29/06/2014

Tokyo - un homme s'immole

Le Japon n'avait plus vu cela depuis des décennies, malgré le temps passé et féodal des hara-kiri. Un homme dans la soixantaine, par un dimanche ensoleillé , à l'heure de forte affluence, s'installe sur un tapis en haut d'un parapet, vêtu d'un costume et d'une cravate brandissant un mégaphone pour expliquer son geste et rappeler le rôle  du Japon dans une  guerre américaine au  Viet-Nâm, puis il s'arrose d'essence et s'allume, aussitôt transformé en torche vivante.  Transporté à l'hôpital, l'homme gravement brûlé est entre la vie et la mort.

Un geste d'une violence inouïe pour dénoncer  la proposition du cabinet ministériel,  en la personne de Shinzo  Abe de réintroduire "l'auto- défense collective", invoquant la nécessité de permettre au  Japon de se défendre. A présent, elle n'était engagée que dans des actions pacifiques du style UN Peacekeeping.   Cette décision lui permettra de jouer un rôle plus important dans la région, notamment assurer une présence croissante face à la Chine qui traverse le ciel japonais au moyen de ses avions de combat, s'opposer à la Corée du Nord qui fait ses essais nucléaires dans la mer du Japon et accessoirement , servir les intérêts des Américains dans la région.  Le Japon, comme arrière-base d'une  Amérique désireuse d'imposer sa présence et jouer les gendarmes, aussi bien en  Asie-Pacifique qu'en Asie du Sud-Est. Les Japonais craignent  le retour du "get an inch and take a mile."

A l'heure où je vous écris, nous ne savons pas grand chose sur cet homme désespéré, si ce n'est qu'il sera fortement amendé pour trouble de l'ordre public, mise en danger de la vie d'autrui,   déprédation de la propriété privée et acte de pyromanie.  Un internaute soulignait avec sagacité que se rater au Japon ne pardonnait pas. 

 

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22/06/2014

L’altérité, à l’origine du monde

4081399377.jpgJean-Michel Oughourlian,  neuropsychiatre à l’Hôpital américain de Neuilly et ancien professeur de psychopathologie à la Sorbonne  nous offre un troisième cerveau. Après le premier cerveau, siège du raisonnement et de l’intelligence, le deuxième cerveau émotionnel, enfin on en découvre un troisième qui régit les deux premiers et dit cerveau mimétique. Une révolution, sans doute la plus grande révolution psychologique du XXème siècle, les recherches ont débuté dans les années 90, elle  nous impose une nouvelle interprétation du monde. « Les neurones miroirs sont à la psychologie, ce que l’ADN est à la biologie » selon un grand chercheur en neurosciences.

L’altérité structure notre comportement, elle est constitutive de nos comportements. à travers ces neurones  miroirs caractérisés par leur capacité à réagir aux actions et aux intentions d’une autre personne, notre inter-dépendance est indissociable de tout mécanisme identitaire:  Moi, est un autre  et l’autre participe à ma construction  !

Pour exemple , un mari regarde avec ennui son épouse, un deuxième homme arrive et observe avec des yeux émerveillés sa femme, automatiquement le désir du mari sera réactivé. Le désir par mimétisme, crée le désir. 

Un effet miroir qui montre que les mêmes zones sont activées dans le cerveau de celui qui fait une action et dans le cerveau de celui qui l’observe. 

Pour s’adresser à ce cerveau nous ne disposons que de nous-même. Le désir qui nous anime est le fait du désir de l’autre, on désire par mimétisme. Le neurone est miroir de l’autre, et à notre grand bonheur une machine ne peut en aucun cas remplacer l’autre,  l’effet n’aura pas lieu. Ceci ne se réalise qu’entre humains. Certains animaux comme les singes grâce à leurs neurones miroir, chez les macaques particulièrement, reproduisent ce qu’ils voient faire chez les humains, mais rarement en sens inverse.

Empathie,  compréhension intuitive, infra verbale, les hommes communiquent entre eux de manière intuitive d’abord avant de rationaliser.  Les autistes n’auraient pas de neurones  miroir ou ils seraient en déficit.

L’empathie est à l’origine de cette propriété mimétique, un processus qui permet d’entrer dans l’autre et de ressentir ce qu’il ressent, de désirer ce qu’il désire. Un troisième cerveau qui nous permet de vivre ensemble, Le troisième cerveau, note Oughourlian, nous a appris l’importance décisive de la réciprocité. Le sourire, l’amabilité, la politesse, dit-il, entraînent en général une attitude en miroir rendant possible sinon agréable la vie en société.

 Pour  Oughourlian, le malheur de la condition humaine réside dans la difficulté à accepter l’altérité de son propre être, à accepter que le moi est un “autre”, et que cet autre qui me constitue m’est antérieur (…) L’histoire de l’humanité et l’histoire de chacun de nous est celle de nos révoltes contre la reconnaissance de cette altérité, celle de la revendication de notre originalité, de notre antériorité et de la priorité de notre désir sur celui de l’autre qui l’a inspiré, induit, suscité, créé. »

 

Seul un processus long et individuel de reconnaissance de cette altérité conduira à un monde plus sage.


