se retrouve plongés dans l'univers des logeurs en un rien de temps.

Moins impersonnel qu'un accueil à l'hôtel, les frigos sont généreusement remplis en prévision de votre arrivée, les propriétaires se plient en quatre pour vous accueillir. A l'heure où je vous écris, je me trouve à Copenhague chez un musicien et parfois il arrive des surprises.

 Nous sommes bien arrivées à Copenhague, après avoir suivi rigoureusement le plan, avoir pris le métro, marché dix bonnes minutes, être parvenues dans une longue allée bordée de jolies maisons en bois, colorées, devant lesquelles de petits jardins bien entretenus s'exposent à la vue du promeneur.

Puis, enfin notre maison, certes plus belle que les autres avec son pommier surchargé de fruits murs qui s'éparpillent en tombant tout autour de l'arbre. Le chat, Soja, nous accueille, son poil soyeux noir et ses yeux verts lui donneraient des airs de petite panthère indocile. Nous entrons par le vestibule de l'entrée principale, la clé a été cachée près de la porte, nous déposons, les bras fatigués, nos bagages, visitons, enchantées les lieux, larges et lumineux.

Pieds nus sortons sur la terrasse admirer le jardin, le chat sans doute habitué à vivre dedans tente de s'engouffrer à l'intérieur, pour l'en empêcher nous tirons la baie vitrée dont la serrure lentement, de manière inexorable se ferme. La porte d'entrée fermée à clé par mes bons soins, nous voilà prises au piège avec l'impossibilité d'entrer dans la maison.

Nous faisons le tour de l'habitation, en vain, toutes les fenêtres sont closes, le balcon de la chambre inaccessible, tous les voisins ne parlent pratiquement que le Danois , la nuit tombe, le chat heureux d'être en si bonne compagnie, se love contre nos jambes, ronronnant tant et plus. Une expérience inédite en terre inconnue! Fort heureusement, nous avions la tablette déjà connectée sur la wi-fi ce qui m'a permis d'envoyer aussitôt un email au propriétaire, en vacances à quelque part en Suède où il s'y est rendu à bicyclette.

Un mot laconique: "Cher Jens, nous sommes bien arrivées, la maison est adorable, petit hic, nous sommes enfermées dehors!" Moins de dix minutes plus tard une sirène danoise, grande blonde, cheveux aux vents arrive en pédalant à toute pompe, en riant et à trois nous poussons pareils à des forçats sur la grande vitre et finalement après deux tentatives avortées,  parvenons à l'ouvrir.

Après trois jours,  mon logeur fait un saut chez lui pour y récupérer ses habits car il doit se rendre à un mariage d'amis, en sirotant le café, il me raconte l'histoire de son grand-père fou; un noble qui avait pour habitude lorsqu'il était éméché d'entrer nu, assis sur son cheval dans leur grande demeure et d'y frapper quiconque avait le malheur de le croiser, enfants et servantes tremblaient de peur devant lui. Plus tard, il se pendra. Ses sept enfants s'éparpilleront alors dont l'aîné en Australie, il devient paysan et après quelques années de sang et de sueur ne voilà-t-il pas ô miracle qu'il découvre de l'or et devient richissime, au musicien de conclure "Mon oncle d'Australie".

En l'écoutant, je songe au philosophe danois Søren Kierkegaard et au sens du désespoir contre lequel un seul remède, un rire immense qui emplit le vide de nos existences d'un semblant de vie! "De omnibus dubitandum est"

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Commentaires

Santé, Roland !

Écrit par : Roland | 15/08/2014

Très joli journal de voyage.

Écrit par : Ambre | 25/08/2014

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