28/05/2014

Tunisie -Selfies Poubella pour dénoncer la saleté du pays

Pas très glamour mais efficace comme message qui fait actuellement le tour du  monde.  Alors que la Ministre du tourisme présente son selfie dans une salle de bain chic d'une maison d'hôte, le peuple, lui montre le revers de la médaille et propose à tout un chacun de faire son selfie devant les ordures qui jonchent la Tunisie.

Un pays qui croule sous les déchets, à la chaleur et la pollution viendra s'ajouter la puanteur. Une dénonciation originale lancée par Tunisiens  qui continuent à en avoir assez de ce pays en déliquescence  où le gouvernement est incapable de mener à bout, une mission aussi  simple et efficace que celle de  garantir la propreté du pays combinée à une large information pour que chacun participe aussi à cet  effort commun.

Le gouvernement avait annoncé une cinquantaine d'actions qui tardent à venir. Des citoyens ont décidé de prendre leur destin en main et se sont mis à nettoyer leur ville, Comme à Omm Laarayès ou Redeyef.  Une plateforme participative a été créée "Mrigla" pour répertorier les quartiers les plus sales (mrigla.com) .  

Un petit tour du  côté du Rwanda pour voir à quoi ressemble un pays clean  serait le bienvenu;  les sachets en plastique y sont formellement interdits !

A vos Selfies!! Hashtags: #SelfiePoubella + #NomQuartier sur FB Selfi Poubella

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 Djerba la Douce : un désastre écologique

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Même les touristes s'y mettent - Karlheinz Blaull en vacances à Houmt Souk (Djerba) 

 

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27/05/2014

C’était mieux avant – Tout fout le camp, même l’orthographe !

images.jpegDe mon temps, je m’en souviens comme si c’était hier, tous les jours, sans exception, on avait droit à la dictée et les punitions qui consistaient à recopier des pages et des pages de Balzac ou de Victor Hugo ; la page inondée de larmes sur les Misérables.

Aujourd’hui,  lorsque je lis des SMS, mon échine se rigidifie, les cheveux se dressent sur la tête, et je décrypte tant bien que mal la nouvelle langue et finis par lâcher : « L’s tomB » les jeunes ne savent plus écrire.

 Un essai  « C’était mieux avant » ou le syndrome du rétroviseur écrit à deux mains par Patrick Nussbaum et Grégoire Evéquoz, le premier politologue et  le second psychologue,  apporte un éclairage intéressant et explique de manière simple un phénomène qui nous frappe de plein fouet sous les traits de la nostalgie. 

 

Qu’est-ce qui se cache derrière la nostalgie de l’exaltation post-soixante huitarde ?  Avec l’orthographe, c’est une ère qui est passée. Peu à peu, on s’est tricoté des regrets jusqu’à plus soif d’un monde qu’on a aimé et qui nous échappe. Avec la rengaine du qu’allons-nous laisser à nos enfants derrière ?

 

L’orthographe cristallise parfaitement cette dichotomie;  ce fossé qui ne cesse de se creuser entre hier et aujourd’hui.  Une orthographe sacrée et totalement désacralisée, avant il suffisait de lire une lettre pour placer son auteur dans la  catégorie sociale à laquelle il s’apparentait.

Fort de ce constat, il est nécessaire de se demander si l’orthographe est-elle  modernisable ? La technologie y répond largement, chats, Twitter, Facebook, sms, Whatsup ont  réinventé le langage, la façon d’écrire et de s’exprimer. Derrière la nostalgie, se cache la difficulté d’intégrer la révolution, une révolution numérique qui a explosé les schémas classiques et ce n’est pas tant ce changement qui fait souffrir plutôt qu’une évolution vers un nouveau monde ; celui du numérique et des nouvelles technologies qui font que tout va plus vite, le temps vous glisse entre les doigts, les choses se réalisent  trois fois plus vite. Des repères explosés par l’arrivée d’outils performants qui permettent aux humains le dédoublement et créer « une humanité hybridée »,  un mariage inévitable entre la machine et l’homme.

Selon  Francis Jutang, cité dans la Métamorphose numérique:   « Nous sommes à l’amorce d’une bifurcation ( …) qui demande de réinterroger les fondements de l’être et de la société, de chercher le sens du projet humain au cœur de la métamorphose numérique, et d’utiliser le potentiel de coévolution entre l’homme et ce tissu numérique intelligent, ainsi qu’entre l’homme et la nature, pour permettre à 10 milliards  d’humains de partager leur terre, d’y prospérer et d’y créer. »

 Ça vaut bien quelques fautes d’orthographe, n’est-ce pas  !

 

 Prochain billet « Le Mythe de la génération sacrifiée « 

 

C’était mieux avant ou le syndrome du rétroviseur  de Patrick Nussbaum et Grégoire Evéquoz – Editions Favre SA – mars 2014 

25/05/2014

L'orgasme extatique du cachalot

images.jpegEn discutant avec un chirurgien genevois, passionné de plongée en apnée, il racontait avoir atteint les 48 mètres et cela sans respirer durant 5 minutes. La préparation physique et mentale, le contrôle sur soi, le travail de maîtrise qu’il faut développer peu à peu, un apprentissage étroit sur soi-même et en parallèle, une incursion insoupçonnée,  à l'intérieur de soi, à la découverte toujours surprenante de ce dont on est capable et des limites dues à nos peurs, parfois enfantines et toujours irrationnelles.  Il racontait qu’en réalité, au-delà de la plongée, on finit par être confronté à une quête de soi qui ouvre des horizons nouveaux sur de multiples infinis qui nous habitent et dont on ignore tout.

 

Hors ces considérations existentielles, toute une chimie se met en branle, l’effet narcotique de l’azote en plongée crée une espèce d’euphorie durant laquelle une sensation de bien-être vous envahit, entre 10 et 30 mètres on parle d’euphorie, entre 30 et 50 mètre, d'hilarité;    on rit en développant une confiance excessive en soi. Au-delà, les effets peuvent être moins euphoriques et plutôt angoissants.  Tout l’organisme s’adapte et offre des réponse physiologiques à cet environnement nouveau entraînant aussi des adaptations physio- pathologiques du système cardio-respiratoire.

Le cachalot, lui, peut plonger jusqu’à plus de 1'000 mètres de profondeur sans respirer pendant une heure, les éléphants de mer, eux, sont capables de tenir deux heures, ce qui leur valent le titre de maîtres des profondeurs. Chez certains phocidés, le  rythme cardiaque accomplit un saut gigantesque  et passe de 120 battements minute, à 4 en plongée.

Le débit sanguin est réduit, l’oxygène ne se répartit plus que dans certaines parties du corps bien que la pression artérielle reste constante.  Un métabolisme totalement modifié que peuvent subir les mammifères marins contrairement aux humains.

Il est intéressant d’imaginer cette euphorie constante du cachalot, qui lentement fraie les eaux, sans précipitation, dignement, il donne à ses mouvements des allures royales tandis que l’ivresse des profondeurs le laisse béat, un carpe diem marin, les sens en turgescence;  l’éternelle  béatitude dont on rêve tous.

Parfois, on se surprendrait à désirer vivre  l’extase du cachalot, insouciant et solitaire,  planqué tout au fond, dans les profondeurs abyssales,  se laissant dériver lentement;  bercé par les courants marins, dans un silence absolu, à l’exception des battements de son cœur qui résonnent en lui, lents et réguliers.

La vie orgasmique et extatique d’un cachalot fera, sans doute, plus d’un jaloux.

 

09:46 | Tags : cachalot, plongée en apnée | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

17/05/2014

INTERPOL POUR LES DISTRAITS

DownloadedFile.jpegMa conviction, qu'il y a  des anges pour les distraits, a été fortement ébranlée,  il y a deux semaines.  Un doute existentiel m’a saisie brusquement lorsque je me suis retrouvée plantée au commissariat de police des frontières de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle.

L’affaire en soi paraît  anodine.  L’été passé, ma fille croit avoir égaré son passeport suisse, nous lui en faisons établir  un nouveau et déclarons le sien perdu. Il y trois  mois, le fameux « perdu » est retrouvé. Je le glisse dans un tiroir, en me disant qu’il faudra le déclarer retrouvé. Et naturellement, distraite, sans m’en rendre compte, je pars en voyage avec le fameux passeport perdu et retrouvé et  dont la date était  toujours valable ce qui a notamment prêté à confusion. 

 

Douane suisse, pas de problème. Arrivées à Charles de Gaulle,  une policière contrôle, nous tend les passeports et tout à coup l’ordinateur semble retenir son attention.  La policière dont le visage se ferme pareil à une armoire frigorifique  termine par un sévère : "Veuillez me suivre ! "

 

Nous voilà, ma fille, son amie âgée aussi de 13 ans et détentrice d’un passeport américain au commissariat qui se trouve au cœur de l’aéroport. Contrôle d’identité, je dois prouver être la mère et elle vérifie bien que ce ne soit pas un kidnapping d’enfant. Ce qui était à prévoir, s’est produit, et cela en toute logique,  elle retient le passeport. Du coup, on ne  plus continuer vers le Québec et on manque le vol. Quand bien même, je lui montre sur mon Iphone la copie du vrai passeport et que celui-ci est bien valable, rien n'y fait _"Il faut le document original papier ! insiste-t-elle, - pour la dématérialisation des documents d'identité,  à mon avis ce ne sera qu'une affaire de deux ou trois ans. 

Deux heures et demie plus tard, nous sommes toujours au commissariat, les deux  enfants consolent un clandestin qui pleure en lui tendant un mouchoir.  Notre invitée trouve passionnant de commencer les vacances dans un  commissariat : »ça, c’est de l’aventure !  dit-elle, réjouie.

Un policier siffle le jeune sud américain qui ne parle que l’espagnol  pour qu’il se lève et se dirige vers une salle. Les adolescentes en ébullition commencent à se révolter.

Pendant ce temps, dans un autre bureau, la policière se bat avec le formulaire en ligne d’Interpol. Je me penche vers elle et découvre ledit formulaire, à choix : »auto-stoppeur, retraité, mineur, clandestin, décédé ! »- Je l’interroge à brûle pourpoint :

-  Madame, il y a des morts qui font des déclaration  au poste de police ? La mention « décédé » m’interpelle vraiment;  j’imagine, une armée de fantômes envahir le commissariat tandis que je replonge mon nez dans les poèmes  de Thomas Bernhard du recueil  « Sur la terre comme en enfer «  et me concentre particulièrement sur le poème « les errants » et  leurs jambes torses, tous inscrits sous la rubrique « décédé » d’Interpol.

 

 Dans le fond de la pièce,  un jeune policier, suit à ma question,  rit : « on voit de tout ici, même un homme  est venu déclarer le vol de sa livraison de drogue ! »

Un  policier dessine un schéma à deux autres qui se penchent dessus, et il explique :

- L’arnaque est simple,  une femme vend son sac à 200 euros, un gars la court-circuite et met le prix à 400 euros et donne son compte bancaire à lui……….etc.  Ils analysent le cas, longuement,  tandis que la policière se bat avec le formulaire Interpol.

Finalement, on ressort un peu secouées : "où sont les bagages? Où est le bureau Air France? Tranquillement, il n'y a plus besoin de se presser, l'avion étantt parti sans nous,  on cherche l'agence.  

En conclusion, j’ai récupéré le nouveau passeport de ma fille apporté d’urgence  de Genève par son père.  Air France m’a exceptionnellement fait une fleur en me réservant un vol pour le lendemain,  à bas prix.

 

La morale de l’histoire « TOUJOURS RAMENER UNE PIECE D’IDENDITE DECLAREE PERDUE ET RETROUVEE AU SERVICE DES PASSEPORTS »

 

 

 

10/05/2014

L'incendie

images.jpgMontréal, janvier 1965 - Un blizzard secouait sans interruption la porte d'entrée comme si quelqu'un voulait absolument entrer, à force d'acharnement, tandis que tous dormaient paisiblement, dans l'humble logis ; une mère de famille et ses 5 enfants. Quelques jours auparavant, aux alentours du 27 décembre 1964, la maman fit appel à l'électricien qui devait réparer le tableau électrique qui surchauffait dangereusement avec ses grésillements et ses étincelles pétaradantes. Il promit de venir, mais seulement après les fêtes.

 

Or, le tableau n'attendit pas sa venue pour prendre feu et se transformer en brasier incandescent , flammes échevelées prises de folies et qui se mirent à courir et se répandre derrière la paroi en bois attenante aux chambres où tous dormaient. Eveillée par la forte odeur de cramé et la fumée déjà présente dans toute la chambrée, la maman secoua le dernier enfant, alors âgé de 15 ans et d'un ton calme et posé lui demanda d'appeler les pompiers.

 En quelques enjambées , le jeune atteint une borne rouge située sur le trottoir, à l'angle de la rue et dont il fallait casser la petite vitre pour appuyer sur le bouton d'alarme directement relié à la caserne des pompiers,  très proche du lieu de l'incendie. Cinq minutes passèrent, longues et infinies, et le jeune au comble de l'angoisse, ne voit toujours  personne venir, à ce moment passe une voiture de police, les agents l'interpellent : »Petit, c'est chez toi que ça brûle ? Monte donc dans la voiture !"

En parvenant chez lui, moins de sept minutes après son départ, il réalise que tout a flambé, qu'il est impossible de rentrer dans la maison et que nul n'a réchappé de l'incendie. L'enfant voit sa vie s'effondrer, partie en flammes, explosée en mille craquement, emportée par des volutes épaisses et tournoyantes dans un ciel noir d'une nuit glaciale d'un cruel mois de janvier. Tout, absolument tout est parti en cendres. 

 

27 ans plus tard, en 1992, l'enfant devenu adulte et alcoolique décide de participer à une première réunion des AA (Alcooliques Anonymes). On lui jure que c'est le meilleur groupe du monde. Il s'assied en insistant sur le fait de simplement vouloir assister sans être forcé d'intervenir. L'animatrice lui indique que le créateur de ce groupe est le meilleur des hommes et dont l'histoire est  incroyable. 

Un grand gaillard, les épaules voûtées, prend place devant le petit auditoire et explique comment il a décidé d'arrêter de boire :
- « c'était par une nuit de janvier en 1964, nous étions tous fin torchés, lorsque l'alarme retentit dans la caserne, nous étions ivres et pour la plupart profondément endormis. Nous n'y sommes pas allés, même si on avait voulu, nous en aurions été  incapables !  !Quelques heures plus tard, on apprit qu'une mère de famille et 4 enfants étaient morts dans l'incendie, depuis ce jour-là, j'ai décidé de ne plus toucher à une goutte d'alcool. « 

Salve d'applaudissements, l'animatrice présente le nouveau qui très pâle se lève, chancelant, fait face à l'auditoire, il se retourne vers l'orateur et annonce qu'il est devenu alcoolique depuis une nuit de janvier 1965, lorsque sa mère,  ses frères et soeurs brûlèrent dans un incendie et que les pompiers ne vinrent jamais.

L'ancien pompier est alors pris de malaise, sa femme, assise à côté de lui doit le soutenir, il est à deux doigts de s'évanouir. Très émus, les deux hommes s'embrassent en pleurant, deux alcooliques anonymes qui trouvèrent la force de combattre leur démon et faire face chacun au drame de sa propre vie.


L'homme déclara qu'à partir de cet instant, il se sentit entièrement libéré grâce au témoignage du  pompier , d'une profonde et insoutenable culpabilité, car il s'était toujours cru coupable de la mort de ses proches. Il passa des années à se dire qu'il n'avait peut-être pas appuyé suffisamment fort sur le bouton ou qu'il avait oublié de faire quelque chose de particulier et indispensable dans ces cas-là. Non seulement, il quittait l'alcool mais laissait aussi définitivement derrière lui, la culpabilité destructrice d'avoir été responsable de leur mort.

 

A chaque fête des Mères, l' homme raconte son histoire et se dit que sa mère aurait été heureuse de savoir qu'il avait su pardonner. Elle aurait été, sans doute,  fière de lui.  

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07/05/2014

Québec- Les tigres du Bengale

 

tigre-du-bengale-gros-plan.jpgIci au Québec, je ne m’attendais pas  à entendre parler autant d’affaires de tigres du Bengale.

Yvon, crooner de 64 ans, autrefois très célèbre, chauffeur de taxi à ses heures et  régulièrement présent sur l’émission de radio 1570 am  de Montréal, me raconte avec brio l’histoire des tigres échappés du Parc Safari.