Interview de Jean-Michel Oughourlian  sur France Inter, émission La tête au carré

Le Troisième cerveau 


Notre troisième cerveau de Jean-Michel Oughourlian, édition Albin Michel, 2013 

 

 

18/06/2014

ECRITS NON VAINS

10441164_10204286650115414_7056069404070173048_n.jpgLes écrivains en ont assez des réponses standard et quand on daigne  se donner la peine de leur en fournir  une.  Des missives  laconiques, tristes comme un jour sans pain, du plus mauvais style, pour illustration  : « Veuillez nous envoyer des timbres avec une enveloppe retour afin qu’on vous renvoie votre manuscrit, au cas contraire, au-delà de quatre mois, nous serons dans l’obligation de le jeter. Chaque mois, nous recevons plus de 500 manuscrits et vous comprenez bien que blablablablabla …»

Alors pour que les écrits ne soient pas vains, las des difficultés rencontrées par les auteurs, Jean Michel Gautier a décidé de prendre les livres par la main et de fonder un site coopératif pour auteurs afin de les recevoir, lors d’un Salon national du Livre Libre annuel. Cette année, la deuxième édition  se tiendra, le 21 juin, à Piolenc.

Professeur d’éducation culturelle, professeur de communication, chargé de mission, créateur d’un centre de ressources audiovisuelles. Grand voyageur, critique de théâtre, auteur de romans qui a connu  écueils et remparts  des maisons d’édition parisiennes. Il était indispensable de créer un espace auteur-lecteur et offrir un maximum de visibilité, et Jean Michel n'hésita pas à relever  le défi, pari réussi ! 

L’idée est simple, fallait-il  pour autant y penser. Un site coopératif positionné comme site de référence en matière de vente de livres par internet. Les auteurs doivent s’acquitter des 30 euros annuels, un minimum pour couvrir les frais.  Pour Jean Michel Gautier « chacun doit faire vivre le site commun, c’est le fait d’être ensemble qui crée une dynamique, une énergie commune où chaque auteur a un rôle à jouer et tout à y gagner. »

 Une initiative originale qui mérite chapeau bas !

 

Pour en savoir plus

http://ecrits-non-vains.fr

23:12 | Tags : ecrits non vains, piolenc, jean-michel gautier | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

17/06/2014

LA DICTEE

DSC01915.jpgMami a gagné un prix pour sa dictée ! Mami a gagné des points pour sa  « Passion coupable » !  Enfin éligible pour passer le certificat Voltaire en octobre ou bénéficier d’un cours Voltaire sur internet.

La nouvelle a été twittée, facebookée, whatsAppée, smsée, emailée.  Bref ! de la Chine au Canada, en passant par la Suisse, enfants et petits-enfants se communiquent  la grande nouvelle et la félicitent tant et plus. Mami au scrabble et à la dictée est imbattable !

Mami au faîte de sa gloire nous envoie à tous la fameuse dictée en question. Lors des repas de famille, on va  tous y avoir  droit et enfin pouvoir suer, petits et grands, de 6 à 70 ans, à s’y coller allègrement.

Une dictée qui parle des cheveux orange d’un journaliste dont une enfant avant même qu’elle sût lire couramment, s’enflamme pour ses exploits. Un capitaine qui se saoûlait deux fois plutôt qu’une, et le savant à l’immortel pendule- Mais pendule c’est au féminin ? Pas du tout, un pendule, comme Le pendule de Foucault et ses mouvements oscillatoires  !  Des gnomes bleu ciel , plus tard se sont succédé, puis des détectives, plus volubiles que futés. Les professeurs qui faisaient les quatre cents coups , en tapinois !

Et Tata, tu triches ? Ah ! mais pourquoi tu dis ça ? Tu vois bien que je dois écrire mon billet sur le blog, sur la dictée de Mami. Ma nièce, âgée de  10  ans, réfléchit !  Oui, écrire  sur un blog  sur la dictée,  c’est comme faire la dictée.

Et bien , dans le fond, t’as un peu raison ! C’est de la resquille de mots, mais n’en pipe  mot à quiconque ! Je te soufflerai l’hypothalamus et ses affres, les cyclones dans les microcosmes malgré l’an de grâce. Les balades obsolètes, les chausse-trapes de la vie qui nous dessillent les yeux et nous donnent plus de jugeote,   l’ébouriffant anathème sur les cumulonimbus gris anthracite qui courent dangereusement au-dessus de nos têtes espiègles.

Plus de dictées : Par mots et par vaux

http://www.parmotsetparvaux.fr/dict/dict10.html

 

 

21:17 | Tags : la dictée, le certificat voltaire, cours voltaire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/06/2014

BRUXELLES - Mission impossible pour le Mondial

Des hommes en varappe sur la plus haute boule d'acier, à 92 mètres de haut de l'Atomium, pour y fixer et immortaliser les couleurs du Mondial 2014. Que ne ferait-on pas pour ce plus grand rassemblement mondial ?

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@Djemâa Chraïti

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@Djemâa Chraïti

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14:20 | Tags : mondial 2014, bruxelles, atomium | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

07/06/2014

C’était mieux avant- Le mythe de la génération sacrifiée

c-etait-mieux-avant-le-syndrome-du-retroviseur-patrick-nussbaum-gregoire-evequoz-9782828914141.gifNous avons tous entendu un jour ou l’autre ces assertions amères  : "Les pauvres jeunes d’aujourd’hui, quand je pense à mon époque on fricotait joyeusement sans se soucier du Sida, on partait à l’aventure au petit bonheur la chance sans craindre pour sa vie  » ou « de mon temps, tu cherchais un boulot, le vendredi, le lundi matin t’étais en poste, t’avais l’embarras du choix, et ce sont les patrons qui n’avaient qu’à se tenir à carreau, sinon on partait voir ailleurs si l’herbe y était plus verte ! » - « Plus de boulot, plus de logement, la planète est pourrie ! » Qu’est-ce qu’on leur a laissé comme héritage à ces jeunes ?  Mais qu’est-ce qu’on a fait ?

"C’était mieux avant ou le syndrome du rétroviseur" des deux auteurs Patrick Nussbaum et Grégoire Evéquoz répond en partie à cette  nostalgie du passé, récurrente à toute époque et celle-là même qui faisait dire,  dès 1797,  à  Chateaubriand dans son Essai historique :  « Nous avons le malheur d’être nés au moment d’une de ces grandes révolutions : quel qu’en soit le résultat, …la génération présente est perdue. « . Cette corrélation étroite entre la révolution et la génération sacrifiée présuppose que le changement est vécu comme source de rupture inéluctable.

Les jeunes sont embarqués dans le mouvement nostalgique de leurs parents et qui les touchent de manière particulière. Ils reprennent le discours des anciens teintés d’une nostalgie historique  tout en restant orientés vers l’avenir, et donc  vers l’espoir.

La publicité se réapproprie le thème du « c’était mieux avant » et lance des produits des  sixties,  et seventies avec pour slogan : »Retour en enfance » mais qui touche davantage des jeunes qui n’ont pas eu cette enfance-là, plutôt celle idéalisée de  leurs parents.

 

Les générations se côtoient, cinq parfois simultanément : les vétérans, les baby-boomers, les « X ». les « Y », les « Z » surnommés les « digital natives » ou génération « zapping ». Tous différents, les révolutions soit historiques, soit techniques sont derrière  chacune d’elles. Fini le temps de la reconnaissance professionnelle,du travail pour la vie. Les membres de la génération "Y" privilégient l’amour, le « tout de suite », les loisirs et qui fait dire aux responsables de ressources humaines : "Les jeunes, ils ne veulent plus bosser.  Ils ne pensent qu’aux loisirs ! » alors qu’en réalité cette génération travaille différemment et s’investit autrement. De tous temps on a critiqué les jeunes, même un Platon ou un Hérodote ou un Hésiode s’en sont plaint amèrement. « Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux » inscription ô combien significative sur une poterie datant de 3'000 ans avant Jésus-Christ.

 Un sondage montre  que 70% des jeunes sont pessimistes,  raisons mises  en cause : chômage, montée des extrêmes, augmentation des impôts, insécurité, changements climatiques, difficulté de se loger, etc.  Logement et emploi tiennent le pompon des craintes et des raisons d’être pessimistes.  Convaincu que c’était mieux avant, un jeune clame qu’ils sont une génération sacrifiée et d’affirmer : »Nos parents ont vécu les Trente glorieuses, nous allons vivre les dix pourries. »

Toutefois, lorsque l’enquête porte sur leur avenir personnel et leur propre situation, ils sont plus de 70% à être optimistes sur leur épanouissement et 60% sur leurs perspectives professionnelles, en particulier.  En conclusion, ils sont peu confiants en l’avenir de la société, mais confiants en leur avenir personnel et ils ont l’intime conviction qu’ils vont s’en sortir.

La jeunesse reste optimiste pour son avenir, loin du syndrome du rétroviseur. Alors qui doit changer la donne ? Sans doute l’ancienne génération en plein désarroi qui culpabilise tandis qu’en réalité, les jeunes seraient davantage préparés à la crise, mieux formés, désireux de prendre leur temps, plus entreprenants et créatifs, avec un meilleur sens de l’adaptation et une meilleure connaissance de soi , plus sensibles à l’écologie. 

Qui est vraiment sacrifié dans l’affaire, les anciennes générations qui peinent à retenir  le temps qui leur file entre les doigts ? S’accrocher au passé est une autre façon de s’accrocher la vie et retenir le temps qui court.

C’était mieux avant ou le syndrome du rétroviseur  de Patrick Nussbaum et Grégoire Evéquoz – Editions Favre SA – mars 2014 

Suivre l’émission rtl.fr du 27/05/2014 « On est fait pour s’entendre » de Flavie Flament , un témoignage d’une grand-mère enthousiaste sur notre époque. 

21:03 | Tags : génération sacrifiée, x, y, z, syndrome du rétroviseur, rtl | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | |