20/07/2014

Salon de l’Hôpital Cantonal : jamais sans mon coiffeur !

image.jpgA la lecture dans la presse de la fermeture du salon de coiffure de l’Hôpital cantonal, un vieux souvenir m’est remonté à la surface. Il y a quelques années alors que je rendais visite à une parente, en face de son lit se trouvait , couchée, une minuscule petite dame, menue et délicate, en grande conversation avec le médecin et qui se lamentait :

-  Je veux bien aller au salon de coiffure en bas de l’hôpital mais si c’est pour me retrouver avec des cheveux rouges et mes frisettes brûlées,  il n’en est pas question et mon petit coiffeur qui lui, a l’habitude des mes cheveux  est à deux pas d’ici. Et je n’en ai plus beaucoup, regardez par vous-même !  En disant cela elle montrait ses cheveux en tirant dessus et prenait un air dépité. 

 

Et le médecin d’expliquer que dans son état, il n’était pas recommandé de quitter les lieux.

Ne tenant pas compte des recommandations, une fois par semaine, la  dame, de connivence avec son coiffeur, l’attendait à la réception, et ils repartaient bras dessus bras dessous et  filaient à l'anglaise pareils à  deux ado fugueurs  vers le salon de coiffure. Elle revenait alors victorieuse, la permanente impeccable, même quelques boucles impertinentes parvenaient encore à se glisser derrière les petites oreilles. Elle remontait, à pas de souris,  en catimini se glissait dans son lit d’hôpital et allongée, encore un peu essoufflée de tant d'effort, la tête posée  contre l’oreiller, trônait fière et heureuse de se sentir si belle.

Le médecin ne se doutait de rien et la voyant ainsi,  souvent il la  complimentait , lors d’une de ses visites  :

-       Eh ! bien vous voyez que le Salon de Coiffure est parfait , votre coupe vous sied à merveille !

Toute rougissante sous l’effet du compliment, elle ne pouvait alors de  s’empêcher  de sourire avec ce petit air rebelle  qui lui donnait des airs de jeune fille.

En-dehors de  cette anecdote, pour des malades, l’image de soi est importante,  déjà affaiblis, une confiance en soi déjà réduite par la maladie,  leur offrir la possibilité  de bien se présenter et  se sentir mieux dans leur apparence aide au moral des personnes atteintes dans leur santé. 

Preuve en est, cette dame qui au péril de sa vie était prête à braver tous les interdits pour se refaire une beauté ! 

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