 

C’était en 1971- Un matin, il bricolait  dans le moteur de sa voiture et dans la « brumante »  du matin, à ct’heure où y a encore personne et quand il fait encore frette, il lui semble apercevoir les vaches de son voisin, le fermier Menard. "Elles ont l’air d’avoir l’échine bien basse", se dit-il, en observant deux  paires d’yeux briller intensément dans  la lumière naissante de l’aube.

Pantoute ! Ce ne sont absolument pas les vaches de Adrien Menard , mais deux tigres !  Il se souvenait du « wanted"  de 6 tigres échappés du Parc  ,  quatre avaient déjà été retrouvés et donc, en toute logique, les deux manquants se trouvaient, là,  précisément en face de lui, entrain de le fixer, immobiles et impassibles. Il ne prit pas le temps de refermer le capot de la voiture, mais recula  lentement, à pas de  loup, tout en les ouatchant, jusqu’à enfin s’engouffrer chez lui et refermer la porte précipitemment, en poussant un gros soupir de soulagement après avoir méchamment toffé. Après un coup de fil au Parc Safari , du type  : « Vous auriez pas perdu quelque chose ?  Au lieu de vous pogner le cul, vous pourriez bien vous ramener dare-dare  » - Le personnel du Zoo viendra les rechercher et Yvon  recevra 200 dollars canadiens par tigre.

 

Quelques années plus tard, une autre histoire  canadienne, de  camionnette volée avec un tigre du Bengale et deux dromadaires du Zoo de Bowmanville,  à l’intérieur, prêtés pour le tournage de films. Les voleurs ne soupçonnaient pas leur prise, un peu confus, ils prendront un jour plus tard,  la poudre d’escampette et laisseront leur butin à qui voudra bien le récupérer.

 

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02/05/2014

Les Micmacs - Chasseurs de rêves

071226044004181071549363.jpgEn plein coeur de la  Gaspésie, la plus ancienne région du Québec,  presque aussi  grande  que la Suisse,  par un froid pas trop intense avoisinant les 3 degrés, la neige commence à fondre par endroits, j`observe les  pêcheurs lancer,- rituel qui a lieu une fois l`an, - leurs centaines de cages remplies d`appâts sous la forme de petits poissons, autour du Rocher Percé, pour les remonter au 1er juillet avec de gros poissons restés captifs à  l`intérieur.

Le ballet des vols de canards et oiseaux migrateurs qui reviennent de leur longue pérégrination est saisissant, au­-dessus des lacs et de l`Océan Atlantique ce sont des figures aériennes  qui feraient pâlir   de jalousie   le meilleur chorégraphe  du monde.  Un ciel couleur plomb anthracite épouse le fleuve Saint- Laurent d`un blanc laiteux,  à l`horizon duquel se démarque une bande bleutée;  sapins alignés formant un trait longiligne parfait que des  pointillés de blanc neigeux viennent rehausser d`une nuance particulière.

A Listiguj, se trouve une petite communauté amérindienne de Micmacs dont l`intelligence et la capacité à tromper l`ennemi en ont  fait une expression pas très glorieuse à leur encontre et pourtant qui rappelle de grands traits de caractère. 

Leurs capteurs de rêves retiennent  longuement l`attention, à part l`objet artisanal de facture intéressante, c`est  sa signification qui mérite notre intérêt.

Une toile tissée qui a pour but de retenir les bons rêves et de leur donner des ailes et retenir et  chasser les mauvais. La légende des Micmacs raconte que la toile permet de montrer aussi le  travail des araignées et cesser de les craindre, car elles permettent de filtrer nos rêves et leur travail est donc utile.

Une toile fine au tissage complexe, facon singulière de faire passer un message ancestral et pourtant encore  vrai  :"Nourris toi de tes rêves et garde-les précieusement, rejette tout ce qui est mauvais et écarte-le. Garde ce qui te donne des ailes et chéris-le sans jamais y renoncer.

 

Une sagesse amérindienne bonne à prendre en ces temps de doutes où ce sont les rêves qui manquent cruellement et la force d`y croire. Pour le long voyage de la vie, il est préférable de remplir ses bagages de rêves. 

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17:23 | Tags : gaspésie, micmacs, amérindiens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |