27/05/2014

C’était mieux avant – Tout fout le camp, même l’orthographe !

images.jpegDe mon temps, je m’en souviens comme si c’était hier, tous les jours, sans exception, on avait droit à la dictée et les punitions qui consistaient à recopier des pages et des pages de Balzac ou de Victor Hugo ; la page inondée de larmes sur les Misérables.

Aujourd’hui,  lorsque je lis des SMS, mon échine se rigidifie, les cheveux se dressent sur la tête, et je décrypte tant bien que mal la nouvelle langue et finis par lâcher : « L’s tomB » les jeunes ne savent plus écrire.

 Un essai  « C’était mieux avant » ou le syndrome du rétroviseur écrit à deux mains par Patrick Nussbaum et Grégoire Evéquoz, le premier politologue et  le second psychologue,  apporte un éclairage intéressant et explique de manière simple un phénomène qui nous frappe de plein fouet sous les traits de la nostalgie. 

 

Qu’est-ce qui se cache derrière la nostalgie de l’exaltation post-soixante huitarde ?  Avec l’orthographe, c’est une ère qui est passée. Peu à peu, on s’est tricoté des regrets jusqu’à plus soif d’un monde qu’on a aimé et qui nous échappe. Avec la rengaine du qu’allons-nous laisser à nos enfants derrière ?

 

L’orthographe cristallise parfaitement cette dichotomie;  ce fossé qui ne cesse de se creuser entre hier et aujourd’hui.  Une orthographe sacrée et totalement désacralisée, avant il suffisait de lire une lettre pour placer son auteur dans la  catégorie sociale à laquelle il s’apparentait.

Fort de ce constat, il est nécessaire de se demander si l’orthographe est-elle  modernisable ? La technologie y répond largement, chats, Twitter, Facebook, sms, Whatsup ont  réinventé le langage, la façon d’écrire et de s’exprimer. Derrière la nostalgie, se cache la difficulté d’intégrer la révolution, une révolution numérique qui a explosé les schémas classiques et ce n’est pas tant ce changement qui fait souffrir plutôt qu’une évolution vers un nouveau monde ; celui du numérique et des nouvelles technologies qui font que tout va plus vite, le temps vous glisse entre les doigts, les choses se réalisent  trois fois plus vite. Des repères explosés par l’arrivée d’outils performants qui permettent aux humains le dédoublement et créer « une humanité hybridée »,  un mariage inévitable entre la machine et l’homme.

Selon  Francis Jutang, cité dans la Métamorphose numérique:   « Nous sommes à l’amorce d’une bifurcation ( …) qui demande de réinterroger les fondements de l’être et de la société, de chercher le sens du projet humain au cœur de la métamorphose numérique, et d’utiliser le potentiel de coévolution entre l’homme et ce tissu numérique intelligent, ainsi qu’entre l’homme et la nature, pour permettre à 10 milliards  d’humains de partager leur terre, d’y prospérer et d’y créer. »

 Ça vaut bien quelques fautes d’orthographe, n’est-ce pas  !

 

 Prochain billet « Le Mythe de la génération sacrifiée « 

 

C’était mieux avant ou le syndrome du rétroviseur  de Patrick Nussbaum et Grégoire Evéquoz – Editions Favre SA – mars 2014 

Commentaires

Bonjour Djemâa hormi ce vocable de singe qui permet de relier les belles mères aux belles filles faut vivre avec son temps il faut reconnaitre que relationnellement parlant c'était nettement mieux en 2000 encore
Vous parlez d'un temps ou les punitions souvent accompagnées de coups pour les plus timorés surtout car n'ayant pas la répartie facile ce temps là en aura vu des fumeurs de clopes à simple tige de maïs et qui dès l'école finie allaient se réfugier dans les champs pour s'adonner à un moment de détente avant d'aller faire de très gros travaux dans le champs
C'était le bon temps malgré tout ils le disent encore aujourd'hui alors que diront nos petits enfants plus tard?
Avant on entendait des voix humaines aujourd'hui ce n'est plus que clic,musique et vocable tiré de la planète des Singes
On a beau dire et beau faire notre monde était malgré tout beaucoup plus convivial,les humains riant de tout même de leurs coups tordus et il y en eut beaucoup croyez moi
Mais voilà les gens avaient d'autres chats à fouetter que parler pour ne rien dire le plus souvent ou aimer se plaindre et qui par force seront vraiment malades
.C'est toute la différence entre hier et aujourd'hui
Mais peut-être qu'aujourd'hui comme on vit dans un monde qui veut tout expérimenter surtout par les autres c'est plutôt salutaire pour son prore bien être ,certains veulent contrôler l'authenticité de l'adage qui dit,long plaignants ,longs vivants/rire
Ce qui est usant pour les isolés car les gémissants toujours les mêmes ont mari,épouse voiture ordinateur,bref tout ce qu'il faut pour bien vivre et sitôt qu'il pleut rebelote on remet la compresse des plaintes pour faire pleurer l'isolé.
Ce qui a marché ne marche plus beaucoup ont couru dirait Raymond Devos mais ils ont compris qu'il valait mieux feindre la folie et rester seul sans plus jamais prendre contact avec les biens portants qui sitôt le soleil revenu seront partis se promener les ayant complètement oubliés
toute belle journée

Écrit par : lovsmeralda | 27/05/2014

Chère Djemâa, l'idée du bouquin cité, écrit apparemment avec les mains par les grands intellectuels visionnaires Nussbaum et Evéquoz est intéressante, provocatrice, mais aussi dangereusement fausse, à mon avis; elle ne jette pas de lumière mais de l’obscurité.

La qualité du langage utilisé par chacun détermine la qualité de la pensée, les nuances qu'on est capable de discerner, le nombre de choix disponible dans nos tètes pour juger et pour s’exprimer, les valeurs, c'est à dire notre liberté et notre capacité d'intelligence. C’est l’instrument et l’expression de notre civilisation.

La dégradation du langage écrit n'est pas un signe de révolution nécessaire vers le haut mais plutôt un signe de fin de civilisation, encore un, dans une longue série déjà vue dans l’Histoire; à la fin de l'empire de Rome les gens ont oublié de lire et d'écrire, mais ce n'était pas vers le progrès qu'ils allaient, c'était un passage d'obscurité et de barbarie pour plusieurs générations.

La civilisation acquise par une culture, une nation, (exprimée entre autre dans la richesse de la langue) n'est pas garantie, il faut la défendre en la pratiquant sans cesse, comme on nage pour ne pas sombrer et se noyer. La barbarie nait naturellement, avec chaque bébé et il y a besoin d'une vingtaine d'années pour la civiliser; renoncer à l'éducation ou la simplifier sous prétexte de moindre dépense ou d'égalité démocratique vers le bas, est une erreur sinistre. Pour démocratiser l'éducation if faut obliger les aristocrates à éduquer les pauvres au lieu laisser les borgnes régner au pays de aveugles.

Non, la glissade analphabète n'est pas jolie!

PS: J'aime bien le beau travail de mise en discussion que tu fais dans ton blog.

Ioan Tenner

Écrit par : Ioan Tenner | 05/06/2014

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